Le Parlement européen a adopté le 10 février une liste de « pays tiers sûrs », soutenue par la droite et l’extrême droite, afin d’accélérer le traitement (et souvent le rejet) des demandes d’asile provenant de ces États. Parmi les pays cités figurent notamment le Maroc, la Tunisie, l’Égypte et certains États voisins candidats à l’adhésion à l’Union Européenne (UE). Les demandes seront examinées via des procédures accélérées et, en cas de refus, les recours ne seront plus suspensifs, ce qui pourrait entraîner des expulsions avant la fin des procédures. La mesure pourrait aussi permettre de renvoyer des exilés vers des pays jugés « sûrs » où ils ont simplement transité, dans le cadre d’accords avec l’UE.
À la suite d’une action menée le 19 janvier 2026, au cours de laquelle ils ont interrompu une table ronde pour dénoncer les partenariats de leur école avec des entreprises de l’industrie de l’armement (telles que Dassault Aviation et Safran) complices du génocide à Gaza, six étudiants de CentraleSupélec font face à des procédures disciplinaires pour « atteinte à l’image » et « trouble au bon fonctionnement » de l’établissement. Le Comité Palestine Paris-Saclay, qui a multiplié les tentatives de dialogue restées sans réponse (pétitions, manifestations, courriels), dénonce une répression systémique de la solidarité envers la Palestine au sein des universités françaises et appelle au boycott des entreprises concernées ainsi qu’à l’abandon immédiat des poursuites contre les étudiants mobilisés.
À la maison d’arrêt de Nanterre, où le taux d’occupation atteint 213 %, un détenu a été sanctionné après avoir refusé l’arrivée d’un cinquième prisonnier dans une cellule de 16 m² déjà occupée par quatre personnes, alors qu’elle est initialement prévue pour deux. L’établissement compte 592 places pour 1 258 détenus. L’homme, qui s’était opposé à l’installation d’un nouveau codétenu sur un matelas au sol, a été placé au quartier disciplinaire puis condamné à quatorze jours de cellule disciplinaire.
La proposition de loi n°1133, portée par la députée Horizons Lætitia Saint-Paul et examinée le 9 avril, vise à durcir la répression des free parties en France. Le texte prévoit jusqu’à six mois de prison et 5 000 euros d’amende pour les organisateurs de rassemblements musicaux non déclarés ou interdits, tout en élargissant la notion d’organisation à des actions comme la diffusion d’informations pratiques ou l’installation d’espaces de repos sur le site. La mesure s’inscrit dans un renforcement plus large de la politique sécuritaire contre ces événements.
Le gouvernement britannique renforce sa politique migratoire en supprimant, à partir du 26 mars, les visas étudiants pour les ressortissants d’Afghanistan, du Cameroun, de Birmanie et du Soudan, ainsi que les visas de travail qualifié pour les Afghans. Selon le ministère de l’Intérieur, ces nationalités sont celles dont les étudiants demandent le plus souvent l’asile après leur arrivée au Royaume-Uni : les demandes ont augmenté de 470 % entre 2021 et 2025, et environ 95 % des Afghans entrés avec un visa d’études ont ensuite sollicité l’asile. Londres justifie cette mesure par la volonté de « mettre fin aux abus » et de réduire le coût du système d’asile, estimé à plus de 4 milliards de livres par an. Cette décision s’inscrit dans un durcissement plus large de la politique migratoire du gouvernement de Keir Starmer, qui prévoit notamment un statut de réfugié plus court et réexaminé régulièrement afin de limiter les arrivées et l’immigration légale.
La start-up allemande Swarm Biotactics, basée à Kassel, a développé une technologie permettant de contrôler à distance des cafards afin de les utiliser pour des missions de surveillance. Après une présentation à la Conférence de sécurité de Munich, l’entreprise a annoncé une coopération avec le Cyber Innovation Hub de la Bundeswehr (Force de Défense fédérale), une unité chargée de développer des technologies militaires avec des start-ups et dotée d’un budget annuel porté à 40 millions d’euros. Les insectes, qui ne sont pas protégés par la loi allemande sur le bien-être animal, ont déjà fait l’objet de tests en laboratoire et sur le terrain : un petit « sac à dos » de 10 à 20 grammes contenant batterie, caméra ou microphone est fixé sur leur dos, puis des impulsions électriques permettent de guider ces essaims de « cyborgs vivants » pour des opérations discrètes d’observation.
Deux hommes de 22 et 26 ans ont été arrêtés dans la région lyonnaise et dans l’Aube, soupçonnés d’avoir participé aux affrontements ayant entraîné la mort de Quentin Deranque le 12 février 2026 à Lyon. Ces arrestations font suite à une première vague d’interpellations (voir notre article). Parallèlement, la préfète du Rhône a saisi la justice pour dénoncer un compte sur X appelé « Groupe Antifa Lyon », accusé de relayer sous une forme détournée les activités du Groupe Antifasciste Lyon et Environs (GALE) dissous (voir notre article), et d’appeler à la « violence » contre les forces de l’ordre. Par ailleurs, selon la préfecture, Mme Buccio va également signaler au procureur des « appels à la violence, apologie de crime et propos haineux » dans un article publié sur le site internet Rebellyon.info
Selon des enquêtes, les services de renseignement israéliens auraient infiltré pendant plusieurs mois le réseau de vidéosurveillance routière de Téhéran afin de cartographier les déplacements des plus hauts responsables du régime iranien, dont le guide suprême Ali Khamenei. Cette surveillance aurait permis de connaître en détail ses itinéraires, heures d’arrivée, composition des cortèges et fréquences des réunions, ouvrant la voie à l’opération qui a tué le dirigeant. L’infiltration ne se serait pas faite par satellites, mais directement via les caméras de circulation de la ville, avec interception et transfert des vidéos vers des serveurs contrôlés depuis Israël. Les informations révèlent notamment qu’une caméra près de la rue Pasteur, proche du complexe du guide suprême, aurait été cruciale pour observer les allées et venues des gardes, chauffeurs et visiteurs, fournissant des données précises aux services israéliens.
En février 2026, une proposition de loi adoptée par la commission des lois vise à porter jusqu’à 210 jours le délai de rétention en Centre de rétention administrative (CRA) pour les profils condamnés pénalement représentant une menace « terroriste » et souffrant de troubles psychiatriques aggravés. Cette dynamique législative inquiète les associations de défense des étrangers, qui dénoncent déjà une augmentation des placements en rétention de personnes vulnérables. Elles soulignent que l’examen de vulnérabilité préalable est devenu « dérisoire », signalant même des cas de personnes transférées directement de l’hôpital psychiatrique vers le CRA, malgré l’inadaptation de ces centres à la prise en charge de la santé mentale.
Après dix années de détention politique dans les prisons marocaines, le membre du groupe des compagnons du martyr El Ouali et militant sahraoui Mohamed Dada a été libéré. Son arrestation faisait partie d’une politique répressive ciblant les étudiants sahraouis en raison de leur engagement pour le droit à l’autodétermination de leur peuple. Cette libération rappelle que d’autres prisonniers politiques sahraouis demeurent incarcérés et que les poursuites contre les défenseurs des droits légitimes se poursuivent.