Un rassemblement organisé le 4 mars dans le port de Sidi Bou Saïd par la Global Sumud Flotilla a été dispersé par la police tunisienne, avec plusieurs participants plaqués au sol et arrêtés selon les organisateurs. L’événement visait à remercier les travailleurs du port ayant soutenu une précédente expédition humanitaire vers Gaza, mais il a été interrompu malgré une autorisation initiale. L’incident intervient alors qu’une nouvelle flottille d’aide à destination de l’enclave palestinienne est en préparation pour avril 2026.
Le numéro zéro de Capitaule, une nouvelle gazette anticarcérale, vient d’être lancé à Toulouse et est diffusé dans plusieurs lieux de la ville. Porté par des militants anticarcéraux, le journal vise à relayer des informations sur les prisons locales (notamment celles de Seysses, Muret ou Saint-Sulpice), à créer des liens entre détenus et extérieur et à dénoncer les politiques sécuritaires et carcérales. Une soirée de lancement est prévue le 7 mars dès 16H à l’Impasse (1 impasse Lapujade, Toulouse) autour d’un goûter de présentation pour discuter du contenu du premier numéro et du projet éditorial.
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Les autorités de Sion ont adressé plus de 100 000 francs de factures à l’organisateur d’une manifestation pro-palestinienne non autorisée qui avait rassemblé environ 300 personnes le 1er novembre 2025. Après une première facture d’environ 80 000 francs émise par la police cantonale valaisanne, la police régionale a ajouté 26 510 francs pour le dispositif de sécurité, incluant les prestations des agents et l’intervention des services du feu. Les autorités invoquent une base légale permettant de faire payer les coûts liés aux rassemblements non autorisés, tandis que l’organisateur dénonce une mesure « abusive et dissuasive » et annonce contester ces factures ainsi que la décision ayant interdit la manifestation.
Une soirée musicale de soutien est organisée le 6 mars à Bruxelles par le collectif ADES’if et le Hakab Gabber Collective afin de récolter des fonds pour la défense des militants appelés « 7 contre Elbit », impliqués dans la campagne contre l’entreprise d’armement israélienne Elbit Systems (voir notre article). La soirée hardcore-gabber antifasciste et antiraciste se tiendra au Point de Chut’ avec une entrée à prix libre destinée à la solidarité.
Une conférence de présentation du livre antimilitariste « Maudite soit la guerre » du militant et journaliste Pierre Douillard‑Lefèvre a été interdite sur le campus de Université Grenoble Alpes pour « risque de trouble à l’ordre public ». Prévu par des collectifs étudiants opposés aux liens entre l’enseignement supérieur et l’industrie de l’armement, l’événement a été annulé par la présidence de l’université après une circulaire du ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste demandant de limiter les « meetings politiques » dans les établissements (voir notre article). Saisi en référé, le tribunal administratif de Grenoble a validé l’interdiction en invoquant le contexte sécuritaire et un risque de perturbation des activités universitaires. Les organisateurs dénoncent une atteinte à la liberté d’expression sur les campus et maintiennent la conférence hors de l’université.
Quatre militants ont été interpellés jeudi 5 mars à Bruxelles lors d’actions menées par le collectif Commune Colère contre les politiques « antisociales et autoritaires » du gouvernement fédéral dit « Arizona ». Vers 14h, des militants ont ciblé plusieurs bâtiments publics, notamment le SPF Finances, où la police est intervenue après une tentative de collage d’affiches. Les forces de l’ordre ont procédé à des contrôles d’identité de manifestants et de journalistes, laissant repartir la plupart des personnes présentes sauf les quatre interpellés. Parallèlement, une vingtaine d’autres militants se sont brièvement rassemblés et introduits dans les bureaux du SPF Santé publique avant de manifester à l’extérieur sous surveillance policière. Des collages ont également visé le siège du parti de droite Les Engagés, tandis que le collectif a appelé à poursuivre la mobilisation dans le centre-ville.
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme accuse les forces de sécurité honduriennes d’avoir commis en 2025 plusieurs violations graves pendant l’état d’urgence instauré fin 2022 pour lutter contre les gangs. Selon l’ONU, au moins 24 plaintes ont été recensées, dont huit disparitions forcées, cinq cas de torture ou traitements cruels, trois exécutions extrajudiciaires, deux morts en détention et six arrestations arbitraires, impliquant notamment la police antigang et la police militaire. Le rapport souligne aussi 17 assassinats de défenseurs des droits humains en 2025, en hausse par rapport à 2024, dénonçant un climat d’impunité et des menaces persistantes contre ces militants. L’état d’urgence, qui autorisait arrestations et perquisitions sans mandat, n’a pas été prolongé après l’arrivée au pouvoir en janvier du président conservateur Nasry Asfura.
La cour d’appel de Versailles a décidé que le policier Florian M., qui a abattu le jeune Nahel Merzouk lors d’un contrôle routier à Nanterre le 27 juin 2023, sera jugé pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et non pour meurtre. Les juges ont estimé que l’intention homicide n’était pas établie, contrairement à l’analyse initiale des juges d’instruction qui avaient demandé un procès pour meurtre devant les assises. La mort de l’adolescent de 17 ans, filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux, avait déclenché une grande révolte populaire à travers la France. La famille de la victime dénonce une décision « scandaleuse ».
Plusieurs prisonniers politiques de l’Etat espagnol ont lancé des jeûnes solidaires hebdomadaires pour soutenir et exiger la libération de María José Baños Andújar, prisonnière antifasciste des GRAPO gravement malade (voir notre article). On retrouve des prisonniers issus de différentes traditions et affiliations politiques : Victoria Gómez (prisonnière des GRAPO – Groupes de résistance antifasciste du premier octobre), Juan García (prisonnier du PCE (r) – Parti communiste d’Espagne reconstitué), Israel Torralba (prisonnier des GRAPO), Nacho Varela (prisonnier des GRAPO), Daniel Pastor (prisonnier communiste basque), Patxi Ruiz (prisonnier basque), Israel Clemente (prisonnier des GRAPO) et Fernando García Jodra (prisonnier basque). Récemment, le rappeur et militant emprisonné Pablo Hasél et le prisonnier basque Andoni Goikoetxea Gabirondo ont annoncé rejoindre la mobilisation. Parallèlement, le militant Marcos Martín Ponce a entamé une grève de la faim illimitée depuis le 23 février, demandant notamment le transfert de María José Baños à l’hôpital en ambulance, tandis que des soutiens appellent à amplifier la mobilisation internationale pour sa libération.
L’étudiant de l’Université fédérale du Pernambouc et militant Mateus Galdino, arrêté le 28 janvier 2026 lors d’une manifestation anti-impérialiste à Recife (voir notre article), a été libéré après plus d’un mois de détention préventive au centre pénitentiaire COTEL d’Abreu e Lima. Interpellé après la répression policière du rassemblement, il était accusé de tentative d’homicide, bien qu’il ait été arrêté loin du lieu des affrontements. Le parquet a finalement demandé la levée de sa détention en évoquant des incohérences dans les témoignages policiers et les preuves, tandis qu’une campagne de mobilisation étudiante et militante réclamait sa libération. Les soutiens du jeune activiste demandent désormais l’abandon des poursuites.