Des militants se sont rassemblés devant les tribunaux de Rome et de Turin en soutien à Alfredo Cospito, militant anarchiste détenu sous le régime d’isolement renforcé du 41 bis, dont la prolongation de deux années supplémentaires a été décidée en avril. Cette initiative était organisée à l’occasion de l’examen de l’appel déposé par son avocat, dont la décision sera connue dans quelques jours. Les participants ont dénoncé un dispositif de torture et un symbole de la répression politique exercée par l’État italien contre les prisonniers révolutionnaires et les détenus refusant de collaborer avec les autorités, comme les BR-PCC (Brigades rouges – Parti communiste combattant).
Les manifestants ont également exprimé leur solidarité avec d’autres prisonniers soumis au 41 bis ou à des régimes de haute sécurité, ainsi qu’avec des militants poursuivis en raison de leur engagement politique, notamment plusieurs prisonniers palestiniens. Dans un communiqué, les sections de Rome, Milan et Turin du Secours Rouge International ont rappelé que « leur vie défend l’idée révolutionnaire ; ils et elles soutiennent la possibilité et la nécessité de la révolution dans l’intérêt de tous les mouvements de classe, du prolétariat et des peuples opprimés. Au-delà des différences, il ne s’agit pas de prendre parti pour les prisonniers anarchistes et/ou communistes : nous devons reconnaître qu’ils et elles sont des combattants, une partie vivante et vibrante de la tendance à la libération sociale des chaînes de cet immonde système d’exploitation ».
Des proches de détenus et des collectifs anticarcéraux dénoncent des pratiques humiliantes à la prison des Baumettes, à Marseille. Ils évoquent des fouilles intrusives lors des parloirs, des contrôles ciblant particulièrement certaines catégories de visiteurs, ainsi que des conditions d’accueil dégradantes pour les familles, parfois contraintes d’attendre des heures avant les visites. Les témoignages font également état d’une forte dégradation des conditions de détention lors des périodes de chaleur, notamment en raison de coupures d’électricité quotidiennes affectant ventilateurs et réfrigérateurs.
Les collectifs dénoncent par ailleurs le retour rapide de la surpopulation carcérale malgré l’ouverture récente des Baumettes III. Ils rappellent également le décès récent d’un détenu et appellent à un rassemblement devant l’établissement le 28 juin à 14H pour dénoncer les violences institutionnelles et exprimer leur solidarité avec les personnes détenues et leurs proches.
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Les autorités israéliennes ont annoncé le décès d’Imad Rajeh Sarhan, 47 ans, prisonnier palestinien originaire de Haïfa, détenu depuis 2001 et condamné à la perpétuité. Selon l’administration pénitentiaire, il serait mort à la prison de Gilboa à la suite d’une crise cardiaque. Les organisations palestiniennes de défense des prisonniers contestent cette version et dénoncent une politique de négligence médicale systématique alors qu’il souffrait depuis des années de graves problèmes de santé, aggravés par les séquelles de tortures subies lors de son interrogatoire et l’isolement prolongé. Le décès d’Imad Sarhan porte à 90 le nombre de prisonniers palestiniens morts en détention depuis le début du génocide à Gaza en octobre 2023 et à 327 depuis 1967.
À la veille du sommet du G7 d’Évian, une importante manifestation No G7 a réuni entre 20 000 et 60 000 personnes dans les rues de Genève. Le cortège, marqué par une large participation d’organisations féministes, internationalistes ou encore écologistes, a été confronté à un important dispositif policier. Plusieurs organisations du Secours Rouge International étaient présentes au sein d’un bloc révolutionnaire et anti-impérialiste.
Des affrontements ont éclaté entre des groupes de manifestants et les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Plusieurs barricades ont été dressées à différents points du parcours. Une voiture Tesla a été incendiée et plusieurs vitrines de banques ont également été endommagées. Nassées toute la soirée jusqu’à l’aube, près de 200 personnes encore présentes sur les quais ont été évacuées par la police vers 6H du matin après des contrôles d’identité. Les autorités ont annoncé plusieurs interpellations, ainsi que 28 placements en rétention.
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Motalleb Kheybari, un Kurde de 38 ans et père de deux enfants originaire de Baneh, a été abattu le 11 juin par les gardes-frontières iraniens dans la zone frontalière de Choman, au Kurdistan oriental (Rojhilat). Il récoltait de la sève d’arbres dans les monts Zagros lorsqu’il a été touché d’une balle à la tête à bout portant, sans sommation préalable. Ce nouveau décès s’inscrit dans un contexte de forte militarisation des régions kurdes d’Iran, où les forces de sécurité sont régulièrement accusées de recourir à une force létale contre les populations locales.
Après les violences ayant suivi la victoire du PSG en Ligue des champions, le gouvernement annonce un projet de loi permettant de faire contribuer financièrement les personnes présentes lors d’attroupements où des dégradations sont commises. Présentée comme une mesure de « responsabilisation », cette réforme étend la logique de sanction collective en faisant peser sur les individus le coût des dommages, même sans preuve qu’ils en soient directement les auteurs. « Demain toute personne prenant part à un attroupement violent au cours duquel des dégradations sont commises pourra être tenue de contribuer civilement à leur réparation. Un principe simple : lorsqu’on participe à une violence collective, on doit en assumer individuellement les conséquences », détaille le Premier ministre français. Cette initiative s’inscrit dans un durcissement sécuritaire visant à dissuader les mobilisations populaires et à criminaliser les rassemblements de masse.
Dix volontaires de la Global Sumud Flotilla, arrêtés le 24 mai par des forces libyennes près de Syrte alors qu’ils participaient à une mission visant à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza, demeurent détenus sans inculpation. Selon plusieurs sources, leur détention a été prolongée pour la deuxième fois sous le prétexte d’une entrée irrégulière sur le territoire.
Les organisateurs dénoncent une détention arbitraire et alertent sur la dégradation de l’état de santé de certains détenus, notamment ceux souffrant d’hypertension ou de diabète. Ils évoquent également des violences physiques et psychologiques ayant conduit plusieurs volontaires à entamer une grève de la faim. Les appels à une mobilisation diplomatique se multiplient pour obtenir la libération des dix ressortissants concernés, originaires d’Espagne, de Pologne, des États-Unis, d’Argentine, d’Uruguay, du Portugal, de Tunisie et d’Italie.
À Toulouse, le tournoi de foot en hommage à Bilal a été empêché par la mairie, qui invoque un prétexte administratif pour justifier son interdiction d’utiliser le stade de Bagatelle. Cette décision a suscité l’indignation des proches et du Comité Vérité et Justice pour Bilal, qui dénoncent une censure et contestent le refus d’autorisation. Grâce la solidarité, celui-ci a finalement pû se tenir dans un autre lieu.
L’événement visait à rendre hommage à ce Toulousain décédé en 2025 où l’intervention de la police municipale est mise en cause. Depuis, les attaques se multiplient pour entraver le combat pour la vérité : un rassemblement d’hommage a été interdit, plainte en diffamation contre la porte-parole du comité et maintenant cette nouvelle interdiction.
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Des manifestations organisées dans plusieurs villes de Turquie contre le 12e paquet judiciaire ont donné lieu à une répression particulièrement marquée à Ankara. La marche appelée par l’Ankara Kadın Platformu a été bloquée par la police, qui a encerclé les participantes, utilisé du gaz lacrymogène et procédé à l’interpellation de quatre femmes après des violences physiques. Les journalistes présents pour couvrir l’événement ont également été pris pour cible. Trois personnes arrêtées ont ensuite été libérées, tandis qu’une quatrième, blessée lors de l’intervention policière, est restée hospitalisée avant sa remise en liberté.
Les organisations féministes et LGBTQIA+ mobilisées dénoncent une répression visant à empêcher les contestations du 12e paquet judiciaire, présenté par le pouvoir comme une réforme mais critiqué pour ses atteintes aux droits des femmes, des enfants et des personnes LGBTQIA+. Elles accusent ce dispositif législatif de fragiliser des acquis en matière de droits familiaux, de protection contre les violences et d’autonomie économique, tout en criminalisant les mobilisations sociales qui s’y opposent. Des rassemblements similaires à Antakya, Amed, Istanbul et Eskişehir ont également été réprimés.
A Ankara, des militant·es accueilli·es à leur libération après leur interpellation
Le sommet du G7, qui se tient du 15 au 17 juin à Évian, est placé sous un dispositif de sécurité exceptionnel mobilisant 16 000 membres des forces de l’ordre. Près de 10 000 policiers et 6 100 gendarmes sont déployés sur un territoire de 1 670 km², avec l’appui d’unités spécialisées, d’hélicoptères, de drones, d’enquêteurs antiterroristes et anticybercriminalité, ainsi que de moyens militaires. La sécurisation de l’événement a fait l’objet de plusieurs mois de préparation et d’exercices préalables.
Le dispositif reprend largement les méthodes expérimentées lors des Jeux olympiques de Paris en 2024, avec des zones d’accès réglementées, des contrôles renforcés et des laissez-passer munis de QR codes. Les autorités présentent cette « bulle sécuritaire » comme nécessaire à l’accueil des délégations internationales, tandis que son ampleur illustre la place croissante des dispositifs exceptionnels de surveillance et de contrôle lors des grands événements politiques.