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Royaume-Uni : Condamné et en fuite, Sean Middleborough défend son engagement propalestinien

Sean « Shibby » Middleborough, militant de Palestine Action, a été reconnu coupable de dommages criminels par un jury lors du procès des Filton. Absent lors de son procès et toujours en fuite, il affirme que cette décision vise à faire de lui un exemple dans le cadre des poursuites contre les militants accusés d’avoir attaqué un site lié à Elbit Systems. Il souligne également que ses sept coaccusés n’ont pas été condamnés, le jury n’étant pas parvenu à un verdict unanime à leur encontre.

Dans une déclaration récemment diffusée, Middleborough revendique les actions menées contre les installations du principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems, notamment la destruction de matériel militaire, et présente son engagement comme une réponse au soutien britannique à Israël. Il dénonce par ailleurs les poursuites judiciaires et les mesures de pression exercées contre les militants de Palestine Action, tout en affirmant vouloir poursuivre son engagement en faveur de la cause palestinienne malgré le risque d’emprisonnement.

Aujourd’hui, j’ai été reconnu « coupable » de dommages criminels par un jury. J’étais absent lors du procès, ce qui a rendu la tâche facile au jury pour prendre une décision aussi lourde à la légère. Néanmoins, ce procès a été une étape de plus vers le démantèlement de la machine de guerre sioniste en Grande-Bretagne, car il a mis sur le banc des accusés Elbit Systems et les institutions britanniques qui protègent le commerce du génocide. Mes courageux et intègres coaccusés ont expliqué pourquoi Elbit Systems est coupable de crimes contre l’humanité, ainsi que les raisons pour lesquelles ils étaient jugés, ce qui a conduit à un jury suspendu (pas de verdict unanime) — aucune condamnation — pour tous, sauf pour moi.

Je suis ravi que mes coaccusés aient été jugés pour ce que toute l’humanité sait : ils ne sont pas coupables, Elbit est coupable ! Le même tribunal qui tente de protéger les usines d’armement génocidaires qui commettent des terrorismes, tout en accusant de terrorisme les personnes de conscience comme moi, est un processus qui expose la complicité de l’État britannique et la nécessité pour les gens ordinaires de mener des actions directes sans honte et sans excuse ! Les huit personnes jugées ont déjà passé collectivement plus de 15 ans en prison, nos familles ayant été agressées par des porcs et menacées sous la menace d’une arme à feu. Aucun acquittement, ni aucun refus de condamner, ne pourra rendre le temps passé loin de la famille derrière les barreaux, volé par l’État britannique sioniste complice du terrorisme.

Palestine Action n’est pas un choix, c’est un réflexe, et je serai toujours fier de la façon dont moi et d’autres réagissons face au génocide fabriqué à notre porte, en particulier les actions sans précédent telles que celles dont sont accusés les Filton 25, à savoir la destruction de 40 armes israéliennes, y compris des drones quadricoptères. L’État voulait faire de 8 d’entre nous un exemple. Il n’a fait qu’illustrer l’exemple du système d’injustice britannique et la droiture des gens, qui utilisent leur conscience à la fois pour détruire des armes et pour refuser de condamner ceux qui ont pu le faire. Nous devons maintenir vivante la justice réelle en soutenant l’action contre le génocide partout où nous le pouvons au mieux.

Aux sionistes, à Elbit Systems et à l’État britannique : vous pouvez essayer de m’emprisonner, tout comme vous collaborez pour traquer les Palestiniens comme des animaux, mais vous ne gagnerez pas, vous ne le pourrez jamais. Je suis du peuple, vous ne l’êtes pas, et le pouvoir du peuple agira partout où nous le pourrons jusqu’à ce que la Palestine soit libre !

Déclaration de Sean « Shibby » Middleborough
Filton 25 / 28 août 2026

Chine : Intervention policière contre une commémoration de Mao à Shaoshan

Le 9 septembre, à l’occasion du 50ᵉ anniversaire de la mort de Mao Zedong, des jeunes se sont rassemblés à Shaoshan, sa ville natale, pour commémorer son héritage politique. Ils brandissaient notamment une banderole affirmant que les dernières années de Mao constituaient un chapitre majeur du marxisme-léninisme et scandaient des slogans en faveur de la classe ouvrière, de la poursuite de son héritage et de la révolution. Les forces de sécurité chinoises sont intervenues contre les participants et ont notamment ciblé la banderole. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des policiers présents autour du rassemblement et intervenant contre les jeunes mobilisés.

Chili : La militante anarchiste Mónica Caballero s’exprime depuis la prison

Depuis sa prison, Mónica Caballero revient dans un entretien sur sa situation, son expérience de l’incarcération et les formes de solidarité entre prisonniers anarchistes. Elle insiste notamment sur le rôle de l’entraide face aux abus et aux représailles en détention : « En même temps, l’un des plus grands outils dont nous disposons, nous, prisonnier·es anarchistes, c’est l’entraide. Je ne veux pas avoir l’air cliché, mais je le crois vraiment et je le vis ainsi. Je dis cela parce que, si dans le monde un·e camarade prisonnier·ère subit un abus ou des représailles à l’intérieur de la prison, cette situation sera diffusée et il est très probable qu’elle recevra une réponse. C’est très important pour celles et ceux d’entre nous qui se trouvent à l’intérieur des mâchoires carcérales. »

Mónica Caballero souligne également l’importance des médias dans la diffusion des situations vécues en prison, tout en pointant certaines limites du mouvement : « Bien que, comme je l’ai dit, la participation de nos médias soit fondamentale dans la solidarité avec les prisonnier·es, je suis néanmoins critique envers nos lacunes structurelles dans le maintien de cette solidarité dans la durée, ainsi que dans son développement qualitatif et quantitatif. » L’entretien met ainsi l’accent sur les conditions de détention, mais aussi sur les difficultés à maintenir dans le temps les réseaux de solidarité avec les prisonniers anarchistes.

Allemagne : Kommunistische Organisation dans le viseur des autorités

Le ministère de l’Intérieur du Land de Hesse a interdit Palästina e.V., une association déjà dissoute en 2024, en l’accusant notamment de poursuivre ses activités et d’être à l’origine de mobilisations pro-palestiniennes à Francfort. Dans ce contexte, la Kommunistische Organisation (KO) est directement visée par les autorités, qui présentent Palästina e.V. comme une structure issue de la KO.

Depuis 2024, KO fait l’objet d’une stratégie d’isolement par les services de renseignement intérieur, destinée à l’écarter du mouvement pro-palestinien en raison de son soutien à la résistance palestinienne et de ses positions jugées « incompatibles » avec la politique allemande.

Hongrie : Ouverture du procès en appel contre les antifas Maja, Gabri et Anna

Le 18 septembre 2026 s’ouvre à Budapest le procès en appel de Maja, Gabri et Anna, condamnés dans l’affaire dite de l’affaire de Budapest pour leur participation présumée à des affrontements avec des néonazis lors de la « Journée d’honneur » de février 2023.

Maja, extradée illégalement d’Allemagne vers la Hongrie en juin 2024, est détenue depuis plus de deux ans dans des conditions jugées inhumaines. Condamnée en première instance à huit ans de prison, elle encourt jusqu’à 24 ans de réclusion, tandis que Gabri et Anna ont été condamnés respectivement à sept ans et à deux ans avec sursis.

Le verdict en appel est attendu le 30 septembre. Le procès est dénoncé pour ses atteintes aux droits de la défense, les difficultés d’accès au dossier et les conditions de détention de Maja, qui a notamment subi des violences de la part de gardiens et un placement prolongé à l’isolement.

Royaume-Uni : Soutien financier à deux doctorants pro-palestiniens ciblés par l’ICE

Une campagne de financement vise à réunir 50 000 dollars pour soutenir Momodou Taal et Amandla Thomas-Johnson, deux doctorants de l’université Cornell engagés dans des mobilisations pro-palestiniennes. Après avoir quitté les États-Unis en 2025, dans un contexte de mesures visant des étudiants internationaux impliqués en faveur de la Palestine, ils ont perdu l’accès au financement universitaire dont ils dépendaient. Taal avait notamment contesté devant la justice fédérale les mesures de l’administration Trump avant que les services de l’immigration (ICE) ne lui ordonnent de se présenter et se rendent à son domicile universitaire.

Les deux chercheurs doivent donc choisir entre un retour aux États-Unis, avec un risque de détention, et leur maintien à l’étranger, synonyme de perte de leur financement. La collecte prévoit 25 000 dollars pour chacun afin de couvrir leurs dépenses de logement, alimentation, santé, recherche et déplacements universitaires, et leur permettre d’achever leurs thèses prévues pour 2027.

Le syndicat des étudiants diplômés de Cornell conteste parallèlement la décision de l’université, estimant que des aménagements avaient déjà été accordés à des doctorants confrontés à des difficultés d’immigration ou de visa. Taal travaille sur la souveraineté, l’anticolonialisme et le panafricanisme, tandis que Thomas-Johnson étudie les solidarités internationales et la révolution grenadienne. Ce dernier est également journaliste et a notamment collaboré avec The Guardian, BBC Radio 4 et Al Jazeera.

Syrie : Le journaliste kurde Ahmet Polat dénonce huit mois de détention et de tortures

Le journaliste Ahmet Polad, détenu pendant huit mois dans les prisons du régime de HTS après son enlèvement à Raqqa le 18 janvier, a commencé à témoigner de ses conditions de détention. Il affirme avoir subi de lourdes violences physiques durant le premier mois, puis des sévices psychologiques et physiques, ainsi qu’un isolement prolongé. Il indique également avoir observé plusieurs périodes de grève de la faim, totalisant quatre mois, afin d’obtenir notamment le droit de téléphoner.

Le 8 septembre, il a été transféré de Halep à Idlib puis remis aux services de renseignement turcs, après avoir refusé de déclarer dans une vidéo qu’il n’avait pas été torturé. Transporté menotté et la tête couverte, il a été maintenu deux jours dans une cellule à Ankara avant d’être remis aux autorités turques. Transféré à Istanbul, il a été placé en détention le 11 septembre pour « appartenance à une organisation » et a exercé son droit au silence lors des interrogatoires. Remerciant les personnes mobilisées en sa faveur et celle d’Eva Maria Michelmann, il affirme avoir eu confiance dans leur mobilisation malgré son isolement.

Grèce : Réactions de Pola Roupa à l’annonce de la libération de Nikos Maziotis

À l’occasion de l’annonce de la libération de Nikos Maziotis, après avoir purgé la totalité de sa peine pour sa participation à Lutte révolutionnaire, la militante anarchiste Pola Roupa dénonce les précédents refus de libération conditionnelle, en raison de l’absence de repentir de son camarade. Elle affirme que Maziotis n’a pas renié ses convictions ni son engagement et critique les journalistes et responsables politiques qui s’en étonnent.

Par ailleurs, Roupa définit dans sa déclaration la réalité du « terrorisme », celui de l’Etat et du capital, tout en défendant le projet politique de Lutte révolutionnaire. Elle précise enfin que sa propre libération en 2023 n’était pas liée à son statut de mère d’un enfant mineur, mais à la décision du conseil judiciaire de Thèbes.

« Le 14 septembre, le compagnon Nikos Maziotis sera libéré après avoir purgé l’intégralité de sa peine. Sept conseils judiciaires avaient rejeté ses demandes de libération conditionnelle en exigeant qu’il signe des déclarations de repentir, ce qu’il a naturellement refusé de faire.

Le compagnon a publié un texte concernant sa libération, déclarant publiquement qu’il ne regrettait en rien sa participation au Lutte Révolutionnaire et qu’il ne reniait pas son action.

Plusieurs journalistes qui ont relayé la nouvelle de sa libération et le texte du compagnon se sont montrés surpris qu’il reste sans repentir.

Qu’attendaient-ils au juste, et qu’attendent ceux qui s’étonnent des déclarations faites par le compagnon dans son texte ? Qu’attendent les juges, les politiciens du système et certains journalistes d’un prisonnier politique conscient ? Qu’un emprisonnement prolongé à l’extrême le pousse à changer de convictions politiques, à renier ses choix de lutte politique et à se déclarer partisan du système de pouvoir politique et économique afin d’obtenir sa libération ?

Alors que ces dernières années — depuis le début des actions de la Lutte Révolutionnaire et les années qui ont suivi l’éclatement de la grande crise économique dans le pays et des « mémorandums » —, la plupart des médias avaient banni de leur vocabulaire les mots « terroriste » et « organisation terroriste » lorsqu’ils parlaient de la Lutte Révolutionnaire et de nous, à l’approche de la libération du compagnon, ces termes refont surface avec une insistance particulière. C’est manifestement pour afficher la grande allégeance des signataires au régime en place, d’autant que le spectre politique du système évolue sans exception de plus en plus vers la droite ces dernières années et que les résistances sociales sont traitées comme une « menace pour l’ordre social ».

Il me faut sans doute répéter les bases et les évidences pour la grande majorité de la société, que le système politique au pouvoir espère bien manipuler.

La Lutte Révolutionnaire n’était pas une organisation terroriste, et la base sociale n’a jamais perçu son action comme une menace ni n’a été terrorisée par ses actes. Au contraire, cette organisation révolutionnaire est entrée dans l’histoire politique des résistances de ce pays et s’est ancrée dans les consciences sociales comme une structure agissant aux côtés du peuple et solidaire de celui-ci, luttant pour les intérêts des plus faibles socialement.

Rappelons les fondamentaux. Qu’est-ce que le véritable terrorisme pour les classes populaires ? Qu’est-ce qui sème la terreur au quotidien dans la vie de millions de personnes dans ce pays ?

C’est le fait de travailler comme un esclave un, deux, voire trois emplois sans parvenir à subvenir à ses besoins essentiels. C’est d’aller travailler sans savoir si l’on rentrera chez soi vivant ou mort.

C’est de se voir voler son maigre salaire par l’État et les multinationales. C’est de ne pas pouvoir s’offrir une alimentation normale pour soi et sa famille. C’est de se faire tout confisquer par les banques pour des crédits contractés, pour finir jeté en pâture aux sociétés de recouvrement sans pitié afin qu’elles vous arrachent votre maison. C’est de rentrer du travail en ignorant si votre clé ouvrira la porte ou si vous aurez été jeté à la rue.

Le terrorisme, c’est le sans-abrisme, cette menace permanente qui pèse sur des millions de personnes parce que le pouvoir politique, en collusion étroite avec le grand capital, a décidé de transformer le logement en simple marchandise lucrative pour les sociétés immobilières, provoquant l’envolée des loyers qui engloutissent des salaires entiers. À travers un plan terroriste et prédateur de l’État et du gouvernement, les loyers ont explosé en quelques années et le droit à un logement décent est devenu un luxe.

Le terrorisme, c’est la dissolution de la société, l’éradication de la solidarité sociale et de classe, le cannibalisme social véhiculé par les politiques de l’État et du capital, où les autorités dominantes vous assènent que « chacun est seul », que « seuls les forts survivent », et que « le profit et l’enrichissement sont légitimes et moraux ». Ces principes du capitalisme et de l’État garantissent que la majorité sociale restera prisonnière d’une impasse terroriste et d’une guerre de tous contre tous. Des pauvres qui piétinent d’autres plus pauvres pour quelques euros, des propriétaires qui exigent des loyers exorbitants — dans le cadre de la bourse du logement et de la « loi du marché » — sans hésiter à jeter des familles à la rue. Le terrorisme, c’est une société qui perd son âme au nom du profit.

Le terrorisme, c’est lorsque vous entendez le gouvernement affirmer que la hausse des prix du logement « est une bonne santé pour l’économie ». On peut alors s’attendre à des conditions encore plus sauvages.

Le terrorisme, c’est de craindre de tomber malade parce que le système de santé public est en ruine et que vous n’avez pas d’argent pour payer les soins des riches et sauver votre vie. C’est de mourir chaque jour aux urgences « faute d’avoir été pris en charge à temps », alors que les médecins et le personnel soignant sont épuisés par la charge de travail quotidienne, ou de mourir en attendant une ambulance du SAMU qui ne vient pas.

Le terrorisme, c’est de se priver d’électricité, de ne pas pouvoir veiller sur ses enfants et de les réchauffer. C’est d’être une personne âgée et de manquer d’argent pour acheter ses médicaments. Le terrorisme, c’est de voir des aînés périr de froid et de maladies.

Le terrorisme, c’est de voir ses enfants sous-alimentés. C’est de ne percevoir aucun avenir pour leur vie. C’est de constater qu’on élève une nouvelle génération d’esclaves qui ne connaîtront pas la joie de vivre, qui s’échineront au travail pour enrichir une minorité et perpétuer un système de pouvoir criminel et meurtrier.

Le terrorisme, c’est de voyager avec son enfant en train et d’ignorer s’il arrivera à destination. De redouter qu’une nouvelle tragédie comme celle de Tempi ne lui arrache la vie.

Le terrorisme, c’est de savoir qu’on ne peut obtenir justice nulle part, qu’on finira en prison pour des dettes envers l’État ou pour une infraction dérisoire. C’est de constater que les puissants restent toujours intouchables, quel que soit le crime commis, aussi grave et odieux soit-il. Car quiconque détient le pouvoir est immunisé contre tout.

Le terrorisme, c’est de voir un système de pouvoir anthropophage devenir de plus en plus impitoyable, s’engager dans des guerres qui menacent l’humanité d’anéantissement, et se tourner vers le fascisme maquillé en « patriotisme » et en « nationalisme » pour « apporter des solutions » à coup de haine et de violence. Un système qui empoisonne les esprits avec l’intolérance, en particulier notre jeunesse. La haine de l' »autre », quel qu’il soit. La haine du faible envers le plus faible encore. La guerre contre d’autres peuples et l’extermination de tout pauvre arborant une autre couleur, une autre religion ou une autre origine nationale.

Le terrorisme, c’est de vivre dans une nature ravagée. C’est la destruction de la planète au nom d’un système d’organisation sociale anthropocentrique axé sur le profit. Le terrorisme, c’est une vie étouffée par les poisons que laisse derrière lui le capitalisme, tandis qu’il détruit tout ce qui ne génère pas de profit.

Voilà ce qu’est le terrorisme. Le terrorisme, ce sont l’État et le Capital, car ce sont eux les agents qui ont détruit la société et la planète, qui terrorisent au jour le jour, qui exterminent, qui assassinent.

Par son action, la Lutte Révolutionnaire revendiquait l’émancipation sociale face à tout facteur semant la terreur et le crime dans la société. Elle revendiquait l’abolition de l’État et du Capital comme unique solution pour faire renaître la solidarité sociale, pour la reconstruire sur de nouvelles bases horizontales, sans État ni patrons, sans pauvres ni riches, sans divisions sociales. Elle revendiquait le salut de la planète. Car nous n’avons pas d’autre maison que la Terre.

La Lutte Révolutionnaire promovait la constitution révolutionnaire de la société en fédérations de municipalités et de communautés, où les assemblées et les conseils prendraient les décisions concernant chaque aspect de la vie sociale. Selon le modèle social du confédéralisme démocratique, les décisions prises à la base de la société seraient transmises à des conseils composés de représentants élus — et non de mandataires/délégués — chargés de les appliquer. La répartition équitable de la richesse est la condition préalable à l’égalité sociale, laquelle constitue à son tour le socle de la véritable démocratie, la démocratie directe.

C’est ce modèle social que nous présentions et promouvions dès l’aube de l’ère des mémorandums, par nos actes et notre parole, comme l’unique réponse radicale à la crise systémique — une crise qui, comme nous le disions déjà à l’époque, n’a jamais été surmontée.

Alors qu’aujourd’hui la crise économique systémique refait surface avec une nouvelle dynamique et que le système du capitalisme et de l’État cherche des solutions provisoires dans les rivalités économiques et les guerres interétatiques, dans l’extrême droite et la fascisation de la société, tandis que les divisions et les compétitions sociales s’accroissent et que les clivages de classe se creusent, la proposition d’une réorganisation radicale de la société s’impose avec de plus en plus d’urgence, car l’humanité ne pourra pas s’obstiner encore longtemps sur cette même voie erronée et autodestructrice.

Enfin, puisque la plupart des médias, à l’occasion de la libération du compagnon Nikos Maziotis, font référence à moi en affirmant que j’ai été libérée parce que je suis mère d’un enfant mineur, je me dois de répéter ce que j’avais déclaré dans le texte publié après ma libération en novembre 2023. Je n’ai pas été libérée pour cette raison, et aucun article du code pénal ou du code pénitentiaire ne prévoit la libération d’une femme au simple motif qu’elle est mère d’un enfant mineur. J’ai été libérée parce que le conseil judiciaire de Thèbes n’a jamais accédé à la demande de rejet de ma libération — un rejet qui aurait dû être prononcé en raison de mes seules convictions politiques, ainsi que l’avait alors requis le procureur dans son avis adressé au conseil. Il n’a manifestement pas été compris que, dans mon cas, certains procureurs et juges ont admis que mon dossier relevait de choix et de convictions politiques et ont refusé d’exiger des déclarations de repentir pour m’accorder la liberté. Je tiens également à rappeler qu’un recours avait été formé contre ma décision de libération par le substitut du procureur général de Chalcis — manifestement sur ordre politique —, que deux audiences ont eu lieu et qu’enfin, ce recours visant à me renvoyer en prison a été rejeté. »

France : Cagnotte pour soutenir quatre étudiants poursuivis après une mobilisation pro-palestinienne

Une cagnotte a été lancée pour financer la défense de quatre étudiants interpellés le 14 avril 2026, après avoir quitté la Sorbonne pour rejoindre une assemblée générale à Jussieu, dans le contexte d’une mobilisation contre la « loi Yadan » et certains partenariats universitaires. Les quatre personnes ont été désignées parmi un groupe d’une vingtaine d’étudiant·es lors d’un contrôle de police.

Elles sont poursuivies pour des faits d’injures et de violences en raison notamment de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion, après des échanges avec deux femmes qui affirment avoir été prises à partie en raison du port d’un collier comportant des inscriptions hébraïques. Les étudiants contestent cette version et affirment que les poursuites sont liées à leurs slogans de soutien à la Palestine.

Après plus de 48 heures de garde à vue, les quatre étudiants ont été déférés au tribunal de Paris. Leur procès, déjà reporté une première fois, a de nouveau été renvoyé à la demande des parties civiles. Ils et elles ont mis en place une collecte de solidarité afin de solliciter 1 500 euros pour couvrir une partie des frais de leur défense, notamment les honoraires de leurs quatre avocates.

Chili : 284 arrestations lors des commémorations des victimes de la dictature de Pinochet

Pour la première fois depuis le départ de Pinochet du pouvoir en 1990, aucune commémoration officielle n’a été organisée au Chili pour marquer l’anniversaire du coup d’État de 1973. Cette année, des milliers de personnes ont néanmoins manifesté les 11 et 12 septembre en hommage aux victimes de la dictature d’Augusto Pinochet, qui a fait plus de 3 200 morts ou disparus.

Selon le ministère de la Sécurité publique, 284 personnes ont été arrêtées, dont 31 mineurs et 16 étrangers, lors de rassemblements notamment à Santiago. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Le gouvernement de José Antonio Kast, qui a justifié l’absence de cérémonie officielle par la nécessité de ne pas rester « condamnés par notre histoire », affirme vouloir maintenir la fermeté face aux « violences ». Des rassemblements ont notamment eu lieu au cimetière général de Santiago, au palais de La Moneda et au Stade national.

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