De violents affrontements ont eu lieu dans la nuit du mercredi 18 août dans la commune de Suba, à Bogota, entre les forces anti-émeutes (Esmad) et des manifestants anti-gouvernementaux. Les manifestants ont érigé des barricades et allumé des feux de joie, forçant la suspension des transports publics dans ce quartier de la capitale. Ils ont affrontés la police avec des cocktails Molotov, des gourdins et des machetes. La même nuit, des barricades ont été édifiées dans d’autres endroits de Bogota.

La localité de Foulata a été le théâtre de violents heurts entre forces de l’ordre et populations locales. A l’origine, des manifestations de femmes pour exiger des emploi pour leurs enfants à la société minière AngloGold Ashanti. de Guinée. Durant trois jours, elles campaient devant le bloc 2 de la société empêchant toute activité. L’intervention des forces de sécurité, mardi 17 août, a fait 28 blessés, dont plusieurs par balle. Face à l’ampleur de la répression, ses habitants ont même déserté leur maison pour se réfugier en brousse, de peur d’être arrêtés. Plusieurs blessés dont des femmes ont été enregistrés dans ces accrochages qui ont débuté mardi. Il y aurait eu au moins 36 arrestations. Les personnes arrêtées n’ont pour le moment pas été déférées. Les habitants ont incendié 3 bulldozers, une voiture personnelle, le groupe électrogène du garage, ainsi qu’un dépôt de pétrole de la société minière.

Une victime de la répression, hospitalisée

 

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Le 16 août, un haut responsable des Unités de résistance de Sinjar, la force d’auto-défense des Yézidis, Saeed Hassan Saeed a été touché par un raid mené par les forces turques dans la région du Sinjar. Il a ensuite été admis dans une ancienne école transformée en clinique, située précisément dans le village de Sekaina. Cette clinique a été visée le lendemain par des drones turcs. Ce raid, qui a fait huit morts et huit blessés, est un crime de guerre puisque la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre précise, dans son article 18, que « les hôpitaux civils organisés pour donner des soins aux blessés, aux malades, aux infirmes et aux femmes en couches ne pourront, en aucune circonstance, être l’objet d’attaques ».

Précisions/Corrections
Le 16 août, Saeed Hassan Saeed a en fait été tué par le raid turcs. Ce sont d’autres membres des YBŞ, blessés lors de ce raid, qui ont ensuite été admis dans la clinique de Sekaina, visée le lendemain par des drones turcs.

Les huit victimes du bombardement de la clinique

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Les talibans ont pu mettre la main sur des dispositifs biométriques américains qui pourraient les aider à identifier les personnes étant venues en aide aux forces de coalition. Connus sous l’acronyme HIIDE (pour « Handheld Interagency Identity Detection Equipment »), ces appareils auraient été saisis il y a quelques jours seulement, dans le cadre de l’offensive des talibans. Or, ces dispositifs contiennent de nombreuses informations stratégiques, y compris des empreintes digitales et des scans d’iris de populations afghanes, regroupés au sein de bases de données centralisées.

Servant notamment sur le terrain pour l’usage de cartes d’identité, elles pourraient aujourd’hui permettre aux talibans de retrouver les populations ayant travaillé avec l’ancien régime ainsi que les armées étrangères sur place. Si ces données ne sont pas immédiatement accessibles dans les systèmes HIIDE, les talibans n’auront pas beaucoup de mal à y accéder in fine, peut-être avec l’aide de l’agence de renseignements pakistanaise, qui a déjà collaboré avec les talibans. La plateforme HIIDE contiendrait les données biométriques d’une majorité d’Afghans, utilisées par l’armée américaine il y a plusieurs années dans le cadre de la traque d’Oussama Ben Laden et d’autres personnes.

Amazon prévoit de déployer un logiciel surveillant le rythme de frappe et les mouvements de souris de ses employés du service client. Ce logiciel, appelé BehavioSec, surveille les mouvements naturels effectués par les employés sur leur clavier ou souris afin de détecter tous les comportements inhabituels. Son développement a couté 360 000 dollars et a notamment été poussé par la généralisation du télétravail.

Un dépôt d'Amazon

Un dépôt d’Amazon

Lundi matin, l’armée philippine aurait tué 16 guérilleros maoïstes lors d’un raid contre une base de la NPA à Dolores (Eastern Samar, dans le centre des Philippines). Cette opération s’est effectuée avec un soutien de tirs d’artillerie et un bombardement aérien. Les soldats du 52e bataillon d’infanterie ont récupéré sur le terrain des installations de fabrication d’explosifs et une vingtaine d’armes. La ville de Dolores est située à 185 kilomètres au nord-est de Tacloban, la capitale régionale.

Combattants de la NPA

Combattants de la NPA

 

 

Mardi 17 août vers midi, environ 250 personnes ont entamé le blocage du pont de Pueyrredón bloquant ainsi une importante partie du trafic routier menant vers Buenos Aires. Les militant.es appartenant au Mouvement Tupac Amaru (sans lien avec l’Organisation de quartier Túpac Amaru argentin ou avec le mouvement armé péruvien) portaient différentes revendications relatives à l’accès à la nourriture et au travail. La police fédérale et la préfecture navale sont intervenues vers 17h pour dégager le pont faisant notamment usage de pepper-spray. Cette intervention a déclenché des affrontements avec les manifestant.es qui ont répondu en lançant divers objets sur les policiers. Le pont a finalement été dégagé et deux personnes ont été arrêtées.

Blocage du pont de Pueyrredón

Blocage du pont de Pueyrredón

Sous couvert des restrictions liées à la pandémie Covid, le gouvernement libéral-conservateur (FDP/CDU) du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (NRW) propose une loi régionale imposant de nouvelles restrictions sur le droit de rassemblement. La loi remplacerait les réglementations de la loi fédérale sur les assemblées qui s’appliquaient jusqu’à présent. Les enregistrements de surveillance (par exemple par drone ou hélicoptère) seraient autorisés sans conditions préalables. Sous certaines conditions également les enregistrements audio et vidéo clandestins seraient également possibles. En outre, les personnes qui demandent l’autorisation des rassemblement auprès de la police devront fournir de nombreuses informations, et pourront être amenées à fournir à la police les données personnelles des organisateur-trices.

La loi permettrait également à la police d’établir des points de contrôle sans conditions préalables, limitant l’accès aux rassemblements. Le simple fait de soupçonner des personnes de vouloir perturber un rassemblement peut suffire pour que la police les fouille, prenne leur identité et leur interdise de participer à la manifestation ou à la contre-manifestation. La loi compliquerait également l’organisation de contre-manifestations antifascistes. Les vêtements uniformes peuvent être criminalisés par l’interdiction du “militantisme”. La campagne “NRW Versammlungsgesetz stoppen!” (https://www.nrw-versammlungsgesetz-stoppen.de), rassemblant entre autres de nombreux collectifs antifascistes, féministes et écologistes, organise actuellement l’opposition à ce projet de loi.

Dans plus d’une centaine de comtés des États-Unis, les technologies de la société ShotSpotter est utilisé afin de détecter les potentiels coups de feu se produisant au sein d’une ville (voir notre article). Cette détection acoustique des coups de feu repose sur une série de capteurs, souvent placés sur des lampadaires ou des bâtiments. Si un coup de feu est tiré, les capteurs détectent la signature acoustique spécifique d’un coup de feu et envoient l’heure et le lieu à la police. L’emplacement est mesuré en mesurant le temps qu’il faut au son pour atteindre les capteurs à différents endroits. Selon ShotSpotter, ces informations sont ensuite vérifiées par des experts acoustiques humains pour confirmer que le son est un coup de feu, et non un retour de flamme de voiture, un pétard ou d’autres sons qui pourraient être confondus avec des coups de feu.

Le 31 mai 2020, Safarian Herring, âgé de 26 ans, est mortellement blessé d’une balle dans la tête. La police de Chicago arrête un homme qui soutient qu’il n’est pas l’auteur du crime, mais qu’une fusillade en voiture aurait éclaté. L’élément à charge est une vidéo de surveillance montrant la voiture du suspect, stationné à l’heure et l’endroit où Safarian Herring aurait été abattu. La police a alors déclaré que ShotSpotter a généré une alerte à ce moment précis et à cet endroit précis. Sauf que cette nuit-là, 19 capteurs ShotSpotter ont détecté un son de percussion à 23 h 46 (soit l’heure du crime), mais ont déterminé un emplacement situé à environ 1,5 kilomètre du lieu de l’assassinat. Les algorithmes de la société ont initialement classé le son comme un feu d’artifice. Mais après l’alerte de 23h46, un analyste de ShotSpotter a annulé manuellement les algorithmes et “reclassifié” le son comme un coup de feu. Puis, des mois plus tard et après le post-traitement, un autre analyste de ShotSpotter a changé les coordonnées de l’alerte avec celles du meurtre…

Lorsque ces manipulations ont été révélées, les procureurs ont dû, à la demande de la défense, retiré les « preuves » de ShotSpotter. Ce n’est pas la première affaire de ce genre et de nombreuses ville aux USA ont annulé leur contrat avec ShotSpotter