À Budapest, la police hongroise a interdit l’ensemble des rassemblements antifascistes prévus le 14 février contre le « Tag der Ehre » (Jour de l’Honneur), marche annuelle de néonazis glorifiant les SS, la Wehrmacht et des collaborateurs hongrois, pourtant permise par les autorités. Sont également proscrites les initiatives commémoratives, dont une cérémonie au mémorial des Juifs assassinés sur les rives du Danube avec une survivante d’Auschwitz. Cette décision intervient dans un climat politique tendu, marqué par la condamnation en première instance de l’antifasciste non binaire Maja T. à huit ans de prison et par la qualification de « terrorisme » appliquée à l’« Antifa » par le gouvernement de Viktor Orbán.
À Berlin, le détenu Andreas Krebs, incarcéré à la JVA Tegel, a mis fin le 13 février à une grève de la faim entamée le 26 janvier, pour raisons de santé, après 18 jours sans s’alimenter (voir notre article). Placé à l’isolement à la suite d’une fouille de cellule au cours de laquelle des drogues auraient été découvertes, des accusations qu’il conteste. Durant cette lutte, il a dénoncé une dégradation de ses conditions de détention : visites derrière vitre, appels limités, suppression des sorties et des aménagements de peine, absence de télévision, d’études, de courrier et de journaux. Poursuivi comme « principal dealer de la prison », il aurait également refusé ses médicaments essentiels et fait l’objet de menaces d’alimentation forcée.
En Iran, la répression visant la population kurde se poursuit avec l’arrestation de 11 femmes engagées dans les mobilisations en Rojhilat (Kurdistan oriental). Parmi elles, Melîka Kawendî (38 ans), figure des manifestations « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté), et sa sœur Sara Kawendî (47 ans) ont été interpellées à leur domicile puis transférées à la prison de Kiçowî à Karaj. À Ilam, sept autres femmes ont été arrêtées et incarcérées, dont Ayda Aramsh, blessée lors de son arrestation. Une mineure de 16 ans, originaire de Kermanshah, reste portée disparue après son interpellation. Par ailleurs, l’écologiste Tahîre Suleymanî a été transférée à la prison de Kermanshah pour purger une peine de trois mois et dix jours pour « propagande contre l’État ».
À Zurich, plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire de Turquie ont organisé le 14 février une action pour exiger la fermeture des prisons turques dites de type « puits », dénoncés pour leurs conditions de détention particulièrement inhumaines. Lors de l’événement, les appels se sont multipliés pour soutenir les prisonniers politiques et amplifier la mobilisation internationale.
À Paris, près de la Place des Fêtes dans le 19e arrondissement, les soutiens du bar associatif et cantine solidaire Le Baranoux fait l’objet d’une campagne solidaire (voir ici) pour empêcher son expulsion décidée par le propriétaire, qui souhaite transformer les locaux en bureaux. Géré par des bénévoles depuis octobre 2024, le lieu propose conférences, événements engagés, bibliothèque partagée, gratuiterie etc. Plus largement, ses soutiens alertent sur la disparition des tiers-lieux populaires à Paris, fragilisés par des politiques de gentrification.
Le gouvernement suédois propose d’abaisser l’âge de la responsabilité pénale de 15 à 13 ans pour les crimes les plus graves (meurtre, viol aggravé, enlèvement, infractions liées aux armes). La réforme, soutenue par le ministre de la Justice Gunnar Strömmer, pourrait entrer en vigueur le 1er juillet 2026 pour une période de cinq ans, avec des peines réduites pour les 13-14 ans mais la possibilité d’un placement en détention, notamment dans la prison de Kumla. Le projet prévoit aussi un durcissement des peines pour les 15-20 ans.
Une manifestation est annoncée le 22 février à 16h, Place de la Providence, à Marseille, pour dénoncer les conditions d’enfermement et les projets d’extension de la Prison des Baumettes ainsi que la nouvelle structure de haute sécurité du Centre pénitentiaire d’Aix-Luynes. Les organisateurs entendent aussi protester contre les rafles, le harcèlement policier dans les quartiers populaires et l’isolement des détenus, tout en affirmant leur solidarité avec les prisonniers et leurs proches confrontés aux conséquences sociales et humaines de l’incarcération.
Le parquet de Bayonne a ouvert une enquête après l’incendie d’un mannequin représentant le leader d’extrême droite Jordan Bardella lors d’un carnaval traditionnel à Hasparren le 7 février. Les faits, filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, pourraient relever d’infractions telles que l’outrage à une personne investie d’un mandat public, la provocation à la violence ou la menace envers un élu. Cette action s’inscrit dans la tradition carnavalesque de Zan Pantzar, attestée depuis au moins le XVIᵉ siècle, où un mannequin symbolique est jugé puis brûlé pour marquer la fin d’un cycle annuel.
La Haute Cour de Londres a estimé illégale l’interdiction de l’organisation militante Palestine Action prononcée en 2025 en vertu du Terrorism Act 2000 (voir notre article). Contestée par sa cofondatrice Huda Ammori, cette mesure a été estimée contraire aux droits fondamentaux, malgré les arguments du gouvernement travailliste et de la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, qui a annoncé vouloir déposer un recours. Si cette décision constitue une victoire judiciaire pour les soutiens du mouvement, l’interdiction reste provisoirement en vigueur jusqu’au 20 février au moins dans l’attente d’un éventuel appel, tandis que des procédures judiciaires se poursuivent contre plus d’une vingtaine de militants emprisonnés pour leur participation à des actions ou manifestations visant notamment le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems au Royaume-Uni.
Après plusieurs mois de mobilisations à Minneapolis, la police anti-immigration ICE a annoncé la fin de l’opération « Metro Surge » dans le Minnesota. Tom Homan a présenté cette décision comme l’aboutissement de la stratégie sécuritaire de l’administration de Donald Trump, tandis que des militants locaux y voient surtout le résultat d’une résistance communautaire impliquant travailleurs, étudiants et habitants. Malgré cette annonce, des milliers d’arrestations ont été revendiquées et les organisations de défense des migrants appellent à poursuivre la mobilisation, soulignant que les politiques fédérales et les opérations de contrôle vont se poursuivre ailleurs dans le pays.