Le ministère de l’Intérieur français a lancé le mois passé un appel d’offres pour une commande d’un montant de 22 millions d’euros (hors TVA) de grenades de maintien de l’ordre et moyens de propulsions à retard destinée à la police et à la gendarmerie nationales. L’appel d’offres se divise en cinq lots contenant diverses références de grenades assourdissantes, lacrymogènes et fumigènes, de cartouches-grenades et de lanceurs. Lancé jusqu’à fin septembre, l’appel d’offres prévoit un contrat d’équipement pour… quatre ans. Emmanuel Macron sera donc paré jusqu’à la fin de son quinquennat.
Les grenades assourdissantes en usage dans la polie française
Les grenades assourdissantes en usage dans la polie française
Le 3 septembre dernier, Georges Abdallah apparaissait sur une photo diffusée par Coup Pour Coup 31 arborant un t-shirt exigeant la libération d’Ahmad Sa’adat, secrétaire général du FPLP emprisonné à perpétuité en Israël. Le 5 septembre c’est Ahmad Sa’adat qui a répondu à cette photo en faisant diffuser une lettre ouverte en soutien au communiste libanais emprisonné en France. Voici un extrait (à lire en entier ici) : « Ensemble, notre force se multiplie des douzaines de fois, renouvelée dans notre espoir et notre confiance en l’inéluctabilité de la victoire, la victoire de l’aube sur la nuit, la vérité sur les mensonges et l’hypocrisie. Tu es le témoin vivant de la fausseté des allégations relatives au «monde libre», à la «démocratie», à la «séparation des pouvoirs» et à «l’indépendance de la magistrature» dont la classe dirigeante se vante dans les forums médiatiques et les salles de conférences. Nous sommes enchaînés par les injustices courantes fabriquées aux États-Unis d’Amérique, qui sont les mêmes en Palestine, et je ne doute pas qu’il existe de nombreux exemples dans tous les bastions de l’impérialisme. »
Pour avoir condamné un syndicaliste qui avait refusé un prélèvement d’ADN, la France a été à son tour condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). L’affaire trouve son origine lors d’un rassemblement dans les Pyrénées-Atlantiques, en janvier 2008, à propos d’une histoire d’attribution de terres. À la suite d’une bousculade avec les gendarmes, un syndicaliste agricole est arrêté. En mars 2008, il est condamné à deux mois avec sursis pour avoir volontairement commis des violences n’ayant entraîné aucune incapacité totale de travail sur de gendarmes dont l’identité n’a pu être déterminée. Ce qu’il n’a jamais reconnu. Il ne fait cependant pas appel « dans un souci d’apaisement et dans le cadre d’un règlement amiable du dossier à l’origine du rassemblement ». Le 24 décembre 2008, à la suite d’une demande du parquet de Bayonne, il est convoqué par la police pour un prélèvement biologique. Il refuse, ce qui lui vaut de se retrouver devant un tribunal qui le condamne, en octobre 2009, à une amende de 500 euros. En 2011, il perd en appel et en cassation.
Il a finalement gagné cet été à Strasbourg, devant la Cour européenne des droits de l’homme qui a estimé que la France avait violé l’article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, traitant du respect de la vie privée. Selon ce texte, il ne peut y avoir ingérence de l’autorité publique que dans des cas graves. Pour les juges européens, qui avaient rejeté en 2009 une requête similaire d’un auteur de crime sexuel, le fichage génétique est une ingérence qui ne doit être effectuée que dans « le respect d’une nécessaire proportionnalité au regard des objectifs légitimes » fixés. Ce qui n’était pas le cas cette fois-ci.
La Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg
La Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg
L’ancien prisonnier franco-palestinien et militant pour les droits des prisonniers palestiniens Salah Hamouri a de nouveau été capturé par les forces d’occupation israéliennes lors d’un raid à son domicile à Jérusalem-Est dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 août 2017. Le 29 août dernier, Salah Hamouri a été placé en détention administrative, sans charge ni procès, pour une durée initiale de 6 mois (renouvelable à l’infini).
A l’initiative des militants de la Gauche Indépendantiste du pays de Rennes, c’est prés de 30 personnes qui ont pris part à la soirée de solidarité avec les prisonniers politiques basques et catalanes détenues dans cette ville. L’objectif de cette soirée était de remettre 300€ collectés en faveur de Marina Bernado militante Catalane condamnée pour ses actions au sein d’ETA et incarcérée à Rennes.
Vous pouvez écrire aux détenues basques et catalanes de Rennes membres du collectif des prisonniers politiques basques :
Marina Bernado Bonada 8613
18 bis, Rue de Châtillon B.P. 3.107 35.031 Rennes/Roazhon Cédex
Lola Lopez Resina Maria Dolores 7075
18 bis, Rue de Châtillon B.P. 3.107 35.031 Rennes/Roazhon Cédex
Areitio Azpiri Alaitz 7992
18 bis, Rue de Châtillon B.P. 3.107 35.031 Rennes/Roazhon Cédex
Aranalde Ijurko Maite 8740
18 bis, Rue de Châtillon B.P. 3.107 35.031 Rennes/Roazhon Cédex
une soirée de solidarité avec les prisonnières politiques basque et catalane
une soirée de solidarité avec les prisonnières politiques basque et catalane
A Paris et à Zurich, la mort du Commandant du TKP/ML Tikko au Rojava, Nubar Ozanyan, tué en combattant Daesh, a été commémorée. A Zurich, une centaine de militants de différents partis et organisations étaient présents, dont le Revolutionarer Aufbau, le Secours Rouge de Suisse et plusieurs organisations révolutionnaires turques et kurdes. A Paris également, une centaine de militants de différents groupes, dont l’OCML-VP, Partizan et KCK. Un hommage a également été rendu dans les deux villes aux martyrs du MKP (Parti Communiste Maoïste).
A l’appel de l’Union Antifasciste Toulousaine, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées samedi 19 août à Toulouse en hommage à la militante Heather Heyer (voir notre article) et en soutien aux mobilisations antifascistes aux Etats-Unis.
A cette occasion, l’OCML VP a rendu hommage à Nubar Ozanyan (voir notre article) et a rappelé son engagement dans la campagne de soutien au Bataillon International de Libération au Rojava.
Hommages à Heather Heyer et Nubar Ozanyan à Toulouse.
Hommages à Heather Heyer et Nubar Ozanyan à Toulouse.
Le samedi 26 août à Mulhouse et le dimanche 27 août à Paris, Partizan organise des cérémonies en hommage à Nubar Ozanyan, combattant et commandant de la Tikko (branche armée du TKP/ML) au Rojava mort au combat contre Daesh le 14 août dernier (voir notre article).
Le 15 août un cortège contre le projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, comptant environ 800 personnes a été confronté à une brutale répression. Le trajet de la manifestation, partant en direction du village de Saudron et non du laboratoire, était pensé précisément pour éviter la « zone rouge » et les affrontements. L’objectif était de se rendre sur un grand terrain entre le village de Saudron et de l’Espace Technologique (bâtiment de l’Andra), pour y visibiliser un important site néolithique découvert par les fouilles et occulté par l’Andra. Mais la préfecture a tenté de provoquer délibérément l’affrontement en plein milieu de Bure, 100m après le départ de la manifestation : plusieurs fourgons avaient été postés à la sortie du village.
Les manifestants ont choisi d’éviter la confrontation et de faire un détour de 4km à travers champs pour atteindre le terrain envisagé. À deux pas de l’objectif, à la sortie de Saudron, plusieurs fourgons de gendarmes mobiles et un canon à eau ont été de nouveau déployés, et les premiers tirs de lacrymos envoyés, rendant inévitable les affrontements en plein milieu du village… Outre les pluies de lacrymos et l’usage du canon à eau, la police a utilisé des lanceurs de balle de défense, notamment au-dessus de la ceinture (ce qui n’est pas légalement autorisé). Mais également de nombreuses grenades de désencerclement ou assourdissantes, tirées à la main mais aussi avec des lanceurs jusqu’à plusieurs dizaines de mètres derrière les lignes d’affrontement, entraînant de lourdes blessures. On compte 6 blessés graves (dont un pied déchiqueté par une grenade) et une trentaine de blessés légers.
Munitions tirées par les gendarmes et ramassées dans Saudron et dans les champs avoisinnant
Marina Bernardo et Lola Lopez sont deux prisonnières catalanes membres du collectif des prisonnièrEs politiques basques emprisonnées à Rennes. Voir notre article précédent. Un apéro de soutien aura lieu à Rennes ce samedi 26 août à partir de 17h (39, rue de Dinan, Rennes). Dans les Pays Catalans, Rescat organisera une manifestation pour leur libération ce samedi 19 août à 20h30 (plaça del Raspall de la Vila de Gràcia).
Pays-Basque/Bretagne: Solidarité avec Lola et Marina