La police anti-émeute grecque a utilisé hier jeudi des gaz lacrymogènes pour disperser 2.000 jeunes manifestants, qui jetaient des cocktails Molotov et des pierres lors d’une manifestation à Athènes à l’occasion du quatrième anniversaire de l’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos, âgé de 15 ans, le 6 décembre 2008. Plus tôt, des affrontements ont également éclaté lors des manifestations similaires à Thessalonique, deuxième ville du pays. Trois manifestants ont été arrêtés.
Grèce: Emeutes pour l’anniversaire de l’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos
A l’occasion de la signature entre les ministres des transports italien et français, plus d’un millier d’opposants au projet de LGV Lyon-Turin (appelé TAV en Italie) ont investi lundi 3 après-midi la gare désaffectée des Brotteaux à Lyon avant d’être encerclés par la police, épaulée d’un hélicoptère et de camions à jets d’eau.
Douze bus transportant plus de 500 manifestants italiens avaient été retenus à la frontière par la gendarmerie. Une cinquantaine de personnes qui, selon la police « détenaient des masques à gaz et produits inflammables » ont ainsi été interpellées, et les bus ont pu repartir au compte-goutte. Le rassemblement de Lyon avait été autorisée mais pas le défilé, ce qui expliquait le blocage policier. Calme au départ, le rassemblement est devenu tendu en début de soirée. En Italie, de nombreux opposants se sont également rassemblés devant l’ambassade française à Rome.
Audience décisive et rassemblement de solidarité mardi 11 décembre de 8h à 8h50 au palais de justice de Bruxelles. Cette vidéo de 12 minutes expose l’affaire depuis son origine. A faire circuler!
La police slovène a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser lundi soir une manifestation à Maribor, deuxième ville de Slovénie, environ 10.000 personnes qui exigeaient la démission du maire soupçonné de corruption. Une soixantaine de personnes ont été interpellées. L’agence de presse slovène fait état de neuf blessés, quatre policiers et cinq manifestants. Le 26 novembre, une manifestation avait déjà réuni 10.000 personnes et des incidents avaient éclaté entre manifestants et forces de l’ordre.
A Ljubljana, 4.000 personnes ont manifesté, sans incident, contre la politique d’austérité du gouvernement conservateur. A Celje (à 80 km au nord-est de Ljubljana), 4.000 personnes ont manifesté lundi soir et 13 personnes ont été interpellées par la police à la suite d’affrontements. La Slovénie est gravement frappée par la crise économique et financière.
De nouveaux heurts ont opposé, lundi 3 décembre, au Bangladesh la police à quelque 10.000 ouvriers du textile manifestant pour de meilleures conditions de travail, après l’incendie qui a coûté la vie à 112 d’entre eux, le 24 novembre, dans une usine d’Ashulia, une zone industrielle abritant plus de cinq cents usines de confection dans la périphérie de Dacca. Environ 10.000 ouvriers ont bloqué une route à Ashulia et s’en sont pris à des véhicules et à des usines. La police a tiré des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, qui ont répliqué en jetant des pierres. Une cinquantaine d’usines avait fermé par crainte d’âtre attaquée par les ouvriers.
Le Secours rouge arabe avait appelé à un rassemblement devant l’ambassade des Etats-Unis à Paris ce mardi 3 pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Un fort contingent policier est intervenu pour refouler les premiers manifestants arrivant devant l’ambassade même. Le rassemblement s’est finalement tenu un peu plus loin, sur la même place de la Concorde, en un endroit qu’ont pu rallier une trentaine de manifestants, dont une délégation du SR de Belgique.
Prochain rassemblement vendredi 7 décembre, à 18h30, devant le ministère de la Justice, Place Vendôme (Paris 1er, métro Opéra)
France: Rassemblement pour Georges Ibrahim Abdallah
Dès 8h du matin, un grand nombre de manifestants s’étaient rassemblés devant la Chambre des députés à Mexico, où Enrique Pena Nieto devait prêter serment. De violents affrontements se sont rapidement déclenchés entre les manifestants et les forces de l’ordre groupées près de hauts murs métalliques installés à proximité du Parlement. Les jets de pierre, pétards et autres cocktails Molotov ont répliqué aux tirs de gaz lacrymogènes. Au moins six personnes ont été blessées, parmi lesquelles des policiers affectés par leurs propres gaz lacrymogènes.
Depuis mardi, les habitants de Siliana dans le sud-ouest de la Tunisie manifestent dans les rues de la ville pour dénoncer les violences dont ils sont victimes, exiger la libération de quatorze personnes détenues depuis les événements d’avril 2011 ainsi que la démission du gouverneur. Chaque jour, les rassemblements sont violemment réprimés par les forces de l’ordre qui ont déjà fait plus de 300 blessés. Hier, deux véhicules blindés supplémentaires sont venus renforcer les effectifs déployés qui ont été la cible de jets de cocktails Molotov. Les policiers ont procédé à des tirs de sommation et ont fait usage d’une grande quantité de gaz lacrymogène. Un policier a déclaré ce vendredi à la presse: ‘Si on nous y autorise, je n’hésiterai pas à tirer des balles réelles’.
Hier matin, des milliers de personnes s’étaient rassemblées devant le gouvernorat de Siliana, petite ville au sud-ouest d eTunis, pour réclamer la libération de 14 personnes interpellées lors des manifestations en avril 2011 et toujours actuellement détenues, mais aussi pour exiger le limogeage du gouverneur régional et la mise en place de mesures pour relancer le développement économique dans la région. De nombreux blindés de la garde nationale avaient été déployés ainsi qu’une grande quantité de policiers anti-émeutes. Ces derniers, pour disperser la foule, ont procédé à des tirs de sommation et de gaz lacrymogènes avant de faire usage de balles d’un type inconnu selon des témoins sur place. Au moins 150 personnes ont été blessées, dont plusieurs très grièvement. Ces dernières ont été transférées vers l’hôpital de Tunis. La police était déjà intervenue mardi en utilisant des balles en caoutchouc à l’encontre de manifestants qui avaient bloqué des rues à l’aide de barricades.
Les manifestations consécutives à l’incendie de l’usine Fashions Tazreen qui a tué plus 111 ouvriers, et blessé plus de 150 autres, font rage depuis trois jours. Des milliers d’ouvriers du textiles ont manifestés pour des usines plus sûres et des sanctions pour les responsables de l’incendie mercredi à Ashulia, une banlieue industrielle de la capitale. Ils bloquent la circulation, et affrontent la police qui use de gaz lacrymogènes et de matraques. Au moins 20 personnes ont été blessées dans les heurts rien que pour la journée de mercredi. La plupart des 300 usines de confection dans la région sont à l’arrêt.
Trois surveillants de l’usine textile ont été arrêtés pour négligence mercredi, mais une vidéosurveillance indiquerait une incendie volontaire. Certains survivants ont déclarés que les directeurs d’usine ont quitté le bâtiment à temps parce que, pour eux, une alarme incendie s’est déclenchée. Wal-Mart Stores Inc, la plus grande société de commerce de détail au monde, qui s’approvisionnait (via un réseau de sous-traitants chre Fashions Tazreen), a déclaré qu’elle définirait de nouvelles procédures pour contrôler la sous-traitance. Le Bangladesh compte environ 4.500 fabriques de vêtements et est le premier exportateur mondial d’habillement après la Chine.