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France : La loi RIPOST adoptée, les sanctions contre les free parties renforcées

Le Parlement a adopté définitivement la loi RIPOST, portée par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Le texte renforce les sanctions contre les free parties en créant des délits d’organisation et de participation (jusqu’à six mois de prison et 7 500 € d’amende), instaure une amende forfaitaire de 800 € pour certains rodéos urbains, interdit la vente de protoxyde d’azote aux particuliers, durcit les sanctions liées aux mortiers d’artifice et facilite la fermeture administrative des commerces qui en vendent illégalement.

La loi maintient également l’inscription des amendes forfaitaires délictuelles (sanctions payées sans procès) au bulletin n°2 du casier judiciaire, un document consulté notamment par certains employeurs et administrations, porte à 500 € l’amende forfaitaire pour usage de stupéfiants et supprime l’obligation de conserver les enregistrements de vidéosurveillance dans les locaux de garde à vue. Ce dispositif est un nouveau durcissement de l’arsenal sécuritaire français.

Mexique : Mobilisation pour la libération de deux militants autochtones au Chiapas

Au Chiapas, des organisations et collectifs solidaires demandent la libération immédiate de Jesús Plácido Galindo, membre du CIPOG-EZ, et de Francisco Moreno Hernández, militant du Congrès National Indigène (CNI) de Jotolá. Leur arrestation s’inscrit dans un contexte de répression accrue contre les communautés autochtones qui défendent leurs territoires face aux projets d’aménagement et d’exploitation imposés par les autorités et les entreprises.

Les mobilisations dénoncent également les agressions visant le CNI dans plusieurs communautés du Chiapas, avec des expulsions, des pressions liées à des projets routiers et des poursuites contre des défenseur·ses de la terre. Elles réaffirment leur soutien aux luttes autochtones contre les projets extractivistes, notamment la fracturation hydraulique au Veracruz et les mégaprojets contestés en Basse-Californie, présentés comme des menaces pour les territoires et les modes de vie locaux.

Grèce : Campagne de solidarité avec les anarchistes Nikos Maziotis et Pola Roupa

Une initiative de solidarité a été lancée en soutien aux anarchistes Nikos Maziotis et Pola Roupa, anciens membres de l’organisation de lutte armée anarchiste Lutte Révolutionnaire, condamnés à plusieurs dizaines d’années de prison en vertu de la législation antiterroriste grecque. Les deux militants avaient revendiqué leur responsabilité politique dans l’organisation après leur arrestation.

Seize ans après, Nikos Maziotis est toujours détenu alors qu’il remplit les conditions légales pour une libération conditionnelle depuis plusieurs années. Son maintien en détention motivé par son refus de renier ses convictions politiques. Pola Roupa reste quant à elle soumise à des mesures restrictives jusqu’en 2030 et à une dette de 45 000 euros liée aux frais judiciaires et amendes, une forme de pression économique et politique. La campagne vise à apporter un soutien matériel et politique aux deux militants. Pour apporter une contribution financière, veuillez contacter synallil-roupamaziotisotis@spivnet.net ou borrokan@canaglie.org

Europe : Mobilisations à Berlin et Brighton pour la libération du journaliste kurde Ahmet Polad

Des rassemblements ont été organisés à Berlin et à Brighton en soutien au journaliste Ahmet Polad, présentateur d’Özgür TV. À Berlin, la campagne « Liberté pour Ahmet Polad » a appelé à sa libération et demandé des informations sur son lieu de détention et son état de santé. Il a été enlevé et est détenu depuis le 18 janvier par le gouvernement syrien, sans qu’aucune information officielle claire ne soit disponible. Les manifestants ont dénoncé les atteintes à la liberté de la presse, les violations des droits humains et les pratiques de torture des autorités syriennes de transition, appelant notamment les autorités allemandes à intervenir. À Brighton, une action a également été menée devant les locaux de la BBC pour réclamer la liberté d’Ahmet Polad et la protection des journalistes dans le monde entier.

Turquie : Le dirigeant emprisonné de l’ESP appelle à la solidarité internationale

Le coprésident du Parti socialiste des opprimé·es (ESP), Murat Çepni, détenu en Turquie, a adressé une lettre de réponse à Gabi Fechtner, dirigeante du Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD), dans le cadre d’une campagne de solidarité avec les prisonniers. Il y dénonce les conditions de détention, la limitation des communications avec l’extérieur, les restrictions d’accès à la presse d’opposition et les mesures d’isolement qu’il présente comme des moyens de briser la résistance politique des détenus.

Chère Présidente Gabi Fechtner,

Je vous salue avec les vers de notre poète socialiste Ahmet Telli, que nous avons perdu ces derniers jours : « L’aube s’arrache et vient, il est clair qu’elle est proche ; il est clair qu’elle est proche, l’heure qui secouera la nature et la vie… »

J’ai bien reçu votre lettre, mais l’interview dont vous parliez ne m’est pas parvenue en raison des conditions carcérales. Je vous remercie infiniment pour votre solidarité. L’heure qui secouera la nature et la vie viendra incontestablement grâce à la lutte obstinée d’innombrables rivières coulant vers la même mer. Sachant que le moment le plus sombre de la nuit est aussi le plus proche de la lumière, nous poursuivons notre marche obstinée. Grâce à une solidarité qui dépasse les frontières, nous ne nous sentons pas seuls, nous nous renforçons.

En tant que Parti Socialiste des Opprimés (ESP), en tant que travailleurs, femmes et jeunes membres du parti, nous connaissons la raison de ces attaques par gardes à vue et arrestations. Et nous savons aussi que ces attaques ne sont pas indépendantes des politiques d’exploitation et de pillage à travers le monde. Notre lutte pour la liberté ne peut être arrêtée, même si nous sommes emprisonnés. Dans des conditions où les contradictions de classes s’aiguisent, où le déni national se poursuit, où la femme mène sa lutte pour l’existence et où la nature est désertifiée par le capital, la lutte est inévitable.

Aujourd’hui, le socialisme est plus actuel que jamais, il est la seule véritable alternative. Nous pensons que nous sommes désormais confrontés au devoir de comprendre cette réalité de manière bien plus profonde et de lui donner impérativement une force matérielle. Moins d’éloges envers nous-mêmes et envers ce qui existe, plus de préparation pour les projets d’avenir.

Comme vous le savez, les atlantistes de l’OTAN, ennemis jurés du socialisme et représentants des corporations, se sont réunis en Turquie. Afin qu’aucune voix de contestation ne s’élève et que les décisions de guerre puissent être prises dans le calme, des centaines de personnes ont été placées en garde à vue et arrêtées. De nouvelles décisions de guerre et d’occupation ont été prises à travers l’opposabilité à la Russie, à l’Iran et à la Chine. La véritable raison réside dans le fait que le système impérialiste-capitaliste cherche un remède à sa propre crise en s’armant, en déclenchant de nouvelles guerres et en pillant la nature. Un jardin de roses sans épines pour le capital ; la faim, la pauvreté et la mort pour les travailleurs et les peuples opprimés… Ni le génocide en Palestine, ni les dizaines de milliers de personnes massacrées en Iran et au Liban n’étaient à l’ordre du jour de la réunion. L’hypocrisie bourgeoise n’a pu être dissimulée malgré tout le faste et les artifices. Quant au gouvernement turc, il s’est employé à vendre les décisions prises et les promesses faites pour redresser le réseau criminel le plus dangereux du monde — ce qui signifie une dépendance et une obéissance absolues à l’impérialisme — sous le vernis de la rhétorique du « État fort, leader fort, armée forte ».

La principale attente vis-à-vis de vous, chers camarades, et des forces démocratiques et socialistes des pays centraux membres de l’OTAN, est avant tout d’élever la lutte commune contre ces machines de guerre. Le succès ne pourra être atteint que lorsque cette lutte et celle des pays opprimés pourront être orientées vers un objectif commun. Sinon, la libération sociale de l’humanité cédera la place au simple solidarisme qui, bien que précieux, est voué à rester inefficace. Lier la lutte quotidienne pour la démocratie à l’objectif du pouvoir révolutionnaire de la classe ouvrière est le critère fondamental de l’engagement socialiste. Nous savons que vous et votre parti agissez dans cette perspective, et nous vous souhaitons plein succès.

Le système impérialiste-capitaliste redessine ses forces, ses relations, ses zones coloniales et ses alliances. Et désormais, pour ce faire, il n’a même plus besoin des mensonges de démocratie et de liberté. Il avance directement en s’appuyant sur la force armée, les menaces, le chantage et des appareils collaborateurs. Cette situation constitue pour nous un appel urgent. Un appel à bâtir l’unité et des unions internationalistes aux niveaux local, régional et mondial. C’est le besoin concret de construire un point de ralliement et un espoir.

J’adresse mes salutations et mon affection les plus chaleureuses aux ouvriers allemands, à la jeunesse et à tous les travailleurs de votre parti. Dans votre pays, où le fascisme a subi sa plus lourde défaite, la lutte antifasciste tout comme la lutte pour le socialisme triompheront à coup sûr grâce à vos efforts. En tant que socialistes de l’ESP, nous en avons la certitude absolue.

Dans nos conditions carcérales, nous préservons notre foi et notre détermination révolutionnaires, notre espoir et notre joie. Les prisons ont depuis toujours été des lieux d’oppression et de torture, mais pour les révolutionnaires, elles continuent d’être des lieux de résistance et d’organisation collective de la vie malgré tout. La plus grande promesse des régimes fascistes a toujours été de construire de nouvelles prisons. Ici, les plus connues sont celles dites « de type puits ». Les révolutionnaires maintenus à l’isolement individuel répondent à cette attaque par des grèves de la faim et diverses formes de résistance. Tout récemment, un révolutionnaire nommé Gökhan Türkoğlu a perdu la vie à la suite de la grève de la faim qu’il menait.

Dans des conditions où nos communications avec nos camarades et avec l’extérieur sont restreintes — au point que je n’ai même pas pu lire votre interview pour cette raison —, où l’accès à la presse oppositionnelle, libre et socialiste est totalement bloqué, et où les pratiques arbitraires visant à briser les volontés ainsi que les enquêtes disciplinaires sont devenues la norme, nous continuons de résister sous isolement.

Aucune puissance ne peut maintenir son emprise par la seule violence. Quant à la liberté, une fois qu’on en prend conscience, elle ne peut plus être détruite. Avec la certitude que nous vaincrons tous ensemble, je vous envoie mon affection et vous souhaite tous les succès.

France : Le projet de loi « cohésion républicaine », une nouvelle attaque contre la liberté d’expression

Présenté par Aurore Bergé le 9 juillet 2026, le projet de loi « de cohésion républicaine par la lutte contre le racisme et l’antisémitisme » reprend plusieurs éléments de la proposition de loi Yadan abandonnée après une forte mobilisation. Sous couvert de lutte contre les discriminations, le texte élargit les outils répressifs de l’État : il étend les circonstances aggravantes liées à un mobile considéré comme raciste, antisémite, sexiste ou discriminatoire à des infractions qui n’étaient jusqu’ici pas concernées, notamment certains délits non punis d’une peine d’emprisonnement et certaines contraventions. Concrètement, des faits déjà sanctionnés par la loi pourraient entraîner des conséquences pénales plus lourdes lorsqu’ils sont considérés comme motivés par la haine ou la discrimination, par exemple certaines dégradations de biens sans dommage important ou des menaces de violence. Cette extension renforce avant tout les capacités de répression de l’État sans agir sur les causes structurelles des discriminations, alors même que certaines d’entre elles font l’objet de vifs débats comme l’assimilation de l’antisionisme à de l’antisémitisme par le gouvernement. Ainsi, la dégradation de biens en lien avec le boycott d’Israël pourrait à terme être plus durement réprimé. Il permet également à l’administration de déposer plainte à la place d’agents publics victimes d’infractions et élargit les possibilités d’inéligibilité pour certaines condamnations, notamment liées à la contestation de crimes contre l’humanité.

Le projet maintient aussi des dispositions controversées de la loi Yadan, notamment la pénalisation de la « minoration » ou de la « banalisation outrancière » des crimes contre l’humanité. Cette mesure permettrait de poursuivre des personnes contestant, relativisant ou mettant en perspective certains crimes reconnus juridiquement, et pourrait être utilisée pour limiter des débats historiques et politiques autour des crimes de masse contemporains. Ses opposants craignent notamment qu’elle serve à empêcher d’établir des comparaisons ou des parallèles entre différents génocides et à réprimer les qualifications politiques portées sur le génocide à Gaza. Il renforce par ailleurs le contrôle des contenus en ligne en donnant à l’Office anti-cybercriminalité la possibilité d’exiger en 24 heures le retrait de contenus jugés « manifestement illicites » et susceptibles de provoquer un « trouble grave à l’ordre public ». Ces notions extensibles font craindre un pouvoir de censure accru contre des médias indépendants, des militants et des opposants politiques.

Présentée par le gouvernement comme une loi destinée à lutter contre le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et les autres formes de discriminations, la réforme est en réalité un nouveau renforcement de l’arsenal répressif de l’État. Notamment à travers l’élargissement des pouvoirs administratifs sur les contenus en ligne, la remise en cause de certaines garanties du droit de la presse et le risque de voir ces nouveaux outils utilisés contre des mobilisations politiques et sociales. Dans le contexte de la répression de prises de position en soutien à la Palestine, le projet de loi pourrait contribuer à criminaliser certaines expressions militantes et critiques du gouvernement ou de la politique étrangère française. Le projet doit être examiné par le Parlement à la rentrée, avec un objectif d’adoption avant la fin de l’année.

France : Une personne arrêtée et poursuivie pour des faits liés à la manifestation du 1er mai 2022 à Paris

Une personne a été interpellée le 16 juillet 2026 sur son lieu de travail, puis placée en garde à vue dans le cadre d’une enquête portant sur des faits survenus lors de la manifestation du 1er mai 2022 à Paris. À l’issue de 24 heures de garde à vue, elle a été convoquée devant le tribunal correctionnel de Paris le 22 octobre 2027 pour des accusations de dégradations de vitrines, ainsi que pour refus de prélèvement ADN et de signalétique.

Pays basque : 16 personnes relaxées pour un accueil à un ancien prisonnier de l’ETA

L’Audience nationale espagnole a relaxé les 16 personnes poursuivies pour « apologie du terrorisme » après avoir organisé, en 2022 à Berango au Pays basque, un accueil à l’ancien prisonnier de l’ETA. Le tribunal a estimé qu’aucune preuve ne permettait d’établir une responsabilité individuelle des prévenus dans l’organisation ou le déroulement des faits reprochés. Les juges rappellent que la critique de la politique pénitentiaire, les appels au rapprochement des prisonniers basques ou les accueils organisés après l’exécution d’une peine ne constituent pas, en eux-mêmes, une infraction pénale. Le parquet avait requis des peines allant de deux ans à deux ans et neuf mois de prison.

France : Une cagnotte pour soutenir les personnes enfermées au CRA de Toulouse

Le collectif Toulouse Anti CRA (TAC) met en place une cagnotte afin de financer des achats de première nécessité pour les personnes retenues au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu, près de Toulouse. Les fonds permettent notamment de fournir de la nourriture, des produits d’hygiène, des vêtements, des cigarettes, ainsi qu’une aide pour les transports ou l’hébergement à la sortie du CRA. Le TAC apporte un soutien aux personnes enfermées, relaie leurs témoignages et organise des actions de solidarité contre l’impérialisme, l’enfermement et le racisme d’Etat. Les informations sur ses activités sont disponibles sur son blog.

Maroc : Détérioration des conditions de détention des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines

La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines (LPPS) a publié son rapport annuel 2025, intitulé « Sans traitement… Sans visites… Sans justice », dans lequel elle accuse les autorités marocaines de violations systématiques des droits des détenus politiques sahraouis. Le document fait état d’arrestations à caractère politique, de procès inéquitables, de transferts punitifs loin des familles, ainsi que de conditions de détention dégradées.

Le rapport met particulièrement en avant la question de la prise en charge médicale, décrite comme l’une des violations les plus graves. Il cite plusieurs cas de détenus auxquels des soins ou des transferts vers l’hôpital ont été refusés malgré des problèmes de santé importants, ainsi que des situations d’exposition à des conditions dangereuses en détention. Il dénonce également des restrictions sur les visites familiales et les communications, notamment l’interdiction faite depuis plusieurs années à Claude Mangin, épouse du prisonnier sahraoui Naâma Asfari, de lui rendre visite.

Par ailleurs, des détenus sahraouis ont aussi subi des mauvais traitements, des fouilles humiliantes, des menaces, la destruction d’effets personnels et des violences psychologiques et physiques. Le rapport recense 26 grèves de la faim individuelles ou collectives en 2025, engagées pour réclamer des droits fondamentaux, et affirme que ces mobilisations se terminent souvent par des promesses non tenues de l’administration pénitentiaire.

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