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USA : Discours de Mumia Abu Jamal à l’occasion de Juneteenth

À l’occasion de Juneteenth, journée commémorative aux États-Unis qui marque le 19 juin 1865, date à laquelle les dernières personnes esclavisées au Texas ont été informées de leur liberté (soit plus de deux ans après la proclamation d’émancipation de 1863), le prisonnier politique Mumia Abu Jamal a pris la parole et dénoncé la situation politique actuelle.

Eh bien, dans ce moment, dans cette époque de dislocation complète, vous savez, les gens peuvent se rassembler et créer de nouveaux espaces pour les dislocations à venir. Et seuls les êtres humains peuvent le faire, car c’est uniquement dans l’intérêt humain de le faire. Et une fois qu’ils le font, de nouvelles choses voient le jour. Vous savez, je me souviens avoir lu des choses sur la Révolution française et, vous savez, ils avaient des grèves et ils avaient, vous savez, de très grands groupes de personnes qui se rassemblaient pour résister.

Et, vous savez, à bien des égards, la vieille France a été transformée. Et quand on pense même à quelque chose comme l’affrontement avec le groupe MOVE à Philadelphie dans les années 1980, pendant ces périodes de haute tension et de grand stress, les gens n’ont pas réalisé que la criminalité avait baissé. Vous voyez ce que je veux dire ? Alors, en partie, c’était parce qu’une partie de la ville était occupée par un nombre impressionnant de policiers, mais c’est aussi parce que les gens regardaient d’une manière et des choses qu’ils n’avaient jamais vues auparavant. N’est-ce pas ?

Et lorsque les gens détournent leur attention de l’individu pour la porter sur le collectif, ils voient des choses que leur esprit ne les avait jamais préparés à voir. Ils voient des gens travailler ensemble, se battre ensemble et lutter ensemble contre l’État. Lorsque cela se produit, la conscience change. Pour certains d’entre nous, elle va s’élargir et les gens vont ressentir, voir et commencer à goûter et à humer de nouvelles possibilités, de nouvelles façons de vivre les uns avec les autres, et de nouvelles formes de résistance face à l’empire, à la classe des milliardaires et à l’élite dirigeante. Ce sera transformateur. Ce sera transformateur.

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Seysses : Des refus de parloir liés aux protections hygiéniques détectées par un portique de sécurité

L’installation récente d’un portique de sécurité à ondes millimétriques à la prison de Seysses en Haute-Garonne suscite une vive controverse. Plusieurs visiteuses affirment s’être vu refuser l’accès au parloir après le déclenchement du dispositif, qui aurait détecté leurs protections hygiéniques. L’une d’elles dénonce une situation humiliante et affirme avoir été empêchée de voir son conjoint détenu malgré l’absence de tout objet prohibé.

Des avocates et le barreau de Toulouse ont dénoncé une atteinte au droit à la vie familiale et réclamé des explications à l’administration pénitentiaire. Le ministère de la Justice assure que le portique, déjà utilisé dans d’autres établissements et dans les aéroports, ne présente aucun dysfonctionnement et évoque plutôt une mauvaise application des procédures. Une note interne aurait depuis été diffusée afin de prévoir des solutions alternatives, notamment des parloirs sous hygiaphone lorsque le doute ne peut être levé.

Allemagne : Özgül Emre met fin à sa grève de la faim après avoir obtenu le droit de porter ses vêtements

La journaliste révolutionnaire Özgül Emre, emprisonnée en Allemagne depuis 2022, a mis fin à sa grève de la faim le 12 juin 2026 après 36 jours de mobilisation. Elle protestait contre l’obligation de porter l’uniforme pénitentiaire qui lui avait été imposée à la suite de son passage sous le régime des détenus condamnés. Transférée à sa demande vers la prison de Bielefeld-Brackwede, elle a été autorisée à récupérer et porter ses propres vêtements. Selon les informations communiquées par son avocate, Özgül Emre considère avoir atteint son objectif et qualifie cette issue de victoire. Elle a également indiqué que son état de santé ne suscitait pas d’inquiétude particulière.

Pays basque : Le prisonnier basque Oskar Barreras dénonce six semaines d’isolement disciplinaire

Le prisonnier politique basque Oskar Barreras, incarcéré depuis 29 ans, est placé à l’isolement depuis six semaines pour avoir revendiqué son droit à occuper seul sa cellule. Cette mesure contrevient à la réglementation pénitentiaire espagnole et est une atteinte à ses droits fondamentaux. Pour protester contre cette situation, Oskar Barreras a entamé une grève des communications et des promenades.

France : 14 militants antimilitaristes poursuivis après une action sur un site de Nicomatic

Quatorze militants de la coalition « Guerre à la guerre » seront jugés le 3 novembre à Thonon-les-Bains après une action menée dans la nuit du 12 au 13 juin sur le site de l’entreprise Nicomatic, à Bons-en-Chablais (Haute-Savoie). Les activistes ont voulu dénoncer la vente de composants militaires à des régimes autoritaires en distribuant des tracts, en collant des autocollants et en réalisant une mise en scène avec de la peinture à l’eau. L’intervention a donné lieu à un important déploiement des forces de l’ordre, avec notamment le recours au GIGN, à des drones et à des caméras thermiques. Ils dénoncent également des violences lors des interpellations et appellent à une mobilisation de soutien ainsi qu’à une collecte de fonds pour financer la défense des personnes poursuivies.

Belgique : 40 mois de prison, dont un an ferme, pour l’incendie de trois véhicules de police à Ixelles

Le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles a condamné, le 16 juin 2026, un militant prénommé T. à 40 mois de prison pour l’incendie volontaire de trois véhicules de police devant le commissariat d’Ixelles en novembre 2025. La peine est assortie d’un sursis de cinq ans pour la partie excédant la première année d’emprisonnement. Le prévenu contestait les faits et demandait son acquittement ou une peine réduite.

Pour retenir sa culpabilité, le tribunal s’est appuyé sur plusieurs éléments matériels : son interpellation à proximité des lieux peu après l’incendie, la découverte dans son sac de bouteilles contenant des produits inflammables munies d’un dispositif d’allumage, ainsi que des traces d’hydrocarbures relevées sur ses chaussures. Les juges ont toutefois précisé que la condamnation ne reposait pas sur ses convictions anarchistes ni sur les documents saisis à son domicile, tout en tenant compte de son absence d’antécédents judiciaires et de la détention préventive déjà effectuée.

Syrie : La journaliste allemande Eva Maria Michelmann libérée après plusieurs mois de détention

La journaliste allemande Eva Maria Michelmann, détenue en Syrie depuis son enlèvement par le gouvernement de transition syrien à Raqqa le 18 janvier avec son collègue kurde Ahmet Polad, a été libérée et est rentrée en Allemagne le 19 juin. Tous deux travaillaient pour l’agence de presse Etkin Haber Ajansi (ETHA) et la chaîne Özgür TV. Selon le ministère allemand des Affaires étrangères, elle a quitté la Syrie via un pays tiers avant de rejoindre l’Allemagne.

Longtemps sans nouvelles, sa famille a appris début avril qu’elle était détenue à l’isolement, d’abord à Alep puis à Damas, où elle a subi des tortures physiques et psychologiques. La mobilisation de son avocat, de sa famille et de plusieurs mouvements de solidarité a accru la pression sur les autorités syriennes. Damas justifiait son arrestation par un défaut présumé de documents d’identité, une version contestée par son avocat. Son collègue Ahmet Polad, enlevé à Raqqa avec Eva, est toujours détenu par l’Administration intérimaire syrienne. Selon des témoins, il a été incarcéré à la prison d’Alep, où il se trouverait encore.

Berlin : Manifestation contre l’extension de la vidéosurveillance et des outils d’IA pour la police

Le 13 juin 2026, plus de 1 000 personnes ont manifesté à Berlin contre un projet de renforcement des capacités de surveillance numérique de la police et des autorités migratoires. La mobilisation s’opposait à un ensemble de mesures discutées au Bundestag, incluant l’usage de la reconnaissance faciale et vocale, l’analyse automatisée de données publiques en ligne et le recours à des logiciels d’analyse comme ceux développés par Palantir Technologies.

Le projet prévoit également une extension des outils de surveillance utilisés par la police et l’Office fédéral des migrations et des réfugiés (Bundesamt für Migration und Flüchtlinge, BAMF), ainsi que l’installation de caméras à intelligence artificielle dans certains espaces urbains considérés comme sensibles, comme la Rigaer Straße ou le Görlitzer Park.

Maroc : Six mineurs condamnés à six mois de prison après les manifestations du mouvement GenZ 212

Le 18 juin 2026, un tribunal de Casablanca a condamné six mineurs à six mois de prison pour « entrave à la circulation » dans le cadre des manifestations du collectif de jeunes GenZ 212, qui s’étaient déroulées à l’automne 2025. Les faits reprochés concernent le blocage d’une autoroute urbaine à Casablanca lors de rassemblements liés aux revendications du mouvement, qui appelait à des réformes dans les secteurs de la santé et de l’éducation ainsi qu’à la lutte contre la corruption. Selon la défense, quatre des mineurs, placés en détention provisoire dans un centre spécialisé, ont pu être libérés après avoir purgé leur peine, tandis que la situation des deux autres restait incertaine quant à l’exécution effective de la condamnation.

Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de poursuites judiciaires liées à ces manifestations, qui ont également concerné des dizaines de jeunes majeurs condamnés à des peines de prison avec ou sans sursis. Au total, plus de 2 400 personnes ont été poursuivies dans le cadre de ces événements, selon le parquet, dans une période marquée par des mobilisations sociales très importantes.

Philippines : Etat des lieux des violations des droits civils et politiques de 2022 à 2026

Le programme de contre-insurrection mené par l’administration Marcos Jr. puis Duterte aux Philippines, entre le 1er juillet 2022 et le 31 mars 2026, se solde par une crise humanitaire majeure. Les forces de l’ordre et le gouvernement se rendent coupables de graves atteintes aux droits humains, totalisant 137 exécutions extrajudiciaires, 16 disparitions forcées et 873 arrestations illégales ou arbitraires. Parallèlement, les autorités imposent 579 fausses redditions de combattants de la guérilla maoïste.

La répression s’étend à des manœuvres militaires d’envergure qui ont pour vocation de terroriser et déraciner les populations civiles, comptabilisant 59 284 bombardements, 70 028 épisodes de tirs aveugles et 49 375 évacuations forcées. Parallèlement, où les cas de menaces, de harcèlements et d’intimidations atteignent le nombre de 10 837 122 victimes.

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