Aitor Elizaran, présenté comme l’un des hauts responsables de l’appareil politique d’ETA, et sa compagne ont été interpellé ce matin à Canac, dans le nord de la France par la sous-direction antiterroriste et la DIPJ (Direction Interrégionale de la Police Judiciaire) de Rennes. Le visage de la femme était apparu le 21 décembre dernier sur une photo publiée par le journal Gara, où quatre personnes annonçaient leur intention de rejoindre l’ETA. Plusieurs mois d’enquête et d’observation ont abouti à cette interpellation.

Selon une source proche de l’enquête, le couple était porteur d’armes de poing et circulait dans une voiture volée. Il a été conduit à la DIPJ de Rennes pour y être mis en garde à vue avant d’être transféré, probablement dans la journée de demain dans les locaux de la SDAT (Sous-Direction Antiterroriste) de Levallois (Hauts-de-Seine).

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Après le procès de la journaliste Heike Schrader, des 5 de Stuttargt-Stammheim puis de Faruk Ereren, ce sont deux des trois membres de la Fédération anatolienne arrêtés en novembre qui devront être jugés. Le procureur allemand chargé du terrorisme a mis en accusation ces deux militants turcs qu’il affirme être membres du DHKP-C. Les deux hommes Ahmet I., 40 ans, et Cengiz O., 36 ans, sont accusés d’avoir voulu faire parvenir des armes à l’organisation en Turquie. Aucune date n’a été fixée pour le procès qui aura lieu à Düsseldorf.

Le préfet de région a interdit la manifestation prévue hier samedi, place de la gare, à Rennes. Prévue de longue date, cette manifestation devait apporter un soutien à toutes les luttes du grand Ouest: sans-papiers, mouvements de chômeurs, opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mouvements sociaux dans les facs et les usines, etc. ‘Il s’agit de rassembler toutes ces luttes car elles ont en commun de vouloir en finir collectivement avec la passivité et la résignation à laquelle nous sommes acculés‘, expliquait le tract des organisateurs.

Ce sont les incidents de samedi dernier à Poitiers qui auraient amené le ministère de l’Intérieur à pousser le préfet à interdire la manifestation rennaise. Trois escadrons de gendarmerie mobile et une compagnie de CRS, auxquels s’ajouteront les hommes du GIPN, de la Brigade anticriminalité, et des unités locales étaient mobilisés ce samedi.

14h20. Dernier métro à s’arrêter à la gare de Rennes, les forces de l’ordre ont décidé d’empêcher les arrêts du métro. Les passagers sont invités à sortir de la station. De même à la gare, les entrées sont filtrées. A l’heure dite (15h), place de la gare, les gendarmes mobiles ont procédé à de nombreux contrôles. Malgré l’interdiction, 200 à 300 militants sont venus en petits groupes. En face, plus de 250 policiers et gendarmes les ont empêchés de se rassembler. Au total, les forces de l’ordre précèderont à 173 contrôles d’identité et 27 fouilles de véhicules. Personne ne sera interpellé. Aucune garde à vue ne sera ordonnée.

Le squat du canal Saint-Martin est envahi par une vingtaine de policiers. ‘Ils ont vidé les armoires, répandu de la sauce bolognaise sur nos vêtements propres et ils ont vidé des bouteilles de vin sur nos matelas’, explique un occupant. Le directeur départemental de la sécurité publique a expliqué: ‘Nous avons trouvé une camionnette immatriculée en Grande Bretagne qui était également présente à Poitiers, samedi dernier. A l’intérieur de ce véhicule nous avons trouvé des bâtons entourés de tissu, certainement des futures torches. En conséquence, nous avons vérifié les identités de toutes les personnes présentes près de la camionnette, qui se trouvait être garée devant le squat.‘ Un autre squat (une maison vide appartenant à la ville de Rennes) a été ouvert 47 rue de Paris.

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Vers 6h du matin, mardi 13 octobre, la ligne de train Coruña-Santiago-Vigo a été sabotée en deux endroits simultanément avec des barricades enflammées près de Santiago, retardant les trains en provenance de Coruña et de Vigo. Trois banques ont été incendiées la nuit du 13 octobre, à Valence. Mercredi 14 octobre, six engins incendiaires ont été placés sur le site de l’entreprise JCB, situé sur le polygone de Tambre. Toutes ces actions ont été réalisées en solidarité avec la grève de la faim du prisonnier anarchiste Amadeu Casellas.

Action de solidarité avec Casellas

Action de solidarité avec Casellas

Trois jugements à Gênes en début de semaine qui en disent long.

D’abord, le préfet de police Gianni De Gennaro a été totalement mis hors de cause. Ensuite dix membres présumés du ‘Black bloc’ ont été condamnés au total à 98 années et 9 mois d’incarcération. Enfin, les dissociés collabos des Tute bianche ont tous été acquittés et/ou ont bénéficié de la prescription et/ou de la circonstance atténuante d’avoir réagi à une charge illégitime des forces de l’ordre.

La deuxième section de la Cour d’appel a donc condamné Vincenzo Puglisi à 15 ans de prison, Vincenzo Vecchi à 13 ans et 3 mois, Marina Cugnaschi à 12 ans et 3 mois. Des peines pour des bris de vitrines que la justice italienne n’inflige même pas à des meurtriers. Maria Rosaria D’Angelo, présidente du tribunal, a partiellement changé la décision prise en première instance en décembre 2007: par rapport à avant, le total des peines diminue un petit peu (10 années en moins), mais se durcit contre les dénommés ‘Black bloc’. Les juges ont confirmé que la charge des forces de l’ordre via Tolemaide, en début d’après-midi du 20 juillet, était illégitime. Cet assaut contre le cortège des No-global a déchaîné l’enfer où trouvera ensuite la mort Carlo Giuliani, abattu par les flics alors qu’il tentait de défoncer leur jeep. Massimiliano Monai, le jeune qui se trouvait à côté de lui lors de l’attaque contre la jeep des carabiniers avait été condamné en première instance à 5 ans de prison: la prescription a en revanche maintenant définit qu’il n’effectuera pas de peine.

Je m’honore d’avoir participé en homme libre à une journée de contestation contre l’économie capitaliste‘ avait déclaré Vincenzo Vecchi. Carlo Cuccomarino a été condamné à 8 ans, Luca Finotti à 10 ans et 9 mois, Alberto Funaro à 10 ans, Dario Ursino à 7 ans. Antonino Valguarnera, qui avait effectué son service militaire en Bosnie avant le G8 et même décoré, accusé d’avoir jeté des Molotovs, a pris 8 ans.

Un colloque international se tiendra à l’Université Libre de Bruxelles mardi, 20 octobre 2009 sur le thème Listes anti-terroristes, pouvoirs exécutifs et droits fondamentaux

Voici le texte de présentation:

La ‘désignation’ de présumés ‘terroristes’ et de leurs associés et bailleurs de fonds, telle que mise en oeuvre par les Etats, l’Union européenne et les Nations Unies, a été l’un des aspects les plus controversés de la prétendue ‘guerre contre la terreur’.

Des centaines de groupes et d’individus de par le monde ont été inscrits sur diverses ‘listes de terroristes’ et soumis au gel de leurs avoirs, à des interdictions de voyager et à d’autres sanctions graves. Malgré la gravité des accusations et leur impact sur les droits fondamentaux, les personnes affectées par ces mesures ont été systématiquement privées du droit de contester effectivement leur inscription sur ces listes.

Les ‘listes noires anti-terroristes’, généralement abordées sous l’angle du droit à un procès équitable, ont également un impact significatif sur les communautés de diaspora, la résolution de conflits, le travail dans le domaine du développement et les relations Nord-Sud. Au sein de la communauté juridique, en ce compris les Cours européennes et le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, nombreux sont ceux qui ont contesté la légalité de ces mécanismes. Certains gouvernements ont récemment annoncé la fin de la ‘guerre contre la terreur mais l’envie politique ne semble pas au rendez-vous pour réformer concrètement ces régimes et abroger ces ‘listes anti-terroristes’ ou les pouvoirs exécutifs qui y sont afférents dans les domaines tels que les ‘ordres de contrôle’ ou l’établissement de listes de noms de personnes interdites de vols aériens (‘listes noires de passagers aériens’).

Ce colloque sur les ‘listes noires anti-terroristes’ organisé par l’European Center for Constitutional and Human Rights, le Centre de droit international et la Faculté de droit de l’ULB, accueillera d’éminents experts praticiens et académiques, avocats et membres d’associations de défense des droits fondamentaux pour examiner ces questions et envisager des pistes de réflexion pour aller de l’avant.

ULB, campus du Solbosch, auditoire E. Dupréel (Bâtiment S, 1er étage), Avenue Jeanne, 44 – 1050 Bruxelles – de 9h à 17h45.

Une traduction simultanée en français est prévue pour les exposés en anglais.

Deux étudiants ont été jugés et condamnés en comparution immédiate pour les incidents de Poitiers. Durant le procès, quatre témoins ont attesté de la non-participation de Samuel et Jean-Salvy aux événements. Une photo a été prise dans la manifestation sur laquelle on les voit regarder de loin les affrontements. Mais ces preuves n’ont pas suffi face à la déclaration d’un officier assermenté: jeudi, ils ont été déclarés coupables et condamnés à 6 mois de prison dont 5 avec sursis.

Mille personnes ont manifesté à Poitiers en solidarité hier samedi avec ces deux étudiants condamnés suite à la manifestation anti-carcérale. Cette manifestation organisée par les familles et les amis se voulait apolitique, non-violente etc. et témoignait d’une confiance vertigineuse dans la démocratie et la justice bourgeoise. Les ‘casseurs’ de Poitiers y ont d’ailleurs été dénoncés. Bref, il s’agissait de demander l’élargissement des ‘innocents’, voir de conspuer les ‘vrais coupables’.

Le cortège a défilé au milieu des arbres avant de s’arrêter devant une stèle dédiée à la Résistance. Les familles ont pris la parole pour remercier les participants et les inviter à une dispersion sereine. Un impressionnant dispositif policier était en place (cordon de policiers armés de flash-ball autour de la manif, cinq bus de CRS en réserve). En les voyant, un homme d’une soixantaine d’année que le rassemblement avait réellement bouleversé à lancé: ‘Vous êtes des papons. Y’a pas de justice‘. Un policier a alors lancé: ‘arrêtez-le!‘. Il a voulu s’enfuir mais trois policiers l’ont poursuivi. Sa femme en pleurs, a dit: ‘Il ne va pas bien, il est cardiaque‘. Des manifestants ont protesté et ont interpellé les policiers qui emmenaient l’homme, avant de se voir tous enfermer dans un parc, les policiers en ayant fermé les immenses grilles (photo). L’homme a été conduit au poste avec trois hommes qui ont tenté de s’interposer. A l’heure qu’il est, ils ont été libéré.

Manifestation de soutien à Poitiers

Manifestation de soutien à Poitiers

Quatre personnes doivent encore être jugées pour les incidents de Poitiers.

Une vingtaine de personnes masquées ont envahi jeudi l’entreprise de construction Besix, dans la commune gantoise de Sint-Denijs-Westrem, Kortrijksesteenweg, en fin de matinée. Les vandales ont saccagé tout le mobilier. Ils ont projeté de la peinture noire partout, abîmé du matériel de bureau, et déversé un produit corrosif sur le sol, après avoir expliqué à la réceptionniste qu’il ne lui arriverait rien si elle se tenait calme. Ils ont également déclaré que leur acte était « la conséquence de la construction des prisons »; ils s’opposent ainsi à la construction d’un nouveau centre de transit pour sans-papiers à Steenokkerzeel. Le nouveau centre sera construit sur un terrain qui jouxte le centre fermé 127 bis. Le groupe a pu disparaitre sans être inquiétés.

Action contre Besix

Action contre Besix

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En marge du projet de réaffectation des casernes désaffectées se sont poursuivies les négociations pour la location de cellules de la prison de Tilburg aux Pays-Bas. Ce vendredi, le comité ministériel restreint a approuvé le principe d’un transfert temporaire de détenus vers la Hollande. Le projet avait été mis entre parenthèses en raison d’un avis négatif de l’Inspection des Finances rendu en juillet dernier, le montant réclamés par les Pays-Bas de 30 millions d’euros durant 3 ans étant jugé trop élevé. Le ministre de la Justice a donc revu le projet et va parachever la convention en concertation avec son homologue néerlandais pour finaliser la procédure devant le parlement belge le plus rapidement possible.

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Ce vendredi 9 octobre 2009, un jeune étudiant allemand a été condamné à deux mois de prison avec sursis (pendant 5 ans) au tribunal de grande instance de Strasbourg. Il était accusé d’avoir peint un ‘A anarchiste’ à la bombe de peinture sur un mur d’une enceinte militaire (une annexe de la caserne Lyautey).

Le 19 octobre 2009, à la Cour d’appel de Colmar, aura lieu la deuxième audience en appel d’un militant condamné lors d’une comparution immédiate, après une audience de 15 minutes, à 6 mois de prison ferme (il était détenu depuis le 2 avril 2009) bien avant la grande journée de manifestation contre le sommet de l’OTAN à Strasbourg du 4 avril 2009. Dans la même journée et celles qui suivront, d’autres militants ont écopé de peines aussi lourdes, Nicolas Sarkozy ayant demandé lors d’un discours que ‘les peines devaient être exemplaires’. Le procès a eu lieu quatre jours après l’interpellation (donc le 6 avril 2009) mais il a fallut quatre mois pour passer en appel… le prévenu aurait pu sortir avant ces quatre mois avec réduction de peine s’il avait accepté le jugement de première instance, mais il a fait appel. On peut donc souligner son courage et sa détermination. La police déclare que le jeune homme de 25 ans a jeté une pierre.

Deux autres militants de Berlin et Dresde sont jugés pour des cas similaires et ont eux aussi fait appel. Le militant de Dresde a été relaxé après 4 mois de prison et est en droit de demander une indemnisation. Mais le procureur a fait appel et le procès est toujours en cours. Pour le militant berlinois, les 6 mois de prison ferme ont été confirmés,l’interdiction de rentrer sur le territoire français et l’amende ont été augmentées (5 ans et 2000 euro).