Ikea est condamnée en France à une amende d’un million d’euros pour recel de collecte de données à caractère personnel. L’ancien PDG d’Ikea France a été condamné à deux ans de prison avec sursis et à une amende de 50.000 euros. Au coeur de ce « système d’espionnage » selon les termes du parquet de Versailles, l’ancien directeur de la gestion des risques qui a notamment reconnu avoir eu recours à une fausse caissière, infiltrée pour « prévenir » en cas d’actions syndicales jugées problématiques (voir notre article).

Dans le cas d’un dossier particulier, l’ancien directeur a reconnu sollicité le patron d’une société privée d’investigation dont Ikea France était cliente. Ce dernier, ancien membre des renseignements généraux, est accusé de s’être renseigné sur de nombreux salariés d’Ikea France en ayant recours au STIC, un vaste fichier policier qui permet de connaître le passé judiciaire des individus, au-delà même des condamnations. Des données pourtant strictement confidentielles. Il conteste  ces accusations mais l’enquête a montré qu’un policier avait bien consulté, en 2010, le STIC au sujet de 20 salariés d’Ikea. Les recherches d’antécédents judiciaires ne visaient pas seulement des salariés, mais aussi des candidats à l’embauche.

La grève de 2010 chez IKEA

La grève de 2010 chez IKEA

 

Jeudi 17 juin 2021, Claude Levy, responsable syndical de la CGT HPE, passera au tribunal correctionnel de Bobigny. Il est accusé de diffamation par la gouvernante générale de l’hôtel Ibis. Ce procès se tient après une victoire du syndicat sur la direction de l’hôtel (voir notre article). Un rassemblement est organisé dès 12h30 devant le tribunal de Bobigny (173 Avenue Paul Vaillant Couturier).

Jeudi 10 juin à La Chapelle, près d’une centaine de personnes se sont réunies pour participer à la discussion autour de l’abolitionnisme pénal et de la répression judiciaire organisée par Le Kiosk, le Secours Rouge Toulouse et l’Envolée. Gwenola Ricordeau présentait le livre « Crimes et peines » dont elle est la co-auteure. Celui-ci fait découvrir trois textes majeurs de l’abolitionnisme pénal de Nils Christie, Louk Hulsman et Ruth Morris qui sont inédits en français. Elle était accompagnée de Pierre E. Guérinet qui présentait le livre « Je ne pensais pas prendre du ferme ». À travers 11 témoignages, cet ouvrage aborde la répression judiciaire du mouvement des gilets jaunes. Une discussion riche s’est engagée après les présentations notamment sur la nécessité de construire un mouvement abolitionniste pénal aujourd’hui en France, d’un point de vue théorique et pratique.

Une manifestation féministe pour «une Europe sans muraille» et visant à dénoncer les violences exercées contre les migrantes dans leurs pays d’origine a eu lieu à Nice. La ville a été choisie en raison de sa proximité de Vintimille. Les milliers de manifestantes portaient des banderoles comme « Feminist against boarders » ou « la solidarité n’a pas de frontières »… Lors du passage des manifestantes sur la Promenade des Anglais, un drapeau français a été arraché et de nombreux tags contre la police et soutenant les migrants ont été tracés. Il y a eu des incidents avec la police. Dix-sept personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre, pour des affrontements lors de cette manifestation, dont trois à qui il est en outre reproché des tags. La ville de Nice va porter plainte.

Le jeudi 10 juin 2021, à 19 heures à La Chapelle (36, rue Danielle Casanova), le Kiosk, L’Envolée et le Secours Rouge Toulouse organisent une discussion/débat autour de la répression judiciaire et de l’abolitionnisme pénal. Pour aborder ces questions – et bien d’autres –, Pierre E. Guérinet et Gwenola Ricordeau discuteront sur la base de leurs derniers ouvrages, qui éclairent chacun à leur manière la répression judiciaire et l’abolitionnisme pénal : Je ne pensais pas prendre du ferme (de Pierre E. Guérinet et Pierre Bonneau, éditions du Bout de la ville) et Crimes et Peines (de Gwenola Ricordeau, Grévis). Le Kiosk sera ouvert dès 18 heures. Bar et grignotage sur place. L’événement Facebook ici.

Le 28 avril 2021, le gouvernement a proposé un nouveau projet de loi renseignement, complété le 12 mai par de nouveaux articles. L’objectif premier de celui-ci sera de faire définitivement entrer dans le droit commun les mesures de l’état d’urgence débuté en 2015 ainsi que les mesures expérimentales de la loi renseignement de 2015. L’objectif secondaire sera d’inscrire dans la loi française les violations du droit européen actées par le Conseil d’État le mois dernier afin de défendre à tout prix la surveillance de masse française. Toutefois, la menace la plus grave pourrait se situer entre les lignes.

La loi interdit notamment aux services sociaux d’invoquer le secret professionnel face à des demandes des services de renseignements. Elle permet une conservation des données obtenues dans le cadre d’opération de renseignement jusqu’à 5 ans ainsi que des saisies de matériels informatiques dans le cadre de perquisitions sans mandats. La loi permet également l’espionnage des réseaux satellitaires. L’article 18 donne quant-à-lui le pouvoir à la police de brouiller les drones non-policiers, tout en renforçant l’interdiction imposée à la population de se défendre elle-même contre les drones policiers (qui ont toujours été illégaux) ou non-policiers.

Une mesure phare de la loi est l’extension de la surveillance par algorythme. Alors que les deux ou trois algorythmes déployés depuis 2017 auraient, d’après la CNIL, été restreints à l’analyse du réseau téléphonique, il s’agira pour l’avenir d’analyser aussi le réseau Internet, notamment en observant désormais les URL (les noms des pages Web consultées par potentiellement l’ensemble de la population). La quadrature du net a réalisé une analyse du texte disponible ici.

Nouvelle loi de renseignement renforçant l'espionnage de la population

Nouvelle loi de renseignement renforçant l’espionnage de la population

Après 22 mois de grève, les femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles à Paris ont obtenu satisfaction. L’accord octroie notamment une prime de panier de 7,30 euros par jour, des tenues de travail fournies et nettoyées par l’employeur, des changements de qualification entraînant des hausses de salaire, le passage de sept personnes à temps complet, ainsi qu’une augmentation des heures travaillées pour d’autres.

Le 20 mai, la Directrice Générale Adjointe d’Orange France et le Préfet du Morbihan ont signé une Convention territoriale de lutte contre les malveillances visant les réseaux de télécommunication. L’opérateur renforce ainsi les actions de prévention et de lutte contre les vols, destructions et dégradations, en coordination étroite avec l’Etat et les forces de police ou de Gendarmerie. Cet accord s’inscrit dans le cadre de la signature d’une convention nationale de lutte contre la malveillance sur les réseaux de télécommunication, signée le 9 mars 2021 par le Ministre de l’Intérieur et les acteurs télécom concernés : Orange, SFR, Bouygues, Free, Cellnex, ATC France, Hivory, TDF et la FFT. Elle sera déclinée dans chaque département.

Grâce à cette convention, les échanges d’informations ainsi que les dépôts de plainte, déjà systématiques en cas de dégradation d’infrastructures, seront facilités ; la collaboration dans les enquêtes menées par les services de l’Etat sera renforcée. Ces derniers 18 mois, une hausse des attaques sur les infrastructures réseaux fixe et mobile a été constatée. Vols de câble cuivre, armoires vandalisées, fibres optique sectionnées, sites mobile incendiés : depuis janvier 2020, Orange a constaté plus de 130 actes de sabotage dont 61 sites mobiles dégradés, privant ainsi de nombreux foyers, entreprises et organismes publics de moyens de communication.

Incendie de l’antenne 5G à Labège, près de Toulouse, le 4 mai

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Le militant anarchiste Claudio Lavazza, qui a déjà passé presque 25 ans dans les prisons de l’État espagnol, a été extradé en France, où il doit également purger une condamnation à 10 ans (le processus de cumul des peines, qui établira la période réelle qui lui reste encore à purger, est en cour). Pour ce qui est des condamnations qui ont été prononcées à son encontre en Italie, pour sa militance dans les Proletari Armati per il Comunismo [Prolétaires armés pour le communisme], la Cour d’assises d’appel de Milan a déclaré laz semaine passée que la peine est prescrite. Pour lui écrire (il parle espagnol, italien et français) : Claudio Lavazza / n° d’écrou 11818 / Centre Pénitentiaire de Mont-de-Marsan / Chemin de Pémégnan / BP 90629 / 40000 – Mont-de-Marsan / France

 

 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en France dans 60 rassemblements ce samedi en soutien aux Palestiniens à travers la France. Elles étaient des milliers à Paris, malgré l’interdiction émise par la Préfecture de police de Paris. 4.200 policiers et gendarmes  ont appliqué les consignes de « dispersion systématique et immédiate » dès que des manifestants tentaient de se regrouper. Un déploiement policier massif dans le quartier de Barbès a empêché les manifestants qui s’étaient donné rendez-vous pour se diriger vers Bastille de déployer un cortège. La police a chargé à plusieurs reprises, utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Au total, 44 personnes ont été interpellées à Paris (51 pour toute la France), où, selon des chiffres provisoires du parquet, 15 personnes étaient en garde à vue en début de soirée, notamment pour « participation à un groupement formé en vue de violences », « participation à un attroupement après sommation » et « violences sur les forces de l’ordre ». Outre les 44 interpellations, 367 personnes ont été verbalisées. D’autres manifestations ont été interdites, comme à Nice et à Grenoble, ou à Aubervilliers et Montreuil, en Seine-Saint-Denis.