Quatorze militants de la coalition « Guerre à la guerre » seront jugés le 3 novembre à Thonon-les-Bains après une action menée dans la nuit du 12 au 13 juin sur le site de l’entreprise Nicomatic, à Bons-en-Chablais (Haute-Savoie). Les activistes ont voulu dénoncer la vente de composants militaires à des régimes autoritaires en distribuant des tracts, en collant des autocollants et en réalisant une mise en scène avec de la peinture à l’eau. L’intervention a donné lieu à un important déploiement des forces de l’ordre, avec notamment le recours au GIGN, à des drones et à des caméras thermiques. Ils dénoncent également des violences lors des interpellations et appellent à une mobilisation de soutien ainsi qu’à une collecte de fonds pour financer la défense des personnes poursuivies.
Pour retenir sa culpabilité, le tribunal s’est appuyé sur plusieurs éléments matériels : son interpellation à proximité des lieux peu après l’incendie, la découverte dans son sac de bouteilles contenant des produits inflammables munies d’un dispositif d’allumage, ainsi que des traces d’hydrocarbures relevées sur ses chaussures. Les juges ont toutefois précisé que la condamnation ne reposait pas sur ses convictions anarchistes ni sur les documents saisis à son domicile, tout en tenant compte de son absence d’antécédents judiciaires et de la détention préventive déjà effectuée.
Longtemps sans nouvelles, sa famille a appris début avril qu’elle était détenue à l’isolement, d’abord à Alep puis à Damas, où elle a subi des tortures physiques et psychologiques. La mobilisation de son avocat, de sa famille et de plusieurs mouvements de solidarité a accru la pression sur les autorités syriennes. Damas justifiait son arrestation par un défaut présumé de documents d’identité, une version contestée par son avocat. Son collègue Ahmet Polad, enlevé à Raqqa avec Eva, est toujours détenu par l’Administration intérimaire syrienne. Selon des témoins, il a été incarcéré à la prison d’Alep, où il se trouverait encore.
Le 13 juin 2026, plus de 1 000 personnes ont manifesté à Berlin contre un projet de renforcement des capacités de surveillance numérique de la police et des autorités migratoires. La mobilisation s’opposait à un ensemble de mesures discutées au Bundestag, incluant l’usage de la reconnaissance faciale et vocale, l’analyse automatisée de données publiques en ligne et le recours à des logiciels d’analyse comme ceux développés par Palantir Technologies.
Le projet prévoit également une extension des outils de surveillance utilisés par la police et l’Office fédéral des migrations et des réfugiés (Bundesamt für Migration und Flüchtlinge, BAMF), ainsi que l’installation de caméras à intelligence artificielle dans certains espaces urbains considérés comme sensibles, comme la Rigaer Straße ou le Görlitzer Park.
Le 18 juin 2026, un tribunal de Casablanca a condamné six mineurs à six mois de prison pour « entrave à la circulation » dans le cadre des manifestations du collectif de jeunes GenZ 212, qui s’étaient déroulées à l’automne 2025. Les faits reprochés concernent le blocage d’une autoroute urbaine à Casablanca lors de rassemblements liés aux revendications du mouvement, qui appelait à des réformes dans les secteurs de la santé et de l’éducation ainsi qu’à la lutte contre la corruption. Selon la défense, quatre des mineurs, placés en détention provisoire dans un centre spécialisé, ont pu être libérés après avoir purgé leur peine, tandis que la situation des deux autres restait incertaine quant à l’exécution effective de la condamnation.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de poursuites judiciaires liées à ces manifestations, qui ont également concerné des dizaines de jeunes majeurs condamnés à des peines de prison avec ou sans sursis. Au total, plus de 2 400 personnes ont été poursuivies dans le cadre de ces événements, selon le parquet, dans une période marquée par des mobilisations sociales très importantes.
Le programme de contre-insurrection mené par l’administration Marcos Jr. puis Duterte aux Philippines, entre le 1er juillet 2022 et le 31 mars 2026, se solde par une crise humanitaire majeure. Les forces de l’ordre et le gouvernement se rendent coupables de graves atteintes aux droits humains, totalisant 137 exécutions extrajudiciaires, 16 disparitions forcées et 873 arrestations illégales ou arbitraires. Parallèlement, les autorités imposent 579 fausses redditions de combattants de la guérilla maoïste.
La répression s’étend à des manœuvres militaires d’envergure qui ont pour vocation de terroriser et déraciner les populations civiles, comptabilisant 59 284 bombardements, 70 028 épisodes de tirs aveugles et 49 375 évacuations forcées. Parallèlement, où les cas de menaces, de harcèlements et d’intimidations atteignent le nombre de 10 837 122 victimes.
Le 19 juin 2026, la justice turque a condamné Ayşe Gökkan, ancienne porte-parole du mouvement féministe kurde TJA (Mouvement des femmes libres), à une peine totale de 19 ans et 6 mois de prison pour « appartenance à une organisation illégale », et a ordonné le maintien de sa détention. Déjà détenue, elle a assisté à l’audience par visioconférence depuis la prison de femmes de Sincan, tandis que ses avocats et plusieurs organisations de défense des droits des femmes étaient présents au tribunal de Diyarbakır. Cette décision intervient dans le cadre d’une procédure relancée après l’annulation en appel de condamnations précédentes.
Au Royaume-Uni, Mikey (Michael Sackur) reste en détention après avoir été arrêté à Leicester en avril pour une présumée implication dans des actions visant à perturber UTACS, une filiale du principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems. Placé en détention provisoire depuis son arrestation, il a de nouveau vu sa demande de libération sous caution rejetée par un juge. Il est actuellement incarcéré à la prison de Wandsworth à Londres. Pour lui écrire :
Michael Sackur A9340FK HMP Wandsworth PO Box 757 Heathfield Road Wandsworth London, SW18 3HU
Le 15 juin, les autorités boliviennes ont refusé l’entrée sur le territoire à une mission humanitaire composée de représentants d’organisations argentines de défense des droits humains venus enquêter sur les allégations de violations commises lors de la répression des récentes manifestations en Bolivie. À leur arrivée à l’aéroport d’El Alto, près de La Paz, les membres de la délégation ont vu leurs documents retenus par les services migratoires avant d’être contraints de reprendre un vol vers Santa Cruz.
Selon la délégation, les autorités ont d’abord invoqué une erreur administrative les ayant enregistrés comme touristes, avant de justifier leur expulsion par l’absence présumée d’itinéraire et de réservation d’hébergement, en se référant à la loi bolivienne sur les migrations. Les membres de la mission affirment avoir pourtant déclaré se rendre en Bolivie pour documenter les accusations de répression, alors que plusieurs organisations dénoncent depuis plusieurs semaines des morts, des arrestations, des mauvais traitements et des actes de torture visant des manifestants.
À Turin, les suicides de deux jeunes militants engagés dans les mobilisations de soutien à la Palestine ont suscité une vive émotion et relancé les critiques contre la politique de criminalisation du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. Le premier, appelé « F. », poursuivi pour sa participation à des manifestations organisées à l’automne 2025, faisait l’objet depuis février 2026 d’une interdiction de résidence à Turin, la ville où il vivait, étudiait et entretenait l’essentiel de ses liens sociaux. Quelques jours après avoir appris le maintien de cette mesure, il s’est suicidé. Dans un message laissé avant sa mort, il évoquait notamment le sentiment d’injustice provoqué par la décision judiciaire.
Début juin, un second militant, « C. » (surnommé « Chimi » par ses proches), également poursuivi dans le cadre des mobilisations pro-palestiniennes à Turin, a lui aussi mis fin à ses jours. Plusieurs de ses camarades, visés dans la même procédure et soumis à une obligation de résidence assortie de restrictions de déplacement, avaient demandé l’autorisation exceptionnelle d’assister à ses funérailles à Settimo Torinese, commune voisine de Turin. Leur requête a été rejetée au motif qu’ils n’avaient pas de lien familial direct avec le défunt. Les deux affaires ont ravivé le débat sur le recours aux mesures de contrôle judiciaire contre les manifestants pro-palestiniens, dans une ville où les poursuites et restrictions imposées aux militants sont dénoncées comme particulièrement nombreuses par rapport à d’autres juridictions italiennes.