Vendredi 6 février à Mainz, une mobilisation de soutien au Rojava n’a pas pu se transformer en manifestation, la police ayant interdit la présence de drapeaux YPG, ce qui a contraint les organisateurs à faire qu’un rassemblement statique. Les organisateurs ont dénoncé une décision « arbitraire et provocatrice », rappelant qu’aucune interdiction légale générale ne vise ces symboles en Allemagne. Face à l’exigence policière de retirer les drapeaux pour autoriser la marche, les manifestants ont choisi de maintenir le rassemblement sur place, brandissant leurs drapeaux et critiquant cette décision. L’action s’est conclue par des slogans de soutien aux forces kurdes et l’annonce d’une nouvelle mobilisation de solidarité prévue le lendemain à Mannheim.

Le Tribunal suprême espagnol a confirmé les peines prononcées contre 12 personnes suite à leur participation à une manifestation antifasciste contre un meeting du parti d’extrême droite Vox à Bilbao le 20 octobre dernier. Les condamnés écopent de peines allant jusqu’à deux ans de prison pour troubles à l’ordre public et dégradations, après le rejet d’un recours. Selon la décision judiciaire, ils ont été condamnés en lien avec des affrontements qui ont éclaté près du Palais Euskalduna, avec jets d’objets contre la police basque, barricades et incendies de conteneurs, lors d’une mobilisation non autorisée visant à perturber l’événement.

Le 5 février 2026, deux policiers nationaux ont été jugés au tribunal de Bobigny pour des violences commises le 28 août à Saint-Denis, où l’un avait giflé et craché au visage d’un jeune habitant de La Plaine tandis que son collègue restait passif. Filmée par une riveraine et largement diffusée, la scène a contredit les déclarations mensongères du policier mis en cause et a permis d’engager des poursuites judiciaires. Auteur de l’agression, l’agent Alexandre M. a été condamné à six mois de prison avec sursis et à une interdiction d’exercer sur la voie publique pendant deux ans. Son collègue, Baptiste D., présent lors des faits et resté passif face aux violences sans intervenir pour les empêcher, a également été reconnu coupable et condamné à deux mois de prison avec sursis.

Dossier(s): France Tags: , ,

Coordinateur européen du réseau Samidoun, le militant palestinien Mohammed Khatib a été arrêté le 7 février à l’aéroport d’Héraklion alors qu’il se rendait en Crète pour participer à un événement de solidarité avec la Palestine et ses prisonniers, avant d’être placé en détention en vue d’une expulsion vers la Belgique pour des motifs de « sécurité nationale ». Samidoun dénonce une escalade répressive visant la communauté palestinienne et les militants pour la Palestine en Europe, dans un contexte de rapprochement politique et économique entre la Grèce, Israël et des puissances occidentales. Le jour même, des soutiens se sont mobilisés devant le commissariat de la ville crétoise pour exiger sa libération, tandis que de nombreuses organisations ont dénoncé cette nouvelle attaque contre le militant (voir notre article).

Dossier(s): Grèce Tags: , ,

Le prisonnier politique Umer Khalid a été libéré de l’hôpital après plus d’une semaine de soins consécutifs à l’arrêt de sa grève de la faim et de la soif (voir notre article). S’il est désormais retourné à la prison de Wormwood Scrubs, ses soutiens continuent de dénoncer fermement la période d’isolement durant laquelle tout contact avec sa famille et ses avocats lui a été refusé. Ils continuent de se mobiliser via le hashtag #FreeUmerKhalid pour exiger le respect immédiat de ses droits fondamentaux. Bien qu’Umer ait pu reprendre contact avec ses proches dans la soirée du 6 février, la vigilance reste de mise et ses soutiens appellent à poursuivre la mobilisation jusqu’à l’obtention d’une mise à jour complète sur son état.

Face à la surincarcération, la ministre de la Justice Annelies Verlinden étudie la création d’une prison flottante pouvant accueillir environ 300 à 350 détenus, potentiellement opérationnelle dès l’été 2026. Inspiré d’expériences néerlandaises et d’un ancien ponton utilisé à Gand pour des migrants, le projet reste toutefois complexe pouvant entrainer d’éventuelles adaptations législatives.

Dossier(s): Belgique Tags: ,

Le mercredi 11 février à 19h, le film de Lise Baron, Dans nos prisons, histoire d’une lutte (52’), sera projeté au Chat Noir à Toulouse (270 avenue de Muret). Le documentaire retrace les mobilisations des années 1970, quand détenues, familles et militants, dont le Groupe d’information sur les prisons, ont mené mutineries et actions collectives pour dénoncer les conditions de détention inhumaines. Ces luttes ont permis de mettre en lumière la « question carcérale », un enjeu toujours d’actualité dans le débat sur la justice et les droits des prisonniers.

Depuis le mouvement social contre la réforme des retraites de 2023, plus de 1 000 militants de la CGT font l’objet de procédures disciplinaires ou judiciaires, dont cinq dirigeants nationaux. Licenciements, convocations, mises en examen et condamnations ponctuent cette vague de répression qui touche toutes les branches, de la Fédération nationale des mines et de l’énergie aux services publics locaux. La CGT dénonce notamment l’usage croissant du « name and shame » par certains employeurs : la diffusion délibérée des noms et coordonnées des militants visés à la police, aux instances disciplinaires ou au grand public pour intimider, isoler et discréditer les syndicalistes. Face à cette politique, le syndicat organise des actions de solidarité et un plan d’accompagnement pour les cégétistes ciblés, tout en dénonçant un climat social et juridique de plus en plus hostile à l’action syndicale.

Dossier(s): France Tags: ,

Une entreprise russe spécialisée dans les interfaces cerveau-machine a dévoilé un projet de pigeons transformés en « drones vivants » grâce à des puces cérébrales capables d’orienter leurs déplacements. Équipés de GPS, capteurs radio, caméras et systèmes d’alimentation solaire, ces oiseaux pourraient être utilisés pour l’inspection d’infrastructures, la surveillance de zones difficiles d’accès ou des opérations de recherche et de sauvetage. La société met en avant l’autonomie et l’orientation naturelle des pigeons, envisage déjà d’étendre l’expérience à d’autres espèces plus robustes. Néanmoins, le degré réel de contrôle sur les oiseaux et l’efficacité de ces pigeons cyborgs n’a pas été vérifié de manière indépendante.

Après les révélations visant Capgemini (voir notre article), une enquête de presse met en cause deux autres groupes français, Parrot et Thales, pour leurs collaborations avec des agences états-uniennes liées au contrôle migratoire. Parrot a fourni des drones de surveillance au département de la Sécurité intérieure, utilisés notamment par l’ICE pour des opérations de contrôle aux frontières, tandis que Thales a contribué à des systèmes d’identification biométrique exploitant reconnaissance faciale et empreintes digitales. Ces partenariats suscitent de nombreux appels à la mobilisation pour s’opposer à ces coopérations, ainsi que pour dénoncer le rôle de l’État français, actionnaire de plusieurs entreprises du secteur.

À Toulouse, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’usine Thales ce mercredi 4 février. En déployant des banderoles et en collant des affiches, les manifestants ont dénoncé la coopération du fleuron industriel français avec l’ICE, mais aussi Israël, les Émirats arabes unis ou encore la Turquie. Cette entreprise française est détenue à 26,06 % par l’État, qui est donc directement responsable des activités du groupe. Thales est l’un des piliers du complexe militaro-industriel mondial, produisant drones militaires, systèmes de missiles, technologies de surveillance et véhicules blindés.

Dossier(s): France Toulouse Tags: ,