Ce mercredi soir, deux voitures (celle d’un eurocrate et celle d’un employé de l’OTAN) ont été incendiées devant la prison de Saint-Gilles. L’action à été revendiquée « Contre la militarisation de Bruxelles, pour la liberté. En solidarité avec les anarchistes Monica et Francisco. »

Prison de Saint-Gilles

Prison de Saint-Gilles

Mercredi 30 mars, les avocats des anarchistes Mónica Caballero et Francisco Solar ont été informés que la sentence de la Haute Cour avait condamné les anarchistes à 5 ans de prison pour « blessure », plus de 7 ans pour « dommages à des fins terroristes », avec un total de 12 ans de prison pour chacun d’eux. Ils ont été acquittés des charges d ‘ « appartenance à une organisation terroriste » et de « complot » dans l’affaire de l’attaque contre le monastère de Montserrat.

Francisco Solar et Mónica Caballero

Dans une lettre publiée le 8 mars sur Indymedia Athènes, Pola Roupa, membre de l’organisation Lutte Révolutionnaire revendique avoir tenté de faire évader Nikos Maziotis de la prison de Korydallos, précisant que le plan aurait permis de faire évader d’autres prisonniers politiques. Pola réfute également plusieurs théories fumeuses proposées par les médias mainstream: il n’y a pas eu de tentatives d’évasion avant celle-ci, le pilote de l’hélicoptère était armé (les rapports officiels précisent d’ailleurs la présence de deux chargeurs dont l’un ne provenait pas de l’arme de Pola), Pola transportait un gilet pare-balles pour le pilote, etc… Le texte sera traduit en français très prochainement et est déjà disponible en anglais sur Contra Info.

Pola Roupa et Nikos Maziotis

La dernière session du procès a eu lieu le 2 mars au tribunal de Turin. Les procureurs et les avocats de la défense ont présentés réquisitoires et plaidoiries. Les procureurs ont demandé 5 ans et 8 mois pour Costa (Costantino Ragusa), 5 ans et 4 mois pour Silvia (Silvia Guerin) et Billy (Luca Bernasconi). Le verdict sera rendu le 23 mars. Billy, Costa et Silvia avaient purgé quelques années de prison en Suisse pour avoir été accusés d’avoir planifié une action de sabotage contre un centre de nanotechnologie d’IBM. Ce procès est le volet italien de l’affaire : les trois sont accusés d’association criminelle, d’avoir ’conspiré’ et illégalement obtenu les matériaux nécessaires à l’assemblage d’engins explosifs et de l’avoir passé à travers la frontière italo-suisse. Tous les chefs d’inculpation sont aggravés par la circonstance de ’finalité terroriste’. (lire notre précédent article sur ce procès)

Soldiarité en Suisse avec Billy, Costa et Silvia

Dans l’affaire de la « tentative d’évasion des Cellules de Feu », les autorités grecques ont prouvé à plusieurs reprises qu’elles ne craignaient pas le ridicule. Dernier exemple en date: Athena Tsakalos et Evi Statiri ne peuvent légalement pas se présenter à leur propre procès. Pour la troisième fois, au début de la journée au tribunal, lorsque le juge appelle les deux femmes (parentes de prisonniers de la Conspiration des Cellules de Feu), les avocats de la défense doivent expliquer que les deux femmes sont en liberté conditionnelle. La condition pour Athena est de ne pas quitter son domicile situé sur l’île de Salamine tandis que Evi ne peut s’éloigner à plus d’1km du sien.

Christos et Gerasimos Tsakalos (dont Athena est la mère et Evi est la compagne du second) tous deux accusés dans le procès refusent de laisser le procès commencer dans ces conditions ridicules.

Grèce: Athena Tsakalos et Evi Statiri interdites d’entrée à leur propre procès

Ce 3 mars, le tribunal de la prison de Koridallos a condamnés tous les accusés du second procès contre l’organisation Lutte Révolutionnaire, concernant l’attaque contre la Banque de Grèce du 10 avril 2014 et la fusillade du 16 juillet 2014. Nikos Maziotis écope d’une peine de prison « à vie +129 ans », Pola Roupa (toujours dans la clandestinité) écope de 11 années de prison (à noter que si elle est arrêtée elle aura un procès contre elle). Enfin Antonis Samboulos et Giorgos Petrakakos qui sans nier leur camp politique nient appartenir à l’organisation ont écopé de peines respectives de 13 ans de prison et de 36 ans de prison. Une amende de 20.000€ s’ajoute à la peine de Nikos et une de 9.000€ s’ajoute à celle de Giorgos.

Le prisonnier anarchiste vegan Osman Evcan a été récemment transfé de la prison de Kandira 1 à la prison de type-L de Silivri 6. Il est fouillé nu, a des caméras dans sa cellule, subit une interdiction de courriers et de visites et ne peut plus consommer de nourriture vegan. Il est donc reparti en grève de la faim depuis le 22 février dernier.

Osman Evcan en grève de la faim

Osman Evcan en grève de la faim

Plusieurs procédures sont en cours contre des militants anarchistes dans les tribunaux de Turin. Le procès en appel contre les militants No-TAV Lucio Alberti, Francesco Sala et Graziano Mazzarelli, a eu lieu tandis qu’une manifestation solidaire avait lieu devant le palais de justice. L’audience a été expéditive: les procureurs ont demandé que les peines de première instance soient confirmées, et les avocats de la défense qu’elles soient réduites pour Lucio et Francesco et annulée pour Graziano. Après une demi-heure de délibération, Lucio et Francesco ont été condamnés à 2 ans et 2 mois, (2 ans et 10 mois en première instance) et la peine contre Graziano a été confirmée. Étant donné que les peines ont été réduites d’un tiers en raison de l’acceptation de la procédure abrégée, Lucio et Francesco ont été officiellement condamnés à 3 ans et 3 mois, Graziano à plus de 4 ans (voir l’article des arrestations).

Notre délégation au procès en première instance de Mattia, Chiara, Claudio et Nicollo à Turin

Au même moment, une des dernières audiences du procès d’Erika, Paolo, Toshi, Luigi et Marco pour s’être opposé une descente de police contre les migrants en février de l’année dernière. Les cinq camarades avaient d’abord été emprisonnés puis mis en résidence surveillée (voir notre précédent article).

Mattia a été libéré de son régime de détention à domicile. Après vingt-sept mois passés entre la prison et la détention à domicile, il est enfin libre sans restrictions. Chiara Zenobi, Claudio Alberto et Niccolò Blasi sont encore en résidence surveillée, parce qu’ils l’ont pas encore présenté de demande de libération (voir l’article des arrestations).

Notre délégation au procès en première instance de Mattia, Chiara, Claudio et Nicollo à Turin

Ce dimanche, une femme armée d’un revolver a tenté de détourner vers Athènes un hélicoptère de tourisme qui avait décollé de l’île de Kythnos et devait prendre 5 autres passagers à Theologos. Elle a braqué le pilote et en lui demandant de se poser dans la cour de la prison de Korydallos, où de nombreux prisonniers politiques sont actuellement emprisonnés. Après une bagarre et trois coups de feu qui n’ont blessé personne, l’hélicoptère s’est posé dans une zone rurale et la femme a pu prendre la fuite. Selon la police grecque et son expertise balistique, les coups de feu ont été tirés avec une arme qui avait été attribuée à Nikos Maziotis, un membre de Lutte Révolutionnaire enfermé à Korydallos. La police soupçonne donc Pola Roupa, sa compagne et camarade toujours en clandestinité, d’avoir tenté de le faire évader.

Il y a déjà eu par le passé deux évasions héliportées à la prison de Korydallos, qui concernaient des braqueurs de banque.

Pola Roupa et Nikos Maziotis

A la prison de Korydallos, la répression des prisonniers politiques se poursuit. Le prisonnier Fabio Dusco, des CCF, a été emmené de force ce 6 février par les unités antiterroristes qui l’ont amené dans un centre d’isolement pour la durée de son procès pour tentative d’évasion. En réaction, les prisonniers des ailes A et D ont refusé de regagner leurs cellules après l’heure de cour. Durant cette manifestation, les prisonniers ont appris que Panayotis Aspiotos avait également été conduit dans le même centre d’isolation, et qu’il avait été tabassé par la police antiterroriste afin de lui prendre de l’ADN.

« L’Initiative des Prisonniers » souligne que la seule « promesse » faite par le gouvernement SYRIZA face à aux prisonniers avait été de retirer le régime spécial de Type-C, et que même cette demande avait été ignorée. Alors que les Ministères se renvoient la balle pour définir qui est responsable de la répression, les prisonniers politiques subissent le même régime d’isolement et d’exception qui avait été instauré par le gouvernement précédent et qui avait déclenché une vaste grève de la faim des prisonniers au printemps 2015. L’Initiative des Prisonniers demandent à ce que les prisonniers soient retransférés à Korydallos et à ce que le Ministère de la Justice rende des comptes sur les traitements qui leur ont été faits dans le centre d’isolement.

Animation solidaire à Koridallos en avril 2015.

Animation solidaire à Koridallos en avril 2015.