Mercredi 22 janvier, la Guardia Civil a arrêté Antton López Ruiz, Oihana San Vicente, Oihana Garmendia et Haimar Altuna. L’opération a été ordonnée par l’Audiencia Nacional en lien avec les cérémonies d’accueil organisés pour les prisonniers basques libérés. Antton López Ruiz et Oihana Garmendia sont membres de l’initiative Kalera Kalera qui milite en faveur des droits des prisonniers basques. Oihana San Vicente et Haimar Altuna sont quant-à-eux responsables du parti politique Sortu. Antton López Ruiz et Oihana Garmendia avaient déjà été arrêtées il y a deux ans et accusé·es « d’apologie du terrorisme » pour avoir participé à un événement rendant hommage à Belen González décédée en 2017 (voir notre article). Deux autres personnes avaient aussi été détenues lors de cette opération. Une fois emmenés à la caserne d’Intxaurrondo, tous les prisonniers ont été libérés.

Antton López et Oihana Garmendia, deux des quatres personnes arrêtées.

Samedi 18 janvier, Clément F. était arrêté lors de l’acte 62 des Gilets Jaunes. Lors de son arrestation, un policier de la brigade de la répression de l’action violente (BRAV) lui a mis plusieurs coups de poing alors qu’il avait déjà été mis au sol (voir notre article). Il avait par ailleurs déjà été blessé au crâne par une charge policière. Il ensuite été placé en garde à vue samedi après sa violente interpellation et a été déféré au parquet de Paris. Il sera jugé ultérieurement pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique », « rébellion et participation à un groupement formé en vue de commettre des violences et des dégradations ». En attendant le procès du manifestant, dont la date est encore inconnue, le parquet va requérir sa mise en liberté sous contrôle judiciaire. Le procureur envisage cependant de le juger en comparution immédiate. Par ailleurs, trois policiers participant à son arrestation ont porté plainte pour « violences volontaires » car il accuse le militant d’avoir craché son sang sur un policier.

Gilets Jaunes acte 62

Gilets Jaunes acte 62

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Édit 20/01/2020 : #Taha Bouhafs a été remis en liberté le 18 janvier. La juge d’instruction n’a pas suivi le parquet qui demandait la mise en examen du journaliste.

Vendredi 17 janvier, la présence du président Macron était signalée sur Twitter par un journaliste à un spectacle au théâtre des bouffes du Nord à Paris. Une manifestation spontanée s’est très rapidement formée et les manifestant·es ont tenté de pénétrer dans le théâtre avant d’être repoussé·es par la police. Macron a cependant dû être exfiltré. Le journaliste Taha Bouhafs qui avait signalé la présence du président a été placé en garde à vue dans la nuit pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations ».

Le lendemain s’est déroulé l’acte 62 des Gilets Jaunes. La manifestation parisienne a rassemblé quelques 10 000 personnes. La police a chargé la manifestation faisant usage de matraques et de coups de pieds dans la tête des manifestant·es. Des affrontements ont ensuite eut lieu à la Gare de Lyon où des manifestant·es ont incendié une baraque de chantier au son de « Allumer le feu » de Johnny Hallyday. Par ailleurs, plusieurs vidéos circulent montrant un policier frappant un manifestant déjà à terre et le visage en sang. Au total, on signale 59 arrestations. Des mobilisations ont également eu lieu dans de nombreuses villes de France : à Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Toulouse, ou encore Clermont-Ferrand.

Gilets Jaunes acte 62

Gilets Jaunes acte 62

Delbert Orr Africa, un membre du groupe Move emprisonné depuis 42 ans, a été libéré de l’établissement correctionnel d’État de Pennsylvanie, ce samedi en matinée. Move s’est formé à Philadelphie en tant que groupe de radicaux noirs engagés non seulement pour la libération de l’oppression raciale, en accord avec le Black Panther Party, mais aussi pour les idéaux environnementalistes et de retour à la nature. Ils vivaient, comme ils le font encore aujourd’hui, en communauté, prenant «Africa» comme nom de famille commun. Delbert Orr Africa faisait partie des neuf personnes qui ont été arrêtées et condamnées à une peine allant de 30 ans à perpetuité, à la suite d’un siège d’une maison communautaire de Move, le 8 août 1978 à Philadelphie, par une centaine de policiers. Dans la fusillade, un policier avait été tué, probablement d’un tir ami. Plus tard, lors d’un autre raid de la police contre un maison communautaire de Move, 11 habitants donc 5 enfants ont été tué par l’action de la police (un hélicoptère ayant lâché un bombe sur le bâtiment…). Il ne reste plus qu’un militant de Move emprisonné: Chuck Africa.

Delbert Orr Africa à sa libération

L'arrestation de Delbert Orr

 

Vendredi 3 janvier, Javier Chimeno Inza a été libéré du centre pénitentiaire de Burgos. Il y était emprisonné depuis septembre 2000 après avoir été condamné à 30 ans de prison pour avoir tenté d’assassiner le roi Juan Carlos en 1995 et pour possession d’explosifs. Il avait auparavant purgé cinq ans supplémentaires en France où il avait été arrêté le 10 août 1995 à Hendaye, avec d’autres personnes, pour sa relation avec le commando qui avait tenté d’exécuter le roi d’Espagne. Le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné le 26 mai 1997 à six ans de prison.

Francisco Javier Chimeno Inza

Francisco Javier Chimeno Inza

Lundi 13 janvier soir, Zahran, 42 ans, du village de Deir Abu Mishaal près de Ramallah, a appelé sa famille – après que des visites et des appels familiaux lui ont été refusés tout au long de ses près de quatre mois de grève de la faim – depuis l’hôpital de Kaplan où il a été détenu suite à la grave détérioration de sa santé. Il l ‘a informé qu’il était parvenu à un accord avec l’administration pénitentiaire d’occupation israélienne selon lequel sa détention administrative ne serait pas renouvelée et prendrait fin le 25 février 2020. Il s’agit de la deuxième grève de la faim que Zahran a menée pendant sa détention sans inculpation ni jugement par l’occupation israélienne. Il est emprisonné en vertu d’une ordonnance de détention administrative depuis mars 2019. Auparavant, il avait mené une grève de la faim de 39 jours qui s’est terminée par un engagement à le libérer – mais, au lieu de cela, sa détention administrative a été renouvelée. Dans le passé, il a passé près de 15 ans dans les prisons israéliennes lors de multiples arrestations. Il est marié et père de quatre enfants, âgés de sept à 15 ans.

Une manifestation à Gaza appelle à la libération d’Ahmad Zahran, lundi 13 janvier

Début juillet 2017, à l’occasion du sommet du G20 à Hambourg, des affrontements importants avaient eu lieu durant deux jours entre manifestant·es et police. La police allemande avait alors lancé plusieurs avis de recherche publiant plus d’une centaine de photos de manifestant·es en appelant la population à la délation et lançant plus de 3500 procédures.

Au cours d’une de ces enquêtes, des perquisition avaient eu lieu en mai 2018, en Suisse, Italie, Espagne et France. Ces descentes de police concernaient principalement les affrontements ayant eu lieu sur l’Elbchaussee à Hambourg le 7 juillet 2017, qui avaient engendré d’importants dégâts (voir notre article). En France, c’est Loïc Citation qui fut ciblé. Le domicile de ses parents est perquisitionné mais les policiers français et allemands qui ont fait le déplacement ne trouvent rien. La commission rogatoire allemande voit large : « Dégradations par incendie – participation à un attroupement armé – port d’arme de catégorie A par assimilation : engin explosif – violences sans ITT sur agents dépositaires de la force publique » mais le militant est absent et explique, dans un communiqué, ne pas vouloir se rendre aux autorités. En août 2018, il est arrêté chez ses parents et incarcéré à Nancy, avant d’être extradé quelques mois plus tard vers l’Allemagne.

Le 18 décembre 2018 s’est ouvert le procès de Loïc Citation et de 4 autres accusés dans le cadre de l’affaire dite de l’Elbchaussee. Rapidement, le public a été exclu des audiences. Courant février 2019, deux co-accusés, jusque là détenus dans la prison de Hambourg, sont libérés (les deux autres, mineurs au moment des faits, n’ont jamais été emprisonnés). La demande de libération de Loïc Citation formulée au mois de juin par ses avocat·es avait, quant-à-elle, été rejetée et sa demande de s’exprimer publiquement sur le fond de l’affaire a été refusée. Cependant après près de 16 mois de détention, il a obtenu une libération conditionnelle le dimanche 12 janvier 2020. Il doit ainsi : avoir une adresse de domiciliation à Hambourg, pointer le lundi et le jeudi à la police Hambourgeoise, travailler en tant que jardinier, dans le soin des arbres, donner son passeport et ses papiers au tribunal, aller aux prochaines dates de procès et ne participer à aucune action illégale. Le procès devrait se poursuivre jusqu’en avril.

Les affrontements du G20

Les affrontements du G20

Jeudi 26 décembre, un procureur de Saint-Petersbourg a exigé une peine de prison de 6 à 18 ans pour sept militants accusés de faire partie d’une organisation anarchiste appelée « The Network ». S’ils sont reconnus coupables, tous sauf deux purgeront leur peine dans une colonie carcérale de haute sécurité. L’affaire Network avait commencé en octobre 2017, lorsque le Service fédéral de sécurité russe (FSB) avait arrêté six personnes à Penza, dans l’ouest de la Russie, les accusant de participation à une organisation terroriste appelée « The Network ». Deux autres habitants de Penza avaient disparus et avaient été inscrits sur la liste des personnes recherchées par le FSB avant d’être emprisonnés à Moscou. En janvier 2018, deux autres personnes ont été arrêtées dans la même affaire et, en avril de la même année, des accusations ont été portées contre une personne de plus. La plupart des accusés dans l’affaire Network sont des antifascistes et des anarchistes. Ils sont accusés d’avoir participé à une « communauté terroriste anarchiste » créée en 2015 dans le but de déclencher une « déstabilisation du climat politique dans le pays » en posant des bombes lors des élections présidentielles russes de 2018 et de la Coupe du monde de football. Le Réseau aurait des cellules fonctionnant à Moscou, à Saint-Pétersbourg, à Penza et en Biélorussie.

Les militants ont affirmé qu’ils avaient été torturés pour leur extorquer des aveux et que des armes et autres preuves incriminantes avaient été installées par la police russe dans leurs appartements et leurs voitures. Notons que le FSB a admis avoir électrocuté un des militants le justifiant comme une « nécessité professionnelle ». Le procès a commencé devant trois juges du tribunal militaire du district de la Volga en avril 2019, en présence de policiers anti-émeutes, de policiers et de personnes venues soutenir les accusés. La prochaine audience, au cours de laquelle la défense sera entendue, est prévue pour le 13 janvier 2019.

Pour soutenir les prisonniers, il est possible de :
Faire un don à l’Anarchist Black Cross via PayPal (abc-msk@riseup.net). Assurez-vous de préciser que votre don est réservé à la «Rupression».
Faire connaître l’affaire et organiser des événements de solidarité.
Si vous avez le temps et les moyens de concevoir, produire et vendre des marchandises solidaires, veuillez écrire à rupression@protonmail.com.
Concevoir une carte postale de solidarité qui peut être imprimée et utilisée par d’autres pour envoyer des messages de soutien aux détenus. Envoyez vos idées à rupression@protonmail.com.
Écrivez des lettres de soutien aux prisonniers et à leurs proches via rupression@protonmail.com.
Plus d’infos ici.

Manifestation de soutien aux prisonniers accusés de faire partie de "The Network"

Aujourd’hui, un nouveau procès contre Lutte Révolutionnaire commence à la cour spéciale de la prison de Korydallos à Athènes. Dans ce procès, Pola Roupa et Nikos Maziotis sont accusés de « fourniture, possession et fabrication d’explosifs ». Concrètement, une voiture piégée abondonnée avait été retrouvé par la police à l’été 2017, sept mois après l’arrestation de Pola Roupa le 5 janvier de la même année.

Plus d’infos ici.

Ce matin devant la prison de Koridallos

Ce matin devant la prison de Koridallos

Du 9 au 20 décembre 2019, le tribunal de Narbonne jugeait 31 Gilets Jaunes pour le saccage incendiaire d’un péage à Narbonne la nuit du 1er au 2 décembre 2018 (voir notre article). À cette occasion les locaux de la gendarmerie et ceux de la société Vinci avaient été incendiés et pillés par une foule de 200 personnes. Le jugement a été rendu le 7 janvier. Sur les 31 personnes qui ont comparu devant le tribunal, 21 ont été condamnées à une peine de prison ferme et trois d’entre elles ont fait l’objet d’une demande d’incarcération immédiate, deux autres ont été maintenues en prison (soit deux mandats de dépôt, deux maintiens en détention et un mandat d’arrêt). Kevin, 29 ans, a écopé de la peine la plus lourde, c’est-à-dire cinq ans de prison car il aurait ayant été le conducteur de l’engin qui a servi à projeter un véhicule en feu sur la barrière de péage, ce qu’il nie. Les avocats des autres 48 parties civiles, en majorité des gendarmes qui avaient évacué les locaux face à la foule, avaient demandé des réparations solidaires de quelque 700 000 euros. Les jugements sur les dommages et intérêts ont été renvoyés au 12 mai.

Les bâtiments incendiés