Une soixantaine de personnes ont manifesté ce 9 janvier devant le Consulat de France, répondant à l’appel du Mouvement des Femmes Kurdes d’Europe et de l’Union des Femmes Socialistes (SKB). Sakine, Rojbin (Fidan) et Leyla sont trois militantes kurdes, exécutées à Paris dans une opération orchestrée par les services secrets turcs (MIT). L’assassin est mort en prison d’une légionellose quelques semaines avant la date prévue du début de son procès. Le début du procès avait été retardé plusieurs fois. Cinq ans après ces assassinats, ni exécutants ni commanditaires n’ont été inquiétés alors que la responsabilité turque est avérée et reconnue.

Après avoir scandé « Justice pour Sakine, Rojbin et Leyla », « Erdogan assassin, Macron complice » et « Jin Jiyan Azadi » (« Femme Vie Liberté »), deux interventions ont été faites au micro, la première du mouvement kurde et la seconde du Secours Rouge. Notre intervention a rappellé la connivence entre les autorités européennes et impérialistes avec le régime turque et réaffirmé la solidarité du camp révolutionnaire européen avec la résistance kurde, dont le PKK.

Une grande manifestation aura lieu à Paris ce samedi pour commémorer les 5 ans de cette exécution. Des délégations du Secours Rouge International seront présentes.

60 manifestants pour Sakine, Rojbin et Leyla

60 manifestants pour Sakine, Rojbin et Leyla

Mobilisation à Paris

Mobilisation à Paris

Face au succès et à la radicalité de l’Acte VIII, le Premier ministre a répondu « oui » à la demande des syndicats de policiers, dont Alliance, qui réclament la création d’un fichier de personnes interdites de manifestations et d’une nouvelle loi « anti-casseur ». Evénement notable de l’Acte VIII, l’attaque, à Paris, avec un engin de chantier, du ministère du porte-parole du gouvernement, qui a dû s’enfuir sous la protection de la police.

Une séquence médiatisée montrant un manifestant boxant sévèrement deux gendarmes sur la passerelle Sengor a particulièrement polarisé. Identifié, le manifestant qui s’est révélé être un ancien champion de boxe s’est rendu et a été écroué. Une cagnotte de solidarité a été ouverte sur Leetchi et son succès foudroyant a provoqué des réactions de divers politiciens appelant qui à bloquer la cagnotte, qui à la saisir… Une contre-cagnotte au bénéfice des forces de l’ordre a immédiatement été créée.

Face à ces réactions, Leetchi a bloqué le compte de solidarité (pas la contre-cagnotte policière bien entendu). C’est pour nous l’occasion de signaler que Leetchi n’en est pas à son coup d’essai. Notre Secours rouge avait ouvert un compte Leetchi dans le cadre de la campagne « Celox pour les internationalistes au Rojava » et Leetchi avait longtemps bloqué ces fonds, nous obligeant à de nombreuses et lourdes démarches pour enfin en disposer. Bref: évitez Leetchi.

Dans l’émission radiophonique « Esprits libres » (sic) sur Radio Classique, l’ex-ministre de l’enseignement sous Jacques Chirac (2002-2004) et philosophe, Luc Ferry, a commenté philosophiquement l’épisode de la passerelle en invitant les policier « à se servir de leur arme une bonne fois ». Depuis le début de la mobilisation des « gilets jaunes », le 17 novembre 2018, 5.600 personnes ont été placées en garde à vue et quelque 1.000 condamnations prononcées par la justice.

Hier mardi, trente-cinq personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue dans l’Hérault lors d’une vaste opération mobilisant 150 gendarmes dans le cadre de l’enquête sur deux incendies mi-décembre d’un local de Vinci sur le péage de Bessan sur l’A9, un des bastions des « gilets jaunes », dans la nuit du 15 au 16 décembre puis dans celle du 18 au 19 décembre.

La leçon de boxe de la passerelle Sengor

La leçon de boxe de la passerelle Sengor

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Inan Dogan est un militant communiste kurde originaire de Dersim et habitant à Liège, il est réfugié depuis 2010 en Belgique. Il a été arrêté en Allemagne ce 15 décembre en vertu d’un mandat Interpol demandé par la Turquie, alors qu’il se rendait aux mobilisations de solidarité pour Musa Asoglu à Hambourg. La Turquie l’accuse d’appartenir au DHKP-C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple). Le 18 décembre il a été présenté devant le juge qui a décidé de le garder en détention pour quatre mois, alors que la Turquie doit transmettre son dossier d’accusation dans les 40 jours. Inan Dogan a commencé une grève de la faim dès son arrestation.

Rassemblements ce mercredi et ce vendredi à 11 heures devant l’ambassade d’Allemagne, rue Jacques de Lalaing 8/14, 1040 Bruxelles (métro Maelbeek)

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Lundi 7 janvier, un Gilet Jaune de Hennebont (Morbihan) a été condamné à cinq mois de prison ferme et à une interdiction temporaire de manifester. Il aurait jeté des projectiles sur la police au cours d’une manifestation le samedi 5 janvier à Nantes.
Lors de son arrestation, il avait été retrouvé avec des pierres dans son sac à dos. Des masques chirurgicaux, une paire de lunettes de piscine, une cagoule ainsi que des ballons de baudruche et de la peinture se trouvaient également à l’intérieur
Il n’a pas été immédiatement incarcéré à l’issue de l’audience et sera d’abord convoqué devant un juge d’application des peines (JAP).

Lundi également, huit Gilets Jaunes ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc à entre 70 et heures de travail d’intérêt général. Ils avaient été arrêtés dans la nuit du 1er au 2 décembre, lors d’affrontements avec la police dans la zone commerciale de Langueux (Côtes-d’Armor).

Barrage des

Barrage des

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L’augmentation de l’âge moyen et de la durée des détentions fait en sorte que le pourcentage de prisonniers basques malades se multiplie. À ce jour, Jaiki Hadi compte 21 prisonniers atteints de maladies graves et incurables; 15 sont sur la liste publique et 6 préfèrent réserver leur anonymat pour le moment. On peut évoquer le cas de Kepa Arronategi qui souffre d’une grave maladie psychique, les autorités espagnoles elles-mêmes ayant reconnu cette situation avec son transfert à Zuera.

Cette liste comprend également Gurutz Maiza, 69 ans et Joseba Erostegi (Antzuola, 66 ans, souffrant de plusieurs pathologies graves. Ils sont ajoutés aux cas connus de Txus Martin, Josetxo Arizkuren, Gari Arruarte, Iñaki Etxeberria, Aitzol Gogorza, Ibon Iparragirre, Ibon Fernández Iradi, Jagoba Codó, Gorka Fraile, Joseba Borde, Mikel Arrieta et Mikel Otegi. Les six autres, anonymes souffrent des problèmes aussi graves: cancer de la prostate, spondylarthrite ankylosante, tumeur des testicules, dépression sévère … ils ont 40 et 61 ans et la plupart sont détenus depuis presque 20 ans.

La carence des soins et les maladies psychiques, en raison de leur nature destructrice de l’esprit et des changements irréversibles qu’ils engendrent, sont préoccupants. L’année passée a vu le suicide à Puerto de Xabier Rey. Le cas de Kepa del Hoyo, décédé en juillet 2017 à Badajoz, est le résultat d’une précédente crise cardiaque qui n’a pas été diagnostiquée correctement en prison.

Les funérailles de Kepa del Hoyo, mort des suite d'un infarctus ni détecté ni soigné

Les funérailles de Kepa del Hoyo, mort des suite d’un infarctus ni détecté ni soigné

Le 4e procès (voir notre précédent article) contre les membres de Lutte Révolutionnaire se poursuit à Athènes. La première partie (lecture des pièces de procédure et d’instruction) n’est pas encore terminée. Pour le mois de janvier, le tribunal se réunira les 7, 8 et 22 janvier. Le tour des témoignages de la défense viendra au plus tôt le 22 janvier, sinon en février. Quand au procès pour la tentative d’évasion commencé il y a deux mois, il n’en est encore qu’au début. Cinq témoins ont été entendus jusqu’à présent, dont le pilote d’hélicoptère détourné, qui était un ex-policier.

Pola Roupa et Nikos Maziotis

Pola Roupa et Nikos Maziotis

Il y a 17 ans, le 11 janvier 2002, une base militaire américaine à Cuba fut transformée en prison. La prison de Guantanamo Bay, fut établie hors du territoire des États-Unis, dans une zone coloniale où les lois nationales et les conventions humanitaires internationales ne s’appliqueraient pas. Dès juillet 2004, des inspecteurs de la Croix Rouge dénoncent les mauvais traitements infligés aux prisonniers, mais ce n’est qu’en décembre 2014 qu’une commission du sénat américain sort un rapport accablant sur le programme d’interrogatoire et de torture de la CIA à Guantanamo.

À partir de 2007, le sénateur Barack Obama propose de fermer Guantanamo. Élu président, il signe, le 22 janvier 2009, un décret pour fermer la prison dans l’année. Il remplace la pratique d’enlèvements vers Guantanamo (sans la fermer la prison) par des exécutions extra-judiciaires au moyen de drones. Aujourd’hui, non seulement des dizaines de détenus sont toujours à Guantanamo mais une proposition va être soumise au Congrès américain pour financer la construction de trois nouvelles ailes de la prison.

Ce vendredi 11 janvier, à Bruxelles, un rassemblement fera écho à la manifestation de de Washington et d’autres villes du monde pour exiger la fermeture de Guantanamo. Les organisateurs demandent de porter un vêtement orange, couleur symbole des détenus de Guantanamo. Rassemblement en face de l’ambassade des USA 27 boulevard du régent (côté opposé de la rue) Métro Arts-Loi, vendredi 11 janvier de 17H00 à 19H00.

Rassemblement à Washington

Rassemblement à Washington

Edit mardi 08 janvier : Les deux militantes ont été relaxées

Le 19 avril 2018, deux militantes de la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-landes participaient à une opération de « Retour à l’envoyeure ». Il s’agissait de déposer devant la préfecture les milliers de douilles de grenades de divers types utilisées par les CRS entre le 9 et le 14 avril 2018 lors de l’attaque de la ZAD (voir notre article).

Elles seront convoquées le mardi 8 janvier à l’audience du tribunal de police au Tribunal de Grande Instance de Nantes, pour dépôt de détritus (jamais nommés) hors endroit « convenable ».

Les deux militantes contestent avoir commis une infraction routière et affirment la dimension politique de leur acte qu’elles revendiquent entièrement. Un appel à soutien a été lancé par différentes organisations qui invitent à venir exiger la relaxe des accusées devant le TGI le 8 janvier à 8h30. Plus d’infos ici.

Affrontements à la ZAD (archives)

Affrontements à la ZAD (archives)

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Mercredi 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez étaient froidement exécutées d’une balle dans la tête dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan à Paris. L’enquête menée en France a révélé que le meurtrier présumé, Ömer Güney, arrêté quelques jours après le crime, avait agi pour le compte des services secrets turcs, comme le confirme le réquisitoire du Procureur de la République dans cette affaire. La mort, le 17 décembre 2016, a empêché la tenue d’un procès public qui aurait permis de juger non seulement l’exécutant, mais aussi, et surtout, le commanditaire, l’Etat turc.

Comme chaque année, depuis six ans, des manifestations seront organisées pour commémorer la mémoires des 3 militantes et exiger que justice soit faite.

Événement facebook

Un bus au départ de Bruxelles est organisé le samedi matin (départ 1h du matin) pour se rendre à la manifestation. Pour les personnes interressées, veuillez-nous contacter par email (srapapc@gmail.com) ou via message privé sur le facebook du Secours Rouge. Date limite pour nous contacter pour le bus, mardi 8 janvier 20h.

Marche pour Sakine, Rojbîn et Leyla, le 12 janvier 2019

Marche pour Sakine, Rojbîn et Leyla, le 12 janvier 2019

Pour « l’acte VIII » de leur mobilisation, les « gilets jaunes » s’étaient retrouvés en début de matinée sur les Champs-Elysées, lors d’une assemblée générale improvisée à quelques mètres de l’Arc de Triomphe. Aux alentours de 11H00, les manifestants tentent de descendre les Champs-Elysées en direction de la place de la Concorde avant d’être bloqué par un cordon de CRS. Le cortège s’est alors dérouté vers le quartier de la gare Saint-Lazare.

En début d’après-midi à proximité de l’Hôtel de Ville, un deuxième cortège s’est lancé vers l’Assemblée nationale. Vers 14H00, sur les quais de Seine, entre la place du Châtelet et l’Hôtel de Ville, des manifestants ont jeté des bouteilles et des pierres sur les forces de l’ordre qui répliquent par des tirs de lacrymogènes avant de recevoir le renfort de CRS. De nouveaux accrochages éclatent quelques dizaines de mètres plus loin, sur la passerelle Leopold-Sédar-Senghor.

À Montpellier, quatre CRS ont été légèrement blessés à la suite de jets de pierres et de bouteilles. A Rouen, des pavés ont croisé des grenades lacrymogènes ainsi que des munitions de flash-ball, l’une d’elle atteignant un manifestant à l’arrière de la tête. A Nantes, des heurts ont éclaté et des grenades ont été tirées. Au moins une personne a été blessée. Des tensions ont également éclaté à Caen, Troyes, Beauvais, Avignon et à Rennes.

Incidents à Paris ce samedi

Incidents à Paris ce samedi

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