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Turquie : Maintien en détention de l’humoriste Deniz Göktaş poursuivi pour un spectacle satirique

Un tribunal d’Istanbul a rejeté la demande de remise en liberté de l’humoriste Deniz Göktaş, emprisonné depuis le 3 juillet à la suite d’un spectacle satirique. Initialement visé pour « dénigrement des valeurs religieuses », il est désormais poursuivi pour « incitation publique à la haine et à l’hostilité », une qualification pénale qui a permis son placement en détention provisoire. La justice a estimé que cette détention restait conforme à la loi.

Les avocats de Deniz Göktaş dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et contestent l’existence de motifs concrets justifiant son incarcération. Ils soulignent que le spectacle, joué à des centaines de reprises depuis trois ans, ne représentait aucun danger pour l’ordre public et devait être considéré comme relevant de la satire et de l’humour noir.

Cachemire : Affrontements lors d’une marche de manifestants vers Muzaffarabad

Des affrontements ont éclaté à Rawalakot, dans le Cachemire administré par le Pakistan, lorsque des milliers de partisans du Joint Awami Action Committee (JAAC), un mouvement de défense des droits civiques récemment interdit, ont tenté de rejoindre la capitale régionale, Muzaffarabad. Au moins cinq manifestants ont été tués, tandis que la police fait état de deux agents blessés.

Le JAAC, qui boycotte les élections régionales en cours, réclame notamment la suppression de 12 sièges réservés aux réfugiés au Parlement local, estimant qu’ils permettent aux partis pakistanais d’influencer la formation du gouvernement régional.

Cameroun : Un homme condamné à six mois de prison pour outrage au chef de l’État

Au Cameroun, un homme a été condamné à six mois de prison ferme pour outrage au président de la République après la publication, en avril, d’un message sur les réseaux sociaux que le tribunal a jugé offensant envers le chef de l’État, bien que celui-ci n’y soit pas nommé. Placé en détention provisoire depuis son arrestation deux jours après la publication, il restera emprisonné jusqu’en octobre, en tenant compte de la période déjà effectuée.

Turquie : Commémorations des 12 révolutionnaires morts lors de la grève de la faim de 1996

Plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire de Turquie ont commémoré en juillet 2026 le trentième anniversaire de la mort de 12 prisonniers politiques lors de la grève de la faim et du jeûne de la mort de 1996. Cette mobilisation a débuté le 20 mai 1996 avec un appel commun lancé par des détenus affiliés à neuf organisations révolutionnaires : le DHKP-C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple), le MLKP (Parti communiste marxiste-léniniste), le TKP/ML (Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste), le TKP(ML) (qui deviendra le MKP – Parti Communiste Maoïste en 2002), le TİKB (Union des communistes révolutionnaires de Turquie), le TKEP-L (Parti communiste du travail de Turquie – Léniniste), le TDP (Parti de la révolution de Turquie), EKİM (Octobre) et le Direniş Hareketi (Mouvement de résistance).

Cette lutte faisait suite à la circulaire du 6 mai 1996 du ministre de la Justice Mehmet Ağar, qui prévoyait l’introduction de cellules individuelles d’isolement, appelées « tabutluk » (« cellules cercueil ») par leurs opposants, constituant une étape vers les futures prisons de type F. La mobilisation, à laquelle ont participé environ 2 540 prisonniers, a commencé par une grève de la faim illimitée avant de se transformer en jeûne de la mort pour certains détenus. Elle s’est achevée le 27 juillet 1996 après une médiation menée par l’écrivain Yaşar Kemal, le musicien et militant culturel Zülfü Livaneli et l’avocat Eşber Yağmurdereli. Le mouvement a permis de conclure un accord historique contraignant les autorités à abandonner leur projet de mise en isolement strict et à suspendre les transferts vers ces cellules d’isolement.

« La garantie de notre victoire est dans la justesse de notre cause et dans notre détermination » : banderole du TKP/ML dans une prison turque en 1996.

Les douze prisonniers décédés pendant cette mobilisation sont : Aygün Uğur (TKP(ML), mort au 63ᵉ jour de grève), Altan Berdan Kerimgiller (DHKP-C, 65ᵉ jour), İlginç Özkeskin (DHKP-C, 66ᵉ jour), Hüseyin Demircioğlu (MLKP, 67ᵉ jour), Ali Ayata (TKP(ML), 68ᵉ jour), Müjdat Yanat (DHKP-C, 68ᵉ jour), Ayçe İdil Erkmen (DHKP-C, 69ᵉ jour), Tahsin Yılmaz (TİKB, 69ᵉ jour), Yemliha Kaya (DHKP-C, 69ᵉ jour), Ulaş Hicabi Küçük (TİKB, 69ᵉ jour), Osman Akgün (TİKB, 69ᵉ jour) et Hayati Can (TKP(ML), décédé à l’hôpital après la fin de l’opération).

Philippines : 560 prisonniers politiques recensés en juin 2026

Selon l’organisation de défense des droits humains Karapatan, 560 prisonniers politiques sont détenus aux Philippines en juin 2026. Parmi eux, 165 ont été arrêtés sous le gouvernement de Ferdinand Marcos Jr., 103 sont des femmes, 77 sont des personnes âgées et 73 souffrent de problèmes de santé. Le recensement indique également la présence de 10 consultants et membres du personnel du Front national démocratique des Philippines (NDFP) parmi les détenus, ainsi que quatre personnes arrêtées alors qu’elles étaient mineures.

Palestine : Report du verdict dans le procès du dirigeant de gauche Raja Eghbarieh

Le tribunal de première instance de Haïfa a reporté au 8 septembre 2026 l’audience de prononcé du verdict concernant Raja Eghbarieh, militant de gauche et membre du mouvement de Palestiniens de 48 Abnaa al-Balad. L’audience, initialement prévue le 27 juillet, a été ajournée sans explication officielle communiquée par le tribunal ou les autorités judiciaires. Raja Eghbarieh fait l’objet de poursuites depuis plusieurs années liées à son activité politique et à des publications sur les réseaux sociaux, pour lesquelles il est accusé d’« incitation ».

France : Une violente intervention policière dénoncée à Ivry-sur-Seine

Une intervention de la BAC, le 21 juillet dans le quartier Monmousseau à Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne, suscite des vives condamnations. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent un important usage de gaz lacrymogène et des interventions physiques des policiers. Des habitants affirment que les forces de l’ordre ont fait usage de gaz, de lanceurs de balles de défense et de matraques alors que de nombreuses familles et des enfants étaient présents. Une femme a été hospitalisée après un malaise.

Royaume-Uni : Cinq propalestiniens risquent une qualification terroriste lors de leur condamnation

Cinq militants de Palestine Action, condamnés en juin 2026 pour des dégradations commises contre une agence Barclays à Burnley en août 2024, pourraient voir leur peine assortie d’une qualification liée au terrorisme. L’action visait à dénoncer les investissements de la banque dans Elbit Systems, principal fabricant d’armes israélien. Selon leur défense, cette possibilité n’avait été évoquée ni pendant le procès ni au moment du verdict, avant que le juge n’indique vouloir s’appuyer sur une décision récente rendue dans l’affaire de quatre activistes de l’affaire dite des Filton 25.

Italie : Amende après des feux d’artifice tirés devant la prison de Salerne

La police municipale de Salerne a infligé une amende de 1 000 euros à plusieurs personnes ayant tiré des feux d’artifice devant la prison de Fuorni, dans la nuit du 25 au 26 juillet. Les autorités indiquent que cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une ordonnance municipale interdisant l’usage non autorisé de matériel pyrotechnique et d’un renforcement des contrôles dans les secteurs jugés sensibles de la ville.

Turquie : Appel des familles à fournir de la vitamine B1 aux détenus en grève de la faim

Les familles de détenus incarcérés à la prison de type L n°6 de Marmara accusent l’administration pénitentiaire de refuser de fournir de la vitamine B1 à leurs proches engagés dans une grève de la faim illimitée. Elles estiment que cette décision met gravement en danger leur santé et dénoncent une atteinte à leur droit aux soins.

Dans leur appel, les familles demandent au public de contacter la direction de l’établissement afin d’exiger la distribution de vitamine B1 et de demander une réponse aux revendications des grévistes. Elles affirment que le refus de fournir ce complément indispensable lors d’une grève de la faim pourrait entraîner des séquelles graves, voire des décès, et dénoncent une pratique illégale.

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