Le 1er janvier, les autorités israéliennes ont de nouveau arrêté Raghad Nassar Salah Al-Fani, ancienne prisonnière palestinienne de 27 ans, lors d’une perquisition menée au domicile familial situé dans le quartier sud de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie. Libérée en novembre 2023 dans le cadre de la première phase de l’accord d’échange de prisonniers, elle avait auparavant passé une année en détention administrative.

Après de longues années d’enfermement, le militant anarchiste Kostas Sakkas (voir photo) est libre après plus de sept ans passés à la prison de Korydallos, tandis que le combattant du mouvement social Giorgios Petrakakos a également retrouvé la liberté après dix ans de détention. Arrêté en juin 2019 lors de l’expropriation d’un convoi de fonds, Kostas Sakkas avait été condamné à sept ans et dix mois, tandis que son compagnon Giannis Dimitrakis, arrêté dans la même affaire, reste incarcéré et purge une peine de onze ans et demi. Giorgios Petrakakos, condamné à plusieurs reprises pour des braquages de banque, a été ciblé en détention par les autorités qui ont tenté de l’associer à Lutte Révolutionnaire, accusation qu’il a toujours rejetée.

Près de trois mois après le placement en détention provisoire des Ulm 5, cinq personnes poursuivies pour une action visant une usine d’armement d’Elbit Systems, plusieurs rassemblements de solidarité ont eu lieu les 30 et 31 décembre devant les différents établissements pénitentiaires où elles sont incarcérées (voir notre article). Portées depuis Berlin avec le soutien de collectifs locaux, ces mobilisations se sont déployées sur deux jours devant cinq prisons, dans le but de dénoncer le rôle d’Elbit Systems dans l’industrie de l’armement et de rompre l’isolement carcéral. Elles s’inscrivent dans un mouvement plus large de soutien aux prisonniers politiques et de dénonciation de la répression des luttes internationalistes, avec également des expressions de solidarité envers Daniela Klette, des antifascistes poursuivis et plusieurs militants kurdes emprisonnés.

A l’occasion du réveillon du 31 décembre 2025, des centaines de personnes se sont rassemblées devant la prison de Pentonville, sur Caledonian Road à Londres, pour soutenir les détenus pro-palestiniens en grève de la faim qui poursuivent leur mobilisation à l’entrée de la nouvelle année. La police a été déployée en nombre et a empêché à deux reprises les manifestants de marcher, avant de les repousser vers l’enceinte de la prison. Selon plusieurs témoignages, des arrestations ont eu lieu et des protestataires ont été encerclés par la police devant les grilles de la prison jusque tard dans la nuit.

Les grévistes de la faim ont entamé leur mouvement depuis plusieurs semaines : Heba Muraisi en est à son 62ᵉ jour, Teuta Hoxha à son 56ᵉ jour et Kamran Ahmed à son 55ᵉ jour de grève de la faim, poursuivant leur action malgré l’aggravation des risques pour leur santé. Ils se mobilisent pour exiger que le Royaume-Uni rompe ses liens avec le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems, mette fin à l’interdiction de Palestine Action, garantisse la libération sous caution immédiate des 33 prisonniers britanniques pour leur engagement pro-palestinien et la fin de la censure en détention.

Le 30 décembre 2025, le tribunal de Béjaïa a rejeté la demande de libération provisoire de Lyes Touati, militant du Parti socialiste des travailleurs (PST), arrêté le 14 décembre 2025 et détenu depuis plus de deux semaines (voir notre article). Cette décision s’inscrit dans une répression plus large menée par le régime d’Abdelmadjid Tebboune : interdiction des manifestations, restrictions du droit de grève, arrestations de militants, mais aussi la suspension administrative du PST. Face à cette situation, les appels se multiplient pour exiger sa libération immédiate et l’abandon des poursuites.

Le 31 décembre 2025, Pavel Krisevich a pu quitter la Russie après avoir été libéré d’une nouvelle arrestation administrative, la énième depuis sa sortie de prison le 24 janvier 2025 (voir notre article). Inscrit en novembre 2025 au registre des « agents étrangers », il avait été menacé par le FSB de nouvelles détentions s’il ne partait pas immédiatement. Depuis sa détention, Krisevich poursuivait son travail artistique en prison, créant dessins, livres et projets solidaires pour d’autres détenus. Il décrit son départ comme un moment d’euphorie en quittant « la dictature et l’absence de liberté ».

Les autorités espagnoles et l’Institut Gogora recherchent les familles pour recueillir l’ADN des prisonniers républicains décédés dans la prison franquiste d’Orduña entre juillet 1937 et juillet 1941. Depuis 2021, plusieurs campagnes d’exhumation ont permis de retrouver 93 corps, dont l’identité de 23 victimes a déjà été confirmée. Parmi eux, Miguel Fuentes Molina, mort en mai 1941 de malnutrition à 26 ans, après avoir été envoyé à Orduña pour avoir soutenu la République. Les restes de Miguel et d’autres victimes ont été restitués à leurs familles à Badajoz et Ciudad Real. Gogora poursuit l’identification des 70 corps restants et appelle les familles à fournir leur ADN.

Dossier(s): Espagne Tags: ,

Le militant basque Xabier Goienetxea Iragorri a recouvré la liberté après avoir purgé l’intégralité de sa peine, dix ans après son arrestation en juillet 2015 à Ossès lors d’une opération policière franco-espagnole liée au processus de désarmement d’ETA. Originaire d’Errenteria, il avait été incarcéré avec Iñaki Reta et jugé en 2018 à Paris. Libéré sous contrôle judiciaire en novembre 2023 depuis la prison de Lannemezan, il est désormais totalement libre.

Les grévistes de la faim emprisonné·es pour la Palestine approchent des 60 jours de grève, dans un état de santé alarmant. Heba Muraisi (59e jour) souffre de graves carences, de douleurs intenses et de troubles cognitifs, tandis que ses proches subissent des fouilles abusives et des humiliations en prison. Teuta Hoxha (53e jour) est presque alitée, victime de pertes de connaissance, d’une fatigue extrême et ses visiteurs sont harcelés par l’administration pénitentiaire. Kamran Ahmed (52e jour) subit des vertiges sévères, une perte auditive intermittente et des baisses de rythme cardiaque. Lewie Chiaramello (38e jour), diabétique, continue de jeûner malgré de forts risques pour sa santé. Face à cette situation critique, Prisoners For Palestine appelle à intensifier la mobilisation contre la complicité britannique dans le génocide sioniste et à agir en solidarité avec les prisonnier·es (plus d’infos), à l’image des actions menées contre de nombreuses ambassades britanniques comme à Tunis (photo) et Bruxelles (voir la vidéo).