Le 11 juin, des heurts ont éclaté à l’extérieur du stade Azteca de Mexico, où se tenait le match d’ouverture de la Coupe du monde 2026 entre le Mexique et l’Afrique du Sud. Plusieurs dizaines de manifestants réclamant justice pour les personnes disparues au Mexique se sont confrontés aux forces de l’ordre après avoir retiré certaines barrières de sécurité installées autour du stade. Les affrontements ont donné lieu à des échanges de coups entre manifestants et policiers. Cette mobilisation a mis en lumière la question des disparitions forcées, un phénomène massif dans un pays marqué par les violences liées au narcotrafic. Les incidents se sont déroulés alors que la cérémonie d’ouverture et le premier match du tournoi attiraient des dizaines de milliers de spectateurs dans l’enceinte du stade Azteca.
Le 12 juin à Montpellier, le parquet s’est désisté de la procédure d’appel engagée contre José Luis et Ahmed, militants de BDS/Urgence Palestine poursuivis pour avoir mis de la peinture sur un drapeau. Cette décision confirme donc les jugements rendus en première instance. Ahmed bénéficie d’une relaxe totale et définitive. Pour José Luis, la condamnation reste limitée à une amende de 150 euros avec sursis ainsi qu’au paiement de 30 euros correspondant au remplacement du drapeau des États-Unis. Pour leurs soutiens, ce désistement du parquet met un terme à la procédure et valide les décisions obtenues en première instance.
Le 12 juin, quatre militants de l’affaire dite des Filton 25 ont été condamnés à des peines de prison aggravées par une qualification liée au terrorisme retenue par le juge. Les condamnations prononcées sont de six ans de prison pour Lottie, six ans pour Ellie, cinq ans et huit mois pour Fatema Zainab, et huit ans et huit mois pour Sam. En raison du temps passé sous contrôle judiciaire, Lottie, Ellie et Fatema Zainab bénéficieront d’une réduction de 45 jours sur leur peine.
À leur libération, les quatre militants seront officiellement classé·es comme terroristes et soumis à un régime de surveillance renforcé pouvant durer jusqu’à quinze ans. Ils devront notamment déclarer à la police tout nouvel appareil électronique, compte bancaire, adresse électronique ou immatriculation de véhicule. Tout manquement à ces obligations pourra entraîner un retour en détention.
Lors de l’audience du 10 juin devant la cour d’appel de Paris, le dossier de Zaid, menacé d’extradition vers la Hongrie, a de nouveau été examiné. En avril, la Cour avait demandé à la Hongrie des informations complémentaires concernant les garanties d’un procès équitable et les conditions de détention. À ce jour, les autorités hongroises n’ont pas répondu aux questions relatives au droit à un procès équitable et n’ont apporté que des éléments insuffisants sur les conditions carcérales.
La Cour a accordé un nouveau délai à la Hongrie jusqu’au 8 juillet pour compléter ses réponses. Cette date correspondra également à la dernière audience de la procédure concernant Zaid, dont le verdict est attendu d’ici la fin de l’été. Malgré le changement de Premier ministre, les autorités hongroises continuent d’assimiler les activités antifascistes à des actes terroristes.
L’opération menée mercredi par la police fédérale dans le cadre de l’enquête contre Code Rouge 2025 était plus importante qu’annoncée (voir notre premier article) puisque ce sont au total 19 adresses qui ont été perquisitionnées à Saint-Gilles, Anvers, Hainaut, Saint-Josse, Bruges, Gand, Lochristi, Diest, Liège, Yvoir, Bruxelles et Anderlecht. La police a défoncé leurs portes à 5 heures du matin, fouillé leurs maisons, saisi leurs téléphones, leurs ordinateurs portables et leurs carnets de notes, ainsi que ceux de leurs partenaires et colocataires. Quinze personnes ont été arrêtées et interrogées par la police judiciaire fédérale de Flandre-Orientale. Jeudi, six d’entre eux ont comparu devant le tribunal de Gand, qui a décidé de placer deux personnes en détention provisoire. Ces dernières comparaîtront de nouveau devant le tribunal de Gand mardi, qui statuera sur leur maintien en détention et les modalités de celle-ci. Deux activistes ont été équipés de bracelets électroniques.
Il se confirme que cette opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur plusieurs manifestations récentes du groupe écologiste, notamment celles qui ont eu lieu devant l’usine ArcelorMittal à Charleroi et l’usine Cargill à Gand en 2025. Le parquet l’a confirmé aujourd’hui, précisant avoir ouvert l’enquête suite à deux plaintes déposées au civil.
Le 12 juin 2026, des opérations policières ont conduit à l’arrestation de trois militant·e·s en Turquie. À Amed (Diyarbakır), les socialistes Fethiye Ok et Soner Çiçek, membres de l’ESP (Parti Socialiste des Opprimés), ont été interpellés et placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet de Diyarbakır. À Eskişehir, les trois militants de la SGDF (Fédération des Associations de Jeunesse Socialiste) Bensu Özkan, Poyraz Aksu et Rümeysa Batırana ont également été arrêtés lors d’une perquisition à son domicile. Aucune information officielle détaillée n’a été communiquée à ce stade sur les motifs de ces arrestations.
Le Niger a officiellement intégré la criminalisation de l’homosexualité dans son nouveau code pénal. Le texte, désormais en vigueur, prévoit des peines de cinq à dix ans de prison ainsi que de lourdes amendes pour les relations entre personnes de même sexe, qualifiées d’« actes impudiques ou contre-nature ». Les mariages entre personnes de même sexe, ainsi que l’organisation ou la participation à des structures liées à l’homosexualité, sont également visés par des peines pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.
Cette réforme s’inscrit dans un durcissement régional des législations concernant les personnes LGBTQIA+. Le Niger devient ainsi le quatrième pays de la sous-région à renforcer de telles mesures depuis l’an dernier, après le Burkina Faso, le Ghana et le Sénégal. Le texte avait été préparé sous la présidence de Mohamed Bazoum, renversé en 2023, mais n’avait pas encore été appliqué. Des campagnes de répression et des arrestations ont également été évoquées dans les médias locaux ces derniers jours.
Aygül Kapçak, emprisonnée depuis 1995 après son arrestation à Dersim, a été libérée le 11 juin de la prison fermée pour femmes de Şakran, après 32 années passées dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays. Sa sortie avait été retardée d’une semaine en raison d’une sanction disciplinaire prononcée après qu’elle eut échangé avec les visiteurs d’autres détenues lors d’un parloir. À sa libération, elle a été accueillie par sa famille ainsi que par des représentants du parti DEM et de l’association EGE-TUHAYDER.
Dans sa première déclaration, Aygül Kapçak s’est dite heureuse de retrouver la liberté en affirmant : : « Je suis heureuse d’être libérée, mais notre Leader [Abdullah Öcalan] et nos amis sont toujours emprisonnés. De ce fait, je ne peux être pleinement heureuse. Nous sommes certains qu’ils recouvreront eux aussi leur liberté. Être libérée dans cette atmosphère me remplit de fierté. Nos rêves se sont réalisés. C’est merveilleux de ressentir cet honneur au nom du combat mené, et il est de notre devoir de poursuivre ce combat. »
La Cour suprême des États-Unis a empêché, le 11 juin, l’exécution de Jeffery Lee, un détenu de 49 ans condamné pour un double meurtre commis en 1998 en Alabama. L’homme devait être exécuté par inhalation d’azote, une méthode consistant à administrer de l’azote gazeux à travers un masque jusqu’à provoquer l’asphyxie. La décision intervient après qu’une juridiction fédérale a estimé que cette procédure pourrait être contraire à la Constitution états-unienne. Saisie en urgence par l’État de l’Alabama, la Cour suprême a refusé de lever le sursis, sans motiver sa décision.
L’inhalation d’azote est largement décriée comme une méthode particulièrement cruelle et inhumaine. Cinq exécutions ont été réalisées de cette manière aux États-Unis l’an dernier, sur un total de 47 mises à mort. Si la peine de mort demeure en vigueur dans une partie du pays, elle a été abolie dans 23 États et suspendue par moratoire dans trois autres. Cette décision relance le débat sur les méthodes d’exécution et l’avenir de la peine capitale aux États-Unis.