En amont du 8 mars, l’alliance «8. März United» avait lancé un appel pour une manifestation non autorisée à Zurich ce samedi. L’objectif de l’alliance est de «rassembler notre colère contre l’exploitation, la discrimination et l’oppression et nous engager ensemble pour une société émancipatrice». Le groupe a volontairement choisi de ne pas demander d’autorisation pour cette manifestation: «L’exigence d’une autorisation est un instrument répressif de l’État. Nous ne voulons pas nous y plier». La manifestation a commencer à défiler, encadrée d’un fort dispositif policier appuyé par un hélicoptère. Alors qu’elle bloquait certaines rues, la police est intervenue pour la disperser avec un canon à eau et des gaz lacrymogènes.

Dossier(s): Suisse Tags: ,

Une semaine après le début de l’attaque russe en l’Ukraine, les forces de sécurité russes arrêtent tous ceux qui s’y opposent dans la rue, perquisitionne les derniers médias indépendants et a déployé un nouvel arsenal juridique pour dissuader toute critique. La Russie a mis, ce vendredi, sur les rails de lourdes sanctions pénales en cas de distribution d’ « informations mensongères sur l’armée » et bloqué des médias. La chambre basse du Parlement, la Douma, a adopté à l’unanimité un amendement qui prévoit diverses peines pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison en cas de propagation d’informations visant à « discréditer » les forces armées. Un amendement séparé, lui aussi adopté vendredi, prévoit par ailleurs des sanctions pour les « appels à imposer des sanctions à la Russie », confrontée à de dures mesures de rétorsion occidentales pour son invasion de l’Ukraine. Ces textes, qui s’appliquent à la fois aux médias et aux particuliers russes comme étrangers, ont été approuvés par la Chambre haute vendredi soir. Il ne leur manque plus que la signature du président pour entrer en vigueur. Enfin, plus de 8.000 personnes ont été arrêtées en Russie pour avoir manifesté, notamment à Moscou et Saint-Pétersbourg depuis le 24 février.

 

Dossier(s): Europe Tags: ,

Une blocage est en cours sur le port d’Ajaccio où les marins du Syndicat des travailleurs corsesempêchent un bateau de la Corsica Ferries d’accoster. Le navire transporte des véhicules et des agents des forces de l’ordre envoyé en renfort pour réprimer les protestations à l’agression d’Yvan Colonna, mercredi à la prison d’Arles (voir notre article). Un nouveau préfet a été expédié en Corse quarante-huit heures avant son arrivée prévue, sous une escorte policière conséquente. Des manifestations ont eu lieu hier, pour dénoncer le fait qu’un « Détenu Particulièrement Surveillé » (DPS) comme Yvan Colonna, 61 ans, ai pu être laissé à la merci d’un jeune jihadiste, lui-même DPS, qui a déjà eu de nombreux épisodes violents dans sa détention. La détention d’Yvan Colonna loin de la Corse était dénoncée depuis longtemps.  L’Université de Corse située à Corte (Haute-Corse) était bloquée jeudi par des étudiants qui portaient des banderoles « Statu francese Assasinu » (l’Etat français assassin) et « Gloria Ate Yvan » (Gloire à toi Yvan). L’état de santé d’Yvan Colonna, en coma post-anoxique et actuellement soigné à l’hôpital nord de Marseille, est toujours stationnaire.

La voiture d’Astrid Oppermann a été incendiée près de son appartement, rue Maria-Louisenstieg dans le quartier de Winterhude. En tant qu’agente infiltrée, sous le nom d’Astrid Schütt, Astrid Oppermann a espionné le milieu autonome de Hambourg entre 2006 et 2013. Elle participait régulièrement et activement à l’assemblée générale autonome, elle a contribué à la préparation du congrès autonome de Cologne, elle est allée aux manifestations contre le sommet mondial sur le climat de Copenhague, elle a participé aux mobilisations contre la conférence des ministres de l’intérieur de 2010 et aux protestations contre la soi-disante « journée de l’avenir allemand », en 2012 à Hambourg. Elle a rédigé des dossiers sur de nombreuses personnes, comme ses collègues Maria Böhmichen, Iris Plate et Kristian Krumbeck.

Dossier(s): Allemagne Tags:

Incarcéré à la prison d’Arles pour l’exécution du préfet Erignac, Yvan Colonna est entre la vie et la mort ce mercredi 2 mars, après avoir été agressé par un détenu jihadiste. L’agression s’est déroulée ce mercredi 2 mars dans la prison d’Arles. L’agresseur est un jihadiste de 36 ans incarcéré pour association de malfaiteurs terroristes, qui avait déjà été détenu en Afghanistan. Le jihadiste a sauté attaqué Yvan Colonna dans le dos et, après l’avoir mis au sol, lui a écrasé la trachée pendant plus d’une minute avec son pied. Selon certaines sources, Yvan Colonna serait en état de mort cérébrale. Yvan Colonna, âgé de 61 ans, a été condamné à la réclusion à perpétuité pour l’exécution du préfet Claude Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio en Corse (voir notre article sur le procès).

Yvan Colonna

Yvan Colonna

Dossier(s): France Tags: , ,

Le 25 février, la police judiciaire a notifié des mesures de privation de la liberté à trois personnes (mais le nombre total des personnes visées est quatre). Il s’agit d’une mesure de détention préventive, d’une arrestation domiciliaire et de deux interdictions de sortir de la commune de résidence officielle, hors de la région du Trentin. Le fil conducteur de cette opération semble être la lutte anti-carcérale. Dans l’ordonnance de placement sous contrôle préventif qui a été notifié hier, les procureurs (les mêmes de l’opération Renata) parlent de la volonté « d’imposer leur idéologie anti-carcérale ».

Selon l’accusation, Juan aurait placé un engin à l’extérieur du bureau du Juge d’application des peines de Trente, en 2014 (art. 280 bis du code pénal : « acte de terrorisme avec des engins mortels ou explosifs »). A l’heure actuelle, Juan est détenu dans la prison de Terni et fait face à un procès pour pour les engins explosifs placés derrière le local de la Lega de Trévise en 2018. Deux anarchistes sont accusé.e.s d’avoir aidé Juan dans sa cavale, entre 2017 et 2018 (art. 390 du code pénal, « aide au non-respect d’une peine »), en lui fournissant un faux document d’identité et un logement en location. Un autre anarchiste est accusé de « tentative d’extorsion, avec la circonstance aggravante de la finalité de terrorisme », parce que, avec d’autres personnes, il aurait essayé de convaincre le responsable de la radio régionale Radio Ottanta de lire en direct un communiqué en solidarité avec les détenus, pendant les révoltes et les massacres dans les prisons de mars 2020. Aucun délit d’association subversive n’a été notifié.

Juan lors de son arrestation en décembre 2021

Dans la nuit du 30 janvier, sous le le slogan « Borders killing », une attaque a été menée contre le JOO (Bureau opérationnel conjoint de lutte contre les réseaux de passeurs). C’est un service de police qui est soutenu par Europol, dans le but de prévenir les franchissements clandestins des frontières. Leurs enquêtes, en collaboration avec Frontex, Europol et Interpol, sont censées arrêter le passage illégal des frontières et criminaliser les migrant.e.s. Six voitures de ce service ont été incendiées.

 

Dossier(s): Europe Tags:

Hier samedi, la police russe a arrêté environ 500 personnes dans la trentaine de villes où des rassemblements anti-guerre ont eu lieu. Aujourd’hui dimanche, cette police a arrêté plus de 900 personnes qui participaient à des manifestations dans une quarantaine villes de Russie. Le total des manifestants arrêtés depuis le début de la guerre en Ukraine s’élèverait à 4 000. Une pétition internet contre la guerre avec l’Ukraine a obtenu plus de 800 000 signatures en deux jours, tandis que le mot-clic #нетвойне (non à la guerre) était en tête des tendances sur Twitter samedi. Deux députés communistes qui avaient voté pour la reconnaissance de l’indépendance des républiques du Donbass mardi ont dénoncé l’invasion. « J’ai voté pour la paix, pas pour la guerre […], pas pour qu’on bombarde Kiev », a écrit le député Mikhaïl Matveïev. Les anarchistes russes d’Avtonom ont carrément appelé à soutenir l’Ukraine (voir ici).

Dossier(s): Europe Tags: ,

Un ancien volontaire français des YPG incarcéré depuis plus d’un an (voir notre article) en attendant son procès, a entamé une grève de la faim ce dimanche 27 février à partir de 18 heures. Dans un communiqué rendu public sur la page Facebook du CCFR (Collectif de combattants francophone du Rojava), il dénonce le caractère politique de sa détention et sa mise en isolement :

Cela fait plus de 14 mois que je réfute cette infâmante et diffamatoire accusation d’association de malfaiteurs terroriste.
Cela fait plus de 14 mois que la DGSI m’a expliqué que je n’étais pas arrêté pour ce qu’elle voulait me faire croire, à savoir mon engagement auprès des forces kurdes contre Daech au Rojava.
Cela fait plus de 14 mois que rien ne valide la thèse élaborée de toutes pièces par la DGSI alors même que pendant au moins 10 mois j’ai été suivi, tracé, sous écoute 24 heures sur 24 dans mon véhicule, mon lieu de vie, espionné jusque dans mon lit.
Cela fait plus de 14 mois que je comprends que ce sont mes opinions politiques et ma participation aux forces kurdes des YPG dans la lutte contre Daech qu’on essaie de criminaliser.
Cela fait plus de 14 mois qu’on reproche une association de malfaiteurs à 7 personnes qui ne se connaissent pas toutes les unes les autres.
lire la suite du communiqué