Hridindu Roychowdhury, anarchiste originaire du Wisconsin condamné à 90 mois de prison fédérale pour une attaque au cocktail Molotov contre les locaux d’une organisation anti-avortement après l’affaire Dobbs v. Jackson, a été transféré vers la prison à faible sécurité FCI Thomson (Illinois). Aucun blessé n’avait été signalé lors de l’attaque, pour laquelle il a plaidé coupable en décembre 2023 et a été condamné à environ 7,5 ans de détention ainsi qu’au paiement de près de 32 000 dollars de restitution. Après un passage en 2025 devant un grand jury, où il a été brièvement détenu pour outrage après avoir refusé de coopérer (voir notre article), il avait réintégré le système pénitentiaire fédéral en septembre 2025. Son transfert récent intervient à l’approche de son anniversaire, le 24 février.

Pour lui écrire : Hridindu Roychowdhury #51111-510 · FCI Thomson · PO Box 1002 · Thomson, IL 61285

Du 10 au 16 février, des soutiens appellent à une semaine de solidarité avant le procès prévu le 17 février dans l’affaire Prairieland, autour de Daniel « Des » Sanchez Estrada, tatoeur vegan, artiste anarchiste racisé et immigré, poursuivi pour avoir prétendument transporté des publications antifascistes dans un dossier présenté par ses défenseurs comme un cas de répression politique au Texas (voir notre article). Afin de le soutenir, la campagne encourage diverses actions publiques : diffusion d’informations, lettres de soutien, dons, affichage ou événements solidaires, etc.

Le site du comité de soutien

Rédigée par le militant anarchiste Luca « Stecco » Dolce depuis sa cellule de prison en Italie, cette déclaration propose une analyse du génocide à Gaza à travers le prisme de la lutte des classes et de l’anti-autoritarisme. L’auteur dénonce le « complexe techno-industriel » : un système où la guerre, la surveillance des frontières et l’exploitation des travailleurs sont interconnectées. Par ailleurs, il appelle à transformer l’émotion collective en action directe et en auto-organisation, tout en dénonçant l’hypocrisie et la complicité des États européens et des institutions internationales (lire en intégralité).

[…] Les anarchistes, et pas seulement eux, n’attendent pas qu’une révolution se produise d’elle-même ; ils la vivent ardemment, en étudiant et en s’organisant.

Saboter et attaquer le système de domination ne suffit certainement pas à préparer un changement radical, mais cela nous en rapproche, et nous permet de regarder en face la vie que nous désirons, en agissant contre un ennemi qui nous lie à son système, dont nous voulons nous libérer. Cette vie libre nous est de plus en plus refusée ; nous ne sommes pas éduqués à la capacité de choisir, à réfléchir et à activer une volonté libre qui dicte les lignes directrices et les règles sociales qui brisent celles, autoritaires, actuelles, en choisissant consciemment les voies et les méthodes qui évitent un système meurtrier, toxique et injuste.

Nous devons détruire l’idée moraliste de la « confrontation démocratique » : elle nous éloigne de certaines possibilités de lutte, et je crois que le meilleur exemple de fracture insurrectionnelle se manifeste à travers les émeutes indonésiennes de ces derniers mois. En réponse aux revendications du peuple, à leurs propositions d’auto-organisation et de communisme anti-autoritaire, l’autorité s’est montrée arrogante et violente. La réponse subversive a été claire et précise : la mise en scène démocratique a été réduite en cendres dans les incendies des maisons des politiciens. Leur arrogance s’est retournée contre eux et ils sont devenus, pour une fois, les cibles matérielles, la proie d’une fureur libératrice. […]

Le militant anarchiste Arturo Lugo a été arrêté à Guadalajara le 8 janvier 2026 par l’État mexicain et transféré à la prison de haute sécurité de l’Altiplano. Ses soutiens dénoncent des actes de torture et rappellent qu’il avait déjà subi des violences et des agressions sexuelles en avril 2020 lors de l’évacuation de l’école FES Acatlán (UNAM), où il protestait contre le harcèlement sexuel institutionnalisé. En réponse, un appel est lancé pour un mois de février de « lutte anti-autoritaire » sous toutes ses formes afin d’exiger sa libération immédiate.

Inculpé dans l’affaire Chaos Star, une procédure antiterroriste menée par les autorités indonésiennes contre un supposé réseau anarchiste accusé d’avoir organisé ou coordonné des protestations et des troubles liés au soulèvement de l’an dernier, le militant anarchiste Eat a été libéré du complexe de la police paramilitaire de Java occidental et placé en assignation à résidence, sous la surveillance de l’unité antiterroriste Densus 88. Sa détention préventive ayant expiré, il reste toutefois sous enquête et pourrait être réincarcéré si l’affaire est renvoyée devant un tribunal. Cette libération est attribuée en partie à la mobilisation internationale, mais la situation demeure précaire : d’autres anarchistes restent inculpés, des prisonniers du soulèvement sont toujours détenus, et des appels à la solidarité sont lancés.

En Tchita, le tribunal régional a interdit le « Zabaïkalskoïe levoie obïedinenie » (Union de gauche de Transbaïkalie) en le qualifiant d’organisation terroriste, à l’issue d’une procédure fondée principalement sur un petit canal Telegram aujourd’hui inactif et comptant moins de 100 abonnés. Les autorités présentent deux jeunes anarchistes emprisonnés, Alexandre Snezhkov et Lioubov Lizounova, comme « dirigeants » du mouvement, bien qu’ils affirment qu’il ne s’agissait que de pages personnelles sans structure, statuts ni organisation réelle. La décision s’appuie sur des éléments tels que des graffitis, un avatar de réseau social assimilé à un « drapeau » et des témoignages, et intervient alors que les deux prévenus ont déjà été lourdement condamnés pour vandalisme et « apologie du terrorisme » (voir notre article).

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Le 15 janvier 2026, Juan Antonio Sorroche Fernandez a été condamné à cinq ans de prison par la cour d’assises de Brescia pour « actes à finalité terroriste » (article 280bis) dans le cadre du procès lié à une action contre la police de l’immigration POLGAI. Si cette condamnation devient définitive, elle prolongerait encore sa peine actuelle, Juan étant déjà emprisonné depuis mai 2019 et sa peine totale actuelle étant fixée jusqu’en 2045. Le verdict intervient après plusieurs tentatives judiciaires visant à lui imputer les faits, alors qu’un autre militant initialement poursuivi a été définitivement acquitté. En attendant l’appel, ses soutiens dénoncent une décision politique et appellent à la poursuite de la mobilisation et de la solidarité en faveur de Juan, notamment en lui écrivant du courrier.

Lui écrire : Juan Antonio Sorroche Fernandez · C.C. of Terni · strada delle Campore 32 · 05100 Terni

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Les autorités italiennes poursuivent une répression judiciaire contre le militant anarchiste Gabriel Pombo da Silva, condamné à deux ans de prison pour « incitation au délit » dans le cadre de l’opération Scripta Manent, malgré la reconnaissance par l’État espagnol qu’il a déjà purgé 2 ans et 8 mois de détention en trop. Refusant de reconnaître cette peine excédentaire ou d’accorder toute mesure alternative, le tribunal de Turin a activé un Ordre européenne de détention en s’appuyant notamment sur l’absence de « repentir ». Le 7 décembre, Gabriel a été arrêté en Espagne après s’être présenté au commissariat de Vigo à la suite de la notification de cette OEDE, avant d’être remis en liberté provisoire par l’Audience nationale de Madrid (voir notre article), qui a jugé la demande illégitime car fondée sur un « délit d’opinion ». Il reste néanmoins soumis à un strict contrôle judiciaire, tandis que s’ouvre une longue bataille juridique contre cette répression transnationale.

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Après de longues années d’enfermement, le militant anarchiste Kostas Sakkas (voir photo) est libre après plus de sept ans passés à la prison de Korydallos, tandis que le combattant du mouvement social Giorgios Petrakakos a également retrouvé la liberté après dix ans de détention. Arrêté en juin 2019 lors de l’expropriation d’un convoi de fonds, Kostas Sakkas avait été condamné à sept ans et dix mois, tandis que son compagnon Giannis Dimitrakis, arrêté dans la même affaire, reste incarcéré et purge une peine de onze ans et demi. Giorgios Petrakakos, condamné à plusieurs reprises pour des braquages de banque, a été ciblé en détention par les autorités qui ont tenté de l’associer à Lutte Révolutionnaire, accusation qu’il a toujours rejetée.

Le 31 décembre 2025, Pavel Krisevich a pu quitter la Russie après avoir été libéré d’une nouvelle arrestation administrative, la énième depuis sa sortie de prison le 24 janvier 2025 (voir notre article). Inscrit en novembre 2025 au registre des « agents étrangers », il avait été menacé par le FSB de nouvelles détentions s’il ne partait pas immédiatement. Depuis sa détention, Krisevich poursuivait son travail artistique en prison, créant dessins, livres et projets solidaires pour d’autres détenus. Il décrit son départ comme un moment d’euphorie en quittant « la dictature et l’absence de liberté ».