Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Depuis plusieurs semaines, la guerre s’est cristallisée dans le nord de la province d’Alep. Trois belligérants s’y opposent: les Forces Démocratiques Syriennes (QSD), Fateh Halab (Conquête d’Alep, des groupes islamistes de l’Armée Syrienne Libre soutenus par la Turquie sous l’appellation « Bouclier de l’Euphrate ») et Daesh. L’armée du régime n’est pour l’instant pas impliquée là puisqu’elle est déjà empêtrée dans la ville même d’Alep. L’enjeu de la bataille est très fort: pour les QSD il s’agit d’unifier le Rojava (le petit canton d’Afrin à l’ouest est séparé du reste du Rojava (les cantons de Kobané et de Ciziré), et de fermer la route du djihad que la Turquie maintient à cet endroit de la frontière. Pour Fateh Halab et son sponsor turc, l’enjeu est d’empêcher la création d’un état kurde progressiste à la frontière entre la Turquie et la Syrie et de maintenir un corridor islamiste pour servir les intérêts turcs en Syrie. La perte d’Al-Bab sera un nouveau coup dur pour Daesh qui serait ainsi pratiquement évincé de la province syrienne d’Alep et dont la prise de la capitale syrienne, Raqqah, deviendrait le premier objectif. Pour ajouter à la complexité de la situation: Al Bab est à portée des couvertures aériennes russes et américaines et l’armée du régime est située a quelques kilomètres à peine.

Fateh Halab et les QSD progressent vers Al-Bab à l’ouest, ils sont tous deux à 15km. Le front QSD situé à l’est est pour l’instant en attente. Un affrontement entre Fateh Halab (et entre les troupes turques) et les QSD semble inévitable à court terme. Hier, le Conseil Militaire d’Al-Bab (affilié aux QSD) a créé une brigade non-mixte de femmes prête à combattre.

Fateh Halab en bleu, QSD en jaune, Daesh en noir, le régime en rouge

Fateh Halab en bleu, QSD en jaune, Daesh en noir, le régime en rouge

La garde à vue de l’étudiante interpellée mercredi dernier dans le cadre de l’enquête sur les tags anti-police découverts le 11 octobre dans les couloirs de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (voir notre article) a été prolongée le lendemain. Le parquet précise qu’une enquête a été ouverte après ces faits pour «  »apologie d’atteinte à la vie », « provocation en vue de commettre une atteinte à la vie », « dégradations de biens publics » et « injures envers la police nationale ». Elle a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Un des tags de la Sorbonne

Un des tags de la Sorbonne

Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions suite à la disparition des 43 étudiants le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après un an et 9 mois de procès, Luis Fernando Sotelo a été condamné en première instance à 33 ans et 5 mois de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26.000€).

Luis Fernando Sotelo

Luis Fernando Sotelo

Lionel Fiévez et Jonathan Parent, syndicalistes CGT, sont mis à pied à titre conservatoire depuis dix jours maintenant. La direction leur reproche une tentative de séquestration et une complicité mais aussi des menaces. Ce jeudi, le CE de l’entreprise s’est prononcé contre leur licenciement. La direction doit statuer dans les prochains jours. Mercredi, une centaine de militants de la CGT se sont mobilisés à l’une des entrées de PSA pour soutenir leurs deux camarades menacés de licenciement. Le matin même, ils étaient convoqués pour un entretien préalable à sanction. Et la sanction, c’est le licenciement. La direction a entre 48 heures et un mois pour statuer. En attendant, les deux salariés ne sont pas payés.

Les cégétistes ont participé au comité d’entreprise exceptionnel de PSA

Les cégétistes ont participé au comité d’entreprise exceptionnel de PSA

Au moins trois soldats ont été tués et cinq autres blessés samedi dans une attaque au mortier des combattants du PKK contre une base de l’armée dans le district de Cukurca de la province de Hakkari. Un des soldats blessé est toujours dans un état critique. Dimanche soir, un commando a grenadé et mitraillé les policiers qui étaient de garde devant le siège de l’AKP de la localité de Kiziltepe (province de Mardin). Trois policiers ont été blessés.

L’attaque du siège de l’AKP à Kiziltepe

L'attaque du siège de l'AKP à Kiziltepe

La police de l’Ontario a pu obtenir de la justice une liste de 7.500 numéros de téléphone de personnes qui se trouvaient autour d’une antenne GSM, alors qu’un meurtre avait lieu dans le périmètre. La police s’est ensuite servie de cette liste de numéros pour envoyer deux SMS, l’un en anglais l’autre en français, demandant à ces personnes de « répondre à quelques questions » sur un site internet communiqué en lien. La police a défendu cette manœuvre, à priori inédite, en la qualifiant d’équivalent digital à un porte à porte massif. Ce n’est pas la première originalité dans cette affaire, la police faisait déjà circuler un van décoré de l’avis de recherche et d’une promesse de récompense.

Canada: La police utilise les logs d’une antenne GSM pour envoyer des SMS en masse

La signature du traité CETA est prévue ce dimanche entre l’UE et le Canada. 150 personnes se sont rassemblé devant le Conseil de l’UE à Bruxelles. La police a arrêté en fin de matinée 16 personnes qui tentaient, selon elle, de pénétrer dans l’enceinte du bâtiment.

Arrestations à la manif contre le CETA

Arrestations à la manif contre le CETA

Le président turc Erdogan a déclaré aujourd’hui samedi que le rétablissement de la peine de mort serait soumis au Parlement, sans toutefois donner de calendrier, ajoutant que les critiques formulées à ce sujet par l’Occident « ne comptent pas ». Lors d’un discours à Ankara, en réponse à la foule qui scandait « nous voulons la peine de mort » pour les auteurs du coup d’État manqué de juillet, Erdogan a déclaré: « Notre gouvernement soumettra cela au Parlement. Et je suis convaincu que le Parlement l’approuvera et, quand cela arrivera devant moi, je le ratifierai ».

La peine de mort en temps de paix a été abolie en 2001 (alors que la pendaison d’Abdullah Öcalan qui venait d’être ramené en Turquie, était discutée) et la peine de mort en temps de guerre a été supprimée en 2004 dans un relatif consensus. Plus de 35.000 personnes ont été arrêtées en Turquie, et un total de 82.000 ont fait l’objet d’une enquête, depuis la tentative de coup d’Etat le 15 juillet. Parmi les personnes qui ont fait l’objet d’enquête, 26.000 ont été libérées sous contrôle judiciaire.

Erdogan

Le sort du leader maoïste Ramakrishna alias RK est au centre des interrogations après l’opération policière du 24 octobre à Malkangiri, où 28 maoïstes ont été abattus (voir notre article). « Le dirigeant Ramakrishna est porté disparu et il pourrait être en garde à vue », a déclaré Kailash, secrétaire du Comité de la Division de l’Est du Parti Communiste d’Inde (maoïste), dans une cassette audio diffusée aux médias de l’Odisha.

RK, membre du comité central du Parti, a été aperçu pour la dernière fois à Jantri dans la zone voisine du district de Malkangiri. Il y avait animé le 1er octobre une réunion publique et appelé au boycott des élections. Le fils de RK, agé de de 25 ans, Munna alias Sivaji, a été tué dans l’opération, ainsi que des membres du groupe de protection de RK, ce qui indique la présence de RK. La police a bloqué toutes les routes.

Les corps des maoïstes tués lors de l’opértation de Malkangiri.

Les corps des maoïstes tués lors de l'opértation de Malkangiri.

La résistance continue sur le situe du projet de pipe-line « Dakota Access » (voir notre précédent article). Les manifestants amérindiens et écologistes ont affronté hier jeudi la police qui venait les déloger du camp qu’ils occupaient sur le site, près de Cannon Ball, et des barrages routiers qu’ils avaient établis à proximité. La police locale est intervenue en tenue anti-émeute, avec des renforts de sept autres Etats. Les policiers ont utilisé une arme à son pour disperser les militants, et ont procédés à des arrestations.

Face à face entre manifestants sioux et policiers

Face à face entre manifestants sioux et policiers