Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

À Tacloban, la journaliste communautaire Frenchie Mae Cumpio et l’humanitaire Marielle Domequil ont été condamnées pour « financement du terrorisme », à l’issue d’une procédure liée à des faits remontant à 2019, dans lesquels elles sont accusées d’avoir apporté un soutien financier à la guérilla communiste menée par le Parti Communiste des Philippines et sa Nouvelle Armée Populaire. Le tribunal les avait toutefois précédemment acquittées des chefs de détention illégale d’armes et d’explosifs. L’affaire s’appuie notamment sur des éléments recueillis lors d’une perquisition en 2020 et sur l’application des lois antiterroristes philippines, dans un contexte sécuritaire marqué par une forte mobilisation des autorités contre les réseaux soupçonnés de liens avec l’insurrection.

À Mérignac, le chantier du futur centre de rétention administrative (CRA) a été la cible d’une action de sabotage durant le week-end du 16 au 18 janvier, avec des vitres pare-balles détruites, des gaines électriques sectionnées, du carrelage brisé, des installations d’eau et de vidéosurveillance endommagées et plusieurs équipements détruits. Le préjudice est estimé à près de 300 000 euros. Une enquête a été ouverte, sans revendication ni interpellation à ce stade. Malgré les dégâts, la préfecture affirme maintenir l’ouverture du site au premier semestre 2026. Ce nouveau CRA, prévu pour accueillir jusqu’à 140 personnes, doit remplacer celui de Bordeaux.

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En Tchita, le tribunal régional a interdit le « Zabaïkalskoïe levoie obïedinenie » (Union de gauche de Transbaïkalie) en le qualifiant d’organisation terroriste, à l’issue d’une procédure fondée principalement sur un petit canal Telegram aujourd’hui inactif et comptant moins de 100 abonnés. Les autorités présentent deux jeunes anarchistes emprisonnés, Alexandre Snezhkov et Lioubov Lizounova, comme « dirigeants » du mouvement, bien qu’ils affirment qu’il ne s’agissait que de pages personnelles sans structure, statuts ni organisation réelle. La décision s’appuie sur des éléments tels que des graffitis, un avatar de réseau social assimilé à un « drapeau » et des témoignages, et intervient alors que les deux prévenus ont déjà été lourdement condamnés pour vandalisme et « apologie du terrorisme » (voir notre article).

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À Düsseldorf, la défense de six jeunes militants antifascistes jugés devant la cour d’appel régionale (voir notre article) accuse le parquet fédéral de transformer la procédure en « procès-spectacle » à visée dissuasive et politique pour la gauche révolutionnaire. Les avocats estiment que le choix d’une juridiction de sûreté de l’État, la qualification de « tentative de meurtre » et la mise en scène sécuritaire du procès visent à présenter les prévenus comme des terroristes, afin d’intimider l’ensemble du mouvement antifasciste. Ils dénoncent une stratégie d’exemplarité punitive, un traitement plus sévère que dans plusieurs dossiers d’extrême droite, ainsi qu’un dispositif sécuritaire jugé humiliant pour les avocats, interprété comme une volonté de produire un effet médiatique et symbolique.

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Un guérillero de la Nouvelle Armée populaire (NPA) a été tué mardi 20 janvier par les troupes gouvernementales dans la province de Sorsogon. Des soldats du 31e bataillon d’infanterie de la 9e division s’étaient déployés dans la région à la frontière des  municipalités de Banban (Donsol) et de Catamlangan (Pilar). À leur arrivée, les soldats ont accroché environ sept membres de la NPA. Un maoïste est mort sur place, tandis que les autres sont parvenus à s’échapper. Les militaires ont récupéré deux armes à feu de gros calibre et renforcé les mesures de sécurité dans la zone.

Combattants de la NPA

Une enquête a été ouverte contre 356 personnes ayant « attaqué » des drapeaux turcs à la frontière entre la Turquie et la Syrie, a annoncé le ministre de la Justice, Yılmaz Tunç, alors que les populations kurdes ont franchi des barrières pour soutenir le Rojava en proie aux attaques du régime syrien (voir notre article). À ce jour, 35 personnes ont été arrêtées, 45 font l’objet de mesures judiciaires de contrôle, et 77 restent en garde à vue.

Umer Khalid, actuellement au 12ème jour de sa grève de la faim, dénonce un durcissement de ses conditions de détention et menace d’entamer une grève de la soif ce samedi si aucune négociation n’est engagée. Ses revendications incluent la fin de la censure, sa libération immédiate sous caution, la réouverture de l’enquête sur Gaza et la levée de l’interdiction de Palestine Action. Alors que plusieurs de ses codétenus (Kamran, Heba, Jon, etc.) ont cessé leur mouvement et entamé une phase de réalimentation sous surveillance médicale (voir notre article), Umer appelle à intensifier les actions de blocage contre les usines d’armement et les bâtiments gouvernementaux pour briser le silence médiatique entourant sa situation.

Un projet de loi adopté récemment par le gouvernement allemand pour appliquer un règlement européen sur la transparence de la publicité politique suscite de vives critiques. Le texte autoriserait l’agence fédérale des réseaux à perquisitionner des plateformes numériques et des rédactions, y compris sans décision judiciaire, et à imposer la divulgation des soutiens financiers au nom de la lutte contre les influences étrangères. Parallèlement, le chef de la Chancellerie, Thorsten Frei, plaide pour un élargissement majeur des missions du renseignement extérieur, incluant des actions de cybersabotage, l’accès à des téléphones privés et des opérations au-delà des frontières. Il est enfin fait état de sanctions imposées pour des motifs politiques sans décision de justice, mises en œuvre par des autorités administratives.

Une nouvelle offensive a été lancée contre le Rojava démocratique, cette fois par l’armée et les forces de sécurité du nouveau gouvernement islamiste de Damas. Les forces gouvernementales syriennes ont pris le contrôle des quartiers kurdes d’Alep la semaine dernière, puis a pénétré samedi matin dans la ville de Deir Hafer, à une cinquantaine de km à l’est d’Alep, sur la rive occidentale de l’Euphrate. A ce moment un accord de cessez-le-feu était survenu, patronné par les USA, mais cet accord a été violé et les forces gouvernementales qui, lourdement appuyées par la Turquie (au moyen de frappes de drones), ont attaqué et pris la ville de Tabka, la dernière ville liée à l’administration autonome démocratique du Nord-Est syrien à l’Ouest de l’Euphrate et défendue par les Forces Démocratiques Syriennes. Les forces islamistes ont ensuite franchit l’Euphrate à Deir ez-Zor et  progressé dans les gouvernorats de Raqqa et Deir ez-Zor, largement évacués par les FDS qui se sont retranchée dans les gouvernorats de Hassaka et du Jazira. La progression des forces de Damas a été facilitée par le soulèvement armé, dans le dos des Forces Démocratiques Syriennes, des forces jihadistes et des forces tribales. La ville de Kobané et ses environs sont isolées du reste du Rojava. L’armée de Damas approche de la grande ville d’Hassaka que les FDS semblent résolues à défendre.

Mise à jour (21/01) : Le grand camp d’Al-Hol, où sont confinées des dizaines de milliers de membres des familles de militants de l’État islamique, est passé sous le contrôle des forces du régime. Des drones turcs ont de nouveau frappé des installations des YPG-YPJ, notamment à Qamishlo. Des poches de résistance des FDS se maintiennent à Raqqa, essentiellement autour de la prison d’al-Aqtan. Le commandant en chef des FDS, Mazlum Abdi, a déclaré que ses forces s’étaient retirées dans les zones à population majoritairement kurde afin de les défendre. La ville de Sarrine, au sud de Kobané, est également tombée aux mains des forces gouvernementales islamistes.

Le Nord-Est syrien auto-administré, comprenant les parties non-occupées du Rojava, est sous le feu d’une offensive militaire du nouveau pouvoir islamiste syrien appuyée par la Turquie. Les combattant·es kurdes, arabes et assyrien·nes ont déclaré une mobilisation générale pour protéger les fruits de la révolution démocratique, socialiste et féministe. Alors que des milliers de combattant·es de tous âges répondent à l’appel, y compris celles et ceux provenant d’autres régions du Kurdistan, des mobilisations ont lieu en Europe pour soutenir la résistance. Le réseau international Rise Up 4 Rojava, auquel appartient notre Secours Rouge Belgique, appelle à deux rassemblements le 20 (13H) et 21 janvier (10H) place du Luxembourg, à Bruxelles.