La semaine dernière, le parquet de Rennes a classé sans suite le dossier de la « Main arrachée à la Rave Party de Redon ». Ce dossier avait été lancé à la suite d’une plainte d’une personne qui avait été mutilée par la police (voir notre article). La répression de cet événement, réunissant plus de 1500 participants, avait mobilisé plus de 25 cars de gendarmerie et fait de nombreux blessés. Par ailleurs un groupe du GIGN (une unité d’élite de la Gendarmerie nationale) avait détruit plusieurs centaine de millier d’euros de matériel à coup de masse. Cette rave-party avait été organisée en hommage à Steve Maia Caniço, mort noyé suite à une intervention policière en 2019 (voir notre article).

Dossier(s): France - Autres sujets Tags:

La grille principale du lycée Bréquigny a été bloquée par des manifestants, jeudi 17 mars à Rennes. Plusieurs centaines de lycéens étaient regroupés devant l’établissement. La direction du lycée avait fait appel aux policiers pour « sécuriser » une entrée, allée Pierre-de-Coubertin, et permettre aux personnels, élèves et étudiants d’accéder tout de même à l’établissement. Des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre, qui ont usé de gaz lacrymogènes contre les lycéens. Il n’y a pas eu d’interpellation.

Le blocage du lycée

Vendredi 11 mars, la Corse a connu son sixième jour consécutif de tensions suite à l’agression contre Yvan Colonna. Dans la matinée à Porto-Vecchio une cinquantaine de manifestants ont essayé de pénétrer de force dans la caserne de gendarmerie. Plus tard dans la journée, une nouvelle manifestation de soutien à Yvan Colonna a été organisée à l’initiative des lycéens devant la préfecture de Bastia. Une fois le rassemblement terminé, une vingtaine de manifestants a lancé des pierres et des cocktails Molotov vers les forces de l’ordre qui ont tiré des gaz lacrymogène. Trois personnes  ont été interpellées, qui ont été remises en liberté samedi.

Le gouvernement a annoncé ce même vendredi la levée du statut de « détenu particulièrement signalé » pour Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, les militants nationalistes condamnés avec Yvan Colonna pour l’exécution du préfet Erignac et incarcérés sur le continent depuis 1999. Le maintien de ce statut bloquait un éventuel rapprochement, voire une libération conditionnelle à laquelle ils peuvent prétendre depuis 2017. Le statu de DPS avait été maintenu par intervention politique du ministre en 2020, alors que des instances compétentes s’étaient prononcées en faveur de la levée de ce statut. Il a fallu la grave agression contre Yvan Colonna et la vague de mobilisation en Corse pour qui soit mis fin à ce statu.

Alain Ferrandi et Pierre Alessandri

La Corse continue de s’embraser, une semaine tout juste après la tentative d’assassinat d’Yvan Colonna. De nouveaux affrontements ont éclaté lors de rassemblements de soutien au militant nationaliste Corse ce mercredi. C’est le cas à Bastia, Calvi et Ajaccio. Les premiers heurts ont eu lieu à Bastia. Un rassemblement s’est organisé vers 17h au niveau de la préfecture, comme les jours précédents. Des affrontements ont eu lieu avec les forces de l’ordre. Des poubelles et une voiture ont été incendiées. À Calvi, les heurts ont éclaté vers 20h devant la sous-préfecture. Plusieurs vitres ont été brisées à coup pierres. Des cocktails Molotov ont été lancés contre le bâtiment. Un feu de palettes a aussi été allumé contre les grilles. Au même moment, des heurts ont éclaté à Ajaccio. Un appel au rassemblement avait été lancé à 18h30. La maison d’arrêt a également été prise pour cible. Des cocktails Molotov ont été lancés. Vers 23h30, c’est le palais de justice d’Ajaccio qui a été pris pour cible. Un feu a été allumé à l’entrée du bâtiment. Une banque a également été prise pour cible avec une mini pelle mécanique. Trente personnes ont été blessées dans ces affrontements.

Le palais de justice d’Ajaccio

La manifestation de soutien à Yvan Colonna qui a commencé hier lundi en début de l’après-midi à Corte. En tête de cortège, des étudiants de l’Université de Corse portent une banderole avec la mention « Statu Francese assassinu » : « Etat français assassin » et un portrait d’Yvan Colonna. Elle a rassemblé plus de 10.000 personnes. Après environ une heure de marche, une partie des manifestants s’est affronté aux forces de l’ordre. 24 manifestants ont été blessés ainsi que quatre gendarmes qui ont essuyés des jets de cocktails Molotov, de boules de pétanque, de fusées de détresse, des bombes agricoles et bien d’autres projectiles. Un véhicule a également été incendié.

 

Des centaines de personnes ont décidé, hier samedi, de prendre de l’avance sur la manifestation annoncé à 14h devant le siège national de Bayer-Monsanto. Elles se sont d’abord postées devant l’entrée du site Seveso Bayer-Monsanto de Limas à Villefranche-sur-Saône. Deux groupes se sont formés pour tenter d’attaquer l’enceinte du site, un dispositif d’environ 80 policiers et gendarmes était déployé. Les différents groupes ont été immédiatement mis en joue et gazé. Une première barrière est tombée, suivi d’une nouvelle grosse salve de gaz et de tirs de LBD avant la chute d’une une deuxième grille. Des ouvertures ont été faites de part et d’autre de l’entrée du site, mais deux personnes ont été interpellées à ce moment-là. Les manifestants sont alors reparti vers la ville.

Pendant que certaines personnes se rassemblaient devant le commissariat de Villefranche pour soutenir les personnes arrêtées, la manifestation lyonnaise commençait. 2000 personnes s’élancent et bifurquent en direction de la Saône, restant toujours assez loin du siège de Bayer. Elles tenteropnt de dévier du trajet imposé par la préfecture à différentes reprises, mais le dispositif policier l’empêche. De retour sur la place Valmy, une partie du cortège tente de s’approcher de Bayer. Les policiers gazent et chargent la place en différentes salves. La veille, le site chimique Seveso de BASF à Genay avait déjà paralysé par les Faucheurs Volontaires qui s’y était introduit. Depuis plusieurs semaines une campagne d’action contre Bayer-Monsanto a été lancée à l’échelle nationale sous le mot d’ordre «Bye Bye Bayer – Ciao Monsanto»: Voir ici

Une blocage est en cours sur le port d’Ajaccio où les marins du Syndicat des travailleurs corsesempêchent un bateau de la Corsica Ferries d’accoster. Le navire transporte des véhicules et des agents des forces de l’ordre envoyé en renfort pour réprimer les protestations à l’agression d’Yvan Colonna, mercredi à la prison d’Arles (voir notre article). Un nouveau préfet a été expédié en Corse quarante-huit heures avant son arrivée prévue, sous une escorte policière conséquente. Des manifestations ont eu lieu hier, pour dénoncer le fait qu’un « Détenu Particulièrement Surveillé » (DPS) comme Yvan Colonna, 61 ans, ai pu être laissé à la merci d’un jeune jihadiste, lui-même DPS, qui a déjà eu de nombreux épisodes violents dans sa détention. La détention d’Yvan Colonna loin de la Corse était dénoncée depuis longtemps.  L’Université de Corse située à Corte (Haute-Corse) était bloquée jeudi par des étudiants qui portaient des banderoles « Statu francese Assasinu » (l’Etat français assassin) et « Gloria Ate Yvan » (Gloire à toi Yvan). L’état de santé d’Yvan Colonna, en coma post-anoxique et actuellement soigné à l’hôpital nord de Marseille, est toujours stationnaire.

Incarcéré à la prison d’Arles pour l’exécution du préfet Erignac, Yvan Colonna est entre la vie et la mort ce mercredi 2 mars, après avoir été agressé par un détenu jihadiste. L’agression s’est déroulée ce mercredi 2 mars dans la prison d’Arles. L’agresseur est un jihadiste de 36 ans incarcéré pour association de malfaiteurs terroristes, qui avait déjà été détenu en Afghanistan. Le jihadiste a sauté attaqué Yvan Colonna dans le dos et, après l’avoir mis au sol, lui a écrasé la trachée pendant plus d’une minute avec son pied. Selon certaines sources, Yvan Colonna serait en état de mort cérébrale. Yvan Colonna, âgé de 61 ans, a été condamné à la réclusion à perpétuité pour l’exécution du préfet Claude Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio en Corse (voir notre article sur le procès).

Yvan Colonna

Yvan Colonna

Un ancien volontaire français des YPG incarcéré depuis plus d’un an (voir notre article) en attendant son procès, a entamé une grève de la faim ce dimanche 27 février à partir de 18 heures. Dans un communiqué rendu public sur la page Facebook du CCFR (Collectif de combattants francophone du Rojava), il dénonce le caractère politique de sa détention et sa mise en isolement :

Cela fait plus de 14 mois que je réfute cette infâmante et diffamatoire accusation d’association de malfaiteurs terroriste.
Cela fait plus de 14 mois que la DGSI m’a expliqué que je n’étais pas arrêté pour ce qu’elle voulait me faire croire, à savoir mon engagement auprès des forces kurdes contre Daech au Rojava.
Cela fait plus de 14 mois que rien ne valide la thèse élaborée de toutes pièces par la DGSI alors même que pendant au moins 10 mois j’ai été suivi, tracé, sous écoute 24 heures sur 24 dans mon véhicule, mon lieu de vie, espionné jusque dans mon lit.
Cela fait plus de 14 mois que je comprends que ce sont mes opinions politiques et ma participation aux forces kurdes des YPG dans la lutte contre Daech qu’on essaie de criminaliser.
Cela fait plus de 14 mois qu’on reproche une association de malfaiteurs à 7 personnes qui ne se connaissent pas toutes les unes les autres.
lire la suite du communiqué