À Bruxelles, la Legal Team Collective et Commune Colère proposent une formation intitulée « Que faire face à la police ? » en préparation d’un mois de mobilisations. L’objectif est d’informer les participants sur leurs droits lors de contrôles ou d’interventions policières et de partager les réflexes à adopter dans un contexte décrit par les organisateurs comme marqué par une montée de la répression. La rencontre se veut également un espace d’échange pour répondre aux questions et renforcer les outils juridiques des militants.
Au Chiapas, 30 indigènes tseltales, membres du Congrès national indigène (CNI), ont été victime de déplacements forcés survenus le 12 février 2026 dans la municipalité de Chilón. Huit familles paysannes ont été expulsées dans un contexte de violence extrême impliquant environ cent personnes, avec la participation de la police municipale, de la Garde étatique et de représentants d’institutions publiques. Cinq maisons auraient été détruites, des biens incendiés, des animaux tués et au moins trois personnes victimes de torture et de mauvais traitements. Deux leaders communautaires, Francisco Moreno Hernández et María de Jesús Sánchez, ont été arrêtés et poursuivis pour « spoliation aggravée », tandis que huit autres mandats d’arrêt viseraient des membres du CNI.
Dans le district de Gadchiroli, dans l’État du Maharashtra, la police a annoncé la démolition de 44 mémoriaux maoïstes au cours d’une opération spéciale menée plus tôt ce mois-ci avec la Central Reserve Police Force (CRPF). Environ 800 membres des forces de sécurité, répartis en 18 équipes, ont participé à cette intervention dans des zones forestières reculées où ces monuments avaient été érigés, selon les autorités, pour affirmer la présence des groupes maoïstes et rendre hommage aux personnes persécutées par les opérations de contre-insurrection. Les structures détruites étaient situées principalement dans les subdivisions d’Etapalli et d’Hedri, ainsi que dans celles de Bhamragad, Jimalgatta, Dhanora et Pendhri. Après inspection sécuritaire des sites, les mémoriaux ont été rasés dans plusieurs villages.
En Équateur, Gabriela Gallardo, militante guevariste et prisonnière politique, a été transférée de manière illégale à la prison pour femmes de Guayaquil, dans ce qui est dénoncé comme une pratique de torture systématique par le SNAI (Service national de prise en charge globale des personnes privées de liberté). Privée de soins médicaux pour un grave tumeur cérébrale, éloignée de sa famille et en particulier de son fils, Gaby fait face à des mesures visant à briser son engagement militant.
À Fort Worth, le procès de neuf personnes accusées d’avoir participé à une mobilisation le 4 juillet 2025 contre le centre de détention Prairieland ICE à Alvarado a repris après qu’un juge fédéral a déclaré un mistrial lors de la première procédure, en raison d’une controverse liée à la tenue portée par une avocate de la défense pendant la sélection du jury (de nouvelles règles vestimentaires strictes ont depuis été imposées au tribunal). Les procureurs présentent l’affaire comme la première inculpation fédérale pour « terrorisme domestique » liée à des activités attribuées à une « cellule antifa » au Texas, alléguant des tirs contre des agents, des dégradations et la blessure par balle d’un policier local, tandis que les accusés contestent toute implication criminelle et soutiennent qu’il s’agissait d’une manifestation, cinq autres personnes ayant déjà conclu des accords de plaider-coupable et devant témoigner au procès (voir notre article)
La cour d’appel de Paris a ordonné mi-février 2026 la reprise de l’information judiciaire concernant la blessure d’Alexandre Frey, l’un des 23 manifestants éborgnés lors du mouvement des gilets jaunes, le 8 décembre 2018 sur les Champs-Élysées. L’enquête avait été close par un non-lieu en juillet 2025, la juge d’instruction estimant que l’auteur du tir de lanceur de balle de défense (LBD) n’avait pu être identifié. Saisi par l’avocat de la victime, Me Yassine Bouzrou, l’appel a conduit la juridiction à considérer que les investigations n’étaient pas complètes. Elle relève notamment des éléments concordants liés à un rapport policier mentionnant un tir à proximité des faits et correspondant au lieu, à l’horaire et à la nature de la blessure.
Le Conseil des ministres belge a validé une nouvelle mise à jour du Masterplan III, prévoyant notamment le maintien en activité de la prison de Saint-Gilles jusqu’en 2035 au plus tard, alors qu’elle devait initialement fermer fin 2024. Sa capacité sera portée à 600 places à partir de 2027, avec des moyens supplémentaires alloués à la Régie des Bâtiments pour réaliser les travaux nécessaires. Fin janvier, la Belgique comptait 13 470 détenus pour 11 296 places disponibles, dont 545 personnes dormant sur des matelas au sol. Le plan confirme également la construction d’une nouvelle prison à Mons (300 places), le maintien du projet de maison de peine à Verviers (240 places) et la prolongation de l’activité des anciennes prisons de Hoogstraten et d’Anvers en Flandre, en attendant l’ouverture de nouveaux établissements.
Le 1er mars 2026, une loi interdisant toute « représentation positive des orientations sexuelles non traditionnelles » entre en vigueur au Kazakhstan, visant la « propagande » dans l’art, le cinéma ou l’espace public. Annoncé fin décembre, le texte reste flou quant à son application concrète : des interrogations persistent sur la possibilité d’afficher publiquement son orientation sexuelle ou son identité de genre. L’homosexualité, dépénalisée depuis 1998, est désormais comparée dans le texte à la pédophilie, une infraction pénale. Des amendes sont prévues en cas d’infraction, sans précisions sur les modalités.
Au Kansas, une nouvelle loi entrée en vigueur fin février 2026 impose que les documents officiels mentionnent uniquement le sexe assigné à la naissance, entraînant l’invalidation d’environ 1 700 permis de conduire et près de 1 800 actes de naissance modifiés par des résidents trans. Contrairement à d’autres États conservateurs comme la Floride, le Tennessee ou le Texas, le Kansas exige également l’annulation rétroactive des changements déjà effectués. Les autorités prévoient d’informer les personnes concernées par courrier et de leur faire payer les frais d’un nouveau permis (26 $).
Le 27 février 2026 marque un an d’incarcération de Raghu Midiyami, militant adivasi de 25 ans basé à Bastar et président du collectif Moolwasi Bacchao Manch, arrêté le 27 février 2025 à Dantewada alors qu’il se trouvait à l’hôpital après un accident de moto. Il est maintenu en détention sans qu’aucune preuve n’ait été rendue publique, ses soutiens dénoncent une stratégie visant à empêcher toute mobilisation contre l’exploitation minière et la militarisation dans la région de Bastar. Engagé dans l’organisation de plusieurs mobilisations pour la mise en œuvre des droits constitutionnels des Adivasis, il aurait subi une négligence médicale en prison, son doigt fracturé n’ayant pas été correctement soigné. Ses soutiens réclament sa libération immédiate, l’abandon des poursuites et la fin de la criminalisation des mouvements adivasis en Inde centrale.