Jorge Huenchullán Cayul, werkén (porte-parole) de la communauté autonome mapuche de Temucuicui, a été arrêté mardi 19 mai avec sa compagne lors de l’« Opération Tridente », menée par la police chilienne avec l’appui des carabiniers et de l’armée. En fuite depuis 2021, il faisait l’objet de mandats d’arrêt pour « narcotrafic », détention illégale d’armes et usurpation non violente. Figure influente de la région de La Araucanía, il s’était imposé comme un dirigeant avec une ligne dure dans les conflits territoriaux qui opposent mapuches et l’Etat chilien. Déjà impliqué dans l’Opération Huracán puis condamné en 2018 pour culture de cannabis, il vivait dans la clandestinité depuis le maintien de sa détention préventive en 2021.
Les députés ont adopté un article de la révision de la loi de programmation militaire 2024-2030 créant un nouveau régime d’exception appelé « état d’alerte de sécurité nationale ». Ce dispositif pourrait être déclenché par décret en Conseil des ministres en cas de « menace grave et actuelle » sur tout ou partie du territoire de France. Le texte prévoit son usage face à des menaces touchant les « activités essentielles à la vie de la Nation », les engagements militaires internationaux ou le déploiement des forces françaises et alliées. Il permettrait au gouvernement de déroger à certaines règles administratives, environnementales ou d’urbanisme afin d’accélérer des projets militaires, industriels ou logistiques liés à une situation de crise. Soutenue par le camp présidentiel et l’extrême droite, la mesure suscite de fortes critiques dénonçant un élargissement des pouvoirs de l’exécutif et des critères de déclenchement jugés trop vagues.
Le prisonnier du TKP/ML Ünal Yiğit a été sanctionné d’une interdiction de visite jusqu’en juillet après avoir participé à une action de protestation à la prison de haute sécurité d’Adana. Des prisonniers politiques ont protesté contre leur placement dans des cellules proches de détenus liés à Daesh, ainsi que leurs conditions de détention et des restrictions de communication. L’administration pénitentiaire a ouvert une enquête disciplinaire à la suite de cette mobilisation et a décidé de sanctionner certains participants, dont Ünal Yiğit, en leur imposant des restrictions de contact avec leurs proches.
Aux États-Unis, le mardi 19 mai, de nouvelles sanctions ont été imposées contre plusieurs militants et responsables engagés en faveur de la cause palestinienne, visant notamment des membres du réseau de soutien aux prisonniers Samidoun, Mohammed Khatib et Jaldia Abubakra, ainsi que Saif Abu Keshek, figure de la Global Sumud Flottilla, et Hisham Abu Mahfouz, représentant de la Conférence populaire des Palestiniens de l’étranger. Ces mesures s’inscrivent dans une série de décisions visant des acteurs liés aux mobilisations internationales de soutien à Gaza, notamment les flottilles humanitaires cherchant à briser le blocus.
Les sanctions annoncées gèlent les avoirs des militants aux États-Unis et interdisent généralement aux Américains de faire affaire avec eux. En raison de l’interconnexion du système financier international, les sanctions états-uniennes rendent souvent difficile l’accès aux prêts ou aux cartes de crédit. Les autorités états-uniennes les accusent de liens présumés avec des organisations palestiniennes classées comme groupes « terroristes ». Cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large de répression transnationale visant à affaiblir les réseaux de solidarité, notamment en Europe et en Amérique du Nord, en lien avec les interceptions répétées de flottilles en direction de Gaza et le durcissement des mesures contre les militants et les organisations de solidarité.
En Allemagne, une action a visé le bâtiment de la coopération informatique de la police à Hambourg, où des vitres ont été brisées à coups de marteau. Cette structure regroupe plusieurs polices régionales et participe au développement de logiciels et de systèmes de bases de données utilisés par les forces de l’ordre, notamment pour la surveillance, le contrôle et la gestion des opérations policières. Celle-ci a été revendiquée dans un texte qui présente cette action comme une attaque contre les dispositifs numériques de répression et de surveillance, dénonçe l’expansion des technologies policières et appelle à la solidarité avec les personnes emprisonnées ou en fuite.
Une campagne de soutien a été lancée pour financer la défense juridique de Mohamad Hamad, un activiste américano-libanais de 24 ans et ancien étudiant de Penn State, détenu depuis un an en détention fédérale. Il est poursuivi pour des accusations liées à des dégradations de biens et de « complot » en vue d’utiliser des « engins explosifs » non déclarés lors de la fête nationale du 4 juillet. Des charges qu’il conteste et qui pourraient lui valoir de longues peines de prison en cas de condamnation. Ses proches affirment qu’il a été placé en détention après plusieurs mois d’assignation à domicile et dénoncent une procédure qui s’inscrit dans la politique de criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine.
Militant connu comme membre des « Brize Norton 5 », Lewie a été ajouté au dossier judiciaire des « Filton », portant à 25 le nombre total de personnes poursuivies dans cette affaire liée à des actions de sabotage contre le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems. Déjà incarcéré pour son implication présumée dans le jet de peinture d’avions militaires sur la base aérienne de la Royal Air Force Brize Norton, l’activiste devra désormais répondre de deux actions distinctes devant la justice. Des soutiens à la Palestine ont appelé à un rassemblement devant le tribunal de Westminster à Londres lors de sa comparution le 21 mai prochain.
Mardi 19 mai, une importante mobilisation s’est tenue à Urrugne pour dénoncer l’arrestation d’Unai Villacorta, jeune enseignant et militant basque interpellé à Biriatou par la police française. Selon le procureur de Bayonne, sa garde à vue a été prolongée dans le cadre d’une enquête pour des faits pouvant relever de « l’apologie du terrorisme ». Des dizaines d’habitants, organisations antifascistes et défenseurs de la langue basque ont exprimé leur soutien au militant, dénonçant une nouvelle opération de répression visant la jeunesse politiquement engagée au Pays basque. Cette arrestation intervient quelques jours après une manifestation à Bayonne rassemblant plusieurs centaines de personnes contre l’augmentation des poursuites judiciaires dans la région.
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Les 430 militants, humanitaires et journalistes de la flottille contre le blocus de Gaza, interceptée lundi par la marine israélienne au large de Chypre, ont été transférés sur des navires israéliens et acheminés vers Israël, selon le ministère israélien des Affaires étrangères. Les organisateurs dénoncent une interception illégale et violente ainsi que des tirs israéliens contre au moins deux bateaux, sans faire de victimes.
À la prison de Suluca n°1 à Adana, le prisonnier politique gravement malade Fevzi Arslan aurait subi une crise cardiaque lors d’un parloir familial après une altercation avec des gardiens. Selon sa famille, les tensions ont éclaté lorsque des enfants ont été empêchés de saluer leurs proches détenus. Plus de 30 gardiens seraient ensuite intervenus dans la salle de visite tandis que l’état de Fevzi Arslan se dégradait. Évacué sur une civière vers l’hôpital, son état de santé reste inconnu.