En France, 49 personnes sont décédées en 2025 lors d’interventions de la police, de la gendarmerie ou de la police municipale selon le média Basta. Les décès résultent principalement de tirs par arme à feu, mais aussi de poursuites liées à des refus d’obtempérer, d’interpellations ou de situations impliquant des personnes en détresse psychique. Parmi les cas les plus marquants figurent la mort de Bilal, décédé à Toulouse après une intervention de la police municipale, ainsi que celle de Faara Tournier en Kanaky, Kanak tué par un tir de gendarme. Ces décès s’inscrivent dans un contexte où plus d’une vingtaine de morts liées à des interventions des forces de l’ordre ont déjà été recensées au cours des cinq premiers mois de 2026.
Dans ce cadre, le comité invite les soutiens à organiser des collectes de fonds, ateliers contre la répression, séances d’écriture de lettres, collages d’affiches ou déploiements de banderoles. La campagne vise à maintenir la solidarité autour de Jakhi McCray alors que sa procédure judiciaire se poursuit.
La Cour d’appel britannique a confirmé l’interdiction de l’organisation Palestine Action et annulé une précédente décision de la Haute Cour qui jugeait cette mesure illégale. Cette décision maintient la possibilité de poursuites contre les quelque 3 000 personnes arrêtées dans le cadre des actions et mobilisations liées au mouvement. Elle renforce également l’usage des dispositifs antiterroristes contre des militants poursuivis pour des actions de désobéissance civile visant principalement des entreprises d’armement liées à Israël. Plusieurs activistes risquent désormais d’être condamnés avec une « connexion au terrorisme », bien qu’ils n’aient pas été reconnus coupables d’infractions terroristes.
«Ceci n’est pas une défaite. Palestine Action a été si efficace dans la perturbation de l’industrie des armements israélienne, que l’État a déployé toute sa puissance contre nous. En agissant ainsi, ils ont exposé la manière dont ils privilégient le régime sioniste au détriment de ses propres citoyens. Tant que nous continuerons à résister, nous aurons gagné », a réagi Huda Ammori, cofondatrice du mouvement.
Perihan Atmaca et Ali Aycen, arrêtés le 3 janvier à Patras pour avoir, selon les autorités grecques, aidé des militants révolutionnaires, ont été remis en liberté à l’issue de leur procès le 15 juin. Le tribunal de Patras les a condamnés à trois ans de prison, soit la peine minimale prévue, tout en ordonnant leur libération. Lors de l’audience, soutenue par plusieurs organisations de la gauche grecque et des observateurs venus de différents pays européens, les deux prévenus ont rejeté les accusations de trafic d’êtres humains. Ils ont défendu la légitimité de la solidarité avec les militants engagés contre le fascisme et l’impérialisme, affirmant que cette solidarité ne saurait constituer un crime.
À l’approche du sommet de l’OTAN des 7 et 8 juillet à Ankara, les autorités turques ont mené une nouvelle série d’opérations visant des organisations révolutionnaires, syndicales et anti-impérialistes à Istanbul. Des membres de la Plateforme révolutionnaire indépendante de classe (BDSP), de DEV TEKSTİL, de DGB, de l’Association de l’unité des travailleurs (İşçilerin Birliği Derneği) et de Mücadele Birliği ont été arrêtés lors de perquisitions à domicile et dans des locaux associatifs. Parmi les personnes interpellées figurent Murat Yıldırım, İpek Bozkurt, Ulaş Uslu, Yaren Sarısaltık, Ümit Erben, Baran Can Ayaz, Nimet Erben, Hakan Koç, Ayşenur Semiz, Onur Çağdaş Ekinci, ainsi qu’Okan Karaçam, représentant de DEV TEKSTİL à Istanbul. L’avocate İdil Yeşil a également été arrêtée selon le Bureau juridique du peuple (Halkın Hukuk Bürosu). Les locaux de l’Association de l’unité des travailleurs à Sefaköy et de l’Association de l’unité des travailleurs de Sarıgazi ont également été perquisitionnés.
Karima, militante engagée en soutien au peuple palestinien, sera jugée le 19 juin à Nîmes, dans le sud de la France. Ses soutiens dénoncent une criminalisation croissante du mouvement de solidarité avec la Palestine. Plusieurs organisations et militants appellent à un rassemblement de soutien devant le tribunal dès 8H30, exigeant la relaxe de la militante.
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La Cour de cassation a annulé la décision de la cour d’appel de Versailles qui avait requalifié les faits reprochés au policier ayant tué Nahel Merzouk en 2023 en « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La plus haute juridiction judiciaire estime que la cour d’appel n’a pas suffisamment justifié l’abandon de la qualification de meurtre, notamment au regard des circonstances du tir : usage volontaire d’une arme à feu à courte distance et visant une zone vitale.
L’affaire est renvoyée devant la cour d’appel de Versailles, qui devra réexaminer la qualification pénale retenue contre le policier. Cette décision relance la possibilité d’un procès pour meurtre devant une cour d’assises, saluée par la famille de Nahel et ses soutiens comme une avancée majeure dans la recherche de la vérité judiciaire. Le non-lieu accordé au second policier présent lors de l’intervention a en revanche été confirmé.
Le Comité Justice et Liberté pour Kanaky lance un appel à la solidarité en faveur de Jepa, jeune Kanak déporté en France après le soulèvement de mai 2024. Libéré en novembre 2025, il avait réuni avec l’aide de sa famille les fonds nécessaires pour financer son retour en Kanaky le 6 juin 2026. Cependant, au moment de l’embarquement, la police aux frontières lui a refusé l’accès à son vol en raison de l’invalidation de son ancien passeport, remplacé à son insu par un document d’urgence délivré lors de sa déportation. Son billet, d’une valeur de plus de 1 000 euros, a ainsi été perdu. Après avoir obtenu en urgence un nouveau document de voyage, Jepa doit désormais financer un nouveau billet retour, estimé à plus de 1 300 euros. Une cagnotte a été ouverte afin de permettre à Jepa de rentrer rapidement au pays.
Durant les audiences du tribunal de Stuttgart, les cinq militant·es internationaux connu·es sous le nom des “Ulm 5”, jugé·es pour avoir perturbé les activités du site d’Elbit Systems à Ulm, ont livré leurs témoignages en expliquant agir pour des raisons humanitaires et politiques contre la production d’armements destinés à Israël. Ils et elles affirment vouloir « interrompre le flux d’armes vers l’armée israélienne » et dénoncent la responsabilité de l’Allemagne dans le génocide en Palestine.
Plusieurs déclarations ont insisté sur la dimension politique de leur action directe. L’un des accusé·es, Daniel Tatlow-Devally, affirme avoir agi pour « stopper le soutien matériel aux crimes commis à Gaza » et pour dénoncer « le scandaleux soutien du gouvernement allemand à la guerre contre Gaza et sa participation à en tirer profit ». Un·e autre accusé·e affirme que les méthodes légales ont échoué malgré des mobilisations répétées. Vi Kovarbasic insiste pour sa part sur l’urgence morale de l’action face à la destruction en cours, expliquant qu’il s’agissait « d’empêcher la construction d’un drone de plus, dans l’espoir qu’une vie de moins puisse être sauvée ».
Les prévenu·es dénoncent également les conditions du procès et la politique judiciaire allemande, qu’ils et elles estiment marquée par des atteintes aux droits de la défense et un manque de neutralité. Les audiences se poursuivent à Stuttgart dans les prochaines semaines.