Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Des organisations internationales et du mouvement philippin, dont Bagong Alyansang Makabayan (Bayan) et Migrante, demandent la libération immédiate de Chantal Anicoche, militante Fil-Am détenue illégalement par l’armée philippine après avoir été arrêtée le 1er janvier près d’un affrontement entre l’armée et la Nouvelle Armée Populaire (voir notre article). Les groupes dénoncent également les bombardements dans les communautés indigènes de la région et exigent que l’armée philippine soit tenue responsable de ses crimes. La campagne pour sa libération a pris une dimension internationale avec des protestations aux États-Unis (Seattle, Washington DC, New York), au Canada (Vancouver, Toronto, Ottawa, Alberta), et au Royaume-Uni (Londres), où des lettres et pétitions ont été remises aux consulats et ambassades philippines malgré le blocage des autorités diplomatiques. À Manille, Migrante International a également manifesté devant le ministère de la Défense et a dénoncé le harcèlement et l’intimidation exercés sur Chantal pour prolonger sa détention. Des chapitres de Migrante en Europe, Hong Kong, Nouvelle-Zélande et Thaïlande, ainsi que des organisations comme l’Asia Pacific Coalition for Human Rights in the Philippines et ICHRP-USA, continuent de réclamer sa libération et la fin de la répression contre les militant·es et communautés civiles affectées.

Le 13 janvier 2026, le procès contre six antifascistes a commencé à l’Oberlandesgericht de Düsseldorf dans le cadre de l’affaire de Budapest, l’une des plus importantes procédures de répression transfrontalière contre l’antifascisme européen (voir notre article). Les accusés sont soupçonnés d’avoir participé en février 2023 à des attaques contre des participants d’un rassemblement néonazi à Budapest. Le procès, très médiatisé, se déroule sous hautes mesures de sécurité, avec plus d’une centaine de personnes venues soutenir les militants, scandant des slogans et réclamant leur libération. La défense conteste les accusations, notamment le chef d’accusation de tentative de meurtre, qu’elle considère comme politiquement motivé et relevant de l’« overcharging », visant à maximiser les peines possibles. Elle rappelle également les conditions injustes de détention et de procès en Hongrie, évoquant le cas de Maja T. alors que l’une des accusées a brandi un appel à sa libération durant l’audience (voir notre article).

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Vendredi 16 janvier à Toulouse, des militants se sont rassemblés devant une filiale d’assurance Allianz pour dénoncer le rôle du groupe, principal investisseur dans les obligations de l’État d’Israël, utilisées notamment pour financer le génocide à Gaza. L’action visait également à exprimer un soutien à Daniela Klette, révolutionnaire anti-impérialiste emprisonnée en Allemagne après 30 ans de clandestinité (voir notre article), en affirmant la continuité entre les engagements révolutionnaires des années 1970 et les résistances actuelles contre le capitalisme et l’impérialisme. Plusieurs affiches ont été apposées, tandis que des slogans étaient scandés et que de nombreux tracts étaient distribués aux passants (plus d’infos).

Le responsable de la Maison Blanche pour les questions frontalières, Tom Homan a déclaré le 17 janvier sur Fox News que ses services constituaient des listes d’antiracistes afin d’exposer publiquement leurs visages, d’alerter leurs employeurs, revendiquant ouvertement une stratégie d’intimidation politique. Ces menaces s’inscrivent dans une logique rappelant le maccarthysme des années 1950, période de chasse aux sorcières anticommuniste aux États-Unis, et illustrent une fascisation accélérée de l’appareil d’État, où toute opposition au trumpisme est criminalisée et traitée comme un ennemi intérieur.

Depuis l’implantation du syndicat Solidaires dans les entrepôts d’Amazon en France, la multinationale tente systématiquement de réprimer le syndicalisme de lutte, multipliant sanctions et licenciements arbitraires pour intimider les salariés revendiquant des droits élémentaires et des conditions de travail dignes. Pour dénoncer ces pratiques et exiger la réintégration des syndicalistes sanctionnés, un rassemblement est prévu le 12 février à 11h devant le siège d’Amazon France à Clichy.

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Le 14 janvier, une opération de la police de Rio de Janeiro au Complexo do Salgueiro (São Gonçalo) a fait 22 morts et un blessé, selon les habitants, alors que la police n’en reconnaît que quatre. Cette action, dans le cadre de l’Opération Contenção, est dénoncée comme un massacre ciblant les populations pauvres et faveladas sous prétexte de la « guerre à la drogue », épargnant les véritables trafiquants.

Organisé par le Comité de soutien à la Palestine le vendredi 17 janvier à Toulouse, près d’une centaine de personnes ont participé à un rassemblement pour soutenir les militants de Palestine Action emprisonnés au Royaume-Uni mais aussi pour la libération des prisonniers palestiniens, dont Anan Yaeesh et Ahmad Sa’adat. Lors de sa prise de parole, le Secours Rouge Toulouse a souligné la « victoire partielle » obtenue par les grévistes de la faim de Palestine Action (voir notre article). Par ailleurs, il a rappelé que « leur courageuse grève de la faim a été un appel lancé au monde entier : face à la répression, la meilleure des réponses est la lutte collective dans et hors les prisons ! Évidemment, leur situation n’est pas un cas isolé. De nombreux militants de la cause palestinienne sont aujourd’hui détenues dans les geôles des puissances imperialistes comme Casey Goonan condamné à 20 ans de prison aux Etats Unis, les 5 pro-palestiniens d’Ulm et la révolutionnaire anti-impérialiste Daniela Klette en Allemagne ou encore le palestinien Anan Yaeesh qui vient d’être condamné à 5 ans et demi de prison en Italie. » Coïncidant avec le 24ᵉ anniversaire de l’arrestation d’Ahmad Sa’adat en 2002, le rassemblement a également déployé plusieurs affiches exigeant la libération du secrétaire général du FPLP emprisonné.

Immigrant nicaraguayen arrêté le 6 janvier à Minneapolis dans le cadre de l’opération fédérale Metro Surge, Victor Manuel Diaz, 36 ans, est décédé le 14 janvier dans un centre de détention ICE au Texas d’un suicide présumé, a indiqué l’agence états-unienne chargée de l’immigration, même si une enquête se poursuit. Les agents de sécurité l’ont trouvé inconscient dans sa cellule, et malgré les tentatives des équipes médicales et des services d’urgence il a été déclaré mort à 16h09 (heure locale). Il s’agit déjà de la troisième mort signalée cette année au centre de Camp East Montana, tandis qu’au moins six personnes en détention ICE sont décédées en 2026. Sa mort survient dans un climat de forte tension à Minneapolis après la mort de Renee Good par un agent ICE, le déploiement de milliers d’agents fédéraux et la mise en alerte de 1 500 militaires suite aux manifestations et aux menaces d’invoquer l’Insurrection Act par Donald Trump pour « rétablir l’ordre » (voir notre article).

Le 15 janvier 2026, Juan Antonio Sorroche Fernandez a été condamné à cinq ans de prison par la cour d’assises de Brescia pour « actes à finalité terroriste » (article 280bis) dans le cadre du procès lié à une action contre la police de l’immigration POLGAI. Si cette condamnation devient définitive, elle prolongerait encore sa peine actuelle, Juan étant déjà emprisonné depuis mai 2019 et sa peine totale actuelle étant fixée jusqu’en 2045. Le verdict intervient après plusieurs tentatives judiciaires visant à lui imputer les faits, alors qu’un autre militant initialement poursuivi a été définitivement acquitté. En attendant l’appel, ses soutiens dénoncent une décision politique et appellent à la poursuite de la mobilisation et de la solidarité en faveur de Juan, notamment en lui écrivant du courrier.

Lui écrire : Juan Antonio Sorroche Fernandez · C.C. of Terni · strada delle Campore 32 · 05100 Terni

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Régis Braguin, commandant général de la police militaire de l’État de Rondônia et autoproclamé « ennemi numéro 1 » de la Ligue des paysans pauvres (LCP), a été démis de ses fonctions le 14 janvier 2026 après un mandat marqué par une forte répression du mouvement paysan. Sous son commandement, la létalité de la police militaire aurait augmenté de 400 % en 2025, avec au moins 35 morts recensés, faisant de Rondônia l’État le plus touché par les meurtres policiers. Braguin a dirigé plusieurs opérations contre la LCP, dont l’« opération Godos », au cours de laquelle le paysan Elias a été tué (voir notre article), ainsi que des interventions ayant conduit à l’exécution de Raimundo Nonato. Il a assumé une stratégie policière fondée sur une rhétorique de « lutte contre le terrorisme », bien que ce cadre n’existe pas légalement, et a soutenu un programme de « sécurité rurale » accusé de servir les intérêts des grands propriétaires fonciers. Son éviction intervient également dans un contexte de scandales personnels, notamment des accusations de violences conjugales et de conduite en état d’ivresse.