Le 28 avril 2026, le gouvernement français, à travers la ministre Aurore Bergé, a relancé la rédaction d’un projet de loi sur l’antisémitisme, en réalité visant à criminaliser l’antisionisme, en organisant une réunion avec les groupes parlementaires pour tenter de reconstruire un texte consensuel après avoir temporairement retiré la version initiale face à une importante mobilisation. Cette nouvelle approche vise à imposer un texte avec le même fond répressif tout en modifiant la méthode pour obtenir un consensus parlementaire. Bien que les mesures les plus radicales, comme l’élargissement du délit d’apologie du terrorisme et la criminalisation de l’appel à la destruction d’un Etat, pourraient être temporairement mises de côté, le projet devrait conserver l’essentiel de ses dispositifs visant à réprimer l’antisionisme. Dans un calendrier accéléré pour éviter une nouvelle contestation, le texte devrait être examiné au Sénat dès le mois de juillet.
Des pressions accrues sont exercées à la prison de Silivri n°6 en Turquie, où les membres de Grup Yorum Cem Dursun, Rezzan Şengül et Can Kaba, ainsi que Taceddin Erol Şahin, subissent un isolement sévère depuis que l’administration a coupé les caméras de surveillance de leur cellule, les enfermant dans des espaces de 5 à 6 mètres carrés avec seulement deux heures de sortie par jour. Face à ces conditions, Cem Dursun et Taceddin Erol Şahin ont entamé une grève de la faim pour protester contre cette situation.
Du 4 au 22 mai 2026, la Cour d’appel de Paris jugera neuf militants arrêtés en décembre 2020 pour « association de malfaiteurs terroristes », une affaire où la justice a initialement condamné sept d’entre eux à des peines de prison ferme malgré l’absence de preuves d’un groupe organisé ou de projets violents spécifiques, se fondant uniquement sur des « intentions supposées » liées à un camarade parti au Rojava. Six des condamnés font appel de cette décision qui, si elle est confirmée, créerait une jurisprudence dangereuse permettant à l’État de criminaliser systématiquement sous le label de terrorisme sans qu’il soit nécessaire de prouver une appartenance à un groupe ou la réalisation d’actes violents. Face à cette normalisation de la répression antiterroriste contre la gauche révolutionnaire, un rassemblement est convoqué le 4 mai à 13h devant le tribunal pour soutenir les inculpés et exiger leur relaxe.
Le 29 avril 2026, l’épouse et l’avocat du militant kurde Enver Yanık, détenu au centre pénitentiaire de Menemen, a lancé un appel urgent à sa libération immédiate face à la détérioration de son état de santé, aggravé par le syndrome de Wernicke-Korsakoff, des séquelles de blessures par balles et des traumatismes crâniens accumulés lors de ses multiples incarcérations depuis 1996. Malgré une condamnation à la réclusion à perpétuité aggravée confirmée en 2024, son avocat dénonce un procès inéquitable fondé uniquement sur le témoignage d’un seul témoin, sans preuve matérielle ni caméra, et souligne que Yanık n’a toujours pas reçu les soins médicaux adéquats après trois mois et demi d’attente pour un examen médical. Face à l’impossibilité de soigner correctement le détenu en prison, sa famille et ses défenseurs exigent sa libération pour lui permettre de recevoir un traitement complet à l’hôpital.
Le 28 avril 2026, Alexandre, secrétaire général du Syndicat commerce et services indépendant démocratique (SCID) et figure des Gilets jaunes, a été menotté et emmené par la police lors d’une réunion au BHV Paris après avoir diffusé « L’Internationale » sur son téléphone, acte que la direction du magasin a initialement présenté comme un acte de racisme avant de rectifier en parlant d’intrusion illicite. Bien que le syndicaliste ait affirmé agir légalement, il a été fouillé et placé en garde à vue. Relâché sans poursuites, il a saisi l’IGPN et la Défenseure des droits tout en annonçant son intention de porter plainte contre cette arrestation.
Face à la répression qui s’organise en réponse aux mobilisations lycéennes de mars dernier, un élève a été exclu de son lycée à Grenoble la semaine dernière. Cette exclusion, qui s’ajoute à des menaces précédentes contre d’autres lycéens, a provoqué une riposte immédiate sous la forme d’un blocage combatif organisé par les lycéens de la ville mardi 21 avril.
Le 28 avril 2026, Nanuk, militant antifasciste berlinois de 49 ans, a été libéré après un an et demi de détention provisoire, le Sénat de la Cour régionale supérieure de Dresde ayant levé son mandat d’arrêt. Les accusations contre lui, qui reposaient uniquement sur les spéculations d’un témoin clé, ont été écartées, ce témoin ayant admis ne disposer d’aucune connaissance directe des faits. Inculpé d’avoir soutenu le groupe « Antifa Est » et organisé des entraînements d’arts martiaux, Nanuk est jugé avec six autres militants pour plusieurs attaques contre des fascistes en Allemagne et en Hongrie depuis 2018. Sa défense avait dénoncé une « construction » judiciaire, tandis que trois coaccusés restent en détention et que le procès se poursuivra encore plusieurs mois.
Le 29 avril 2026, près de 200 universitaires provenant de plus de 100 établissements dans 24 pays ont adressé des lettres au Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et au président de la Generalitat catalane Salvador Illa pour exiger la libération immédiate du rappeur communiste catalan Pablo Hasel. Ce dernier, dont la détention est qualifiée d’« anormalité démocratique honteuse » par les signataires, a purgé cinq ans de prison depuis février 2026 et fait face à une condamnation supplémentaire de 14 mois pour « apologie du terrorisme » et « injures à la Couronne » via ses chansons et tweets. Depuis sa cellule, Hasel poursuit son activité artistique et militante tout en refusant de payer les amendes pour accélérer sa libération.
Le 29 avril 2026, quatre soldats indonésiens ont été inculpés pour leur rôle présumé dans une violente attaque à l’acide perpétrée en mars contre Andrie Yunus, coordinateur d’une ONG de défense des droits humains et opposant à l’influence croissante de l’armée dans la politique nationale. Cette attaque filmée, qui a gravement brûlé un quart du corps de la victime de 27 ans, s’inscrit dans un contexte de tensions politiques accrues sous le régime du président Prabowo Subianto, marqué par une répression des manifestations et un recul des libertés. De nombreux observateurs dénoncent que seulement quatre personnes ont été inculpées sur les 16 personnes identifiées dans la tentative d’assassinat.
La justice fédérale brésilienne a condamné José Maria de Almeida, président du PSTU (Parti socialiste des travailleurs unifié), à deux ans de prison avec sursis pour racisme, à la suite d’un discours prononcé en 2023 à São Paulo lors d’un rassemblement pro-palestinien. « Tout acte de force, tout acte de violence commis par le peuple palestinien contre le sionisme est légitime, et nous devons le soutenir ici en Palestine et dans le monde entier. (…) Mais il ne s’agit pas seulement de cela, il s’agit aussi de mettre un terme, une fois pour toutes, à l’État sioniste d’Israël. Afin que l’État palestinien, laïque et démocratique, puisse prospérer, du Jourdain à la mer », avait déclaré José Maria à l’époque.
Le tribunal a estimé que ses propos, appelant à la fin de l’État d’Israël et légitimant la violence contre le sionisme, avaient un caractère discriminatoire envers la communauté juive. L’affaire, initiée après des plaintes d’organisations juives sionistes, repose sur la loi brésilienne contre les crimes raciaux. Le juge a précisé que critiquer Israël n’est pas en soi antisémite, mais que les déclarations incriminées dépassaient ce cadre. Le parti a annoncé faire appel, dénonçant une décision politique.