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Pays basque : Des milliers de manifestants dénoncent la répression des mouvements sociaux

Des milliers de personnes ont manifesté à Bilbao pour dénoncer la criminalisation croissante des mouvements sociaux et l’impunité de la police autonome basque, l’Ertzaintza. À l’appel de onze collectifs et individus ayant subi des violences ou des poursuites, et avec le soutien de près de 200 organisations, les participants ont réclamé le respect du droit de manifester et des libertés civiles et politiques. Les intervenants ont dénoncé des arrestations, des sanctions et des interventions policières liées à diverses mobilisations sociales, politiques ou linguistiques. Les organisateurs ont également exprimé leur solidarité avec deux membres du collectif Iranekin Bat, récemment arrêtés puis remis en liberté sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une enquête pour des liens présumés avec le Hezbollah.

Allemagne : Les avocats des « Ulm 5 » accusent le tribunal de partialité

Lors des audiences des 15 et 19 juin à Stuttgart, les avocats des « Ulm 5 » ont dénoncé plusieurs décisions du tribunal, notamment l’interdiction faite au public de prendre des notes avec certains stylos et le refus de permettre des entretiens sans séparation physique entre avocats et prévenus. Les avocats accusent également la chambre de transformer l’exercice normal des droits de la défense en argument pour prolonger la détention des accusés, et ont déposé de nouvelles demandes de récusation pour suspicion de partialité.

La défense critique en outre des contrôles de sécurité jugés humiliants envers les personnes assistant aux audiences, estimant qu’ils portent atteinte au caractère public du procès. Elle a également demandé l’examen d’un reportage sur les blessures infligées à des enfants à Gaza afin d’éclairer les motivations des accusés. L’audience a enfin été marquée par une polémique après qu’un échange avec la présidente du tribunal, Kathrin Lauchstädt, a conduit les avocats à l’accuser d’adopter une conception autoritaire de son rôle. La prochaine audience du procès est prévu le 29 juin à Stuttgart-Stammheim.

Iran : Une prisonnière kurde en grève de la faim depuis 15 jours, son état de santé inquiète

Détenue à l’isolement dans la prison centrale de Sanandaj depuis son arrestation le 6 juin, la Kurde Kazhal Rahmani observe une grève de la faim pour dénoncer sa détention arbitraire, ainsi que les pressions exercées sur sa famille. Selon l’organisation Hengaw, son état de santé s’est fortement dégradé après quinze jours sans s’alimenter : elle aurait subi une sévère chute de tension et perdu connaissance à plusieurs reprises. Malgré les recommandations médicales, elle refuse d’interrompre son mouvement tant que ses revendications ne seront pas entendues. Son arrestation est intervenue lors d’une opération menée par les services de renseignement, qui auraient également arrêté son frère, Danial Rahmani, et son époux, le militant des droits civiques Issa Feyzi. Les proches dénoncent des perquisitions sans mandat et des violences lors des interpellations. Aucune information n’a été communiquée sur le lieu de détention ni sur l’état de santé des deux hommes, qui restent privés de tout contact avec leurs familles.

USA : 15 militants inculpés pour une supposée conspiration visant des agents de l’ICE

La procureure fédérale du Minnesota a annoncé l’inculpation de 15 militants accusés d’avoir participé à une organisation visant à entraver des opérations fédérales d’immigration menées par l’ICE dans l’État. Selon l’accusation, les faits s’inscrivent dans le contexte des mobilisations contre les raids migratoires du début de l’année, et constitueraient une tentative coordonnée d’obstruction à des agents fédéraux, dans une affaire présentée comme liée à des réseaux qualifiés d’« antifa », désignés comme mouvement terroriste intérieur par l’administration Trump.

Les procureurs affirment que les personnes mises en cause auraient agi au sein ou autour d’un collectif identifié comme Direct Action Minnesota, en utilisant des outils de communication cryptée et des réseaux de surveillance pour suivre les déplacements des agents et organiser des blocages. Les charges incluent notamment conspiration, obstruction à des agents fédéraux, dégradations et violences présumées lors des opérations. La défense, de son côté, dénonce une poursuite à caractère politique visant à réprimer la contestation des politiques migratoires, plusieurs avocats contestant la solidité des preuves et invoquant la protection de la liberté d’expression.

Bolivie : L’état d’urgence décrété pour 90 jours face à la poursuite des blocages

Le président bolivien Rodrigo Paz a annoncé le 20 juin 2026 l’instauration de l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire pour une durée de 90 jours, afin de faire face à des blocages routiers et à des mobilisations paysannes qui durent depuis plus de 50 jours. Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de rétablir la circulation, tandis que des organisations rurales dénoncent une réponse répressive à une crise sociale et politique.

Le décret autorise la Police nationale et les Forces armées à intervenir pour lever les blocages, y compris par la force. Une partie du mouvement a entre-temps signé un accord avec la Centrale ouvrière bolivienne (COB), sans mettre fin aux mobilisations les plus déterminées, notamment dans les zones rurales. Le gouvernement accuse certains groupes de « déstabilisation » et de « narco-terrorisme », des termes visent à légitimer une politique de criminalisation des protestations.

Belgique : Des données d’agents de la Sûreté de l’État compromises lors d’une cyberattaque

Entre mai 2025 et le printemps 2026, la Sûreté de l’État belge a été victime d’une cyberattaque ayant visé un logiciel fourni par une société externe chargée de sécuriser les téléphones professionnels de ses agents. L’intrusion a permis le vol de données personnelles telles que les noms, prénoms et numéros de téléphone d’agents et, potentiellement, de leurs contacts, sans toutefois atteindre les informations classifiées ni les systèmes internes du service de renseignement.

L’attaque exploiterait des failles connues d’un logiciel de gestion de terminaux mobiles utilisé par plusieurs institutions à travers le monde. Si les autorités n’ont pas confirmé l’origine de l’intrusion, des vulnérabilités similaires ont été exploitées dans d’autres cyberattaques récentes contre des infrastructures sensibles. Les autorités belges soulignent que des mesures de correction ont été engagées et que les données les plus sensibles sont restées protégées.

USA : Discours de Mumia Abu Jamal à l’occasion de Juneteenth

À l’occasion de Juneteenth, journée commémorative aux États-Unis qui marque le 19 juin 1865, date à laquelle les dernières personnes esclavisées au Texas ont été informées de leur liberté (soit plus de deux ans après la proclamation d’émancipation de 1863), le prisonnier politique Mumia Abu Jamal a pris la parole et dénoncé la situation politique actuelle.

Eh bien, dans ce moment, dans cette époque de dislocation complète, vous savez, les gens peuvent se rassembler et créer de nouveaux espaces pour les dislocations à venir. Et seuls les êtres humains peuvent le faire, car c’est uniquement dans l’intérêt humain de le faire. Et une fois qu’ils le font, de nouvelles choses voient le jour. Vous savez, je me souviens avoir lu des choses sur la Révolution française et, vous savez, ils avaient des grèves et ils avaient, vous savez, de très grands groupes de personnes qui se rassemblaient pour résister.

Et, vous savez, à bien des égards, la vieille France a été transformée. Et quand on pense même à quelque chose comme l’affrontement avec le groupe MOVE à Philadelphie dans les années 1980, pendant ces périodes de haute tension et de grand stress, les gens n’ont pas réalisé que la criminalité avait baissé. Vous voyez ce que je veux dire ? Alors, en partie, c’était parce qu’une partie de la ville était occupée par un nombre impressionnant de policiers, mais c’est aussi parce que les gens regardaient d’une manière et des choses qu’ils n’avaient jamais vues auparavant. N’est-ce pas ?

Et lorsque les gens détournent leur attention de l’individu pour la porter sur le collectif, ils voient des choses que leur esprit ne les avait jamais préparés à voir. Ils voient des gens travailler ensemble, se battre ensemble et lutter ensemble contre l’État. Lorsque cela se produit, la conscience change. Pour certains d’entre nous, elle va s’élargir et les gens vont ressentir, voir et commencer à goûter et à humer de nouvelles possibilités, de nouvelles façons de vivre les uns avec les autres, et de nouvelles formes de résistance face à l’empire, à la classe des milliardaires et à l’élite dirigeante. Ce sera transformateur. Ce sera transformateur.

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Seysses : Des refus de parloir liés aux protections hygiéniques détectées par un portique de sécurité

L’installation récente d’un portique de sécurité à ondes millimétriques à la prison de Seysses en Haute-Garonne suscite une vive controverse. Plusieurs visiteuses affirment s’être vu refuser l’accès au parloir après le déclenchement du dispositif, qui aurait détecté leurs protections hygiéniques. L’une d’elles dénonce une situation humiliante et affirme avoir été empêchée de voir son conjoint détenu malgré l’absence de tout objet prohibé.

Des avocates et le barreau de Toulouse ont dénoncé une atteinte au droit à la vie familiale et réclamé des explications à l’administration pénitentiaire. Le ministère de la Justice assure que le portique, déjà utilisé dans d’autres établissements et dans les aéroports, ne présente aucun dysfonctionnement et évoque plutôt une mauvaise application des procédures. Une note interne aurait depuis été diffusée afin de prévoir des solutions alternatives, notamment des parloirs sous hygiaphone lorsque le doute ne peut être levé.

Allemagne : Özgül Emre met fin à sa grève de la faim après avoir obtenu le droit de porter ses vêtements

La journaliste révolutionnaire Özgül Emre, emprisonnée en Allemagne depuis 2022, a mis fin à sa grève de la faim le 12 juin 2026 après 36 jours de mobilisation. Elle protestait contre l’obligation de porter l’uniforme pénitentiaire qui lui avait été imposée à la suite de son passage sous le régime des détenus condamnés. Transférée à sa demande vers la prison de Bielefeld-Brackwede, elle a été autorisée à récupérer et porter ses propres vêtements. Selon les informations communiquées par son avocate, Özgül Emre considère avoir atteint son objectif et qualifie cette issue de victoire. Elle a également indiqué que son état de santé ne suscitait pas d’inquiétude particulière.

Pays basque : Le prisonnier basque Oskar Barreras dénonce six semaines d’isolement disciplinaire

Le prisonnier politique basque Oskar Barreras, incarcéré depuis 29 ans, est placé à l’isolement depuis six semaines pour avoir revendiqué son droit à occuper seul sa cellule. Cette mesure contrevient à la réglementation pénitentiaire espagnole et est une atteinte à ses droits fondamentaux. Pour protester contre cette situation, Oskar Barreras a entamé une grève des communications et des promenades.

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