Suite à la vague d’arrestations contre des membres ou sympathisants du Parti Socialiste des Opprimés (voir notre article), six membres présumés ont été placés en détention provisoire à Istanbul, accusés d’appartenance à une organisation terroriste sur la base d’activités sociales comme des pique-niques ou la rédaction de communiqués de presse.

Le journaliste Cihan Berk, travaillant pour l’agence de presse alévie PIRHA, a été arrêté dans la province kurde de Dersim et placé en détention provisoire pour « terrorisme » après une perquisition de son domicile par la police antiterroriste turque. Son ordinateur et plusieurs livres ont été saisis, et il a été transféré à la prison centrale de Xarpêt.

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Dans le cadre d’une enquête menée par le parquet d’Istanbul, des perquisitions ont été effectuées le 16 décembre 2025 à Istanbul et dans d’autres villes contre le Parti socialiste des opprimés (ESP), aboutissant à l’arrestation de 13 personnes, membres ou proches du parti. Les personnes arrêtées sont İsmet Yurtsever, Muhammed Bedran Çoğaltay, İbrahim Gerçek, Zeynep Gerçek, Selvinaz Göçmez, Mustafa Naci Toper, Ezgi Bahçeci, Deniz Bahçeci, Serhad Demirtaş, Gül Sağlık, Cansu Akkaş, Ömer Sinan Yıldız et Mustafa Kırca. L’ESP a vivement dénoncé cette nouvelle vague d’arrestations.

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Dans un récent communiqué, le Birleşik Devrimci Parti (Parti révolutionnaire uni) dénonce les prisons de type puits, affirmant que ces établissements imposent des conditions inhumaines (absence de soleil, isolement prolongé, restrictions des communications) et ciblent particulièrement les détenus révolutionnaires. Afin de s’y opposer, deux prisonniers de l’organisation, Celal Punar et Fergil Fırat, ont entamé une grève de la faim le 5 décembre dernier pour exiger la fin de ce régime, alors que d’autres prisonniers révolutionnaires sont également en grève de la faim (voir notre article).

Du 4 au 6 décembre, plusieurs actions de solidarité ont eu lieu en Europe pour soutenir Ayberk Demirdogen, prisonnier révolutionnaire en Turquie, à l’occasion de son 270ᵉ jour de grève de la faim contre l’isolement carcéral et les prisons de type puits. Les mobilisations ont compris des campagnes sur les réseaux sociaux, des manifestations devant les ambassades et consulats turcs à Minsk, Moscou, Marseille, Berlin, Bruxelles, Rotterdam et Londres, ainsi que des jeûnes de solidarité d’une journée dans de nombreux pays européens, réunissant plusieurs centaines de participants.

Le programme turc des Centres d’Enseignement Professionnel (MESEM), qui oblige les jeunes de 14 ans et plus à travailler quatre jours par semaine en entreprise, est massivement critiqué par les syndicats et les défenseurs des droits pour institutionnaliser le travail des enfants et fournir une main-d’œuvre bon marché, ce qui a entraîné au moins 15 décès d’élèves ces deux dernières années scolaires. Les protestations contre ces politiques ont été violemment réprimées, notamment l’arrestation et l’incarcération de 16 étudiants membres du TİP (Parti des travailleurs de Turquie) lors d’une manifestation dénonçant les crimes du MESEM le 3 décembre 2025.

Le Dr Barış Kaya, connu pour offrir des soins médicaux gratuits aux populations vulnérables, sera jugé le 9 décembre 2025 devant la Cour criminelle d’Istanbul. Arrêté sous des accusations jugées infondées par ses soutiens, il aurait été maltraité et privé de son droit de pratiquer la médecine. Ses partisans dénoncent une criminalisation de l’accès gratuit aux soins et appellent la population à assister au procès, à envoyer des messages aux ministères de la Santé et de la Justice, et à diffuser des vidéos de soutien, affirmant que fournir des soins gratuits à la population n’est pas un crime.

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Zehra Kurtay est en grève de la faim illimitée depuis le 3 juillet 2023 pour protester contre les menaces d’expulsion et demander un statut de réfugiée politique (voir notre article). Au 5 décembre 2025, elle en est à 157 jours de jeûne et son état de santé s’est gravement détérioré, avec un poids chutant à 38 kg. Les observations médicales révèlent une forte diminution des réserves musculaires, un épuisement et des complications qui mettent sa vie en danger. Ses soutiens demandent l’arrêt immédiat des menaces d’expulsion et l’octroi d’un statut de réfugiée, appelant à une intervention urgente pour garantir sa vie et ses droits.

Le journaliste turc Furkan Karabay, arrêté lors d’une opération à l’aube le 15 mai en raison d’une vidéo YouTube et de publications sur les réseaux sociaux, a été libéré ce mardi après que la 25e Cour d’assises d’Istanbul a ordonné sa remise en liberté lors de sa première comparution. Condamné à trois peines distinctes pour « insulte au président », « insulte à un agent public » et « mise en danger de fonctionnaires engagés dans la lutte antiterroriste », Karabay a toutefois été acquitté pour d’autres accusations visant deux magistrats. Quelques heures après la décision, le parquet a immédiatement fait appel, mais la procédure étant en cours, Karabay a pu sortir de la prison de Marmara à Silivri, où il a retrouvé ses proches et collègues, célébrant la fin de 201 jours de détention.

La libération conditionnelle de Mehmet Sait Yıldırım, prisonnier malade détenu depuis 31 ans à la prison de Buca Kırıklar, a été une nouvelle fois reportée, cette fois jusqu’au 27 août 2026. La décision a été justifiée par le comité de surveillance au motif que le détenu « ne montrait pas de bonne conduite » et « ne faisait pas preuve de remords ». Son avocate, Fatma Demirer, dénonce une décision arbitraire, soulignant que Yıldırım, âgé de 74 ans et souffrant de graves problèmes de santé, dont une maladie cardiaque, est confiné en cellule individuelle depuis huit ans et que des échanges téléphoniques avec sa famille ont été utilisés à tort pour bloquer sa libération. Condamné à perpétuité en 1995 pour son rôle important au sein du PKK, Yıldırım a affirmé qu’il souhaitait retrouver sa liberté « sans que son honneur soit bafoué ».