L’action de grève du personnel de la STIB contre le déconfinement prématuré se poursuit pour la quatrième journée consécutive, même si le mouvement semble moins suivi que les jours précédents (voir notre article). L’action est soutenue par 500 signataires d’une lettre ouverte. Malgré un accord entre les représentants syndicaux officiels et la direction de la STIB, les travailleuses et travailleurs ainsi que des délégués demandent à traiter avec les ministres de la mobilité directement.

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

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La police d’Etterbeek est intervenue devant une habitation d’Etterbeek pour exiger le retrait d’une banderole indiquant « Adil tué par la police le 10/04/2020 – Ni Oubli, ni pardon ». Devant le refus des habitant·es, la police a dressé un PV qu’elle a transmis au fonctionnaire sanctionnateur de la commune. Il s’agit du fonctionnaire chargé de la mis en place des sanctions administratives communales (SAC). Ce PV se base sur l’article 38 du règlement général de police commun qui interdit les affichages sur l’espace public sans accord de la commune. Le police craint, en effet, que ce type de banderole n’amène à des révoltes similaires à celles qui se sont produites à Anderlecht. La police fait régulièrement pression pour faire enlever dénonçant la mort d’Adil (voir notre article).

La police d'Etterbeek fait pression pour enlever une banderole réclamant la justice pour Adil

La police d’Etterbeek fait pression pour enlever une banderole réclamant la justice pour Adil

Dans le XVIIIe arrondissement de Paris, une boutique de tissu africains du quartier de la Goutte d’Or avait confectionné plus de 600 masques gratuits. Cette campagne de don a attiré des centaines de personnes qui ne peuvent pas se permettre d’acheter des masques. Certaines personnes ont patienté 4 heures devant la boutique pour attendre son ouverture. Après moins d’une heure de distribution, la police a décidé de fermer la boutique et de disperser la file d’attente. Une boite de 50 masque peut couter jusqu’à environ 50 euros (le prix maximum pour un masque chirurgical jetable est de 95 centime), un masque en tissus peut couter entre 4 et 15 euros tandis que les masques FFP2 coutent plusieurs dizaines d’euros. Ces prix sont souvent trop élevé, en particulier pour les parents et les mères isolées qui doivent en acheter plusieurs pour les enfants. Dans le cadre du déconfinement, le port du masque a, en effet, été rendu obligatoire dans les transports, dans certains magasins ainsi que dans les écoles. Avant la crise les prix pratiqués pour les masques chirurgicaux étaient 10 fois moins importants.

La police interrompt une distribution de masques gratuits qui est victime de son succès

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Dans le quartier de Connewitz à Leipzig, un projet immobilier vise à gentrifier une partie du quartier en augmentant les prix des loyers. Le chantier de construction entre Wiedebachplatz et Ecksteinstraße empêche cependant la police de patrouiller et de contrôler une grande partie de la Bornaische Strasse. Ce chantier de construction est souvent attaqué par des personnes déclenchant des incendies volontaires. Le samedi 9 mai, entre 150 et 200 personnes, réparties en petits groupes (afin d’éviter une propagation du Coronavirus) étaient présentes sur le chantier lorsqu’un important incendie a été déclenché. La police est intervenue et s’est affrontée avec les personnes présentes. Elle a ensuite attaqué les habitant·es du quartier qui ont riposté avec des jets de bouteilles et des feux d’artifice. Elle a rassemblé un important contingent ainsi qu’un hélicoptère pour prendre le contrôle de la zone. Trois personnes ont été arrêtées dont l’une qui est toujours en détention.

Émeute à Leipzig contre un projet de gentrification du quartier de Connewitz

Émeute à Leipzig contre un projet de gentrification du quartier de Connewitz

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Patxi Ruiz est en grève de la faim et de la soif depuis trois jours pour réclamer son retour dans le module 8 de la prison de Murcia. Il avait, en effet, été transféré vers un autre module afin de le séparer d’autres prisonniers politiques par un gardien d’extrême-droite qui l’a menacé. Depuis le début de son action aucun médecin n’est venu le voir. Plusieurs autres prisonniers ont manifesté leur solidarité dont trois détenus à la prison de Puerto III qui sont en grève de la faim depuis trois jours. Quatre autres personnes ont entamé une grève de la faim hier après-midi (l’une d’entre elles le fera par intermittence, toutes les 24 heures). Patxi Ruiz est un ancien membre de ETA. Il purge une peine de trente ans de prison pour avoir exécuté, en 1998, un conseillé de l’UPN à la mairie de Pampelune.

EDIT : Il y avait une erreur dans l’article ci-dessus: Patxi Ruíz ne fait pas la grève pour sa libération. Il demande de retourner au quartier 8 de cette prison ou un collectif de prisonniers a été constitué (et dont il est accusé d’être le leader). Il a été transféré et menacé par un gardien d’extrême droite et demande donc à retourner au quartier 8 et de ne plus être agressé ni menacé. Le mouvement de soutien s’étend un peu plus que d’habitude pour un mouvement issu du secteur des prisonniers politiques qui refusent la reddition politique.

 

Patxi Ruiz

Patxi Ruiz

Un Arlonais d’un quarantaine d’année a été interpellé pour l’incendie de deux combis de police et d’autres véhicules sur le parking de la zone de police d’Arlon, la nuit du 30 avril au 1er mai (voir notre article).  C’est l’enquête menée par le service SER de la zone de police de Gaume qui a permis cette interpellation. Il a été placé sous mandat d’arrêt et inculpé pour des faits d’incendie volontaire de plusieurs véhicules de police, la nuit. Présenté à la juge d’instruction Patricia Devaux en fin de matinée d’hier mercredi, il aurait avoué sa participation et serait un zadiste du Schoppach.

L'incendie à Arlon

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Une militante araméenne de Bavière a reçu une amende de 3 600 euros pour des reportages sur les réseaux sociaux concernant la résistance à l’invasion turque dans le nord de la Syrie. Si elle ne paie pas, elle risque 90 jours de prison. Depuis l’invasion d’Afrin, la militante, membre du Mouvement populaire révolutionnaire Suryoye, avait, en effet posté sur Facebook des publications sur la résistance contre l’annexion du Rojava par la Turquie et sur les crimes de guerre commis par les forces d’occupation contre la population civile. En octobre 2019, elle avait reçu une citation à comparaître pour une violation présumée de la loi sur les associations. Comme elle n’a pas donné suite à la demande, une ordonnance de sanction a été prononcée à la mi-février. L’intéressé a fait appel, le verdict est toujours en suspens. Le Mouvement populaire révolutionnaire Suryoye est, comme les autres mouvements opposés au régime turc, régulièrement criminalisé en Bavière. Huit autres Araméenn·es ont notamment reçu des ordonnances punitives des tribunaux de Bavière. Ils ont également subi un raid de la police fédérale le 2 octobre 2018, trois jours seulement après la visite d’État d’Erdoğan en Allemagne. Plus d’infos ici.

Une militante araméenne condamnée pour avoir publié des messages contre l'invasion turque du Rojava

Une militante araméenne condamnée pour avoir publié des messages contre l’invasion turque du Rojava

Dans la petite ville d’Epinay-sous-Sénart, en banlieue parisienne, le maire d’extrême droite a dépensé plus de 500 000€ pour déployer des caméras de vidéosurveillance un peu partout. Ces caméras sont désormais utilisées pour envoyer des amendes aux habitant·es qui sortent sans qu’ils soient effectivement contrôlés par la police. Le fait que ces personnes soient porteuse ou non d’une attestation de sortie ou qu’elles aient un motif valable pour être dehors, n’y change donc rien. Dans d’autres cités de Seine-Saint-Denis et des Yvelines comme au Val-Fourré à Mantes-la-Jolie, des habitant·es ont également subi ce type de verbalisation au faciès. Le code de procédure pénale prévoit que les procès-verbaux de constatations d’infractions contraventionnelles font foi, jusqu’à preuve du contraire. Ce seront donc les habitant·es qui devront prouver qu’ils n’ont pas été contrôlés.

Des centaines d’amendes pour non-respect du confinement à Epinay-sous-Sénart

Des centaines d’amendes pour non-respect du confinement à Epinay-sous-Sénart

Le prisonnier politique basque Jakes Esnal est en prison depuis 30 ans et devra encore y rester plus longtemps. Sa deuxième demande de libération conditionnelle étudiée le vendredi 13 mars dernier par le tribunal d’application des peines de Paris a été acceptée, mais le Parquet a fait immédiatement appel, comme il en a l’habitude. Cet appel est suspensif. Cette décision est tombée ce mardi 12 mai. S’ils ont prononcé la libération conditionnelle de l’ancien militant d’ETA, les juges imposaient des modalités très strictes : deux ans de bracelet électronique et dix ans de suivi. Ce qui signifie qu’Esnal aurait été surveillé jusqu’à ses 82 ans, dans le cas où le Parquet n’aurait pas fait appel. Mais le parquet a tout de même fait appel. La première demande de libération conditionnelle présentée par Jakes Esnal avait été refusée en 2016. La seconde devait être étudiée le 28 novembre, mais les juges avaient accepté la demande du parquet de reporter l’audience au 13 mars, le temps que la Commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté (CPMS) étudie le dossier.

Rassemblement pour Jakes Esnal

Le personnel de la STIB a décidé de poursuivre son action de grève, entamée hier, contre le déconfinement prématuré (voir notre article). Près de 80% des chauffeurs de bus et 40% des chauffeurs de tram de la Stib n’ont pas pris leur service. Les conducteurs de métro ont rejoint le mouvement brièvement, vers 10h30, empêchant la circulation de la ligne 1 et 5 pendant environ une demi-heure.

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

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