À Paris, le 23 décembre 2025, un hommage a été rendu aux militants kurdes assassinés lors des attaques de 2013 et 2022, dont Evîn Goyî, Mîr Perwer et Abdurrahman Kızıl, organisé devant le Centre Démocratique du Kurdistan à Paris (KCDK-E). Les participants ont dénoncé l’impunité et la lenteur des enquêtes, critiquant la rétention de documents classés « secret défense ». Les associations kurdes, notamment l’Association des Femmes Kurdes en Europe (TJK-E), ont souligné que ces attaques visaient le mouvement pour la liberté des femmes kurdes et affirmé : « Nous n’allons pas pleurer, nous allons demander des comptes ».

Samedi 10 janvier à Paris, une grande marche européenne est organisée pour exiger vérité et justice pour ces crimes au départ de Gare du Nord à 10H.

Rexhino Abazaj, dit « Gino », militant antifasciste albanais de 33 ans, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire à Paris le 24 décembre, dans l’attente de l’examen d’un éventuel transfert vers l’Allemagne le 28 janvier. Visé par un mandat d’arrêt européen émis par la Hongrie suite à sa participation à une mobilisation antifasciste en janvier 2023 à Budapest, il n’avait pas été extradé par la France en raison de risques de traitements inhumains et d’un procès inéquitable. Un nouveau mandat, émis par l’Allemagne pour les mêmes faits, a conduit à son arrestation mi-décembre (voir notre article). Alors qu’il encourt jusqu’à dix ans de prison en Allemagne, son cas s’inscrit dans un contexte de criminalisation de l’antifascisme en Europe. La prochaine audience de Gino se tiendra le 28 janvier.

En France, plusieurs Palestiniens témoignent dans Politis de pressions exercées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) au cours de leurs démarches de naturalisation : convoqués sous couvert d’« enquête de moralité », ils disent avoir été interrogés sur leur entourage et leurs engagements associatifs pro-palestiniens, notamment au sein de l’Union générale des étudiants palestiniens (GUPS), et s’être vu suggérer de transmettre des informations aux services de renseignement en échange d’un appui implicite à leur dossier. Certains relatent des retards prolongés, des refus motivés par des « notes blanches » évoquant leur « environnement », ou des insinuations liant leur identité à des risques sécuritaires, avant d’obtenir parfois la nationalité après des années de recours.

Huit militants d’Extinction Rebellion ont comparu le 22 décembre devant le tribunal de Saverne pour avoir inscrit « Stocamine contamine » sur un pont du Bas-Rhin, une action dénonçant les risques liés aux 42 000 tonnes de déchets toxiques stockées sous la plus grande nappe phréatique d’Europe occidentale. Initialement poursuivis pour une dégradation légère, les faits ont été requalifiés, entraînant 55 heures de privation de liberté et des réquisitions de trois mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende par personne. La défense plaide la liberté d’expression et dénonce une procédure abusive, tandis que le parquet invoque le risque de récidive. Le délibéré est attendu le 15 janvier.

Organisée à l’appel de la Plate-forme Voix des prisonniers, les 20 et 21 décembre, une conférence internationale pour le soutien aux prisonnier·es politiques s’est tenue à Paris. Cette conférence a été un succès avec plus de 300 participants venant de nombreux pays. Des exposés et des témoignages ont documenté la situation de prisonnier·es et des discussions ont tendu au renforcement de la solidarité internationale sur ce front de lutte. Une importante délégation du Secours Rouge International a participé à la conférence avec deux contributions. La première, pour la table ronde consacrée à la place des prisonnier·es dans la lutte des classes, est intitulée Prisonnier·es politiques, sujets politiques. La seconde pour la table ronde du dimanche consacrée à la construction de la solidarité internationale, est intitulée Enjeux et problèmes du soutien internationaliste aux prisonnier·es révolutionnaires.

Lors d’une conférence internationale de solidarité avec les prisonniers politiques organisée à Paris, la membre de l’organisation féministe anticapitaliste Zora et journaliste Anna, présente à bord du bateau Conscience lors de la Flottille de la liberté en route vers Gaza, a déclaré avoir subi des violences sexuelles lors de son transfert entre deux prisons israéliennes après son arrestation par l’armée israélienne en mer et cinq jours de détention (voir la vidéo). Témoignant publiquement, elle a expliqué parler au nom de toutes les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles, notamment des prisonnières palestiniennes, affirmant que la honte incombe à l’État israélien et non aux victimes, et réaffirmant sa détermination à poursuivre la lutte jusqu’à l’obtention de la justice.

Dans toute l’Europe, une répression coordonnée vise des militant·es antifascistes, avec la coopération de plusieurs États, dont la France, suite à une mobilisation en 2023 à Budapest contre une commémoration néonazie. Depuis, une vaste opération se déploie pour arrêter, juger et intimider celles et ceux qui s’opposent à l’extrême droite et ses alliés. Parmi les personnes poursuivies figure Gino, réfugié en France, arrêté une première fois puis relâché, avant d’être de nouveau incarcéré récemment à la demande de l’Allemagne (voir notre article). Il attend désormais une décision d’extradition et encourt une lourde peine. Afin de le soutenir, ses soutiens appellent à lui écrire :

Monsieur ABAZAJ Rexhino · MAH D2 229 écrou n°1039609 · Centre pénitencier de Fresnes · Allée des Thuyas · 94260 Fresnes (France)

Quatre militants d’Extinction Rebellion ont été condamnés à des amendes après avoir inscrit des messages anti-SUV à la craie sur le trottoir devant une concession automobile à Angers, dans la nuit du 13 au 14 juin 2025. L’action visait à sensibiliser sur les impacts environnementaux des SUV et s’est déroulée devant le garage Val de Loire Automobile.

La grève de Zehra Kurtay se poursuit depuis plus 170 jours contre les violations de ses droits et les manœuvres des autorités françaises, notamment après la clôture de son dossier de demande d’asile par l’OFPRA (voir notre article). Son comité de soutien appelle à une mobilisation le lundi 22 décembre devant l’OFPRA à 11H30, puis devant la Cour nationale du droit d’asile à 14H, afin de protester contre le report de l’audience d’appel de la préfecture au 12 janvier. Par ailleurs, ils appellent également à être présent le 12 janvier 2026 pour l’audience finale, afin d’exiger que son droit au séjour en France soit respecté.

Les tests ADN commerciaux visant à révéler des origines génétiques, bien que scientifiquement contestés et officiellement interdits en France, sont largement accessibles via des entreprises étrangères et posent de lourds risques de surveillance et de marchandisation des données. En alimentant d’immenses bases privées, ces tests facilitent le fichage génétique de masse, exposent les données à des piratages et reventes, et peuvent être exploités par les forces de l’ordre via la généalogie génétique pour résoudre des enquêtes, y compris en identifiant des individus par leurs liens familiaux éloignés. Le gouvernement français envisage d’encadrer légalement cette pratique afin d’y recourir pour les vieilles affaires non élucidées, ce qui suscite de vives inquiétudes sur les libertés publiques.