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Hongrie : Le procès en appel de l’antifa Maja s’ouvre, le parquet requiert 13 ans de prison

Le procès en appel de l’antifa non-binaire Maja, condamné·e en première instance à huit ans de prison pour sa participation présumée à des attaques contre des militants néonazis à Budapest en février 2023, a débuté le 18 septembre. Le parquet hongrois requiert désormais au moins 13 ans de prison, assortis de conditions de détention renforcées, estimant que Maja et Gabriele auraient accepté le risque de « tuer leurs victimes ». Pour Anna, également jugée dans le cadre de l’affaire de Budapest, il demande au moins trois ans.

La défense réclame l’acquittement des trois accusés et dénonce notamment des erreurs de procédure, des atteintes aux droits de la défense et l’absence, selon elle, d’une chaîne d’indices suffisante. Maja a également dénoncé ses conditions de détention et les conséquences psychologiques de son incarcération. Le verdict en appel est attendu le 30 septembre 2026. Une éventuelle remise en liberté ou un retour en Allemagne dépendrait de l’issue définitive de la procédure.

France : 800 personnes mobilisées à Nantes contre le projet de CRA

Environ 800 personnes ont manifesté le 19 septembre à Nantes contre le projet de Centre de rétention administrative (CRA), après l’interdiction de la préfecture de se rassembler à proximité du futur site. Le cortège s’est dirigé vers le chantier du Bois-Dormant, où des travaux de déforestation ont débuté. Les forces de l’ordre ont empêché l’accès au site et utilisé des grenades lacrymogènes.

La mobilisation a été précédée d’actions nocturnes, notamment des banderoles sur le périphérique et des actions visant les locaux d’Ouest Aménagement, entreprise associée au projet. Les opposants annoncent une nouvelle mobilisation les 10 et 11 octobre sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, avec notamment une manifestation à vélo depuis Nantes.

Grèce : L’anarchiste Nikos Maziotis répond aux déclarations de l’ambassadrice des Etats-Unis

Nikos Maziotis réagit aux propos de l’ambassadrice des États-Unis Kimberly Guilfoyle concernant sa libération, affirmant qu’il considère cette réaction comme la confirmation de son opposition au système politique et social qu’il dénonce. Maziotis revendique également l’attaque à la roquette contre l’ambassade états-unienne à Athènes en 2007, menée par le groupe anarchiste Lutte Anarchiste, comme une réponse à la politique des Etats-Unis.

À l’occasion des déclarations de l’ambassadrice des États-Unis, Kimberly Guilfoyle, concernant ma libération, je souhaite déclarer ceci : lorsque l’ennemi fait de telles déclarations, cela signifie que je suis sur le bon chemin ! Je commencerais à m’inquiéter s’il faisait des déclarations élogieuses à mon sujet !

En effet, je n’ai pas ma place dans une société et un système qui, sous le terme de « civilisation », entendent la soumission, l’oppression, l’esclavage, le racisme, l’inégalité, les guerres, le génocide des peuples, la destruction de la nature et de la terre. Des individus comme Kimberly Guilfoyle considèrent que c’est cela la « civilisation » et la « démocratie ».

D’un autre côté, c’est de l’hypocrisie de me qualifier de « terroriste » venant de la représentante des véritables archi-terroristes, des bourreaux des peuples, des impérialistes, de ceux qui bombardent et assassinent des civils en Iran, hier en Irak et en Afghanistan, de ceux qui arment Israël pour qu’il assassine des dizaines de milliers de civils palestiniens dans la bande de Gaza.

Ce sont les mêmes qui, autrefois, bombardaient le Viêt Nam et se trouvaient derrière chaque régime fasciste et dictatorial en Amérique latine, en Asie et en Afrique, ceux qui formaient les tortionnaires et soutenaient les escadrons de la mort. Ce sont les mêmes qui torturaient des prisonniers à Guantánamo et à Abou Ghraib après l’attaque du 11 septembre 2001 et la déclaration de la guerre contre le « terrorisme ».

La représentante de l’Empire ne manque pas d’audace de parler, alors que son État, via le FMI, a imposé au peuple grec un odieux régime de servage à travers les mémorandums qui ont anéanti des milliers de citoyens, tandis qu’elle-même tenait des propos abjects sur le peuple grec, prétendant que nous étions des paresseux.

L’ambassadrice des États-Unis devrait savoir que beaucoup dans ce pays n’oublient pas le rôle sale que son État a joué dans l’histoire de cette terre, notamment lors de la guerre civile de 1947-1949 et de la dictature de 1967-1974. Et elle devrait prendre en compte que de très nombreuses personnes ici, mais aussi à l’international, se sont réjouies et ont salué l’attaque de Lutte Révolutionnaire à la roquette antichar RPG contre l’ambassade des États-Unis en 2007. Avec cette attaque, nous avions répondu au président américain de l’époque, George W. Bush — qui, dans le cadre de sa « guerre contre le ‘‘terrorisme’’ », avait déclaré « quiconque n’est pas avec nous est contre nous » — que NOUS NE SOMMES PAS AVEC VOUS, NOUS SOMMES CONTRE VOUS ! Tout comme de très nombreuses personnes dans ce pays !

Nikos Maziotis

20 septembre 2026

Turquie : Détenus depuis le 3 février, sept socialistes ont été libérés et un est assigné à résidence

Arrêtés lors de l’opération visant le Parti socialiste des opprimés (ESP) et d’autres organisations le 3 février dernier, sept socialistes ont été libérés à l’issue de leurs audiences. À Istanbul, Hacer Elçin a été libérée sous assignation à résidence lors de sa deuxième audience devant la 14e Haute Cour pénale (ACM), tandis que Mehmet Acettin, déjà soumis à cette mesure, reste assigné à résidence. Devant la 13e ACM, Berkan Balcı et Ahmet Bilal Bay ont également été libérés.

À Istanbul, la journaliste de l’agence de presse ETHA Elif Bayburt et Fatma Çelik ont été libérées lors de leur première audience devant la 24e ACM. Ali Haydar Saygılı, jugé lors de la deuxième audience devant cette même cour, a également été libéré. À Izmir, Dilan Ergül a été libérée lors de sa première audience devant la 2e ACM. Leurs proches et soutiens indiquent avoir accueilli les camarades libérés à Kandıra, Bakırköy, Gebze et Silivri, et appellent à poursuivre la solidarité et la mobilisation jusqu’à la libération de tous les prisonniers politiques.

Pau : Deux militants CGT relaxés après des accusations de violences sur un policier

Deux militants de la CGT, un père et son fils, ont été relaxés mardi 15 septembre par le tribunal de Pau. Ils étaient poursuivis pour avoir prétendument bousculé des policiers lors du rassemblement « Bloquons Tout » du 10 septembre 2025 devant le Zénith de Pau. Les images d’une caméra-piéton ont finalement montré qu’Éric et Mickaël Forcellino ne commettaient aucune violence et ne poussaient pas les forces de l’ordre. Le parquet a reconnu son erreur et requis leur relaxe, immédiatement prononcée par le tribunal.

Nigeria : Les autorités tirent lors d’une manifestation après la mort de 37 mineurs en détention

Les forces de sécurité nigérianes ont ouvert le feu vendredi 18 septembre à Minna, lors d’une manifestation pour dénoncer la mort de 37 mineurs retrouvés dans des cellules du Corps nigérian de sécurité et de défense civile (NSCDC). Les victimes avaient été arrêtées lors de raids menés les 15 et 16 septembre contre des sites d’exploitation aurifère présumés illégaux. Des manifestants ont dénoncé les conditions de détention et certains ont tenté d’incendier des bâtiments administratifs. Une proche d’un détenu décédé affirme également que les autorités auraient réclamé 100 000 nairas pour obtenir la libération de certains prisonniers.

Le ministre nigérian de l’Intérieur a ordonné la suspension immédiate du commandant local du NSCDC, Suberu Siyaka Aniviye, dans l’attente d’une enquête. Les victimes ayant été inhumées rapidement selon le rite musulman, des interrogations subsistent sur la possibilité de procéder à des examens médico-légaux permettant d’établir les circonstances exactes de leur mort.

Suisse : Un militant condamné à 20 mois de prison avec sursis après une action contre Holcim

Le Tribunal de police de Genève a condamné Jérémy à 20 mois de prison avec un sursis de quatre ans pour sa participation à une action menée en janvier 2022 contre une gravière du cimentier Holcim. Le tribunal l’a reconnu coupable de violation de domicile, d’incendie intentionnel et de dommages à la propriété. L’accusation s’est notamment appuyée sur la présence de son ADN sur un bidon d’essence, les données de localisation de son téléphone lors de repérages et des éléments retrouvés dans son journal de prison.

Jérémy devra également s’acquitter d’environ 8 000 francs suisses de frais de justice. Le tribunal n’a toutefois pas retenu la circonstance de la mise en danger collective, estimant qu’il n’existait pas de risque de propagation de l’incendie sur le site isolé. Holcim, qui n’a pas suffisamment établi le montant de son préjudice, devra saisir la justice civile pour obtenir d’éventuels dommages et intérêts.

France : EDF réclame 805 000 euros à Greenpeace après une intrusion à Gravelines

EDF réclame 804 958 euros à Greenpeace France et à douze militants à la suite d’une intrusion dans la centrale nucléaire de Gravelines en octobre 2024. La multinationale demande notamment 289 958 euros pour préjudice matériel, 500 000 euros pour préjudice moral et 15 000 euros de frais d’avocat, estimant que l’action avait entraîné la mise à l’arrêt de la centrale pendant trois heures et retardé le redémarrage d’un réacteur. Le tribunal correctionnel de Dunkerque doit rendre sa décision en décembre. L’intrusion visait à alerter sur les risques de submersion marine et d’inondation pesant sur le site, où EDF prévoit la construction de deux réacteurs EPR2.

Australie : Le gouvernement prévoit la rétention des touristes dépassant la durée de leur visa

Le gouvernement australien a annoncé que les touristes dépassant la durée de validité de leur visa pourraient être placés en rétention administrative, dans le cadre du durcissement de sa politique migratoire. Le dispositif prévoit la création de 250 places supplémentaires de rétention et le recrutement de 100 agents pour contrôler et sanctionner les dépassements de visa. Environ 77 000 personnes se trouvent actuellement en Australie avec un visa expiré, tous statuts confondus. Le gouvernement travailliste entend parallèlement ramener le solde migratoire annuel à 225 000 personnes, contre 292 000 actuellement.

Turquie : Le prisonnier trans Umut Derin appelle à la résistance face à la répression des personnes LGBTQIA+

L’opération « Ma famille est en sécurité », visant les personnes LGBTQIA+, leurs associations et des défenseurs des droits humains, a débuté le 12 septembre. Au moins 116 personnes ont été interpellées et 82 placées en détention provisoire, dont 25 militants LGBTQIA+ ou membres d’associations LGBTQIA+. Le 15 septembre, la police a également interpellé 106 personnes, parmi lesquelles des journalistes et des avocats, venues faire une déclaration devant le tribunal de Çağlayan à Istanbul.

Dans le même temps, de nouvelles restrictions ont été imposées à de nombreux comptes X et Instagram, notamment ceux de journalistes, de médias, d’organisations socialistes et d’associations féministes. Dans un message rédigé en détention, le membre de Kaos GL et activiste trans Umut Derin appelle à ne pas perdre espoir et à poursuivre la lutte, affirmant que les personnes LGBTQIA+ ne disparaîtront pas malgré la répression. Parallèlement, une vague de solidarité internationale s’est déployée, avec l’organisation de rassemblements à Berlin, Londres ou encore Bruxelles.

« Pour celles et ceux qui s’inquiètent pour nous, nous allons bien. Si nous n’avons pas disparu après ce que les lubunyas [mot issu du lubunca, un argot historique de la communauté LGBTQ+ en Turquie utilisé pour désigner les personnes queer et trans] ont traversé dans les années 1980, nous ne disparaîtrons pas non plus aujourd’hui. Nous avons repris le flambeau, lubunya. Je pense que tout le monde a désormais compris que la force ne fait pas le droit. Nous le démontrerons une fois de plus. Ne perdez pas espoir. Je suis là, mon amour. »

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