L’Union des communautés du Kurdistan (KCK) a lancé la nouvelle campagne « Fin de l’isolation, au fascisme, à l’occupation – Assurons la libération [d’A. Öcalan]». Cette campagne a lancé un appel aux actions pour le 10 octobre. Durant tout le week-end des rassemblements sont organisés dans différentes villes d’Europe. À Bruxelles, ce rassemblement s’est tenu le vendredi 9 octobre devant la Commission Européenne. Juste après, l’Union des Femmes Socialistes (SKB) organisaient au même endroit un rassemblement pour dénoncer les nouvelles arrestations, en Turquie, de membres de l’ESP et des membres de l’organisation des jeunes du SGDF.

 

Le rassemblement d’hier vendredi à Bruxelles

150 personnes se sont rassemblés hier soir à l’Hôtel de Ville de Saint-Gilles à l’occasion de l’intervention communale qui devait avoir lieu pour dénoncer les violences policières les plus récentes de la Brigade Uneus. L’interpellation a été rejetée par la Commune parce que les faits ont déjà été évoqués au Conseil Communal du mois de juin. Le règlement de la commune prévoit qu’une même interpellation ne peut être faite dans les trois mois (cela en fait 4), et cette règle a été utilisée alors que cette interpellation concernait des violences qui ont eu lieu au mois d’août. Malgré la tempête et le refus total de la commune de même reconnaître l’existence d’abus, les mobilisations se poursuivent !

Le rassemblement à l’hôtel de ville

De 2008 à 2014, l’État belge a mené une vaste enquête visant les luttes qui s’attaquaient notamment aux centres fermés et aux prisons. Dans son collimateur : la bibliothèque anarchiste Acrata, des publications anarchistes (Hors Service, La Cavale et Tout doit partir), des dizaines de tracts et affiches, une bonne centaine d’actions, d’attaques et de sabotages… Initialement poursuivis pour “participation à un groupe terroriste”, c’est finalement sous l’inculpation d’”association de malfaiteurs” que 12 anarchistes avaient été jugés l’année passée. Suite à l’acquittement déclaré par la juge, le procureur avait décidé de faire appel. Le procès d’appel est fixé aux 8 et 9 octobre.

La Belgique va avoir, pour la première fois depuis 2018, d’un gouvernement de plein exercice disposant d’une majorité parlementaire. La coalition dit “Vivaldi” s’est enfin entendu sur un programme de majorité. Voici ce qui concerne le volet “maintien de l’ordre”: “Pour la police fédérale et les services de sécurité, le gouvernement prévoira une injection budgétaire structurelle de 213 millions.” Pour le gouvernement, le financement des zones de police locale est “obsolète et doit être adapté à la réalité d’aujourd’hui. Le système des dotations fédérales aux zones de police et les moyens de prévention fédéraux seront réformés pour faire place à un système de financement objectif et transparent qui favorisera en outre la taille optimale des zones de police.” C’est une petite porte ouverte à une éventuelle fusion des zones de polices bruxelloises.

La Vivaldi veut une réforme de la formation des policiers, une nouvelle méthode recrutement, qui doit permettre “la réduction significative du délai entre la candidature et l’entrée en fonction.” Un plan est prévu pour les zones de police où c’est plus compliqué. L’objectif sera de recruter au moins 1600 agents par an. Pour que la composition de la police intégrée soit plus “représentative de la société“, un “trajet diversité” doit être mis en place. En outre,  “Les violences envers la police et les secouristes seront fermement combattues par une politique de tolérance zéro. L’auteur de toute forme de violence à l’égard de la police ou des secouristes doit être poursuivie dans les plus brefs délais devant les juridictions pénales. En cas de violence physique grave, le dossier ne peut pas être classé sans suite pour motifs d’opportunité.” Et en même temps, “La tolérance zéro sera d’application pour les abus du monopole de la contrainte à l’encontre du citoyen. À cet égard, le statut de la police sera revu afin de garantir un traitement plus fluide des affaires disciplinaires.” Les récentes affaires (Chovanec, Vandersmissen) ont résonné lors des négociations… Enfin la présence militaire en rue sera peu à peu supprimée.

Le bien connu commissaire de police de la zone de Bruxelles-Ixelles, Pierre Vandersmissen a été temporairement écarté de ses fonctions de directeur des interventions à la suite à la manifestation du collectif “la santé en lutte” le 13 septembre dernier. Une enquête administrative a été demandée au chef de Corps, le commissaire divisionnaire Luc Ysebaert, par le bourgmestre de Bruxelles. Cette demande résulte du fait qu’un photographe privé, dont les travaux glorifient la police, a pu gazer un manifestant arrêté, sans que le commissaire ne réagisse autrement que par un vague geste d’invitation calme. Le photographe s’appelle Philippe Bourguet, son agence est la bePress Photo Agency. Cela fait des années que Bourguet réalise des reportages photographiques au plus près des policiers de la zone. L’affaire du photographe s’ajoute à de nombreuses autres dénonciations des pratiques policières du 13 septembre, à commencer par une série d’arrestations brutales et abusives.

 

Le 16 mai 2020, une centaine de soignant·es formaient une haie de déshonneur pour protester contre la 1ère ministre, Sophie Wilmes alors que celle-ci effectuait une visite de l’hôpital Saint-Pierre (voir notre article). Suite à cette action, des participant·e·s auraient reçu des menaces de licenciements ainsi que de non reconduction de contrat. Un médecin urgentiste a d’ores et déjà vu son contrat non-reconduit. Plus d’infos ici.

Les soignant·es forment une haie de déshonneur pour accueillir Sophie Wilmes

La police a arrêté administrativement mardi vers 18h00, devant le 10 de la rue de la Loi à Bruxelles, 5 activistes du mouvement Extinction Rebellion (XR). Les militants arrêtés avaient déployé une banderole portant le message “Quel est votre plan?” Lundi en fin de journée, la police avait arrêté devant le Palais royal, en marge d’une réunion du Roi avec les préformateurs du gouvernement fédéral, 13 activistes de Youth For Climate et de l’ONG Greenpeace, puis 3 militants de XR.

Le conflit social chez ABinBev se durcit à Liège. Des huissiers se sont présentés au domicile de travailleurs en grève pour signifier les astreintes. En l’absence des travailleurs, ce sont parfois les familles qui ont été confrontées aux huissiers. Pour rappel, les travailleurs ont débrayé à la suite de la détection d’un foyer de Covid au sein d’un département logistique. 10 travailleurs sont infectés. Pour l’avocat de la FGTB “c’est inédit de s’en prendre directement à des travailleurs qui manifestent leur désapprobation et qui affirment leurs revendications dans le cadre d’un conflit social; c’est tout-à-fait nouveau, ça démontre le mépris de la direction par rapport aux revendications des travailleurs et c’est particulièrement inquiétant”. La procédure est pourtant légale : la mission de l’huissier est de signifier la décision du tribunal aux personnes citées. Mais la plupart du temps, l’huissier se rend sur le site de grève pour remettre l’assignation en mains propres. Ce n’était pas le cas ici. Il est question d’astreintes de 2.500 euros par fait constaté. Une tentative de conciliation mardi s’est soldée par un échec.