Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

La police a dispersé lundi soir avec des gaz lacrymogènes des manifestants en marge de la réunion du pape avec la présidente Dilma Rousseff. Des centaines de manifestants, qui ont répondu à l’appel du groupe Anonymous s’insurgent contre les 53 millions de dollars que coûte la visite du pape et les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ), couraient dans toutes les directions à proximité du palais Guanabara où siège le gouvernement de Rio de Janeiro. Un cocktail Molotov a été lancé en direction des forces de l’ordre. Au moins un manifestant qui portait un masque blanc d’Anonymous a été arrêté.

Cette manifestation a conduit les services de sécurité à changer in extremis le programme du pape, en le faisant monter dans un hélicoptère pour aller du centre-ville au palais Guanabara. La visite du pape et les JMJ sont l’occasion de la plus rande opération de police de l’histoire de la ville: 7.000 policiers appuyés d’hélicoptères renforcent les 12.000 policiers de la ville, sans compter 1.700 policiers d’élite de la Force nationale, ceux de la police civile, routière et fédérale.

répression de la manifestation contre la visite du pape au Brésil

répression de la manifestation contre la visite du pape au Brésil

Les sections belges de l’Union des femmes socialistes (Turquie) et du comité de solidarité avec les prisonniers politique (Turquie), mène campagne avec notre Secours rouge pour deux militantes, Hatice Duman, l’ancienne rédactrice en chef du journal Atilim et Gülüzar Erman, une syndicaliste du textile, condamnées à la perpétuité sous couvert des lois anti-terroristes. Ce rassemblement mensuel sert aussi de point d’information pour tous les prisonniers révolutionnaires.

Un nouveau rassemblement aura ce jeudi 25 juillet de 17H00 à 18H00 en face de la Bourse.

Voir le dossier sur Hatice et Gülüzar

Bruxelles: Rassemblement jeudi pour Hatice et Gülüzar
Bruxelles: Rassemblement jeudi pour Hatice et Gülüzar

L’ancien chef du bureau de la CIA à Milan, recherché depuis sa condamnation en 2003 en Italie, a pu rentrer dimanche dans son pays alors qu’il avait été arrêté au Panama. La ministre italienne de la Justice avait envoyé une demande de détention provisoire de Bob Seldon Lady aux autorités panaméennes, obligatoire avant tout demande officielle d’extradition. Mais cette « demande n’a pas été prise en considération et cela sans explication plausible », a affirmé la ministre.

Seldon Lady avait été condamné à neuf ans de prison en 2003 pour l’enlèvement d’un imam égyptien qui bénéficiait de l’asile politique en Italie. L’imam avait ensuite été transféré en Egypte, où il affirme avoir été torturé dans une prison de haute sécurité. La justice italienne avait condamné 23 agents de la CIA dans le cadre de cette affaire à des peines allant de sept à neuf ans de prison. Aucun des 23 condamnés n’a pour l’instant purgé la moindre peine. A l’heure actuelle, ils restent tous en fuite.

Un détachement militaire a été attaqués par quelque 70 guérilleros des FARC dans la région frontalière avec le Venezuela. Les militaires circulaient sur une route de la province d’Arauca, près de la frontière avec le Venezuela, et étaient chargés de protéger l’oléoduc Cano Limon-Covenas (cet oléoduc avait été dynamité au début du mois par l’ELN). Douze combattants des FARC ont été capturés et présentés à la presse (photo), dont cinq ont été blessés, à la suite de la riposte de l’armée.

La veille quatre militaires et six guérilleros avaient été tués dans d’autres combats qui se sont déroulés samedi dans le département du Gaviare (sud). Au total, ce sont donc au moins 19 militaires ont ainsi trouvé la mort dans la seule journée de samedi, l’un des pires revers enregistrés par l’armée colombienne depuis plusieurs mois.

prisonniers des FARC

prisonniers des FARC

Au moins deux véhicules de la police militaire ont été brûlés lundi à Porto Alegre. Les véhicules se trouvaient dans le stationnement du bureau de la sécurité publique. L’incendie a débuté à 1 h, des traces de cocktails MLolotov ont été trouvées sur place.

porto alegre police militaire incendie

porto alegre police militaire incendie

Dimanche, la police a perquisitionné et mis en garde à vue 4 militants de Droit Au Logement à Bordeaux. Dans le même temps, d’autres policiers forçaient les portes du local de l’Union syndicale Solidaires 33 et le perquisitionnait aussi (ces locaux hébergent parmi d’autres le DAL mais aussi par exemple la Confédération paysanne). Le prétexte à cette répression est l’occupation récente d’un appartement, vide, par le DAL.

Harry John Salem, devenu Henri Alleg, est né dans une famille juive polonaise installée en Angleterre. Il vient à Paris au début des années 1920 puis se rend à Alger où il devient communiste au début des années ’40. En 1949, Henri Alleg siége au bureau politique du PCA. Il devient éditorialiste puis, en 1951, directeur d’Alger républicain, journal anticolonialiste auquel collaborait également Albert Camus. Avec la guerre d’Algérie, Alger républicain est interdit et les cadres du PCA passent dans la clandestinité.

Henri Alleg

Alger républicain

Pendant la guerre d’Algérie, la torture, les détentions et les exécutions extra-légales n’étaient pas de bavures mais un système. L’impunité était assurée aux militaires par un texte signé du ministre de la Défense et du Ministre de la justice (Robert Schuman, le « grand européen »), qui indique que les plaintes faisant suite à « de prétendues infractions » des forces de l’ordre : « devront faire l’objet d’un classement sans suite, dès lors qu’il apparaîtra incontestable que ces faits sont justifiés par les circonstances, la nécessité, ou l’ordre de la loi. »

guerre d’Algérie

Henri Alleg est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes au domicile de Maurice Audin, son ami, jeune mathématicien, arrêté la veille et qui sera lui torturé à mort. Alleg est séquestré un mois à El-Biar, où il est torturé lors de plusieurs séances: coups, décharges électriques, suffocation dans l’eau, brûlures, pendaisons. Il a su résister à ses bourreaux et le scandale provoqué par la mort de Maurice Audin lui sauva sans doute la vie: il est transféré au camp de Lodi, puis à Barberousse, la prison civile d’Alger. En prison, il écrit son témoignage que son avocat transmettra à l’extérieur. Une version condensée en est d’abord publié dans l’Humanité du 30 juillet 1957, qui sera saisie.

Le 12 février 1958, les Éditions de Minuit, fondée clandestinement sous l’occupation par la Résistance, publient, avec une préface Jean-Paul Sartre, La Question, la version la plus complète du témoignage d’Alleg. La « question » est le nom que l’on donnait à la torture dans l’Ancien Régime. Les rares journaux qui parlent du livre (L’Humanité, France observateur, l’Express) sont aussitôt censurés et, dès mars 1958, le livre est saisi en France. Un éditeur suisse le réimprime et fait passer clandestinement 150.000 exemplaires en France.

La Question d’Henri Alleg

L’interdiction assurera la notoriété du livre, les langues se délient et d’autres témoignages sont publiés, comme La Gangrène de Bachir Boumaza qui dénonce la torture d’étudiants algériens dans les locaux de la DST à Paris (l’ouvrage est immédiatement saisi). Comme l’écrivait Alleg: «Mon affaire est exceptionnelle par le retentissement qu’elle a eu. Elle n’est en rien unique. Ce que j’ai dit dans ma plainte, ce que je dirai ici illustre d’un seul exemple ce qui est la pratique courante dans cette guerre atroce et sanglante»

Trois ans après son arrestation, Alleg est inculpé d’« atteinte à la sûreté extérieure de l’État » et condamné à 10 ans de prison. Transféré en France, il est incarcéré à la prison de Rennes. Profitant d’un séjour dans un hôpital, il s’évade et se réfugie en Tchécoslovaquie. Il revient en France après les accords de paix et l’amnistie qui les accompagne (les « accords d’Évian »), puis en Algérie qu’il quitte après le coup d’État de Boumédiène en 1965.

Henri Alleg

De retour en France, il devient membre du Pôle de renaissance communiste en France. Déclarant en 1998 regretter « la dérive social-démocrate du PCF, qui abandonne son authenticité communiste », il s’engagera dans le Comité Honecker de solidarité internationaliste, qui soutient l’ancien dirigeant de la RDA poursuivi par la justice allemande, et il participera à la campagne pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, présidant des réunions publiques en 2005 et 2006.

Henri Alleg est décédé ce 17 juillet 2013. La Question reste une référence et un grand classique sur l’usage de la torture par la contre-insurrection. En 1977, le témoignage a été adapté en film par Laurent Heynemann, avec Jacques Denis dans le rôle d’Henri Alleg, Nicole Garcia dans celui de sa femme. Le film ne reprend pas à l’écran les plus éprouvantes descriptions du livre, mais était néanmoins interdit aux moins de 18 ans.

Henri Alleg
Alger républicain
guerre d'Algérie
La Question d'Henri Alleg
Henri Alleg

Les services secrets allemands ont rejeté dimanche les accusations d’un échange massif de données entre eux et la NSA, après la parution d’un article affirmant qu’ils utilisaient un logiciel de surveillance des services américains baptisé « XKeyscore ». Le chef des services secrets allemands a dit que ses services « testent » le logiciel mais ne l’utilisent pas… il a également nié un échange massif de données entre les services américain et allemand.

Le gouvernement espagnol a avalisé la procédure d’extradition vers le Pérou de deux membres présumés du PCP-SL: Victor Hugo Perales Perez Miranda et Mary Hilda Zamora. L’extradition de Perales Miranda est revendiquée par la justice péruvienne parce qu’elle aurait effectué divers actes de propagande (distribution de brochures et de participation à des conférences) en appui au PCP-SL entre 1990 et 1994 à l’Université nationale de San Marcos. Perez Zamora a été arrêté à Madrid le 9 mai 2011 est accusé d’avoir participé en tant que membre actif du PCP-SL à plusieurs opération de guérilla dans le nord du Pérou entre décembre 1989 et mars 1992.

Une énorme marée humaine a envahi jeudi soir le centre de Madrid. De grandes manifestations se sont aussi déroulées dans une centaine de villes du pays contre le plan de rigueur du gouvernement qui prévoit une hausse de la TVA et des coupes dans la fonction publique. Des centaines de milliers d’Espagnols ont manifesté, jeudi soir, contre la politique d’austérité du gouvernement de droite de Mariano Rajoy. Des manifestations se sont déroulées dans les grandes villes du pays.

C’est à Madrid que la manifestation a été la plus importante. Plus de 100.000 personnes ont protesté dans la capitale espagnole. Des incidents ont éclaté après la fin de la manifestation. La police a chargé et tiré sur les manifestants avec des balles en caoutchouc. Plusieurs personnes ont été légèrement blessées. D’autres ont été interpellées.