6 activistes ont été arrêtés, jeudi 10 avril à Londres, parmi eux, le co-directeur de Greenpeace Royaume-Uni. Accusés de dégradations «criminelles avec préméditation», pour représenter le sang des Palestiniens, ils ont déversé des centaines de litres de colorant rouge biodégradable et non toxique dans l’étang de l’ambassade américaine. À environ 8h du matin, déguisés en livreurs à vélo, 12 militants de l’ONG Greenpeace sont arrivés sur les lieux portant des containers tagués des mots: «Arrêtez d’armer Israël» et ont déversé 300 litres de colorant rouge sang dans l’étang du bâtiment ultra-moderne. Interpellés dans l’après-midi, après identification, ces activistes encourent jusqu’à 10 ans de prison.

Vidéo de l’action  ici

Un bâtiment situé dans le quartier Rekalde à Bilbao et squatté comme gaztetxe (centre social pour les jeunes) depuis dix ans, a été expulsé par un gros dispositif de police ce vendredi 4 avril. Le déploiement de police comprenait 20 camionnettes, de nombreux agents, un hélicoptère et des drones. Des centaines de manifestants ont protesté avec force contre l’expulsion, un cortège s’est élancé de la gare Renfe d’Ametzola vers la mairie de Bilbao, des affrontements ont eut lieu, entre agents de police et les manifestants. Aux matraquages et charges policières, les jeunes ont répondu par des jets de divers objets, par la mise à feu de poubelles. Les organisateurs de l’action de soutien ont dénoncé la « violence et la répression policière » pendant la garde du lieu et l’expulsion. Les forces de l’ordre ont interpellé 5 personnes, 4 manifestants ont été blessés dont un grièvement ainsi 12 agents souffrent de contusions. Les 5 jeunes ont été libérés et devront comparaître devant le juge, accusés de lutte contre l’ordre public et d’attentat contre des agents de la loi.

C’est le cœur lourd, que nous partageons le décès de Petra Krause, aux petites heures du matin, ce 2 avril à Milan. Née en 1939, Petra est devenue politiquement active dans les années 1960 et s’est engagée au cours des années 1970 en tant qu’internationaliste révolutionnaire dans les luttes de divers pays. Elle a cherché à relier les différents points de vue politiques et stratégiques de l’époque, de l’Espagne à l’Europe du Nord et s’est distinguée comme révolutionnaire par sa pratique sur le terrain. Cela la lie également aux forces révolutionnaires en Suisse, où elle a été arrêtée en 1975 et maintenue sous le régime tortionnaire de la détention en isolement. En prison, elle affronte l’ennemi avec détermination, parvient à établir une connexion entre l’intérieur et une vaste campagne à l’extérieur, cela a créé un lien politique étroit avec elle.

Extradée vers l’Italie, elle est libérée en 1977, par son rôle, elle contribue à la liaison de diverses approches révolutionnaires, de la France à la Grèce, y compris pendant sa période de clandestinité, où elle s’est efforcée d’affronter les forces qui ont cherché à abandonner la lutte révolutionnaire, tant théorique que pratique. Aujourd’hui, nous rendons hommage à la voie révolutionnaire qu’elle a tracée et continuons à la suivre dans notre pratique, dans la lutte pour une perspective internationaliste, révolutionnaire et communiste.

Revolutionärer Aufbau Schweiz

Secours Rouge International

Le républicain irlandais, Jim Donegan, a été remis aux forces britanniques pour avoir été impliqué dans la lutte armée de l’IRA en 1979. Il est accusé du meurtre de M. Porter, membre du régiment de défense de l’Ulster, entre le 22 juin et le 25 juin 1979, ainsi que de possession d’une arme à feu et de munitions dans l’intention de mettre en danger la vie et l’appartenance à une organisation interdite, l’IRA provisoire. Au mois de mars, le juge Patrick McGrath, a ordonné la reddition de M. Donegan.

Ce mercredi 2 avril, l’homme de Cavan, âgé de 67 ans, a été livré entre les mains du PSNI ( Service de Police d’Irlande du Nord ) à la frontière du comté d’Armagh. Il a comparu devant le tribunal de première instance de Newry, un parent de Donegan a offert les actes de sa maison, ainsi qu’une somme de 10 000 Livres pour sa libération sous caution, cette offre a été refusée. La justice le considéré comme à « risque de fuite ». Jim Donegan avait été arrêté lors de son retour de vacances à l’aéroport de Dublin en juin 2024, mis en liberté sous caution durant la procédure d’extradition. En cas de condamnation, il encoure une peine maximale de deux ans en raison de la législation pour les infractions liées aux « Troubles » durant la guerre civile.

Sous la fausse identité de Joan Llobet García, un agent de la 32e promotion de l’Académie d’Ávila, il a passé 2 ans à infiltrer les indépendantistes, les étudiants et les écologistes. Cet agent a commencé son infiltration en fréquentant l’Atheneo Cooperativo de La Baula, où il s’est inscrit au Syndicat d’étudiants des pays Catalans (SEPC). Lors de son séjour à Terra Ferma, en septembre 2019, il a participé aux mobilisations contre l’emprisonnement de Pablo Hasél. Il a participé à des assemblées et aux appels de soutien à Pablo Hasél, au point de dormir à l’Université de Lleida lorsque les Mossos (policiers catalans) sont entrés pour arrêter le rappeur (voir article ici).

L’agent a laissé une trace sur les réseaux sociaux de sa vie avant l’infiltration. Avant d’entrer à l’école de police d’Ávila, il avait créé une playlist sur YouTube sous le nom de « Música de guarros » (Musique de guerre). C’est l’une des rares traces de son identité réelle qu’il n’a pas supprimée des réseaux, ainsi qu’une photo sur son profil Instagram. Un comportement étrange avait toutefois attiré l’attention de ses camarades : « en sortant de classe, il y avait piétiné intentionnellement, la mise en peinture par un ouvrier d’origine africaine, d’un passage pour piéton », aujourd’hui, ce petit geste prend tout son sens. Une équipe d’enquête de « la Directa » journal catalan, a découvert des vidéos de sa prestation de serment en 2018, ainsi que des images lors d’une course d’endurance à laquelle il a participé avec 5 des ses collègues de promotion.

4 étudiants de nationalités différentes, Cooper Longbottom de nationalité américaine, Kasia Wlaszczyk polonaise, Shane O’Brien et Roberta Murray de nationalité irlandaise, feront l’objet d’une enquête pour des accusations pénales dans le cadre de leur participation à des manifestations pro-palestiniennes, un sit-in à la gare centrale de Berlin, un barrage routier et l’emploi du slogan « From The River To The Sea ». Ils sont accusés d’avoir participé à l’occupation d’un bâtiment de l’Université libre de Berlin en octobre 2024, d’y avoir causé des dommages matériels et enduit les murs de peinture. Les 4 étudiants sont accusés d’être un danger pour la sécurité du pays et de porter atteinte à l’ordre public. Ils ont reçu un ordre de quitter le territoire allemand avant le 21 Avril. Malgré l’absence de condamnation, l’expulsion de ressortissants étrangers reste autorisée pour « raison d’État ». Leur avocat Alexander Gorski déclare « que la procédure est illégale » et saisi le tribunal de toute urgence. 3 des étudiants sont citoyens de l’UE et  bénéficient du droit de libre circulation. En cas d’expulsion,  Cooper Longbottom, personne transsexuelle craint des conséquences graves, et, suite aux nouvelles réglementations de l’administration Trump, il risque une interdiction d’entrer sur le territoire américain durant 2 ans. Tous 4 feront appel de cette décision.

Environ 70 personnes solidaires avec Daniela Klette et venus de différentes régions d’Allemagne se sont rassemblées au cours de la journée du 31 mars devant le tribunal de l’OLG (Haute Cours Régionale de Justice) à Celle. De nombreux discours ont été prononcés, des slogans ont été criés, un stand d’information avait été installé. Les contrôles d’admission, y compris pour la presse, étaient rigides, les chaussures ont dû être enlevées pour être contrôlées, seuls les stylos et les blocs-notes ont pu être emportés. Le public n’a pas été admis au sein du tribunal bien que ce dernier connaît l’intérêt du public pour cette affaire. Selon la défense, l’acte d’accusation ne se réfère pas uniquement aux vols dont est suspectée Daniela (voir article ici) mais à plusieurs reprises font référence au prétendu passé de la RAF de l’accusée (notre dossier ici), « il y a donc une condamnation préliminaire publique claire », explique Ulrich Klinggräff, un de ses avocats.

Dans l’après-midi, Lukas Theune, son autre avocat, a mis en évidence un autre problème de l’accusation : les données numériques font 18 téraoctets, elles ont été copiées sur un disque dur juridique, mais n’ont pu être récupérées à la LKA (organisme d’application de la loi) de Basse-Saxe que la veille du procès. Pour la défense, il n’est pas humainement possible d’en prendre connaissance dans un laps de temps, aussi court. Lors du départ de Daniela Klette vers la prison, une quinzaine de personnes ont maintenu une banderole et scandé des slogans de soutien afin de rendre son retour en incarcération moins douloureux.

En août 2024, six militants de Palestine Action ont pénétré dans un centre d’Elbit Systems à Filton en Grande-Bretagne et ont détruit du matériel militaire dans le génocide à Gaza. Ce sabotage aurait coûté à Elbit Systems (le principal fabricant d’armes israélien) plus d’un million de livres sterling de dégâts. Après l’arrestation des six militants dans le centre de recherches, quatre autres personnes ont été arrêtées par la police antiterroriste britannique dans différentes régions du pays. Toutes ont été placés en détention provisoire. En novembre, huit autres militants ont été placés en détention provisoire pour leur participation présumée à la même action à Filton.

Lors d’une audience ce jeudi 27 mars, les avocats des accusés tenteront de contester et de rejeter une demande des procureurs de la Couronne visant à établir un lien avec le terrorisme. À cette occasion, la campagne “Free the Filton 18” appelle à une journée d’actions en soutien aux 18 militants incarcérés pour exiger leur libération immédiate.

Daniela Klette fait face à la justice, ce mardi 25 mars, à Celle, dans le centre de l’Allemagne, non pas pour son appartenance au groupe RAF (Fraction armée rouge) mais pour sa participation à des vols à main armée pour financer sa clandestinité. Daniela Klette avait été interpellée il y a un an, à la suite d’un indice décelé par l’IA (Intelligence artificielle) sur le réseau social Facebook (notre article ici). Depuis un quart de siècle, elle vivait au centre de Berlin, dans le quartier alternatif de Kreuzberg. Appréciée de ses voisins, celle que ses amis connaissaient sous le nom de Claudia avait une « vie cachée », disparaissant régulièrement pendant plusieurs semaines, officiellement, à cause de son travail en Bavière. Mais cette version est contestée par les enquêteurs. Ces derniers sont convaincus que Daniela Klette a participé, avec deux complices, eux aussi en clandestinité depuis plus de 30 ans, à 13 vols à main armée entre 1999 et 2016, visant des fourgons et des supermarchés. Ils la soupçonnent d’avoir également pris parti à une tentative de meurtre. Lors de perquisitions, les enquêteurs ont trouvé 230 000 euros en liquide, un kilo d’or, une quantité d’armes, de perruques ainsi que plusieurs déguisements. Daniela Klette compte s’exprimer ce mardi 25 mars lors de cette ouverture de procès.

Après de longs mois d’enquête, le parquet de Munich a demandé, ce lundi 24 mars, le renvoi en procès de 5 militants écologistes du collectif «Letzte Generation» (Dernière Génération), un groupe rompu aux actions spectaculaires en faveur de la protection du climat. Le parquet les accuse d’avoir formé «une organisation criminelle». Les procureurs n’ont pas donné de précisions sur les poursuites dont les cinq activistes font l’objet. Les militants ont mené depuis 2022 de nombreuses actions de protestation dans toute l’Allemagne en bloquant des routes, en ciblant des œuvres d’art dans les musées ou en pénétrant sur des pistes d’aéroports, pour dénoncer les insuffisances des politiques face au changement climatique ( voir article ici et ici ). Des plaintes ont été déposées après chacune de ces actions et cela a donné lieu à de nombreuses procédures pénales. Le collectif a récemment annoncé un changement de nom et de mode d’action, désormais, il se nomme «Neue Generationen» (Nouvelles Générations).