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Articles

Turquie : Condamnation à 19 ans et 6 mois de prison pour la militante féministe et kurde Ayşe Gökkan

Le 19 juin 2026, la justice turque a condamné Ayşe Gökkan, ancienne porte-parole du mouvement féministe kurde TJA (Mouvement des femmes libres), à une peine totale de 19 ans et 6 mois de prison pour « appartenance à une organisation illégale », et a ordonné le maintien de sa détention. Déjà détenue, elle a assisté à l’audience par visioconférence depuis la prison de femmes de Sincan, tandis que ses avocats et plusieurs organisations de défense des droits des femmes étaient présents au tribunal de Diyarbakır. Cette décision intervient dans le cadre d’une procédure relancée après l’annulation en appel de condamnations précédentes.

Royaume-Uni : Refus de libération sous caution pour le militant pro-palestinien Michael Sackur

Au Royaume-Uni, Mikey (Michael Sackur) reste en détention après avoir été arrêté à Leicester en avril pour une présumée implication dans des actions visant à perturber UTACS, une filiale du principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems. Placé en détention provisoire depuis son arrestation, il a de nouveau vu sa demande de libération sous caution rejetée par un juge. Il est actuellement incarcéré à la prison de Wandsworth à Londres. Pour lui écrire :

Michael Sackur A9340FK
HMP Wandsworth
PO Box 757
Heathfield Road
Wandsworth
London, SW18 3HU

Bolivie : Une mission argentine de défense des droits humains expulsée à son arrivée

Le 15 juin, les autorités boliviennes ont refusé l’entrée sur le territoire à une mission humanitaire composée de représentants d’organisations argentines de défense des droits humains venus enquêter sur les allégations de violations commises lors de la répression des récentes manifestations en Bolivie. À leur arrivée à l’aéroport d’El Alto, près de La Paz, les membres de la délégation ont vu leurs documents retenus par les services migratoires avant d’être contraints de reprendre un vol vers Santa Cruz.

Selon la délégation, les autorités ont d’abord invoqué une erreur administrative les ayant enregistrés comme touristes, avant de justifier leur expulsion par l’absence présumée d’itinéraire et de réservation d’hébergement, en se référant à la loi bolivienne sur les migrations. Les membres de la mission affirment avoir pourtant déclaré se rendre en Bolivie pour documenter les accusations de répression, alors que plusieurs organisations dénoncent depuis plusieurs semaines des morts, des arrestations, des mauvais traitements et des actes de torture visant des manifestants.

Italie : Deux militants pro-palestiniens réprimés se suicident

À Turin, les suicides de deux jeunes militants engagés dans les mobilisations de soutien à la Palestine ont suscité une vive émotion et relancé les critiques contre la politique de criminalisation du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. Le premier, appelé « F. », poursuivi pour sa participation à des manifestations organisées à l’automne 2025, faisait l’objet depuis février 2026 d’une interdiction de résidence à Turin, la ville où il vivait, étudiait et entretenait l’essentiel de ses liens sociaux. Quelques jours après avoir appris le maintien de cette mesure, il s’est suicidé. Dans un message laissé avant sa mort, il évoquait notamment le sentiment d’injustice provoqué par la décision judiciaire.

Début juin, un second militant, « C. » (surnommé « Chimi » par ses proches), également poursuivi dans le cadre des mobilisations pro-palestiniennes à Turin, a lui aussi mis fin à ses jours. Plusieurs de ses camarades, visés dans la même procédure et soumis à une obligation de résidence assortie de restrictions de déplacement, avaient demandé l’autorisation exceptionnelle d’assister à ses funérailles à Settimo Torinese, commune voisine de Turin. Leur requête a été rejetée au motif qu’ils n’avaient pas de lien familial direct avec le défunt. Les deux affaires ont ravivé le débat sur le recours aux mesures de contrôle judiciaire contre les manifestants pro-palestiniens, dans une ville où les poursuites et restrictions imposées aux militants sont dénoncées comme particulièrement nombreuses par rapport à d’autres juridictions italiennes.

Turquie : Le régulateur des télécommunications obtient le blocage de comptes LGBTQIA+ et féministes sur X

À la demande de l’Autorité des technologies de l’information et de la communication (BTK), l’organisme public turc chargé de réguler les télécommunications, Internet et les médias numériques, le réseau social X a restreint l’accès depuis la Turquie à des dizaines de comptes d’associations LGBTQIA+, féministes et de défense des droits humains. Parmi les organisations visées figurent notamment 17 Mayıs Derneği, GALADER, Genç LGBTİ+ Derneği, HEVİ LGBTİ+ Derneği, Lambdaİstanbul, LİSTAG, Muamma LGBTİ+, Pembe Hayat, SPoD, Kırmızı Şemsiye, Kaos GL, ainsi que de nombreux collectifs féministes, étudiants et militants. La journaliste et dessinatrice Aslı Alpar a également vu son compte bloqué.

La liste des comptes concernés comprend aussi de nombreuses organisations de défense des droits humains, collectifs féministes, syndicaux, étudiants ou locaux, parmi lesquels İnsan Hakları Derneği, Kadının İnsan Hakları Derneği, Mor Çatı, Ankara Pride, İstanbul Pride, Trans Pride İstanbul, LGBTİ+ Meclisleri, ODTÜ LGBTİQAA+ Dayanışması, Queer Deer, Pozitif Dayanışma, Velvele et Yeni Demokrat Kadın. Selon X, la demande de blocage émane de la BTK et s’appuie sur l’article 8/A de la loi turque n°5651, qui permet aux autorités de restreindre l’accès à des contenus en ligne pour des motifs liés à la sécurité nationale, à l’ordre public ou à la prévention de certaines infractions. Les comptes visés diffusaient principalement des informations sur les droits LGBTQIA+, les Marches des fiertés et des critiques de mesures législatives jugées hostiles aux personnes LGBTQIA+.

Turquie : 21 révolutionnaires emprisonnés après une vague d’interpellations avant le sommet de l’OTAN

Le 15 juin 2026, une opération policière menée lors de perquisitions à domicile a conduit à l’interpellation de 23 militants en Turquie. Présentés devant le tribunal d’Istanbul, 21 d’entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que 2 ont été libérés sous contrôle judiciaire. Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte de répression accrue à l’approche du sommet de l’OTAN prévu les 7 et 8 juillet. Les personnes arrêtées sont notamment accusées d’activités politiques et syndicales, ainsi que de participation à des rassemblements, ce que les auteurs dénoncent comme une criminalisation de l’engagement militant.

Paris : Une manifestation contre toutes les formes de répression

A l’appel de nombreuses organisations, une mobilisation est annoncée le 20 juin 2026 à Paris pour protester contre les politiques de répression visant les mouvements sociaux et syndicaux, notamment dans le secteur public et à La Poste. Les organisateurs dénoncent une intensification des sanctions, licenciements et poursuites judiciaires visant des syndicalistes, ainsi que des pratiques de surveillance et de réorganisation interne jugées répressives. Plus largement, les organisateurs mettent en cause un climat général de durcissement contre les mobilisations sociales.

La manifestation est organisée samedi 20 juin dès 15H du Siège de La Banque Postale au Ministère du Travail en passant par le ministère des affaires étrangères.

France : Un rapport dénonce une politique policière de verbalisations massives à caractère discriminatoire

Un rapport de Human Rights Watch alerte sur une politique de multiverbalisation d’amendes administratives, visant principalement des jeunes noirs et arabes de quartiers populaires. L’ONG décrit un enchaînement de contrôles d’identité discriminatoires, suivis de procès-verbaux pour de petites infractions, parfois contestables, mais difficiles à contester en pratique en raison d’un système reposant largement sur la parole des agents et de délais très courts.

Le rapport souligne que ces amendes peuvent s’accumuler et être fortement majorées, entraînant parfois des dettes très élevées et des saisies sur revenus, avec des conséquences importantes sur la vie scolaire et professionnelle des personnes concernées. Il met également en avant les limites des voies de recours et les difficultés à contester les infractions une fois les procédures engagées, ce qui contribue à une situation de précarisation durable pour une partie de la jeunesse ciblée.

Inde : Une commandante maoïste se rend après 25 ans de clandestinité

Sakuntala Mahato, cadre maoïste recherchée depuis plusieurs années et visée par plusieurs procédures judiciaires dans différents États indiens, s’est rendue à la police de Kolkata après environ vingt-cinq ans de clandestinité. Selon les autorités, elle occupait un rôle de commandement au sein d’une unité de la guérilla maoïste active dans l’est de l’Inde et a remis une arme et des munitions lors de sa reddition.

Originaire du Bengale occidental, elle avait rejoint la guérilla au début des années 2000 alors qu’elle était encore adolescente. Cette reddition s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de contre-insurrection visant à affaiblir le Parti Communiste d’Inde (Maoïste) considéré comme une menace stratégique par les autorités.

USA : Déclaration de la prisonnière trans communiste Gia Abigaill Valentina

Gia Abigaill Valentina est une femme transgenre et une prisonnière politique communiste, détenue à la prison d’État du New Jersey, un établissement pour hommes, où elle est maintenue à l’isolement depuis plus de 11 ans. Elle se bat actuellement pour être transférée hors d’une prison pour hommes, pour obtenir une chirurgie d’affirmation de genre et pour une mesure de clémence.

Dans une déclaration récente, Gia a dénoncé le refus de l’administration pénitentiaire de reconnaître son identité de genre et de l’autoriser à intégrer une prison pour femmes. Elle décrit des conditions de détention particulièrement éprouvantes, marquées par un isolement quasi permanent, et présente cette décision comme un revers pour les personnes transgenres incarcérées aux États-Unis. Ses soutiens demandent au gouverneur du New Jersey d’intervenir avant la fin de son mandat, estimant que son cas illustre les discriminations auxquelles sont confrontées les femmes trans en détention.

Guerrier·es aux cheveux longs, camarades, sœurs et frères révolutionnaires,

C’est avec le plus grand honneur et la plus grande loyauté que je m’adresse à vous depuis les lignes de front de la lutte contre les gouvernements impérialistes, fascistes et coloniaux à travers le monde.

Le jeudi 11 juin 2026, j’ai reçu une notification du comité d’aménagement de la loi PREA du ministère de l’Administration pénitentiaire du New Jersey (NJDOC-PAC) m’informant que mon transfert vers l’établissement correctionnel pour femmes Edna Mahan avait été refusé. Selon le NJDOC-PAC, je dois être incarcérée conformément à mon sexe assigné à la naissance (homme). Je suis toujours maintenue à l’isolement dans une unité de logement de réhabilitation entièrement masculine, une unité destinée à héberger des délinquants sexuels violents. Je suis enfermée dans ce tombeau de béton 23 heures et demie par jour. J’en suis à ma douzième année d’un tel isolement.

On m’a demandé un jour quelle était la partie la plus difficile dans le fait d’être une guérillera communiste. Ma réponse était la même à l’époque qu’aujourd’hui : rester forte et continuer à lutter farouchement face à la répression et à l’oppression barbares de nos luttes et de notre peuple. Dans les moments de faiblesse, j’ai la chance de puiser ma force en chacun et chacune d’entre vous dans notre lutte commune contre un ennemi rusé, cruel et trompeur.

Je serai toujours franche avec vous tous : ce refus a été un coup dur pour toutes nos sœurs trans à travers ce pays, détenues dans les prisons de l’ennemi. Mais ce n’était que cela, un coup. Il n’y a pas de défaite dans cette lutte, seulement la victoire ou la mort. Nous savons que deux choses sont vraies : nous allons nous faire casser la figure, et nous allons gagner !

Nous sommes à une étape cruciale de notre lutte pour soutenir les sœurs trans derrière les plantations de barbelés. Ma promesse envers vous tous est de mener ce combat avec toute la bravoure et la constance des grands révolutionnaires qui ont combattu avant nous.

Restez à l’écoute de la fréquence du TFRLF pour de futures mises à jour. Continuez à être à la fois des étudiants et des leaders de la révolution du peuple.

Pas de compromis, pas de recul !

Gia.

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