À Paris, 52 paysans de la Confédération paysanne, dont les trois porte-parole nationaux et le président de la chambre d’agriculture de Guyane, ont été placés en garde à vue le 14 janvier après avoir occupé pendant plusieurs heures les locaux du ministère de l’Agriculture. Cette action coup de poing, menée par plus de 150 militants, visait à dénoncer le mépris du gouvernement envers les paysans, ainsi que l’impact des accords de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur sur la souveraineté alimentaire, et l’injustice de la répartition des aides du Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (POSEI), notamment pour les territoires d’outre-mer. Les manifestants ont pénétré dans le hall de la Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE), déployé des banderoles et ont été nassés par les forces de l’ordre, tandis que des journalistes étaient empêchés de filmer l’action. Jeudi 15 janvier, la Confédération paysanne appelle à se rassembler dès 11 h devant le commissariat du 13ᵉ arrondissement de Paris afin d’exiger leur libération et l’abandon des poursuites.

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Après respectivement 73, 66 et 53 jours de grève de la faim, les prisonniers pro-palestiniens Heba Muraisi, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello ont mis fin à leur mobilisation, suite à l’annulation par le gouvernement britannique d’un contrat de 2 milliards de livres avec Elbit Systems, le principal fabricant d’armes israélien. La grève a aussi permis des avancées sur les conditions carcérales et l’accès à l’information pour les prisonniers, révélant au grand jour la répression politique exercée par l’État britannique et mobilisant un large soutien populaire. Débutée le 2 novembre dernier (voir notre article), cette action avait été entreprise pour dénoncer le rôle d’Elbit Systems dans le génocide et la colonisation en Palestine tout comme la complicité du Royaume-Uni mais aussi exiger la libération des 33 prisonniers politiques pro-palestiniens détenus dans les prisons britanniques et exiger la fin de la criminalisation du mouvement d’action directe Palestine Action. Le combat continue pour le dernier gréviste de la faim, Umer Khalid.

À Milan, un·e militant·e a découvert qu’un logiciel espion avait été installé sur son téléphone à la suite d’une opération de phishing se faisant passer pour le service client de l’opérateur Fastweb. L’application, installée en mai 2025 après une fausse panne de réseau, s’est révélée capable de surveiller en temps réel la localisation, les appels, les contacts, les messages WhatsApp, d’enregistrer des sons et de capturer l’écran. Cette affaire, mise au jour collectivement en janvier 2026, illustre le recours croissant des forces de l’ordre italiennes à des outils de surveillance pointus contre des milieux militants.

Lors de la 31ᵉ Conférence internationale Rosa-Luxemburg, un message de Burkhard Garweg, ancien militant de la Fraction Armée Rouge (RAF) vivant dans la clandestinité, a été lu, dénonçant la répression de l’État allemand et appelant à la solidarité avec Daniela Klette (lire en intégralité).

Nous, persécutés comme militants du passé, ainsi que nos camarades antifascistes recherchés, sommes aujourd’hui contraints à la clandestinité par la répression d’un État de plus en plus autoritaire. En Allemagne, l’illégalité est aujourd’hui une position défensive nécessaire. Pendant 30 ans, malgré de nombreuses épreuves, nous avons vécu une vie empreinte de solidarité, au-delà de l’isolement et de l’exploitation inhérents au capitalisme. Aujourd’hui, cela nous est reproché. Néanmoins, nous pourrions imaginer autre chose que de nous frayer un chemin à travers les broussailles parfois épineuses de l’illégalité et, de toute façon, de la prison. C’était ainsi et c’est encore ainsi. C’est l’appareil répressif qui nous contraint à l’illégalité et qui en porte l’entière responsabilité. Devons-nous nous soumettre à un État dont la police et le parquet nous menacent ouvertement d’exécution par les forces spéciales dès notre arrestation ? Un État dont la police et le parquet mentent effrontément, au point que même le dernier croyant à la version officielle de notre brutalité. Leur but ? Dénoncer l’histoire de la résistance. Ils cherchent à nous isoler du reste du monde, à nous enfermer à jamais dans leurs prisons. Je ne peux que vous dire : ne croyez pas un mot de ce qu’ils disent. Face à la réalité de la répression et du terrorisme d’État, nous avons naturellement le droit à l’illégalité. […] L’État est déterminé à juger l’histoire de la résistance, même des décennies plus tard. Cela se traduit par un comportement policier et judiciaire agressif et répressif, dont la cible principale aujourd’hui est Daniela. La tentative de l’État d’emprisonner Daniela pendant de nombreuses années nous affecte tous, militants de gauche issus de divers mouvements. L’emprisonnement et les verdicts qui pèsent sur elle sont injustes. Le premier procès touche à sa fin : soutenez Daniela ! Surveillez de près le système judiciaire, suivez les procès par tous les moyens possibles. Faites preuve de solidarité. Sensibilisez l’opinion publique. Unissons-nous et trouvons des formes de résistance. La volonté manifeste de juger l’histoire de la résistance lors des procès contre Daniela, et la tentative d’utiliser la répression pour dissuader la violence en temps de crise, exigent notre solidarité et la protection qui ne peut être obtenue que par l’attention et la sensibilisation du public. Seule la liberté de Daniela Klette est justifiée. Tous les camarades emprisonnés, où qu’ils soient dans le monde, méritent la liberté, et le système carcéral tout entier mérite d’être anéanti. […]

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Le 3 janvier 2026, un incendie volontaire sur une câble haute tension à Berlin‑Lichterfelde a provoqué une panne d’électricité touchant environ 45 000 foyers et 2 200 entreprises dans le sud‑ouest de la capitale, la plus longue coupure d’électricité depuis la Seconde Guerre mondiale. Le groupe écologiste radical Vulkangruppe a publié une lettre revendiquant l’attaque. Celle-ci visait à dénoncer l’industrie énergétique et les combustibles fossiles. Cette revendication a été prise au sérieux par les autorités et ils ont déclenché une enquête pour terrorisme et sabotage. Parallèlement, le ministre fédéral de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a annoncé un plan de mesures renforçant les pouvoirs de surveillance et la protection des infrastructures critiques contre les « extrémistes de gauche », y compris des nouvelles compétences numériques et des lois plus strictes pour la sécurité des réseaux énergétiques et des aéroports. Les autorités débattent également de la réduction des obligations de transparence pour certaines entreprises, notamment dans le secteur énergétique.

Le média Révolution Permanente (RP) a été relaxé ce lundi 12 janvier par le tribunal de Paris dans un procès en diffamation intenté par un professeur, après la publication d’un article relayant en 2022 un communiqué d’étudiantes de Paris-1 dénonçant la gestion universitaire de violences sexistes et sexuelles (VSS). Les juges ont estimé que l’article s’inscrivait dans une démarche légitime de relais de la parole étudiante et de prise en compte des victimes de VSS, rejetant l’accusation de « chasse à l’homme ». RP salue cette décision comme une victoire pour la liberté d’expression, le droit d’informer et la lutte contre les procédures-bâillons visant les médias militants (voir notre article).

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Un rassemblement antifasciste est organisé le 19 janvier à 19h, place Igor Stravinsky à Paris, en mémoire de Stanislav Markelov et Anastasia Babourova, assassinés à Moscou le 19 janvier 2009 par un militant néonazi. A cette occasion, les organisateurs dénoncent le rôle des autorités russes dans la répression du mouvement antifasciste, comme en témoigne la détention de nombreux prisonniers antifascistes (voir notre article). Dans ce contexte, l’appel souligne la nécessité d’une solidarité internationale antifasciste.

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D’ici fin 2026, l’Union européenne pourrait autoriser les États-Unis à accéder aux bases de données biométriques de millions d’Européens, incluant empreintes digitales, traits faciaux et informations sensibles comme l’origine ethnique ou les croyances politiques et religieuses, dans le cadre des partenariats renforcés pour la sécurité aux frontières (Enhanced Border Security Partnerships, EBSP). En échange, les citoyens européens conserveraient l’exemption de visa pour se rendre aux États-Unis. Malgré des relations tendues avec Washington et des inquiétudes sur la protection des données, les capitales européennes ont donné à la Commission européenne un mandat de négociation. Les discussions incluront des garanties sur la proportionnalité et la durée de stockage des informations, mais l’accès aux données pourrait être opérationnel dès fin 2026, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité et à la confidentialité des informations personnelles des citoyens de l’UE.

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Le 12 janvier, l’audience concernant la demande d’asile de la révolutionnaire turque Zehra Kurtay s’est tenue devant le tribunal administratif, la décision sera rendue le 19 janvier. Une forte mobilisation de soutien a rassemblé des personnes venues de toute la France et de l’étranger. Ils ont tous souligné les graves risques qu’une extradition vers la Turquie ferait courir à Zehra. Lors de l’audience, le représentant de l’État a présenté la militante et journaliste comme une menace, allant jusqu’à des comparaisons choquantes avec l’attentat terroriste du Bataclan et l’accusant d’une supposée récidive pour ne pas s’être présentée une fois à la gendarmerie, en raison du décès de sa mère. La défense a insisté sur les violations massives des droits humains et les risques de torture en Turquie, citant notamment le cas d’Ayten Öztürk (voir notre article). À l’extérieur de l’audience, les soutiens ont partagé un moment de solidarité et de détermination, tandis que Zehra Kurtay a remercié chaleureusement tous ceux qui la soutiennent. Cela intervient alors que Zehra en est à plus de 190 jours de grève de la faim illimitée pour exiger de pouvoir vivre en France.

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Alex, militant de la Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire (LJR), arrêté en mars 2025 pour « apologie du terrorisme » après un discours en manifestation, passe en procès ce 13 janvier au tribunal judiciaire de Paris. De nombreuses organisations appellent à se rassembler dès 12h30 devant le tribunal porte de Clichy pour le soutenir. De son côté, le militant communiste libanais et ancien prisonnier politique Georges Abdallah lui a adressé un message de soutien (lire ici). Dans celui-ci, il affirme que : « La situation de notre camarade Alex […] répond en tout point aux critères de la politique de persécution et de harcèlement judiciaire dont font l’objet les protagonistes révolutionnaires […] L’acharnement judiciaire n’est qu’un élément d’une large panoplie mise à disposition de la contre-révolution préventive. »

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