Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Alors que le Sénat argentin débattait ce 11 février d’une vaste réforme du travail portée par le président Javier Milei, prévoyant notamment l’allongement possible de la journée de travail et une flexibilisation accrue des droits des travailleurs, des manifestations ont été violemment dispersées place du Congrès à Buenos Aires. La police fédérale a utilisé gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc contre les protestataires, tandis que la mobilisation se poursuivait avec l’arrivée de nouveaux manifestants.

Le Syndicat National des Artistes Musicien·nes appelle à un rassemblement le 24 février 2026 dès 13H devant le tribunal judiciaire de Lyon pour soutenir un musicien militant poursuivi après avoir refusé de communiquer le mot de passe de son ordinateur saisi lors d’une perquisition liée à une enquête initiale pour « association de malfaiteurs », finalement abandonnée (voir notre article). Placé en garde à vue près de 48 heures en septembre 2025, l’intéressé reste jugé pour « refus de remettre une convention secrète de déchiffrement », un délit passible de trois ans de prison et d’une amende. Le syndicat dénonce une procédure visant un engagement militant et appelle à une mobilisation solidaire devant le tribunal.

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Le drapeau LGBTQIA+ a été retiré du site historique de Stonewall à New York après une directive fédérale liée à l’administration Trump limitant les drapeaux autorisés sur les monuments nationaux. La décision a suscité une vague d’indignation de nombreuses organisations qui dénoncent une tentative d’effacement symbolique de l’histoire du mouvement LGBTQIA+ et ont appelé à manifester. Le monument commémore les émeutes fondatrices du mouvement de libération LGBTQIA+ dans le monde occidental.

En juin 1969, des descentes de police répétées dans le bar gay Stonewall Inn à New York ont déclenché plusieurs jours de manifestations et d’affrontements menés par des personnes LGBTQIA+, en particulier des personnes trans et drag racisées comme Marsha P. Johnson et Sylvia River. Ces événements ont marqué un tournant : ils ont catalysé l’organisation politique du mouvement, favorisé la création d’associations militantes et inspiré les premières marches des fiertés, devenues depuis des mobilisations internationales pour les droits et la visibilité des personnes LGBTQIA+.

La Cour de cassation a confirmé le non-lieu en faveur des gendarmes impliqués dans la mort d’Adama Traoré en 2016, mettant fin aux recours judiciaires en France après dix ans de procédure. Les juges ont rejeté les arguments de la famille contre la décision rendue en 2023 et confirmée en appel en 2024, provoquant l’indignation de ses proches et de leurs soutiens qui dénoncent les violences d’Etat et le racisme systémique. Leur avocat a annoncé la saisine prochaine de la Cour européenne des droits de l’Homme afin d’obtenir la condamnation de la France. Le non-lieu concerne trois gendarmes ayant interpellé le jeune homme de 24 ans, décédé deux heures après son arrestation dans les locaux de la gendarmerie suite à un plaquage ventral.

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Après les affrontements ayant fait un mort sur le campus de l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (voir notre article), 109 étudiants ont été interpellés puis majoritairement libérés à l’issue de leurs auditions le 11 février, tandis que la garde à vue de trois responsables d’organisations étudiantes a été prolongée pour troubles à l’ordre public, vandalisme et participation à une manifestation non déclarée.

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Lors de la 31ᵉ Conférence internationale Rosa Luxemburg, un message de Daniela Klette, ancienne militante présumée de la RAF (Fraction Armée Rouge), a été transmis. Retenu par les autorités, ce texte, finalement publié par junge Welt (voir ici), offre un témoignage direct de Klette sur sa situation carcérale, la répression étatique dont elle fait l’objet et sa vision de l’engagement contre le capitalisme et l’impérialisme. Voir ci-dessous un extrait traduit en français :

« Les problèmes causés par la crise du système capitaliste occidental vont être reportés sur les classes populaires par le biais de baisses de salaires, d’épargne et de réductions des services sociaux, de santé et d’aide sociale – malgré la certitude que cela entraînera la propagation de la pauvreté, des maladies et du désespoir.

En apparence, la prétendue communauté de valeurs occidentale s’appuie sur l’option militaire pour maintenir ou imposer sa puissance. Dans la perspective de cette politique du plus fort militairement, des millions d’êtres humains sont voués à devenir de la chair à canon – et ce, une fois encore, dans les pays d’Europe occidentale, comme nous l’avons déjà constaté lors des deux guerres mondiales déclenchées par l’Allemagne. Aussi irrationnelle que cela puisse paraître, la volonté de mener le monde au bord du désastre pour le profit d’une minorité relève de la logique du capitalisme : « le capitalisme porte la guerre en lui comme un nuage porte la pluie. »

Nombreux sont ceux qui sont emprisonnés dans des complexes pénitentiaires à travers le monde pour diverses histoires de résistance contre la folie du capitalisme. Mumia Abu-Jamal, prisonnier politique aux États-Unis depuis 44 ans ; Ahmad Saadat, prisonnier de la résistance palestinienne du FPLP en Israël ; les 24 de Filton – prisonniers du mouvement Palestine Action en Angleterre (en grève de la faim au moment de la conférence) ; les « 5 d’Ulm », Maja, Hanna et tous les autres antifascistes ; Andreas Krebs et ses camarades emprisonnés Marianna, Dimitra et Dimitris Chatzivasileiadis en Grèce ; les prisonniers des PCE(r)/GRAPO en Espagne et des BR en Italie, incarcérés depuis des décennies ; les camarades emprisonnés en Turquie, en grève de la faim depuis des mois contre l’isolement, la torture et les centres de détention spéciaux ; les camarades kurdes emprisonnés en Allemagne ; et les milliers de prisonniers sur tous les continents que je ne peux citer ici. Ils vivent tous au milieu de cette folie capitaliste. Ils ont tous besoin d’une perspective de libération sociale internationale et de l’espoir de liberté. »

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Alex, militant de la Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire, a été condamné à 10 mois de sursis, 5 ans d’inéligibilité et d’interdiction de port d’arme, inscription au FIJAIT (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes) et à 2 000 € d’amende pour « apologie du terrorisme » suite à un discours lors d’une manifestation en mars 2025. Son procès, tenu le 13 janvier au tribunal de Paris, a suscité une vague de solidarité de la part d’organisations et personnalités (voir notre article).

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José Luis Moragues, membre fondateur du comité BDS France Montpellier et animateur local d’Urgence Palestine, a été condamné par la cour d’appel le 9 février à 8838 € d’amende et de dédommagements (dont 1 500 € avec sursis) pour avoir partagé sur Facebook une affiche dénonçant Israël et ses « complices », incluant plusieurs personnalités politiques locales et nationales. Initialement relaxé en première instance le 3 juillet 2024 et soutenu par l’avocat général en appel (voir notre article), il voit sa condamnation dénoncée par ses soutiens comme une atteinte à la liberté d’expression et à la solidarité avec le peuple palestinien, dans un contexte de menaces législatives et politiques visant les organisations pro-Palestine.

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À l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, la police a investi le campus principal le 10 février, provoquant de violents affrontements avec les étudiants protestant contre les retards de versement de leurs bourses. Un étudiant a été tué et plusieurs dizaines blessés, dont au moins neuf gravement. Les vidéos partagées sur les réseaux sociaux témoignent de la violence utilisée par les forces de l’ordre. Les étudiants avaient initialement prévu une manifestation appelée « lundi noir », mais celle-ci a tourné au drame en raison des policiers.

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L’Atelier invite à une rencontre politique le samedi 14 février 2026 dès 17h avec les collectifs Antirep Genève et Secours Rouges Genève. Cette soirée propose une découverte de leurs activités respectives à travers la projection de vidéos et l’écoute d’extraits de podcasts. Une formation et des discussions ouvertes permettront d’approfondir les thématiques abordées. L’événement se tiendra au 11 rue de la Coulouvrenière, au deuxième étage, à Genève.