Dix voitures du SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) ont été incendiées. L’attaque s’est produite près du poste de quartier 44, à l’intersection du boulevard Saint-Joseph et de la rue d’Iberville, pendant la nuit de samedi 17 à dimanche 18. L’incendie a endommagé dix véhicules. Sept d’entre eux sont des pertes totales. Selon la police, une caméra de surveillance en enregistré trois personnes en train de s’approcher des véhicules de patrouille avec des objets incendiaires.

L’action a été renvendiquée sur le site Montréal contre-information: ” Les flics sont des assassins. On a brûlé leurs voitures. Tu peux le faire aussi. On a utilisé 3 engins incendiaires : des bouteilles de plastique à bases carrées remplies au 3/4 avec un mélange d’essence et d’huile à moteur. On a utilisé de la super colle pour attacher deux cubes allume-feu emballés individuellement (que tu peux trouver dans les magasins de camping, les quincailleries ou les épiceries) sur le côté de chaque bouteille. Pour chaque voiture, on a placé une bouteille couchée sur le coté (avec le cube vers le haut) et on l’a poussé sous un pneu de la voiture puis allumé le cube. On a choisi des engins qui prennent complètement en feu environ une minute après les avoir placé sous les voitures. On a voulu augmenter nos chances de quitter sans se faire remarquer tout en diminuant les chances que les engins soient éteints trop tôt. Pour un monde sans la police et sans l’ordre suprémaciste blanc qu’ils défendent. Solidarité avec les insurgé.e.s noir.e.s et avec tous.tes celles et ceux qui se battent. Des anarchistes” (source)

Les voitures incendiées

Dossier(s): Amérique du Nord Tags: ,

Plusieurs anarchistes encourent de lourdes peines suite à leur arrestation dans le cadre d’une répression qui s’intensifie. Trois d’entre eux ont été interpellés pour des tags qui ont été qualifiés de “crimes graves”. Les tags incriminés sont : «sudah krisis, saatnya membakar ” (il y a déjà une crise, il est temps de brûler) et” melawan atau mati konyol » (combattre ou périr). Peu de temps après, deux autres anarchistes ont également été arrêtés par la police à Tangerang et Bekasi. Suite à leur arrestation, ils ont été frappés et torturés, ils ont eu la tête enveloppée dans des sacs en plastique et ont été gardés au commissariat en dehors de tout statut légal, sans que ni leurs proches ni leurs avocats ne puissent avoir des nouvelles ni intervenir. Ils font actuellement l’objet d’un procès dans lequel ils encourent jusqu’à 10 ans de prison. Deux autres, qui sont encore mineurs, sont déjà condamnés à 4 mois de prison (voir l’appel à la solidarité).

Un des tags incriminés

Lundi 29 juin dans la matinée, une vingtaine de policiers liégeois ont investi le centre social autogéré Entre-Murs Entre-Mondes. La police a utilisé la “loi anti-squat” pour entrer sans mandat sur les lieu (voir notre article). Le commissaire Jadoul, en charge de l’opération, a, à ce titre, répété plusieurs fois qu’il reviendrait dans le centre social, le matin, la nuit, demain ou la semaine prochaine, si bon lui semblait. La police a contrôlé les identités de tout le monde et deux personnes ont été arrêtées avant d’être libérées plus tard dans la journée. Un rassemblement, d’une cinquantaine de personne, s’était tenu devant le commissariat Natalis pour les soutenir. Une des deux personnes étant sans-papier, la police a pris ses empreintes et envoyé son signalement à l’office des étrangers. Une vidéo du raid ici.

Raid policier contre un centre social autogéré

Raid policier contre un centre social autogéré

L’agence Europol a publié un nouveau rapport intitulé “L’état du terrorisme dans l’Union européenne en 2020”. Le rapport recense 26 attaques de groupes issus de la gauche révolutionnaire pour 2019. Ces attaques ont toutes eu lieu en Grèce, Italie ou Espagne. Le nombre d’arrestations sur suspicion d’infractions “terroristes” a plus que triplé (111 en 2019 contre 34 en 2018), par rapport aux années précédentes. La majorité des arrestations étaient liées à des “manifestations violentes” et à des confrontations avec les forces de sécurité en Italie. Le rapport signale également que le soutien au Rojava reste un sujet important pour les groupes de gauche et annonce qu’un certain nombre de militant·es sont suspecté·es d’avoir rejoint les organisations militaires du Rojava. En Belgique, le rapport annonce que “des groupes et des individus des anarchistes et ainsi que des mouvements extrémistes de gauche constituaient une menace persistante pour l’ordre public, en particulier lors des manifestations violentes des Gilets Jaunes”.

Le rapport mentionne également l’utilisation des moyens informatiques par les mouvements de la gauche révolutionnaire qui ont une haute sensibilité à la sécurité informatique. Ils utilisent des téléphones mobiles “propres” et des applications cryptées pour la communication. Les mouvements utilisent leur propres infrastructures tels que Riseup.net, Espiv, Noblogs, ainsi que des infrastructures commerciales plates-formes telles que Signal et Telegram. Inversement, certains groupes adoptent délibérément des méthodes rudimentaires. Ils évitent tout ordinateur ou communication téléphonique, ainsi que l’utilisation de voitures ou les GPS pour éviter le traçage de leurs mouvements.

Au niveau de la Turquie, le rapport mentionne le DHKP-C qui continuerait d’utiliser l’Union Européenne comme base pour soutenir ses opérations en Turquie. Il indique également que le PKK “n’a encore commis aucune attaque terroriste sur le territoire de l’Union européenne”, et qu’il “organise des rassemblements et des manifestations en Europe sur les questions liées aux Kurdes, dont la plupart sont pacifiques”. Le rapport souligne que les membres et sympathisants du PKK continuent à participer à des activités légales pour collecter des fonds de soutien, et dit : “Il semble que la principale source de revenus soit la campagne annuelle de collecte de fonds et les événements culturels”.

Le rapport complet ici.

L'agence Europol sort un nouveau rapport sur le "terrorisme"

L’agence Europol sort un nouveau rapport sur le “terrorisme”

Lundi 22 juin, un tribunal militaire de Saint-Pétersbourg a condamné deux autres militants anarchistes, accusés dans l’affaire “Network”, à des peines de prison. Viktor Filinkov a reçu une peine de 7 ans et Yuly Boyarshinov une peine de 5,5 ans dans une colonie pénale. Le juge a également ordonné la destruction des éléments de preuve dans l’affaire. Filinkov et Boyarshinov ont été arrêtés par le Service fédéral de sécurité russe (FSB) en janvier 2018. Filinkov a été torturé au cours de l’enquête afin de lui extorquer des aveux. Les agents du FSB menaçaient également d’aggraver les conditions de détention de Boyarshinov s’il ne coopérait pas à l’enquête.

Les soutiens de Filinkov et de Boyarshinov se sont réunis à l’extérieur et à l’intérieur du tribunal pour manifester leur solidarité. Des chants de “liberté aux prisonniers politiques” et “l’antifascisme n’est pas du terrorisme” ont été scandés dans la salle d’audience lors de la lecture du verdict. Plus de 20 personnes participant à la manifestation ont été arrêtées, y compris trois à quatre personnes qui jouaient du tambour devant le tribunal, un homme qui s’est enchaîné à une clôture et a allumé une fusée éclairante, et Yana Sakhipova, l’épouse de Boyarshinov, qui a été détenue à l’intérieur du tribunal.

La plupart des accusés dans l’affaire Network sont des antifascistes et des anarchistes. Ils sont accusés d’avoir participé à une “communauté terroriste anarchiste” créée en 2015 dans le but de déclencher une “déstabilisation du climat politique dans le pays” en posant des bombes lors des élections présidentielles russes de 2018 et de la Coupe du monde de football. Le Réseau aurait des cellules fonctionnant à Moscou, à Saint-Pétersbourg, à Penza et en Biélorussie. Plus tôt cette année, sept anarchistes russes, également accusés de participation au groupe “Réseau”, ont été condamnés pour des infractions terroristes à des peines de prison totalisant 86 années (voir notre article).

Viktor Filinkov et Yuly Boyarshinov

Viktor Filinkov et Yuly Boyarshinov

Jeudi 11 juin, la Cour provinciale a rejeté la demande d’annulation du mandat d’arrêt européen qui avait mené à l’arrestation de Gabriel Pombo Da Silva au Portugal (voir notre article). Gabriel Pombo Da Silva est un militant anarchiste qui avait libéré en 2016 après 30 ans de prison. Cependant, l’état espagnol veut lui faire purger un supplément de peine de dix ans de prison pour des faits datant des années ’90. Il se trouve toujours à la prison de Badajoz où on l’empêche d’accéder à son courrier. Plus d’infos ici.

Gabriel Pombo da Silva

Dossier(s): Espagne Tags: , , ,

Dans certaines zones de Berlin, la police exerce une occupation spatiale agressive en assiégeant des quartiers de Friedrichshain et de Neukölln ou en occupant des lieux publics et des parcs à Kreuzberg. L’occupation policière massive de ces quartiers laisse cependant d’autres zones de la ville vulnérable à des attaques. Un groupe anarchiste a donc décidé d’incendier un camion appartenant à l’entreprise DB Schenker dans la nuit du 27 mai en solidarité avec le Rojava. DB Schenker est une entreprise “profiteuse de guerre” puisqu’elle collabore, dans le cadre de l’OTAN, avec l’état turc dans son projet d’invasion et d’occupation du Rojava.

Attaque d'une entreprise en solidarité avec le Rojava

Attaque d’une entreprise en solidarité avec le Rojava

Dans la nuit du vendredi 29 mai, un groupe anarchiste de Besançon a revendiqué avoir incendié la voiture personnelle d’Éric Alauzet, député LREM. Cette attaque fait suite à plusieurs actes de sabotage à Besançon et sa région, dont certains sont également revendiqués par des organisations anarchistes.

Eric Alauzet, député LREM.

Ces derniers jours, le siège du MR à Bruxelles a été recouvert de peinture rose. Dans une vidéo, postée sur indymédia, les auteurs supposés déclarent “les bourgeois sont nos ennemis” et “gare à la revanche quand tout·es les pauvres s’y mettront”, faisant ainsi référence à la chanson communarde “La Semaine sanglante“.

Dans la nuit du 13 mai, sept anarchistes ont été arrêtés à Bologne, à Milan et en Toscane. Ils ont été emprisonnés. Cinq autres sont assignés dans leur municipalité de résidence. En outre, le centre de documentation anarchiste Il Tribolo à Bologne a été perquisitionné. L’opération répressive, dénommée «Ritrovo» a été menée par les carabiniers du ROS (Raggruppamento Operativo Speciale)  conjointement avec le commandement provincial des carabiniers de Bologne. Les sept sont inculpées de l’article 270bis du code pénal (association subversive à des fins de terrorisme ou de subversion de l’ordre démocratique), des articles 414 (incitation à commettre un crime), 639 (dégradations) et 635 (dommages). Une personne est accusée de l’article 423 (incendie) pour l’attaque incendiaire du 16 décembre 2018 contre certaines antennes de télécommunications situées à Monte Donato à Bologne et destinées à la transmission de réseaux de télévision nationaux et locaux. Sur le site le message suivant avait été écrit: «Éteignez les antennes, réveillez les consciences. Solidarité avec les anarchistes détenus et sous surveillance ». Le parquet de Bologne, avec l’aide des médias du régime, a souligné que les mesures conservatoires revêtent une «valeur préventive stratégique visant à éviter cela à tout autre moment de tension sociale, résultant de la situation d’urgence particulière [liée à la épidémie de coronavirus], d’autres moments de la campagne de lutte anti-étatique plus générale peuvent avoir lieu ».

Voici les adresses actuelles des camarades arrêtés:
Giuseppe Caprioli et Leonardo Neri: C. R. di Alessandria «San Michele» / strada statale per Casale 50  A / 15121 Alexandrie
Stefania Carolei / C. C. di Vigevano / via Gravellona 240 / 27029 Vigevano (PV)
Duccio Cenni et Guido Paoletti: C. C. di Ferrara / via Arginone 327 / 44122 Ferrara
Elena Riva et Nicole Savoia : C. C. di Piacenza / strada delle Novate 65 / 29122 Piacenza

Le relais de télévision incendié

Dossier(s): Italie Tags: , ,