Le 2 mars 2026, la cour d’appel de Douai a relaxé Jean-Paul Delescaut, secrétaire départemental de la CGT dans le Nord, initialement condamné en avril 2024 par le tribunal correctionnel de Lille à un an de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme » (voir notre article), à la suite de la publication en ligne d’un tract syndical trois jours après le 7 octobre 2023. En première instance, il avait également été condamné à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à des parties civiles. Le procès en appel s’était tenu le 2 décembre 2025 à Douai, en présence de plusieurs centaines de soutiens, tandis que l’avocat général avait requis la confirmation de la peine initiale.
Le 26 février 2026 au soir, des affrontements ont éclaté entre des étudiants et des agents de la police de la circulation dans le quartier de Palermo, dans la localité de Teusaquillo à Bogotá, lors d’un contrôle visant des motocyclettes stationnées près d’un établissement universitaire. L’intervention aurait suscité l’opposition de plusieurs jeunes, entraînant des émeutes par les autorités. Deux policiers ont été blessés et transportés vers un centre médical, tandis que deux personnes ont été arrêtées et devront répondre notamment de blessures, de dégradations et d’autres infractions liées aux troubles. Des renforts ont été déployés pour rétablir l’ordre, et la situation est revenue au calme vers 21 heures.
La situation des prisonniers politiques en Iran, notamment au Rojhelat (Kurdistan d’Iran), suscite de vives inquiétudes alors que des coupures massives d’internet, des perturbations téléphoniques et des pannes d’électricité dans certaines villes compliquent fortement toute communication avec les détenus. De nombreux militants civils, journalistes, défenseurs des droits des femmes, syndicalistes et membres de minorités ethniques et religieuses purgent déjà de lourdes peines pour des accusations liées à la « sécurité nationale ». L’isolement accru, l’absence d’informations sur leurs proches et le climat sécuritaire tendu exerceraient une pression psychologique intense sur les prisonniers. Des informations font également état de frappes ayant visé des sites liés aux Gardiens de la révolution et au ministère du Renseignement, notamment à Sanandaj (Sine), faisant craindre pour la sécurité de certains détenus récemment arrêtés. Aucune modification officielle des conditions de détention n’a toutefois été confirmée à ce stade. Depuis le début de l’offensive, les frappes militaires états-uniennes et israéliennes ont fait plus de 550 morts. Lors de la guerre des 12 jours, plusieurs prisonnières politiques avaient déjà dénoncé l’agression impérialio-sioniste et ses conséquences (voir notre article).
Au 1er février 2026, les prisons françaises comptaient 86 645 personnes détenues pour 63 289 places opérationnelles, soit un taux de densité carcérale de 136,9 %, selon les données du ministère de la Justice. Ce niveau inédit confirme une hausse continue de la population carcérale malgré une capacité d’accueil stable, la barre des 86 000 détenus ayant déjà été franchie début janvier. 6 596 personnes sont contraintes de dormir sur un matelas au sol, contre 4 490 un an plus tôt.
Un rassemblement est organisé ce vendredi 6 mars à 12h devant le siège de la CGSP, situé Place Fontainas 9 à 1000 Bruxelles. Cette mobilisation a lieu à l’occasion de la commission de recours concernant Célia, afin d’exiger sa réintégration immédiate (voir notre article).
En Espagne, le prisonnier des GRAPO (Groupes de résistance antifasciste du premier octobre) Israel Clemente s’est joint à l’initiative solidaire lancée par des détenus du centre pénitentiaire d’A Lama (voir notre article) en soutien à la prisonnière antifasciste gravement malade María José Baños Andújar, en observant une journée de jeûne chaque lundi. Plusieurs autres prisonniers, notamment du PCE(r) ou des GRAPO, participent également à ces jeûnes hebdomadaires, parmi lesquels Víctoria Gómez, Juan García, Israel Torralba, Nacho Varela, Daniel Pastor et Patxi Ruiz. Le prisonnier politique basque Fernando García Jodra, originaire de Bilbao, incarcéré depuis 24 ans et 5 mois dans différentes prisons de l’État et actuellement détenu à la prison de Zaballa, a lui aussi rejoint le mouvement après avoir connu María José Baños en détention. Les participants annoncent maintenir ces actions de manière indéfinie jusqu’à sa libération, tandis que Marcos Martín Ponce poursuit une grève de la faim entamée le 23 février pour exiger son transfert à l’hôpital en ambulance (voir notre article). Selon ses soutiens, ses communications ont été suspendues alors qu’il entre dans sa deuxième semaine de grève.
En France, une campagne intitulée « 1 euro contre les violences policières » est organisée du 1er au 31 mars par le collectif Œil au Beurre Noir, en lien avec le Réseau d’Entraide Vérité et Justice, afin de soutenir les familles endeuillées et survivantes de violences d’Etat. Les organisateurs rappellent qu’entre 2005 et 2025, plus de 560 personnes ont été abattues par la police et dénoncent la précarité financière à laquelle sont confrontées les familles concernées, notamment pour les frais de justice, de suivi psychologique ou d’obsèques. Les fonds récoltés seront redistribués équitablement aux familles participant au projet.
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Le samedi 28 février en région parisienne, 10 personnes ont été interpellées par la BRAV-M lors d’une action organisée par Extinction Rebellion contre le projet ferroviaire Lyon-Turin. L’intervention policière s’est déroulée devant les bureaux de l’entreprise SPIE Batignolles, 30 minutes avant le début d’une « action théâtrale non-violente » prévue par l’organisation. Plusieurs personnes ont été placées 24H en garde-à-vue et des contrôles d’identité ont eu lieu.
Le Bureau fédéral des prisons a adopté, le 26 février 2026, une nouvelle politique interdisant presque totalement l’accès aux soins d’affirmation de genre pour les personnes trans incarcérées dans les établissements fédéraux, mettant fin à neuf années de pratique autorisant hormones, chirurgies et certains aménagements. Désormais, les nouvelles prescriptions hormonales sont prohibées, les traitements en cours devront être progressivement arrêtés et les chirurgies sont bannies, les détenu·es concerné·es étant orienté·es vers une prise en charge psychothérapeutique et des antidépresseurs. Plus de 1 000 personnes ont été diagnostiquées avec une dysphorie de genre dans les prisons fédérales, alors que des recours judiciaires sont en cours pour contester cette politique.
En Turquie le 1er mars 2026, Kenan Şener, rédacteur en chef de l’agence ANKA Haber Ajansı, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet d’Adana concernant des images liées à la base aérienne d’Incirlik. À la suite de la décision judiciaire, il s’est présenté à la direction de la sûreté d’Ankara, où il a été officiellement interpellé puis soumis à un examen médical. Selon les informations disponibles, il doit être transféré à Adana pour la suite de la procédure.