À Paris, le 17 février 2026, une manifestation a eu lieu place de Châtelet pour dénoncer la répression des socialistes et militants de l’ESP (Parti Socialiste des Opprimés) et différentes organisations en Turquie. Organisée par Young Struggle, ACTIT, ZORA, le Sosyalist Kadınlar Birliği ou encore AVEG-KON, l’action a rassemblé plusieurs organisations européennes et turques. Les participants ont appelé à la solidarité internationale et à la libération de tous les socialistes récemment emprisonnés dans le cadre d’une vaste opération politique contre la gauche révolutionnaire (voir notre article).
À Vienne, le 3 février, une autre mobilisation a été organisée en soutien à l’ESP et à différentes organisations révolutionnaires, soulignant l’importance de la solidarité internationale face à la répression politique et la criminalisation des luttes socialistes et féministes en Turquie et au Kurdistan. Les manifestants ont réclamé la libération immédiate des prisonniers et ont insisté sur l’unité des mouvements progressistes face aux attaques d’État.
Face à la surincarcération carcérale, avec plus de 600 détenus dormant à même le sol (voir notre article), le ministre de la Défense Theo Francken n’exclut pas le recours temporaire à l’armée pour soutenir le personnel pénitentiaire. La directrice générale de l’administration pénitentiaire, Mathilde Steenbergen, avait alerté sur la situation critique. Francken promet de consulter la ministre de la Justice Annelies Verlinden, tout en soulignant que la Défense est déjà très sollicitée.
La militante marocaine Zineb El Kharroubi, membre du mouvement GenZ 212 et résidant en France, a été arrêtée à son arrivée à l’aéroport de Marrakech. Elle est poursuivie pour « incitation à commettre des délits via internet » et comparaitra en liberté le 23 février 2026 à Casablanca. La solidarité se poursuit pour exiger l’arrêt des poursuites, en particulier un rassemblement est organisé le 23 février 2026 à 19h30, place de la République à Paris, pour soutenir Zineb et tous les autres prisonniers politiques détenus au Maroc.
À Maipú, le 16 février 2026, les autorités municipales, assistées par les Carabineros, ont procédé au désengagement du campement Santa Marta, où vivent depuis 2022 375 personnes, dont 150 enfants, principalement des migrants vénézuéliens et colombiens. Quatre personnes ont été arrêtées lors des affrontements : deux Vénézuéliens en situation irrégulière et deux Chiliens pour désordres et agression sur les forces de l’ordre. La municipalité a mis en place un plan social proposant des logements transitoires.
À Paris, le 17 février 2026, Amandine G., policière, a été condamnée pour avoir filmé les violences commises par sa collègue Mathilde C. dans les sous-sols du tribunal judiciaire en juin 2022, mais a été dispensée de peine. Mathilde C., filmée en train de frapper un détenu, a vu les faits classés sans suite et a reçu un simple blâme pour d’autres violences. La collègue Sandra R., poursuivie pour recel, a été relaxée.
Le 18 février 2026, les autorités grecques ont rejeté la demande d’asile de Yannis Vasilis Yaylalı et ordonné son renvoi en Turquie, malgré la reconnaissance de persécutions et de tortures subies par le passé. Athènes estime qu’il pourrait retourner sans danger immédiat à Bafra, sa ville natale, en dépit de poursuites en cours contre lui, notamment d’un mandat d’arrêt.
En Turquie le 17 février dernier, des opérations de police menées à Balıkesir et à Istanbul dans le cadre d’enquêtes distinctes ont conduit à l’arrestation d’au moins 22 personnes lors de perquisitions à domicile. À Balıkesir, neuf personnes, dont Bêritan Yıldırım de la SGDF, Çise Yıldız et Yücel Kurşun du collectif écologiste Polen Ekoloji ainsi que des membres du DEM Parti, organisation de gauche pro-kurde, ont été placées en garde à vue. À Istanbul, au moins treize autres personnes, parmi lesquelles des membres du DEM Parti, ont également été arrêtées.
En Eswatini, Menzi Bongeka Bhembe, étudiant et militant de 26 ans, a été arrêté le 16 janvier 2024 et inculpé en vertu de la Suppression of Terrorism Act, une loi antiterroriste adoptée en 2008. Détenu depuis plus de deux ans, il est maintenu en détention arbitraire. Selon ses soutiens, ces poursuites s’inscriraient dans un contexte de répression du militantisme étudiant et de restriction de l’espace civique dans le pays.
Au Royaume-Uni, le gouvernement dirigé par Keir Starmer prévoit d’imposer un contrôle d’âge pour l’utilisation des VPN afin d’empêcher les mineurs de contourner les restrictions d’accès aux réseaux sociaux. Cette initiative prolonge l’Online Safety Act, adoptée en 2023, qui impose aux plateformes un devoir de vigilance renforcé : vérification d’âge pour les contenus pornographiques, réduction des contenus illégaux ou préjudiciables aux mineurs, et lourdes sanctions en cas de manquement. La mise en œuvre de cette loi est confiée à Ofcom, l’autorité indépendante de régulation des communications au Royaume-Uni. Ofcom supervise les télécommunications, l’audiovisuel, les services postaux et, depuis l’Online Safety Act, les grandes plateformes en ligne. Elle peut infliger des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise et, en dernier recours, demander le blocage d’un service non conforme. Le nouveau projet de loi sur le bien-être des enfants et l’école pourrait aller plus loin en fixant un âge minimum légal pour les réseaux sociaux, en limitant certaines fonctionnalités jugées « addictives » et en restreignant l’accès aux VPN pour les moins de 16 ans. Des fournisseurs de VPN comme Mullvad estiment qu’un contrôle d’âge reviendrait en pratique à une vérification d’identité généralisée, avec des risques pour la vie privée et la protection des journalistes, lanceurs d’alerte ou militants.
En France, les agents de sûreté de la SNCF et de la RATP pourront porter des pistolets à impulsions électriques, dits Tasers, à titre expérimental pendant trois ans, selon un décret publié au Journal officiel. Environ 10 % des agents, soit 300 à 400 policiers ferroviaires, seront concernés dans un premier temps. Le port de cette arme dite « non létale » sera soumis à une autorisation préfectorale individuelle, après formation obligatoire et continue. Une évaluation du dispositif sera réalisée à l’issue de l’expérimentation. Bien que qualifié d’arme intermédiaire, le Taser a déjà été associé à des cas de blessures graves et de décès, ce qui suscite des inquiétudes quant aux conséquences d’un tel dispositif. Une évaluation est prévue à l’issue de l’expérimentation.