Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le campus d’AgroParisTech à Palaiseau a été le théâtre d’une intervention policière ce samedi matin, suite à l’occupation des bâtiments C1 et C2 par le collectif auto-géré « Agro En Lutte ». Mobilisant une cinquantaine d’étudiants, ce mouvement dénonce les « fuites en avant productivistes » et exige une refonte radicale du cursus, ainsi qu’une révision de la gouvernance de l’école pour limiter l’influence de l’agro-industrie. Les revendications s’étendent à des enjeux internationaux, notamment l’opposition au traité UE-Mercosur et la promotion d’une agroécologie ambitieuse. Après une montée des tensions durant la nuit, l’intervention des CRS à 8h00 a conduit à l’évacuation des locaux. Les manifestants fustigent une dérive répressive de la direction et affirment que leur détermination reste intacte jusqu’à l’obtention de garanties concrètes.

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À la suite d’une manifestation le 28 mars 2024 contre la venue de la députée d’extrême droite Hanane Mansouri à l’Université Grenoble Alpes (UGA), un militant antifasciste est convoqué devant la justice le 28 janvier à 13h au Tribunal Judiciaire de Grenoble. Ses soutiens dénoncent une interpellation violente par la BAC ayant entraîné 10 jours d’ITT, ainsi qu’une plainte déposée par le syndicat étudiant de droite UNI pour l’usage d’un « spray à paillettes ». Une large coalition d’organisations syndicales et politiques appelle à un rassemblement de soutien place Firmin-Gautier le même jour à la même heure pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une criminalisation de l’action militante et une montée de l’extrême droite sur les campus.

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Ces dix dernières années, un marché mondial de logiciels espions « clés en main » (comme Pegasus ou Predator) s’est développé, facilitant la surveillance massive par les États, sans nécessiter de compétences techniques avancées. Militants, journalistes et acteurs de la solidarité figurent parmi les cibles de plus en plus nombreuses. Ce phénomène s’explique notamment par le rôle central d’entreprises israéliennes dans l’essor de cette industrie, qui influence les pratiques de surveillance en France. Technopolice Bruxelles et La Quadrature du Net proposent une conférence suivie d’un échange le 28 janvier dès 19H à la Flèche d’Or à Paris (102 Bis Rue de Bagnolet, 75020, Paris). Celle-ci aura pour ambition d’analyser ces menaces, comprendre leurs origines et renforcer les moyens de défense face à la surveillance numérique et à la répression.

Il reste deux jours avant la fin du cessez-le-feu de quatre jours entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et l’Armée arabe syrienne (AAS), alors que les accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu persistent. Le territoire contrôlé par les FDS est passé de 50 000 km² à 10 000 km² en deux semaines, seules les villes et villages kurdes restant sous leur contrôle (contrairement à ce que nous avions annoncé, la ville de Sarrine, au sud de Kobané, est finalement restée sous le contrôle des FDS). Les attaques de l’AAS dans les environs de Hasaka menacent de couper les routes entre les centres urbains, tandis que le siège de Kobané s’intensifie. Au moins 18 000 personnes, principalement kurdes, ont été déplacées de Raqqa et Tabqa, portant le total à 170 000 personnes déplacées depuis le 6 janvier. Le siège de Kobané se resserre, environ 150 000 civils y sont piégés. L’électricité est coupée, les pompes à eau ne fonctionnent pas et l’accès à Internet est instable, tandis que l’AAS poursuit ses attaques. L’encerclement empêche l’acheminement de carburant, de nourriture et de fournitures médicales. La Turquie renforce sa présence à la frontière avec la Syrie, face à Kobané, avec des chars et des armes lourdes.

Le réseau Rise Up 4 Rojava, auquel appartient le Secours Rouge de Belgique, organise une soirée publique d’information le lundi 26 janvier à 18H30 au Steki, 6 rue Gustave Defnet à 1060 Bruxelles.

Les salariés du McDonald’s des Minimes, mobilisés massivement lors de la grève du 1er janvier 2026, voient leurs revendications ignorées par la direction, qui refuse d’augmenter les salaires de 80 centimes brut par heure, de verser certaines primes, d’indemniser la pénibilité et de fournir les équipements de travail. Suite à des entretiens individuels, la direction a même mis à pied l’une des grévistes. Un rassemblement est appelé ce vendredi 23 janvier à 16h au McDo des Minimes (83 Boulevard Silvio Trentin, Toulouse, Métro Barrière de Paris) pour soutenir les grévistes et dénoncer ces sanctions.

À Paris, une vidéo diffusée sur Instagram montre trois policiers frappant un homme kurde à coups de matraque, le plaquant contre un véhicule et l’insultant de « kebab sur pattes » (voir ici) en marge de mobilisations spontanées en soutien au Rojava. Le parquet de Paris annonce avoir saisi l’IGPN, la police des polices. Il s’agit de la deuxième enquête confiée à l’IGPN en une semaine, après la mort d’El Hacen Diarra dans un commissariat du XXe arrondissement dans la nuit du 14 au 15 janvier.

Par ailleurs, à Marseille, une manifestation kurde de 2 500 personnes a été le théâtre d’affrontements avec la police ce jeudi 22 janvier. Des jets de feux d’artifice et de pierres ont répondu aux grenades lacrymogènes, tandis que des incendies de containers et des dégradations de mobilier urbain, caméras et véhicules de police ont également eu lieu. Dix policiers ont été légèrement blessés et au moins deux manifestants ont été interpellés. La manifestation visait à dénoncer les attaques contre le Rojava et la complicité des Etats occidentaux, dont la France. Le préfet et le maire socialiste ont condamné ces violences. Plus tôt dans la semaine, des mobilisations en faveur du peuple kurde avaient été réprimées dans plusieurs villes françaises, en particulier à Strasbourg et Paris (voir notre article).

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Mauricio Hernández Norambuena, alias « Ramiro », militant communiste et membre du Frente Patriótico Manuel Rodríguez (FPMR), est soumis depuis les années 1990 à une politique systématique de répression et d’isolement par l’État chilien, puis brésilien. Tortures physiques et psychologiques, isolement prolongé, restrictions extrêmes aux contacts humains et traitements inhumains ont marqué son incarcération dans des prisons de haute sécurité au Chili et au Brésil, constituant une torture psychologique soutenue. Devant l’absence de recours internes, son cas a été porté devant le Système interaméricain des droits humains, avec des audiences devant la Commission et la Cour interaméricaine, dénonçant la torture, la persécution politique et la violation des droits fondamentaux. La Cour vient de reconnaitre la gravité de ces traitements et la dimension systématique de cette politique d’État.

Le gouvernement russe renforce le contrôle d’Internet et vise à supprimer complètement l’anonymat des utilisateurs. Roskomnadsor, le service fédéral russe de surveillance des communications, des technologies de l’information et des médias, ralentit actuellement le messenger Telegram, accusé de ne pas avoir bloqué suffisamment rapidement les « chaînes anonymes », tandis que WhatsApp s’est conformé aux exigences des autorités. Des mesures de surveillance plus larges sont prévues, incluant des systèmes d’IA pour bloquer les VPN et identifier les contenus interdits à partir de mots et d’expressions, pour un coût d’environ 25 millions d’euros. Selon plusieurs observateurs, la Russie veut devenir le premier pays au monde à abolir totalement l’anonymat en ligne.

Ali Dilmen, prisonnier révolutionnaire à la prison de type F de Kandira, était en grève de la faim depuis 163 jours pour soutenir Ufuk Keskin, malade, et leurs demandes ont été satisfaites, selon l’association TAYAD. Parmi les mesures obtenues : un régime médical pour Keskin, l’augmentation de la limite de communication de 7 à 10 heures, la levée des restrictions sur les livres et le placement d’un ami à ses côtés. Ali Dilmen a été admis à l’hôpital pour traitement. Par ailleurs, Ali Teke et Hüseyin Karaoğlan ont également vu leurs demandes respectives acceptées. Ces victoires s’inscrivent dans une lutte plus large des prisonniers de Turquie contre l’isolement et les conditions carcérales strictes, avec d’autres grèves de la faim toujours en cours à travers le pays.

Une attaque à l’arme blanche a visé jeudi 22 janvier au soir des manifestants kurdes à Anvers, lors d’un rassemblement sur la place de l’Opéra pour dénoncer les attaques de HTS et de la Turquie contre le Rojava, dans le nord de la Syrie. Deux Kurdes ont été grièvement blessés et hospitalisés, tandis qu’au moins six personnes ont été touchées au total. Quatre suspects, qui s’étaient mêlés aux manifestants, ont été interpellés. La police a provisoirement qualifié l’attaque de « tentative de meurtre » et ouvert une enquête.