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Italie : Affrontements entre manifestants No Tav et policiers, Meloni dénonce « une attaque contre l’État »

Des affrontements ont opposé des manifestants du mouvement No Tav aux forces de l’ordre le 25 juillet, près du chantier de la ligne ferroviaire à grande vitesse Turin-Lyon, à Chiomonte, dans la vallée de Suse. Plusieurs centaines de manifestants ont attaqué le site après une première action menée à San Didero. Les forces de l’ordre ont riposté à l’aide de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Quatre véhicules de service (deux des Carabiniers et deux de la Guardia di Finanza) ont été incendiés et le bilan provisoire fait état d’environ 60 policiers blessés. Plusieurs personnes ont été interpellées, mais aucun bilan concernant d’éventuels blessés parmi les manifestants n’a été communiqué. Les violences ont entraîné la fermeture temporaire de l’autoroute A32 entre Suse et Oulx, ainsi que l’interruption pendant plusieurs heures du trafic ferroviaire sur la ligne Turin-Modane, avant une reprise en fin de journée avec d’importants retards.

La manifestation s’inscrivait dans le cadre du festival Alta Felicità, dont les organisateurs ont affirmé avoir rassemblé jusqu’à 20 000 participants. Le président Sergio Mattarella a exprimé son soutien aux policiers blessés, tandis que la Première ministre Giorgia Meloni a dénoncé une « attaque contre l’État » et assuré que « la violence ne mettra pas l’État à genoux ». Les principales formations d’opposition ont également exprimé leur solidarité avec les forces de l’ordre.

Maroc : Les sahraouis Naâma Asfari et Mohamed Lamine Haddi suspendent leur grève de la faim

Les prisonniers politiques sahraouis Naâma Asfari et Mohamed Lamine Haddi ont mis fin à leurs grèves de la faim illimitées le 24 juillet 2026. Naâma Asfari avait entamé son mouvement le 8 juin et l’a poursuivi pendant 47 jours pour dénoncer ses conditions de détention et celles des prisonniers politiques sahraouis détenus au Maroc. Mohamed Lamine Haddi, en grève de la faim depuis le 13 juillet, y a mis fin après 12 jours, après avoir été informé par l’administration pénitentiaire que certaines de ses revendications seraient prises en compte. Si cette suspension apporte un soulagement à leurs proches et à leurs soutiens, la mobilisation se poursuit pour obtenir la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis.

Chili : Deux membres présumés de la Résistance mapuche arrêtés après plus de quatre ans de cavale

La police d’enquête chilienne (PDI), avec le soutien des Carabiniers et de l’armée, a arrêté Juan Millanao Hueiquillán et Jorge Huenchullán Millanao lors d’une opération menée dans une zone rurale de Victoria, dans la région de l’Araucanie. Recherchés depuis plus de quatre ans, ils sont accusés par les autorités d’appartenir à la Résistance mapuche Malleco (RMM) et d’être impliqués dans plusieurs attaques incendiaires et armées commises en 2021 et 2022 dans le sud du Chili.

Les deux hommes doivent être formellement inculpés pour des faits comprenant notamment des incendies de véhicules, des barrages routiers, des menaces contre des conducteurs et des tirs visant les forces de l’ordre. L’enquête est menée par le parquet de Victoria avec la brigade spécialisée de la PDI et son laboratoire de criminalistique. Les autorités ont indiqué que l’arrestation s’était déroulée sans incident et que les suspects avaient été présentés devant le tribunal de garantie de Victoria.

France : Le Conseil constitutionnel censure le recours à la généalogie génétique dans la réforme de la justice

Le Conseil constitutionnel a censuré le dispositif autorisant le recours à la généalogie génétique pour certaines enquêtes judiciaires, prévu dans la loi portée par le ministre de la Justice Gérald Darmanin. Cette technique consiste à comparer des profils ADN issus d’enquêtes avec des bases de données génétiques privées, notamment celles utilisées pour des tests généalogiques, afin d’identifier des suspects potentiels ou de retrouver des proches biologiques liés à une trace génétique. Les Sages ont estimé que le dispositif ne prévoyait pas de garanties suffisantes pour concilier la recherche des auteurs d’infractions et le respect de la vie privée.

Le Conseil constitutionnel a toutefois validé l’essentiel de la réforme, notamment l’élargissement des compétences des cours criminelles départementales, la modification des délais de recours des avocats et la prolongation de certaines détentions provisoires. Plusieurs organisations d’avocats et de magistrats avaient contesté certaines dispositions du texte, dénonçant notamment une atteinte aux droits de la défense.

France : La justice annule les sanctions contre sept salariés grévistes de Fleury Michon

Le Conseil de prud’hommes de La Roche-sur-Yon a annulé les sanctions disciplinaires infligées à sept salariés de Fleury Michon pour leur participation à une grève lancée en septembre 2023. Le tribunal a reconnu la légalité du mouvement, engagé autour des conditions de travail le samedi, de l’organisation du travail et des salaires, en estimant que les revendications étaient « précises et concrètes ». La juridiction a également reconnu un préjudice moral pour les salariés sanctionnés ainsi que pour les travailleurs représentés par la CGT Fleury Michon, considérant que ces sanctions constituaient une atteinte illégitime au droit de grève.

Liban : Décès de Kozo Okamoto, ancien prisonnier pro-palestinien et membre de l’Armée rouge japonaise

Kozo Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise, est décédé le jeudi 23 juillet 2026 à Beyrouth, au Liban. Le 30 mai 1972, il participe avec Yasuyuki Yasuda et Tsuyoshi Okudaira à l’opération armée de l’aéroport de Lod, aujourd’hui aéroport Ben Gourion, organisée par le Front Populaire de Libération de la Palestine sous la direction de Wadie Haddad. Ses deux camarades sont tués lors de l’opération.

Blessé et capturé par les forces israéliennes à l’âge de 24 ans, Okamoto est soumis à de violents interrogatoires et à des tortures avant d’être condamné par un tribunal israélien à trois peines de prison à perpétuité. Il passe 13 années en détention, dont près de dix ans dans une cellule d’isolement souterraine de la prison de Ramla, avant d’être libéré en 1985 dans le cadre de l’accord Jibril. Cet échange de prisonniers conclu entre le FPLP-CG (Front populaire de libération de la Palestine – Commandement général) et Israël permet la libération de 1 155 prisonniers palestiniens et arabes en échange de trois soldats israéliens capturés au Liban.

Après sa libération, Okamoto reste profondément marqué par les années de captivité, les tortures et l’isolement. Vivant d’abord dans la clandestinité, il s’installe finalement au Liban, où il est arrêté en 1997 avec plusieurs de ses camarades japonais pour séjour irrégulier. Après trois années de détention au Liban, ses compagnons sont expulsés vers le Japon en 2000, tandis qu’une mobilisation d’avocats, d’intellectuels et d’organisations politiques s’oppose à l’extradition d’Okamoto. Les autorités libanaises lui accordent finalement l’asile politique, considérant qu’un retour au Japon ou une nouvelle extradition l’exposerait à des poursuites et à des représailles politiques.

Installé modestement à Dahieh, la banlieue sud de Beyrouth, Okamoto vit entouré d’un cercle restreint de proches et de membres du FPLP qui l’accompagnent au quotidien. Affaibli physiquement et psychologiquement par des décennies de détention, de torture et d’exil, il reste éloigné de la vie publique. Cependant, en 2022, lors de la commémoration du 50ᵉ anniversaire de l’opération de Lod au camp de réfugiés de Chatila, il apparaît vêtu d’un keffieh palestinien, levant le signe de la victoire.

Ses funérailles se sont déroulées le 24 juillet. Le cortège est parti du camp palestinien de Burj al-Barajneh, a traversé la banlieue sud de Beyrouth avant de rejoindre le cimetière de la Révolution palestinienne à Chatila, où il a été inhumé. De nombreux proches, soutiens et militants étaient présents, parmi lesquels le communiste libanais Georges Abdallah, Muhammad Hashisho du Parti démocratique du peuple, ainsi que des militants et cadres du FPLP et de différentes organisations de gauche.

Turquie : L’avocate et vice-présidente de l’ESP Sezin Uçar poursuit son combat depuis la prison

Détenue depuis 100 jours à la prison pour femmes de Bakırköy, l’avocate et vice-présidente de l’ESP (Parti socialiste des opprimés), Sezin Uçar, affirme être rentrée en Turquie en connaissance des risques d’arrestation et présente sa détention comme « un combat persistant ». Arrêtée le 13 avril à son retour de France, elle est poursuivie dans le cadre d’une enquête visant l’ESP et comparaîtra le 24 septembre devant la 26ᵉ cour pénale d’Istanbul.

Depuis sa cellule, Uçar dénonce l’utilisation d’aveux forcés et d’activités politiques comme éléments à charge, ainsi que les pressions exercées contre les avocats et les défenseurs des droits humains. Elle décrit également les conditions de détention des femmes à Bakırköy, marquées par la surpopulation, les restrictions et les atteintes au droit aux soins. Elle souligne enfin la nécessité de ne pas banaliser l’emprisonnement ni de s’y habituer : « Il faut être préparé et prêt à affronter l’emprisonnement, mais il est également important de ne pas le normaliser ni de s’habituer à son existence, et de ne pas rester indifférent au prix payé en prison. »

Toulouse : Suspension de l’arrêté d’expulsion des mineurs isolés du collectif Autonomie

Le tribunal administratif a suspendu l’arrêté d’expulsion visant le bâtiment occupé par les mineurs isolés du collectif Autonomie à Toulouse. Cette décision écarte, pour l’heure, la menace d’une expulsion et permet aux jeunes de rester dans les locaux. Le collectif salue cette décision et remercie les nombreuses personnes qui se sont mobilisées en leur faveur. Cette suspension constitue un répit, alors que les occupants et leurs soutiens dénoncent depuis plusieurs semaines les tentatives de la municipalité de les expulser et continuent de réclamer des solutions d’hébergement pérennes.

USA : GrapheneOS au cœur des poursuites contre un militant anti-Cop City

Le ministère étatsunien de la Justice poursuit Sam Tunick, militant du mouvement contre la construction du centre d’entraînement policier Cop City à Atlanta, après l’effacement automatique des données de son téléphone équipé de GrapheneOS, un système d’exploitation axé sur la protection de la vie privée. Les autorités s’appuient sur une loi fédérale réprimant la destruction de preuves afin de justifier les poursuites, une première.

Les avocats de Sam Tunick dénoncent une enquête menée sous couvert d’un contrôle à l’aéroport, au cours de laquelle leur client, inscrit sur une liste de surveillance antiterroriste, s’est vu refuser l’accès à un avocat et n’a pas été informé de ses droits. Cette affaire marque une nouvelle étape dans la criminalisation de l’usage d’outils de protection de la vie privée.

Turquie : Mobilisation pour la libération du syndicaliste Kanber Saygılı

L’ancien président du syndicat DİSK Limter-İş, Kanber Saygılı, est emprisonné depuis la vague d’arrestations du 3 février 2026 visant des militants socialistes, syndicalistes, écologistes et progressistes. Son procès se tiendra le 28 juillet devant la 26ᵉ Cour pénale d’Istanbul. Ses soutiens rappellent que l’activité syndicale est un droit constitutionnel et exige la libération des syndicalistes emprisonnés. Ils appellent les travailleurs à se mobiliser massivement lors de l’audience du 28 juillet.

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