La police a tiré des balles en caoutchouc sur un rassemblement d’anciens ouvriers de l’usine de confection dont l’immeuble s’est effondré il y a six semaines. Ils s’étaient réunis pour dénoncer le traitement dont les autorités font preuve à leur égard. La manifestation a eu lieu à proximité de l’ancienne usine aujourd’hui entièrement détruite à Savar (dans la banlieue de Dhaka), où se trouvent concentrées la majorité des usines. Des centaines de manifestants, parmi lesquels d’anciens ouvriers, mais aussi des proches des victimes tuées ou blessées, manifestaient pour réclamer un dédommagement ainsi que pour exiger l’augmentation de salaire promise par le gouvernement et le principal organisme représentant les employeurs locaux, la Bangladesh Garments Manufacturers and Exporters Association (BGMEA). Ils ont bloqué la route durant trois heures, entrainant une violente intervention policière. Les forces de l’ordre ont tiré des balles en caoutchouc et ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule avant de charger avec des bâtons et des matraques. Plus de cinquante personnes ont été blessées. Deux manifestants ont également été interpellés.

Ces derniers jours, plusieurs métropoles chinoises ont mis à l’eau des copies d’un canard en plastique géant, oeuvre d’un artiste néerlandais exposée dans le port de Hong Kong, suscitant une polémique sur un éventuel manque de créativité nationale. Un internaute a eu l’idée de reprendre ce thème pour remplacer, via un montage sur la fameuse photo de 1989. Les autorités chinoises ont aussitôt bloqué toute recherche internet avec les mots « gros canards jaunes », à l’instar de toute recherche sur la date du 4 juin ou des mots tels que « Tiananmen » ou « bougie », bloquée mardi sur internet.

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Plus de 250 grévistes de la société Ramu Agri-Industries (qui produit de l’huile de palme), qui demandaient des augmentations de salaire, ont été purement et simplement licenciés en fin de semaine dernière.
La société a justifié cette décision par le fait qu’elle considérait ce mouvement de grève « illégal ». Après l’annonce des licenciements, le président du principal syndicat engagé dans les pourparlers (Ramu Agri National Workers Union), s’est ostensiblement désolidarisé des grévistes, qui n’appartiennent apparemment à aucun groupe ou union de travailleurs. La grève avait commencé fin mai 2013 et duré plus d’une semaine, perturbant fortement la capacité de production de l’usine.

Des milliers d’ouvriers sont mobilisés depuis le 21 mai dernier pour exiger une augmentation de onze euros sur leur salaire mensuel, augmentation qui permettrait de couvrir leurs frais de transport, de loyer et de soins médicaux. Ces hommes et principalement ces femmes travaillent pour Sabrina Garment Manufacturing, une société détenue par une compagnie taïwanaise qui sous-traite pour Nike. Déjà la semaine dernière, la police a tenté de réprimé violemment le mouvement de grève, faisant de nombreux blessés. Hier, elle est à nouveau intervenue sous prétexte qu’il était nécessaire de protéger l’usine, ‘Nous avons du intervenir afin de protéger l’usine’. Un des dirigeants du syndicat Free Trade Union a déclaré que ses membres avaient échangé des coups de bâtons avec les ouvriers opposés au mouvement de grève, entraînant l’intervention des forces anti-émeutes. Il a ajouté qu’au moins dix personnes ont été blessées et que sept ouvriers ont été interpellés. Les autorités n’ont pas confirmé ces chiffres, mais ont déclaré que vingt policiers avaient été blessés.

Manifestation ouvrière réprimée au Cambodge

Manifestation ouvrière réprimée au Cambodge

La lutte des étudiants au Sri Lanka a commencé au début du mois, lorsque le vice-chancelier de l’Université Sabaragamuwa, avec l’appui du Ministère de l’enseignement supérieur, a décidé d’interdire les syndicats d’étudiants sur le campus. Quatre étudiants ont entamé une grève de la faim pour protester contre l’interdiction et ont également exigé que cinq élèves qui ont été suspendus en raison de leur connexion à des syndicats étudiants soient réadmis à l’université.

Le samedi matin, les quatre étudiants qui jeûnaient ont dû être hospitalisés en raison de leur état de santé gravement détérioré. Cela a déclenché une protestation massive des étudiants qui ont bloqué la route Colombo-Badulla, provoquant une violente intervention policière et au moins quatre arrestations. L’armée avait également été déployée pour disperser les étudiants qui manifestaient.

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Le gouvernement du Kirghizistan a décrété vendredi l’état d’urgence dans un district du nord du pays après des affrontements entre la police et des manifestants près de la mine d’or de Kumtor, exploitée par une entreprise canadienne. Des centaines d’habitants du district de Djety-Ogouzki avaient bloqué mardi la route menant à Kumtor et menaçaient de se rendre à la mine si le gouvernement ne renonçait pas à son accord avec la compagnie canadienne Centerra Gold. Ils demandent au groupe canadien de construire des routes et une école maternelle, d’installer l’eau courante, d’équiper les hôpitaux ou de leur accorder des prêts à long terme.

Après plusieurs jours de manifestations, la police est intervenue vendredi pour disperser un groupe de manifestants qui bloquait la route vers Kumtor. Durant cette intervention, 92 personnes ont été arrêtées. La police a un peu plus tard fait usage de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes contre des habitants qui tentaient de couper l’alimentation électrique de la mine. Plusieurs manifestants ont été blessés. Le président Almazbek Atambaïev a décrété l’état d’urgence jusqu’au 10 juin et imposé un couvre-feu dans le district de Djety-Ogouzki. La mine de Kumtor, dans les montagnes du Tian Shan, est le plus gros investissement étranger dans le pays.

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Quatre fusillades ont opposé vendredi les forces gouvernementales à la guérilla maoïste à Sito Kogon, aux Philippines. La première fusillade a eu lieu à 8H40 du matin et pris fin après 20 minutes, avec le repli des guérilleros. Mais les opérations de poursuites ont donné lieu à trois autres affrontements, au cours desquels un guérilleros a été tué, deux autres capturés, des fusils, des explosifs et des documents saisis. Le combattant de la NPA tué a été identifié, il s’agit d’Emat Andoy, alias Ian, un résident de Veruela. Les deux guérilleros capturés sont aussi originaires de la ville de Veruela.

Huit membres de la Philippine National Police-Special Action Force (SAF) ont été tués dans une embuscade tendue par des membres présumés de la NPA lundi matin. Une mine terrestre a explosé dans la municipalité de Allacapan (province de Cagayan) vers 8h30 au passage d’un convoi policier. Environ trente combattants cachés de part et d’autre de la route ont alors ouvert le feu. Huit policiers ont été tués tandis que sept autres ont été blessés. L’ensemble des guérilleros ont battu en retraite après avoir saisi onze fusils et sept pistolets. Toutes les victimes étaient membres de la SAF, une unité d’élite de la police formée aux tactiques de contre-insurrection principalement impliquée dans les opérations contre la guérilla maoïste.

La police cambodgienne a violemment réprimé un rassemblement de 3000 ouvriers d’une entreprise sous-traitante de Nike, en majorité des femmes, qui bloquaient une route située devant leur usine, propriété de la société cambodgienne Sabrina, dans la province de Kampong Speu, à l’ouest de Phnom Penh. La police a fait notamment usage de matraques électriques, au moins 23 ouvrières et ouvriers ont été blessés. Le représentant du syndicat Free Trade Union (FTU) de Sabrina a déclaré qu’une femme enceinte de deux mois avait été blessée par la police et avait perdu son enfant après avoir été projetée violemment au sol.

Les ouvriers fabriquant des habits pour Nike étaient en grève et manifestaient depuis le 21 mai. Ils souhaitent que l’entreprise, qui emploie plus de 5.000 personnes, leur accorde 11 euros de hausse sur leur salaire mensuel de 57 euros pour couvrir leurs frais de transport, de loyer ainsi que les soins médicaux. Le secteur de la confection représente 75% des exportations du pays, qui ont atteint 4 milliards d’euros en 2011. Trois personnes ont trouvé la mort et six autres ont été blessées le 15 mai dans l’effondrement d’un bâtiment d’une usine de chaussures au Cambodge, selon un bilan officiel.