Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Dans un rapport publié ce mercredi apparaissent les coûts réels d’entretien du camp de prisonniers de Guantanamo. Alors que celui-ci avait été évalué par Obama en mai dernier à 900.000 dollars par détenu, il s’avère que pour l’exercice fiscal qui s’achèvera à la fin du mois de septembre, le coût total s’élèvera à 454 millions de dollars. Cela représente 2,7 millions de dollars pour chacun des détenus. Depuis son ouverture en 2002, 4,7 milliards de dollars ont été dépensés pour Guantanamo.

Moins de 6 mois après l’assassinat de Chokri Belaid, un deuxième dirigeant du Front Populaire, Mohamed Brahmi a été assassiné suivant le même mode opératoire, sortant de son domicile devant sa femme et ses enfants, de 11 balles tirées par deux motards. Ce dirigeant d’un parti nationaliste de gauche, le Courant Populaire, était député de Sidi Bouzid, la ville d’où avait commencé la révolution et où ont eu lieu ces derniers mois de nombreuses mobilisations populaires contre le gouvernement et contre le siège local du parti islamiste au pouvoir, Ennahdha.

assassinat de Mohamed Brahmi

Des manifestations ont eu lieu en réaction à cet assassinat. La police tunisienne a fait usage jeudi après-midi de gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs centaines de manifestants qui ont occupé un local administratif à Sfax, la grande ville du littoral située à 250 km au sud de la capitale. Les protestataires ont lancé des pierres sur les forces de l’ordre.

assassinat de Mohamed Brahmi

Issue d’une famille de commerçants juifs polonais, Rosa Luxemburg fait de brillantes études au lycée de Varsovie qui se trouve alors dans l’empire russe. Militante au sein du parti révolutionnaire « Prolétariat », elle doit fuir en Suisse où elle passe une thèse d’économie politique. Ayant acquis la nationalité allemande en 1898, Rosa Luxemburg milite au parti social-démocrate (SPD). Marxiste de haut niveau, elle rédige plusieurs travaux théoriques importants. Pendant la Révolution russe de 1905, Rosa Luxemburg se rend à Varsovie, mais arrêtée, elle échappe de peu à l’exécution.

Rosa Luxemburg

De retour en Allemagne, en 1906, elle appartient au courant minoritaire, marxiste révolutionnaire, d’un SPD devenu réformiste. Contrairement à la majorité du SPD, elle s’oppose en 1914 à la guerre et son action pacifiste révolutionnaire lui d’être emprisonnée en 1915. En 1916, la crise du SPD la conduit à fonder avec Karl Liebknecht, Franz Mehring et Clara Zetkin, la Ligue des Spartakistes, mouvement révolutionnaire. Les Spartakistes accueillent avec enthousiasme la révolution d’octobre, même si Rosa Luxembourg diverge de Lénine en ceci que celui-ci met d’avantage en avant le rôle du parti et de l’insurrection et celle-là le rôle des conseils ouvriers et de la grève de masse.

L’Empire allemand tombe à la fin 1918, lors de la Révolution de Novembre des soldats et des ouvriers proclament la République. Mais le mouvement prolétarien est divisé entre réformistes et révolutionnaires. La révolution permet à Rosa Luxemburg de sortir de prison : une amnistie politique est prononcée le 6 novembre ; elle-même est libérée le 10 et regagne Berlin. Les dirigeants spartakistes se réunissent et fondent un nouveau journal, Die Rote Fahne (« Le Drapeau rouge »). Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht y appellent le prolétariat allemand à poursuivre la révolution et à former des conseils ouvriers pour en prendre la direction et constituer une République des conseils. Pour les Spartakistes, la révolution doit désormais s’étendre à toute l’Europe avec le soutien de la Russie soviétique.

Révolution de Novembre à Berlin

Mais le SPD, qui a formé le gouvernement Ebert veut éviter une révolution soviétique et aspirent à une république démocrate bourgeoise. Le 6 décembre, des troupes gouvernementales occupent la rédaction de Die Rote Fahne. Une manifestation spartakiste est dispersée à coups de mitrailleuse, faisant treize morts et trente blessés. Les Spartakistes forment le Parti communiste d’Allemagne (KPD) lors d’un congrès tenu du 30 décembre 1918 au 1er janvier 1919. Rosa Luxemburg plaide pour la participation du KPD à l’élection de la nouvelle Assemblée constituante, mais la majorité se prononce pour le boycott de ces élections.

Début janvier 1919, l’agitation révolutionnaire monte : le KPD forme avec d’autres groupes révolutionnaires, dans la nuit du 5 au 6, un comité révolutionnaire et décide de passer à l’insurrection. Rosa Luxemburg juge le mouvement prématuré mais choisit de le soutenir. Le soulèvement échoue et le ministre SPD Noske confie la répression aux Freikorps (« corps francs »), des groupes de militaires et paramilitaires monarchistes ayant refusés la démobilisation et continuant à se battre pour rétablir l’ancien régime ou conserver les provinces anciennement allemandes en Silésie. Les insurgés sont massacrés.

L’insurrection spartakiste à Berlin

Rosa Luxemburg fait paraître le 14 janvier 1919 son dernier article, amèrement intitulé L’Ordre règne à Berlin. Le lendemain, des militaires se présentent à son domicile clandestin et l’emmène, avec Wilhelm Pieck, à l’hôtel Eden qui sert de quartier-général provisoire. Interrogée, elle refuse de répondre aux questions. Des militaires la font ensuite sortir de l’hôtel pour l’escorter en prison. Alors qu’elle est dirigée vers la sortie de l’hôtel, elle est frappée à la tête à coups de crosse de fusils ; les soldats la font ensuite monter dans une voiture pour prétendument la conduire en détention. Alors que le véhicule à peine parcouru cent mètres, Rosa Luxemburg est tuée d’une balle dans la tête par l’un des militaires, probablement le lieutenant qui commandait l’escorte. Son cadavre est jeté dans le Landwehrkanal. Karl Liebknecht, arrêté lui aussi, est également tué en sortant de l’hôtel Eden, par l’escorte qui officiellement l’emmenait en prison.

Freikorps

Symboliquement, un cercueil vide représentant Rosa Luxemburg est enterré le 25 janvier en même temps que celui de Liebknecht et de 31 autres victimes de la répression. Un corps identifié comme celui de Rosa Luxemburg est finalement repêché le 31 mai. Leo Jogiches tente de découvrir la vérité sur la mort de Rosa Luxemburg : en mars, il est arrêté à son tour, puis tué au quartier général de la police. Les assassins seront condamnés symboliquement et seront par la suite dédommagés par le régime nazi (qui versera également une prime au procureur ayant étouffé l’affaire)

Funérailles de rosa Luxemburg

La tombe de Rosa Luxembourg se situe au cimetière central de Friedrichsfelde de Berlin, où un hommage lui est rendu chaque deuxième dimanche de janvier par des milliers de personnes. Sur cette vidéo le cortège de janvier 2012:

La délégation de notre Secours Rouge au 90e anniversaire de l’assassinat de Rosa Luxembourg (janvier 2009)

Rosa Luxemburg
Révolution de Novembre à Berlin
L'insurrection spartakiste à Berlin
Freikorps
Funérailles de rosa Luxemburg
La délégation de notre Secours Rouge au 90e anniversaire de l'assassinat de Rosa Luxembourg (janvier 2009)

En mai dernier, Maria Alekhina s’était vue refuser sa demande de libération anticipée après plus d’un an de détention au camp de Berezniki. L’an dernier, tout comme deux autres membres du groupe Pussy Riot, elle a été condamnée à deux ans de camp pour avoir chanté une ‘prière punk’ dans une cathédrale de Moscou. Hier, le tribunal de Perm a rejeté la requête de la jeune femme qui contestait la décision prise il y a quelques mois. Le procureur a justifié sa décision en expliquant qu’elle continuait à violer le règlement intérieur de la colonie pénitentiaire. Bien qu’elle ait été transféré à Perm à la veille de l’audience, Maria Alekhina n’était pas présente dans la salle du tribunal et a dû suivre les débats par vidéoconférence, une séance souvent interrompue et émaillée d’incidents techniques. Vendredi sera examinée une demande similaire introduite par Nadejda Tolokonnikova. Tout comme pour Maria Alekhina, les autorités avaient refusé sa libération anticipée en avril dernier et la musicienne conteste cette décision.

En début de semaine, plus de 4000 personnes sont descendues dans les rues de Lima pour dénoncer la manière avec laquelle le Congrès a nommé les nouveaux membres de la Cour Constitutionnelle, de la Banque Centrale ainsi que le ombudsman national. Le cortège a démarré sur la Plaza San Martin et s’est dirigé vers le Congrès où il s’est heurté à un énorme barrage policier. A l’arrivée de la foule, les policiers anti-émeute ont utilisé des lances à eau et des gaz lacrymogène pour empêcher les manifestants de s’approcher du bâtiment officiel. Au total, onze personnes ont été interpellées. Dix d’entre elles ont été relâchées le lendemain matin. La dernière est toujours détenue, accusée d’avoir attaqué un policier.

La Chambre américaine des représentants a rejeté mercredi un amendement qui visait le financement du programme de la NSA de collecte de métadonnées téléphoniques de millions d’Américains avec l’autorisation d’un cour secrète. L’objectif de l’amendement était de faire en sorte que la surveillance ne s’applique qu’aux Américains visés par une enquête spécifique. Cet amendement était inclus dans un vaste projet de loi sur le budget du département de la Défense. Cet amendement était soutenu par une coalition hétéroclite d’élus allant des très conservateurs aux démocrates les plus à gauche. Il a été rejeté par 217 voix contre et 205 pour.

L’Union turque des journalistes (TGS) a expliqué hier que plus de 70 journalistes ont soit été soit licenciés, soit contraints de quitter leur poste ou de démissionner depuis le début, le 31 mai, du mouvement de protestation contre le gouvernement islamo-conservateur. 22 ont été licenciés, 37 forcés à quitter leur poste et le sort de 14 autres est en suspens. Le syndicat dénonce les pressions des autorités sur les organes de presse pour se débarrasser des journalistes jugés peu complaisants à l’égard des politiques suivies par le gouvernement.

Quinze personnes ont été blessées au cours de nouveaux heurts entre membres des forces de l’ordre et opposants au TAV, le projet de TGV Lyon-Turin, samedi 21 au matin dans le Val de Suse. Neuf personnes ont été interpellées à l’issue de ces incidents qui ont entraîné la fermeture pendant une heure de l’autoroute A32 reliant Turin à Bardoneccia (nord) en raison d’un incendie. Au cours de ces incidents, durant lesquels les manifestants ont jeté des pierres contre les forces de l’ordre, treize policiers et carabiniers ont été légèrement blessés tandis que deux manifestants souffrent de contusions. L’un d’entre eux a été placé en observation à l’hôpital.

Quelque 250 « No-TAV » s’étaient donné rendez-vous dans la nuit aux abords du chantier. Tandis que certains tentaient de forcer les barrières de sécurité, d’autres ont allumé un incendie à l’entrée de la galerie ou accumulé des détritus pour bloquer une bretelle d’autoroute de service. Ils ne sont toutefois pas parvenus à pénétrer sur le chantier.

Ces derniers jours, des sociétés travaillant sur le TAV ont été attaquées: Le 15 juillet, un bulldozer de l’entreprise Effedue [F2] de Suse a été incendié; le 21 juillet une pelleteuse de l’entreprise Salbertrand a été incendiée à l’intérieur du parking routier de Suse (il y a quelques semaines, puis une vingtaine de militants No Tav avait envahi le siège de la société Salbertrand, bloquant des camions de ciment et endommageant les bureaux).