Ce 26 juillet, l’armée israélienne a intercepté tout comme le navire Madleen en juin (voir notre article), le bateau Handala de la « Flottille pour la liberté » qui se dirigeait vers Gaza chargé d’aide. Les images diffusées en direct laissaient voir les militants propalestiniens assis sur le pont du Handala les mains en l’air, et sifflant la chanson antifasciste italienne « Bella Ciao », pendant que les soldats prenaient le contrôle du navire. Le bateau avait quitté le 13 juillet le port italien de Syracuse, en Sicile, à son bord, 19 militants de nationalités diverses. Cet ancien chalutier norvégien transporte du matériel médical, des denrées alimentaires, des équipements pour enfants ainsi que des médicaments. L’expédition, financée par des campagnes de dons, visait à briser le blocus israélien imposé à la bande de Gaza, en proie à une crise humanitaire majeure. L’équipage du Handala avait indiqué sur X qu’il entamerait une grève de la faim si le bateau venait à être intercepté par l’armée israélienne et ses passagers détenus.
C’est hier vers 20H (heure locale) que le convoi de Georges Abdallah est arrivé dans sa ville natale de Kobayat, au nord du Liban. Après l’accueil officiel dans le salon d’honneur de l’aéroport et le bain de foule parmi les centaines de sympathisants venus l’accueillir (voir notre précédent article), le convoi de Georges s’est rendu dans la banlieue sud de Beyrouth (la partie la plus populaire de la ville) où il a fait un discours appelant à lutter pour la Palestine.

Le convoi s’est mis ensuite en route vers le Nord, traversant en plusieurs endroits des rassemblements organisés pour saluer la libération de Georges. Un grand rassemblement était organisé à son arrivée, à Kobayat. Ce matin, c’est un incessant défilé de délégations et de personnalités venant saluer Georges (photo).
L’acte d’accusation est tombé pour les antifas dits « de Budapest » Paula, Emmi, Clara, Luca, Nele et Moritz. Premier point : ce ne sont pas les tribunaux de Dresde ou de Iéna qui sont compétents, mais la Cour d’appel provinciale de Düsseldorf. Pour rappel : la plupart des six accusé·es viennent de Leipzig et de Iéna, elles/ils ont ici des ami·es, de la famille. Le choix de Düsseldorf est politique, il complique les visites et le soutien. Le choix d’une Cour d’appel provinciale signifie que l’infraction relève d’un fort intérêt public, qu’on traitera ici d’une idéologie hostile à l’État.
Le nouvel acte d’accusation poursuit une prétendue « organisation criminelle », avec l’habituel recourt à l’article 129 du code pénal, sur les organisations criminelles qui est utilisé dans toute son étendue, comme le montre l’importance et les moyens de la surveillance qui a eu lieu pendant des années. Comme c’est déjà le cas avec l’accusation portée contre Hanna (une antifasciste de Nuremberg accusée d’avoir pris part aux attaques contre des nazis, à Budapest, et dont le procès est en cours à Munich), ainsi qu’au procès « Antifa Ost », de nombreux faits reprochés sont qualifiés comme des tentatives d’homicide. Or, même le juge d’instruction de la Cour fédérale de justice n’a pas émis de mandats d’arrêt pour tentative d’homicide, faute de soupçons sérieux à ce sujet, et dans la procédure qui est ouverte à Budapest, un tel fait ne rentre même pas parmi les charges. L’accusation de tentative de meurtre est une escalade aux motivations politiques qui sert – comme l’accusation d’organisation criminelle – à dissuader la pratique antifasciste et à légitimer sa répression.
4 heures du matin le samedi 19 juillet à Azpeitia, un jeune graffeur a été identifié, mis à l’amande et emmené par les agents locaux au poste de police alors qu’il faisait un graffiti sur du mobilier urbain contre les forces de l’ordre. Une douzaine de camarades sont sortis du gaztetxe (local pour jeunes autogéré) se sont rendus au commissariat pour soutenir le jeune interpellé. Deux agents locaux sont intervenus, lorsqu’ils ont ouvert la porte, les jeunes ont tenté de pénétrer dans le commissariat pour libérer leur camarade. Les agents, surpassés ont tenté de les contenir physiquement. Les policiers ont demandé des renforts à l’Ertzaintza (police autonome Basque) qui a envoyé plusieurs équipes avec du matériel anti-émeute. À la suite d’un appel sur les réseaux sociaux, environ deux cents jeunes se sont également rendus sur place pour soutenir les assaillants, mais ils ont dû rester à distance du poste de police maintenu par un cordon d’agents de l’Ertzainas munis de boucliers. Deux agents ont été blessés, aucune arrestation.
photo d’illustration : répression d’une manifestation par l’Ertzaintza à Bilbao .
Hier jeudi, la police de Miyapur a arrêté Narla Sri Vidya, une dirigeante maoïste active dans la clandestinité depuis 2006. Elle est membre du Comité spécial de zone de Dandakaranya (DKSZC) et du Comité du PCI(M) pour l’Etat du Talangana. Sa tête était mise à prix par les autorités de l’Etat. Sri Vidya, qui avait pour nom de guerre Karuna, Rupa ou Rupi, a été arrêtée à Hafeezpet. Originaire de Tirumalapuram, dans le district de Nagarkurnool, Sri Vidya a obtenu son BTech à la JNTU d’Hyderabad. Elle a rejoint le Groupe de guerre du peuple (GGP) en 1992 avec son frère et a collaboré avec Chaitanya Mahila Samakhya, une organisation de masse. Elle est entrée dans la clandestinité en 2006. Elle est accusée d’avoir rallié à l’insurrection maoïste la jeunesse tribale des districts de Visakhapatnam, Malkangiri et Koraput.
La Ville de Gand utilise des technologies de surveillance de trois entreprises israéliennes, malgré sa propre politique de boycott à l’encontre des fournisseurs impliqués dans l’occupation des territoires palestiniens Les technologies de Cellebrite, BriefCam et Radwin sont ainsi utilisées par la police gantoise, le service de l’environnement et le service mobilité. Bien que le boycott soit entré en vigueur le 28 mars 2024, le conseil communal a, le même jour, approuvé le renouvellement d’une licence avec Cellebrite. Les contrats avec BriefCam et Radwin ont également été reconduits en janvier 2025.
L’utilisation de Cellebrite s’effectue dans le cadre d’un contrat avec la zone de police d’Anvers et les contrats avec BriefCam et Radwin s’inscrivent dans un accord-cadre avec une entreprise belge. Gand aurait déjà dépensé plus de 1,18 million d’euros pour les trois entreprises depuis le début des contrats. Il a été révélé précédemment que la ville d’Anvers avait également acheté des technologies auprès de fournisseurs israéliens. Depuis 2021, plus de 2 millions d’euros ont été investis dans des équipements de surveillance similaires.
Le parquet de Hambourg a inculpé deux militants kurdes d’appartenance présumée au PKK. Les chefs d’accusation retenus contre ces deux personnes âgées de 63 et 64 ans sont « activités organisationnelles, financières et de propagande ». Le parquet de Hambourg a porté plainte contre deux Kurdes devant le tribunal régional supérieur hanséatique (OLG). Les deux militants sont accusés d’appartenance à une organisation « terroriste » à l’étranger, en vertu des articles 129a et 129b – désignant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) –, comme l’a annoncé mardi le parquet.
Selon les informations de l’Office central pour la protection de la Constitution, les deux Kurdes, âgés de 63 et 64 ans, auraient soutenu les activités du PKK dans le Schleswig-Holstein et le Mecklembourg-Poméranie occidentale de 2020 au 12 mars 2025. L’accent était mis sur des « questions organisationnelles, financières et de propagande », en particulier la participation à des campagnes de collecte de fonds, selon le communiqué.
La police israélienne a réprimé hier jeudi, sur la place des Prisonniers à Haïfa, une manifestation contre la famine dans la bande de Gaza. La police israélienne a agressé les manifestants, en a arrêté 24 et a déployé des forces renforcées autour du lieu de la manifestation. Les participants à la manifestation, intitulée « Gaza meurt de faim », ont dénoncé la guerre d’extermination à Gaza et la politique de famine, le bilan des victimes de la famine s’élevant à 114 morts. Les manifestants, à Haïfa mais aussi dans plusieurs autres villes, ont brandi des banderoles exigeant la fin de l’agression, l’entrée de l’aide humanitaire et la fin de la politique de meurtres et de massacres.
La répression continue contre le Comité d’Action Awaami du Gilgit-Baltistan, une organisation de défense des travailleurs du Gilgit-Baltistan, qui s’oppose au pillage des ressources de la région. La semaine dernière, un jeune dirigeant de l’AAC-GB, Sarfraz Nagri, a été interpellé à son domicile après qu’il ait organisé une manifestation à Nagar, à laquelle avaient surtout participé des femmes, pour demander la libération des dirigeants de l’AAC-GB arrêtés en mai (voir notre articles). L’arrestation de Nagri a provoqué une puissante mobilisation spontanée, qui a duré plus de 30 heures, a paralysé la principale voie routière de Nagar et a contraint les autorités à le relâcher. Des libérations sous caution ont ensuite été accordées à Aslam Inqalabi, Waheed Hasan, Asghar Shah, Nafees Advocate, Azmat Ali, Ishtiaq Hussain et Haji Naib Khan.
Restent huit militants emprisonnés depuis deux mois. Il s’agit d’Ehsan Ali, Masood ur Rehman, Mehbob Wali, Mumtaz Nagari, Taaruf Abbas, Irfan Azad, Manzar Maya et Shair Nadir Shahi. Ils sont poursuivis sous l’accusation de « terrorisme ». La demande de liberté sous caution du président de l’AAC-GB et dirigeant du Parti Communiste Inqalabi, Ehsan Ali, qui souffre de grave problèmes de santé, a été rejetée sous le prétexte qu’il « proférait des discours haineux » et qu’il « tentait d’inciter les innocents […] à la rébellion. » Le 30 juillet, des rassemblements auront lieu devant les ambassades et les consulats du Pakistan, partout dans le monde, pour la libération des prisonniers de l’AAC-GB.
Ce jeudi 24 juillet 2025, la commission de l’Intérieur s’est réunie pour discuter de l’accord conclu entre les partis de la coalition Arizona lors du KERN (conseil des ministres restreint) du 21 juillet. Le Premier ministre, Bart De Wever, est notamment revenu sur le projet de loi porté par Bernard Quintin visant la dissolution d’organisations radicales (voir notre article).
Voici ce qu’il a déclaré : « Des organisations telles que Samidoun glorifient les groupes terroristes et leurs atrocités, tout en prenant soin de ne jamais se rendre coupables d’une incitation explicite à la violence. Elles exploitent nos libertés fondamentales pour diffuser des comportements inacceptables, sans nécessairement commettre d’infractions pénales. Nous voulons mettre un terme aux activités de ces organisations, quelle que soit leur forme juridique. […] Il s’agit d’empêcher la diffusion de leurs idées extrémistes. Le projet de loi ne sanctionne ni les opinions ni les idées, aussi controversées soient-elles, mais uniquement les comportements concrets portant atteinte à la sécurité nationale et à l’ordre démocratique et constitutionnel. »
Lors de cette intervention, d’autres éléments du projet de loi ont été précisés. La mesure de dissolution prendra la forme d’un arrêté de dissolution administrative, susceptible de recours devant le Conseil d’État, seule juridiction compétente en matière de contentieux des actes administratifs en Belgique. Le texte prévoit explicitement que les partis politiques et les cultes reconnus par l’État ne pourront faire l’objet d’une telle dissolution. Ce projet de loi va plus loin que les propositions antérieures, notamment celle portée par Denis Ducarme, qui avait dû restreindre sa portée en excluant les associations de fait et les partis politiques du champ d’application, à la suite d’un avis du Conseil d’État. Celui-ci avait en effet estimé que la version initiale constituait une atteinte disproportionnée aux libertés fondamentales.