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USA : Un homme grièvement blessé par balle par un agent de l’ICE à Austin

Un homme a été grièvement blessé par balle au thorax par un agent de l’ICE lors d’une course-poursuite à pied à Austin, au Texas. Transporté à l’hôpital, il se trouvait dans un état grave mais stable. Les autorités locales n’ont pas encore précisé son identité, sa nationalité ni les circonstances exactes du tir. Cela intervient alors que les opérations de l’ICE ont fortement augmenté à Austin.

Hongrie : Maja dénonce ses conditions de détention et réaffirme son engagement antifasciste

Devant la Cour d’appel, Maja, détenu·e en Hongrie, a dénoncé des violences et des traitements humiliants en prison, affirmant notamment avoir été brutalisé·e lors d’une fouille et sanctionné·e disciplinairement sur la base de témoignages qu’iel conteste. Maja a également évoqué les pressions exercées durant la procédure pénale, les conditions de détention et ce qu’iel considère comme des ingérences politiques et des atteintes à l’État de droit.

Dans sa déclaration, Maja a réaffirmé son attachement aux valeurs antifascistes, ainsi qu’à l’écriture, qu’iel présente comme un moyen de résister et de préserver son rapport aux autres. Maja a également exprimé son soutien à Zaid et Gino, deux antifascistes faisant l’objet de procédures d’extradition depuis la France, respectivement vers la Hongrie et l’Allemagne.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Juges, cher·es concitoyen·nes,

Il y a deux mois, un vendredi 17 juillet 2026, j’ai pris la décision de prendre la parole ici aujourd’hui – au sujet de moi-même et de notre procès.

Peu après le déjeuner, ce jour-là, j’étais assis·e à mon bureau lorsque des agents sont entrés dans ma cellule. À ce moment-là, j’étais penché·e sur une nouvelle que j’écrivais pour l’envoyer à une académie d’écriture créative, au sein de laquelle je suis inscrit·e à un programme d’enseignement à distance d’un an. L’histoire portait sur une étreinte avec un co-détenu. Il était nouveau dans la prison et nous nous étions croisés dans les escaliers. Nous avions eu cinq minutes pour partager le réconfort dont nous avions tous deux si désespérément besoin. Il venait de recevoir 15 minutes pour parler à son père, qu’il n’avait pas vu depuis de nombreuses années. Lorsqu’il m’a demandé depuis combien de temps j’étais incarcéré·e, je lui ai répondu : depuis longtemps – deux ans et demi maintenant – et que je ne savais pas combien de temps cela durerait encore. J’étais en train d’écrire sur le tumulte intérieur, le chagrin, les larmes de colère, mais aussi sur le courage, la chaleur et les bras réconfortants, quand les cinq agents ont fait irruption dans ma cellule et m’ont ordonné de retirer ma robe. Ils ont également exigé que je leur remette tous les vêtements jugés « suspectement féminins ». J’ai refusé, parce que j’avais mis cette robe moi-même et qu’aucune loi ne m’interdit de le faire.

Peu après, je me suis retrouvé·e allongé·e sur le sol de la cellule, menotté·e et la lèvre en sang. Cette humiliation ne leur a pas suffi : non, par la suite, tous les cinq ont prétendu que ce recours à la force avait été nécessaire parce que je m’étais opposé·e violemment. Un mensonge – et pourtant la direction de la prison les a crus, et j’ai reçu une sanction disciplinaire. Cependant, à la suite d’une plainte formelle, ils ont été incapables de justifier aussi bien le motif de la fouille elle-même que l’usage de la force, et la procédure a été classée sans suite en toute discrétion. La troisième procédure disciplinaire abandonnée durant ma détention ici.

Une chose demeure toutefois : le traumatisme d’avoir été sans défense dans ce moment de violence. Je ne trouve de protection qu’en faisant confiance à ma volonté de vivre et à toutes celles et ceux, proches ou lointain·es, qui se tiennent à mes côtés, me réconfortent, m’encouragent et partagent ma colère.

Un tel sentiment d’impuissance est une expérience partagée par beaucoup, car cette violence contre les êtres humains est une composante fondamentale de l’État, tout particulièrement au sein du système pénitentiaire. Il cherche à nous imposer sa volonté, à nous exploiter, et ainsi à ravaler la dignité humaine au rang de simple privilège qu’il peut altérer, accorder et révoquer à tout moment.

En regardant en arrière le procès pénal qui nous amène ici aujourd’hui, je veux réaffirmer les mots que j’ai écrits et prononcés au début du procès, pendant ma grève de la faim et avant le prononcé de la peine. Même si mon choix de mots était différent aujourd’hui, se dresser pour des valeurs humanistes, antiautoritaires et antifascistes reste tout aussi urgent.

Je voudrais vous rappeler les tentatives d’ingérence politique, les préjugés, la pression et la coercition utilisées pour extorquer des aveux, ainsi que la détermination absolue de me condamner et de me punir. Je veux nous rappeler qu’Orbán et Trump ont désigné « Antifaschistische Aktion » – aux côtés de tous les accusés – comme une organisation terroriste afin de nous déshumaniser et d’intimider quiconque défend sincèrement nos valeurs. Nous, en revanche, savons ce que signifie réellement la soi-disant « lutte contre le terreur » menée par des despotes comme Trump.

Je veux aussi rappeler comment l’accusation prétend de manière incompréhensible voir en moi une « haine fanatique », et comment les autorités judiciaires hongroises m’ont placé·e en détention séparée pour m’affamer psychologiquement et émotionnellement. Je veux rappeler comment cet État de droit manque à ses propres exigences et se transforme en un domaine d’arbitraire et d’oppression.

De plus, je veux vous rappeler, tout comme à moi-même, qu’à travers le monde, la banalité du mal peut être – et est déjà – cruelle à un point que je n’ai jamais vu et que je ne saurais décrire, et que face à elle, nous ne réagissons souvent que par un haussement d’épaules impuissant, moi y compris. Dans ces moments-là, la seule chose qui aide est de réaffirmer qui je suis et de me reconnecter à nos valeurs et à nos idéaux.

C’est plusieurs jours après que les vêtements jugés « trop féminins » m’ont été volés que j’ai fini d’écrire cette nouvelle. Après l’incident et une visite à l’hôpital, j’étais trop épuisé·e. Les voix de mes parents, de mes frères et sœurs et de mes ami·es m’ont rendu ma force. La peur est là – la peur de ce veredicto, la peur du temps qu’il me reste à passer dans cette cellule, la peur de ne plus jamais revoir ceux qui me sont chers, la peur que cette prison destructrice ne me prive pas seulement de mes vêtements, mais de mes perspectives d’avenir.

Mais il y a aussi l’écriture et l’écoute. Le monde crie de façon insensée et est devenu grotesque. L’écriture silencieuse m’aide à me comprendre et à chercher des réponses tout comme des raisons d’expliquer pourquoi nous faisons tout cela. En faisant cela, j’ai grandi au cours des trois dernières années ; cela m’a renforcé·e pour tenir bon, m’a apporté un soutien en prison où les choses semblent souvent impossibles à résoudre, et m’a permis de me concentrer plus facilement sur l’humain sans jugement. Et j’ai rencontré la confiance – cette confiance invisible qui nous lie et que je porte aussi en moi. Je continuerai d’écrire, de prendre mes responsabilités et d’agir. Je continuerai également, malgré tous les interdictions et restrictions, à étreindre les personnes en prison et à vivre pour un monde sans prisons ni camps de détention.

J’espère et souhaite que vous me suivrez dans cette voie – ici dans cette ville, dans ce pays, sur ce continent et au-delà. Vous avez renversé Orbán et avez ainsi planté non seulement mes graines d’espoir et de confiance. Personne ne sera oublié·e. Je vous remercie tous du fond du cœur. Alerta, ne nous laissons pas décourager. Un bouquet de fleurs à toutes les personnes solidaires.

Je voudrais consacrer une dernière pensée aux antifascistes Zaid et Gino, qui ont fui la persécution étatique dans leurs pays d’origine pour se réfugier à Paris et qui font désormais face à une extradition respectivement vers la Hongrie et l’Allemagne – tout comme j’ai été extradé·e vers la Hongrie il y a plus de deux ans. Cela ne doit plus se reproduire. Battons-nous pour la liberté de Zaid, de Gino et de tous les antifascistes.

Lille : Une cantine solidaire en soutien aux prisonniers kanak

Le Collectif Solidarité Kanaky 59 organise le 3 octobre à 19h au Centre Culturel Libertaire de Lille une cantine solidaire destinée à soutenir matériellement des détenus kanak incarcérés dans le nord de la France. Certains détenus, déportés de Kanaky vers la France, restent éloignés de leurs familles. L’événement, autour d’un repas végan à prix libre, vise également à faire connaître le collectif et ses actions. Une collecte est organisée pour récupérer vêtements masculins (M-L), sous-vêtements neufs (42-48), timbres et dons financiers, afin de contribuer au soutien des détenus pendant et après leur incarcération.

Argentine : Le dirigeant mapuche Facundo Jones Huala condamné à 5 ans et 2 mois de prison

Le chef mapuche Facundo Jones Huala a été condamné à 5 ans et 2 mois de prison à l’issue d’une procédure abrégée validée par le juge fédéral de Bariloche, après avoir reconnu son appartenance à la Résistance ancestrale mapuche (RAM). La peine, qui court depuis son arrestation en juin 2025 à El Bolsón, sera purgée à l’unité pénitentiaire d’Esquel. L’accord judiciaire a retenu des charges liées à l’appartenance à « une organisation cherchant à imposer ses idées par la force et à l’incitation au crime », écartant une qualification plus lourde d’association illicite. La défense, qui avait contesté l’impartialité du tribunal, a accepté la procédure afin d’éviter le risque d’une peine plus sévère. Jones Huala avait publiquement revendiqué l’existence de la RAM et défendu le recours au sabotage et, plus largement, à la lutte armée.

Tunisie/France : La mobilisation grandit pour les quatre prisonniers pro-palestiniens en grève de la faim

Samedi 19 septembre, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Tunis pour demander la libération de Wael Naouar, Ghassen Boughdiri, Nabil Channoufi et Ghassen Henchiri, quatre militants tunisiens de la flottille Sumud, détenus depuis mars 2026 dans le cadre d’une enquête visant à criminaliser leur engagement anti-impérialiste et antisioniste. Les quatre hommes sont en grève de la faim et leurs soutiens alertent sur la dégradation de leur état de santé.

Cette mobilisation s’inscrit dans une semaine internationale d’action du 12 au 19 septembre en soutien aux quatre détenus. Des rassemblements et actions ont notamment eu lieu à Toulouse, Lyon, Rennes, Dignes-les-Bains, Perpignan, Lille, Barcelone, Bruxelles et ailleurs, tandis qu’une manifestation réunissant plusieurs centaines de personnes s’est tenue à Paris le 19 septembre, au même moment que la mobilisation tunisienne, pour réclamer leur libération.

France : Condamnations confirmées dans l’affaire du 8 Décembre

Le 10 septembre 2026, la cour d’appel de Paris a rendu son verdict dans l’affaire dite du 8 Décembre, concernant sept personnes poursuivies pour « association de malfaiteurs terroriste ». La qualification est maintenue pour six d’entre elles, tandis que M est relaxé au bénéfice du doute. Libre Flot est condamné à 5 ans de prison, dont 3 ans avec sursis probatoire pendant 2 ans, soit 2 ans ferme, dont il ne lui resterait que deux mois après sa détention provisoire. S est condamné à 3 ans et 6 mois, dont 32 mois avec sursis probatoire, soit 10 mois ferme, déjà effectués en détention provisoire. C, W et B sont condamnés chacun à 3 ans de prison, dont 2 ans avec sursis probatoire pendant 2 ans, soit 1 an ferme. Les parties restant à exécuter peuvent être aménagées. Libre Flot reste également soumis à 5 ans de suivi socio-judiciaire, avec une peine supplémentaire d’un an en cas de non-respect, et demeure inscrit au FIJAIT pendant 20 ans, avec des obligations pendant 10 ans. Pour les quatre autres condamnés concernés, le retrait du FIJAIT allège les restrictions liées aux déplacements. Les interdictions de communiquer entre les personnes condamnées sont par ailleurs levées et une inéligibilité de 5 ans est prononcée. Les personnes condamnées ont jusqu’au 10 octobre 2026 pour décider d’un éventuel pourvoi en cassation.

Maroc : Association pour le boycott d’Israël, le stand du MACBI exclu du festival L’Boulevard

Lors de la 24e édition du festival L’Boulevard au Maroc, des personnes se présentant d’abord comme des agents des autorités puis comme des policiers sont intervenues sur le stand du MACBI (Campagne marocaine pour le boycott académique et culturel d’Israël). Pplusieurs agents ont photographié les documents et le matériel exposés et demandé à voir un responsable. Peu après, les organisateurs ont annoncé que le stand devait être démonté et que la participation du MACBI était annulée, après avoir été formellement autorisée, affirmant avoir été sommés de prendre cette décision au motif que le festival ne devait pas avoir de caractère politique.

Zurich : Manifestation contre les expulsions et en défense du droit d’asile

À Zurich, une manifestation a réuni plusieurs organisations de Turquie et du Kurdistan, féministes, communistes et anarchistes pour dénoncer l’augmentation des expulsions et les conditions dans lesquelles sont traitées les demandes d’asile. Le cortège, parti de Bürkliplatz vers Helvetiaplatz, a notamment dénoncé les difficultés d’accès au logement et aux soins, les pressions psychologiques ainsi que les violences lors des renvois.

Les organisateurs ont rappelé que la Suisse est tenue de respecter l’interdiction de la torture et le principe de non-refoulement, qui interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque des persécutions ou de graves atteintes à ses droits. Ils ont notamment fait référence à l’expulsion récente de plusieurs activistes vers la Turquie et demandé que les risques encourus, les traumatismes, les difficultés de traduction, les nouveaux éléments de preuve et la situation politique des pays concernés soient pleinement pris en compte avant tout renvoi. La mobilisation s’est conclue par le mot d’ordre : « Le droit d’asile n’est pas négociable. »

Allemagne : Perquisition de la Soko LinX après un acquittement à Leipzig

Le 15 septembre, le tribunal régional de Leipzig a acquitté en appel un salarié d’hôpital poursuivi pour avoir transmis, selon l’accusation, les données personnelles de militants d’extrême droite. Ces informations auraient ensuite été utilisées pour préparer deux agressions contre ces personnes. Le tribunal a toutefois estimé qu’aucune preuve vérifiable ne permettait d’établir à qui le salarié aurait transmis les données. La défense a également fait valoir que certaines informations étaient déjà accessibles publiquement et a dénoncé une enquête partiale.

Moins de 24 heures après cet acquittement, la Soko LinX, une unité spéciale de la police criminelle saxonne chargée notamment d’enquêter sur des violences attribuées à la gauche révolutionnaire, a perquisitionné un appartement dans le quartier de Connewitz, à Leipzig. Cette opération serait liée à l’une des deux agressions évoquées dans le procès. Une personne a été emmenée par la police, sans être placée en détention. Cette nouvelle perquisition intervient alors que la Cour constitutionnelle fédérale allemande a récemment jugé illégales deux perquisitions visant des militants de gauche et que plusieurs opérations antérieures de la Soko LinX ont également été déclarées illégales.

USA : Libération prochaine de Josh Williams, dernier prisonnier politique des soulèvements de Ferguson

Josh Williams a participé aux mobilisations de Ferguson (Missouri) déclenchées en août 2014 après la mort de Michael Brown, un jeune africain-américain de 18 ans tué par le policier Darren Wilson. Les manifestations, qui se sont prolongées pendant plusieurs mois, dénonçaient les violences policières et le racisme dans la police. Elles ont contribué à faire de Ferguson un symbole national de la contestation contre les violences policières aux États-Unis.

Josh Williams doit être libéré début novembre après environ 11 ans d’incarcération. Il avait été condamné à 19 ans pour des faits liés aux mobilisations de Ferguson, et sa condamnation était une tentative d’intimidation du mouvement. Williams souhaite désormais lancer un centre pour la jeunesse et un studio et appelle à un soutien financier pour faciliter son retour à la liberté.

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