À Paris, une vidéo diffusée sur Instagram montre trois policiers frappant un homme kurde à coups de matraque, le plaquant contre un véhicule et l’insultant de « kebab sur pattes » (voir ici) en marge de mobilisations spontanées en soutien au Rojava. Le parquet de Paris annonce avoir saisi l’IGPN, la police des polices. Il s’agit de la deuxième enquête confiée à l’IGPN en une semaine, après la mort d’El Hacen Diarra dans un commissariat du XXe arrondissement dans la nuit du 14 au 15 janvier.

Par ailleurs, à Marseille, une manifestation kurde de 2 500 personnes a été le théâtre d’affrontements avec la police ce jeudi 22 janvier. Des jets de feux d’artifice et de pierres ont répondu aux grenades lacrymogènes, tandis que des incendies de containers et des dégradations de mobilier urbain, caméras et véhicules de police ont également eu lieu. Dix policiers ont été légèrement blessés et au moins deux manifestants ont été interpellés. La manifestation visait à dénoncer les attaques contre le Rojava et la complicité des Etats occidentaux, dont la France. Le préfet et le maire socialiste ont condamné ces violences. Plus tôt dans la semaine, des mobilisations en faveur du peuple kurde avaient été réprimées dans plusieurs villes françaises, en particulier à Strasbourg et Paris (voir notre article).

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Une attaque à l’arme blanche a visé jeudi 22 janvier au soir des manifestants kurdes à Anvers, lors d’un rassemblement sur la place de l’Opéra pour dénoncer les attaques de HTS et de la Turquie contre le Rojava, dans le nord de la Syrie. Deux Kurdes ont été grièvement blessés et hospitalisés, tandis qu’au moins six personnes ont été touchées au total. Quatre suspects, qui s’étaient mêlés aux manifestants, ont été interpellés. La police a provisoirement qualifié l’attaque de « tentative de meurtre » et ouvert une enquête.

Le rassemblement de soutien aux Rojava qui a eu lieu le 21 janvier au matin à Bruxelles place du Luxembourg a débouché sur une manifestation spontanée qui a atteint le rond point Schuman, devant la Commission européenne. La police est alors intervenue avec des gaz lacrymogènes, a nassé un groupe de manifestants et arrêté cinq d’entre eux.

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À Paris, une manifestation de soutien au Rojava a rassemblé mardi soir environ 1 200 personnes place des Invalides. La police est rapidement intervenue et a interpellé onze manifestants pour « regroupement en vue de commettre des dégradations » et « violences sur agents ». Quatre policiers ont été légèrement blessés lors des affrontements. Un rassemblement similaire a eu lieu mardi à Strasbourg, où les manifestants ont été dispersés par la police à coups de gaz lacrymogène et de charges.

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Une enquête a été ouverte contre 356 personnes ayant « attaqué » des drapeaux turcs à la frontière entre la Turquie et la Syrie, a annoncé le ministre de la Justice, Yılmaz Tunç, alors que les populations kurdes ont franchi des barrières pour soutenir le Rojava en proie aux attaques du régime syrien (voir notre article). À ce jour, 35 personnes ont été arrêtées, 45 font l’objet de mesures judiciaires de contrôle, et 77 restent en garde à vue.

Une nouvelle offensive a été lancée contre le Rojava démocratique, cette fois par l’armée et les forces de sécurité du nouveau gouvernement islamiste de Damas. Les forces gouvernementales syriennes ont pris le contrôle des quartiers kurdes d’Alep la semaine dernière, puis a pénétré samedi matin dans la ville de Deir Hafer, à une cinquantaine de km à l’est d’Alep, sur la rive occidentale de l’Euphrate. A ce moment un accord de cessez-le-feu était survenu, patronné par les USA, mais cet accord a été violé et les forces gouvernementales qui, lourdement appuyées par la Turquie (au moyen de frappes de drones), ont attaqué et pris la ville de Tabka, la dernière ville liée à l’administration autonome démocratique du Nord-Est syrien à l’Ouest de l’Euphrate et défendue par les Forces Démocratiques Syriennes. Les forces islamistes ont ensuite franchit l’Euphrate à Deir ez-Zor et  progressé dans les gouvernorats de Raqqa et Deir ez-Zor, largement évacués par les FDS qui se sont retranchée dans les gouvernorats de Hassaka et du Jazira. La progression des forces de Damas a été facilitée par le soulèvement armé, dans le dos des Forces Démocratiques Syriennes, des forces jihadistes et des forces tribales. La ville de Kobané et ses environs sont isolées du reste du Rojava. L’armée de Damas approche de la grande ville d’Hassaka que les FDS semblent résolues à défendre.

Mise à jour (21/01) : Le grand camp d’Al-Hol, où sont confinées des dizaines de milliers de membres des familles de militants de l’État islamique, est passé sous le contrôle des forces du régime. Des drones turcs ont de nouveau frappé des installations des YPG-YPJ, notamment à Qamishlo. Des poches de résistance des FDS se maintiennent à Raqqa, essentiellement autour de la prison d’al-Aqtan. Le commandant en chef des FDS, Mazlum Abdi, a déclaré que ses forces s’étaient retirées dans les zones à population majoritairement kurde afin de les défendre. La ville de Sarrine, au sud de Kobané, est également tombée aux mains des forces gouvernementales islamistes.

Le Nord-Est syrien auto-administré, comprenant les parties non-occupées du Rojava, est sous le feu d’une offensive militaire du nouveau pouvoir islamiste syrien appuyée par la Turquie. Les combattant·es kurdes, arabes et assyrien·nes ont déclaré une mobilisation générale pour protéger les fruits de la révolution démocratique, socialiste et féministe. Alors que des milliers de combattant·es de tous âges répondent à l’appel, y compris celles et ceux provenant d’autres régions du Kurdistan, des mobilisations ont lieu en Europe pour soutenir la résistance. Le réseau international Rise Up 4 Rojava, auquel appartient notre Secours Rouge Belgique, appelle à deux rassemblements le 20 (13H) et 21 janvier (10H) place du Luxembourg, à Bruxelles.

L’incertitude domine en Syrie après une offensive majeure, alors que le chef de HTS, Abou Mohammed al-Scharaa, a annoncé dimanche soir un cessez-le-feu et un accord avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), sans confirmation de ces dernières. Le commandant en chef des FDS, Mazlum Abdi, a seulement indiqué que des discussions étaient prévues à Damas ce lundi 19 janvier, précisant que ses forces s’étaient retirées des zones de Raqqa et de Deir ez-Zor. Par ailleurs, il a affirmé que : « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir ; nous en avons la force. C’est une résistance, et je suis convaincu que, comme nous l’avons fait ces quatorze dernières années, nous réussirons à nouveau à l’avenir. » Il a également dénoncé l’alliance entre le gouvernement de transition syrien, la Turquie et les puissances impérialistes visant à démanteler l’autonomie du Rojava. Selon plusieurs analyses de la situation militaire et territoriale dans le nord-est de la Syrie, les forces des kurdes et leurs alliés (Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie et Forces démocratiques syriennes) auraient perdu une part très significative de leur territoire, de 40% à 66% selon les différentes estimations. Parallèlement, Damas a annoncé la signature de décrets reconnaissant certains droits culturels et administratifs kurdes, une mesure jugée largement insuffisante par les dirigeants kurdes, qui dénoncent l’absence de garanties réelles sur l’autonomie politique, la sécurité et l’avenir du Rojava.

Les groupes liés au gouvernement de transition syrien de Hayat Tahrir al-Sham (HTS, héritier d’al-Nosra affilié à al-Qaïda) et soutenus par l’État turc poursuivent leurs attaques autour du barrage de Tichrine. Par ailleurs, ils ont déclaré Deir Hafir et sa province comme zone militaire et ont commencé à bombarder la région avec de l’artillerie, après avoir déjà mené une offensive brutale contre les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et Ashrafiyeh à Alep (voir notre article). L’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie a déclaré un couvre-feu à Raqqa et Tabqa en raison des attaques de ces groupes. Les commandants des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) ont affirmé leur détermination à résister à toute offensive. Ces attaques s’inscrivent dans une offensive plus large, où HTS, soutenu par la Turquie et appuyé par des puissances occidentales telles que la France, l’Union européenne et les États-Unis, s’attaque au Rojava avec comme toile de fond les négociations au point mort après l’accord du 10 mars 2025 sur l’intégration des institutions civiles et militaires du nord‑est syrien (où les Kurdes sont majoritaires) à l’État syrien. Selon les forces kurdes, cet accord a été rompu par HTS après ces nombreuses attaques. Par ailleurs, l’Union des Communautés du Kurdistan (KCK) a annoncé que son cessez-le-feu avec la Turquie serait remis en cause si Ankara continuait à soutenir cette offensive contre les forces kurdes en Syrie.

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Le 11 janvier 2026, à Batman, une ville à majorité kurde du Sud-Est de la Turquie, quatre jeunes (Selahattin İrekür, Diyar Yarma, Argeş Toparlı et Süleyman Avşar) ont été interpellés à leur domicile après avoir participé à une manifestation contre les attaques de groupes affiliés au gouvernement syrien dans les quartiers kurdes Şêxmeqsûd et Eşrefiyê d’Alep. Les perquisitions ont eu lieu dans les quartiers de Bağlar, Çamlıtepe et Bayındırlık au matin, et les quatre jeunes ont été conduits au commissariat central de la ville.

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