Le décret d’extradition vient d’être validé par le Conseil d’État. À 77 et 69 ans, Sonja Suder et Christian Gauger sont menacés d’être extradés vers l’Allemagne. Ils y sont accusés d’avoir pazrticipé, il y a 35 ans, aux actions des Cellules révolutionnaires (RZ). Retiré de la militance depuis 22 ans, ils vivaient à Lille sous une fausse identité suisse. Le parquet de Francfort les accuse de trois attentats à l’explosif et incendies criminels, en 1977 et 1978. L’un d’eux a ravagé le château de Heildelberg, les deux autres des sièges d’entreprises. Pour la justice allemande, il s’agit de « crimes imprescriptibles ».

En mars 2001, la cour d’appel de Paris avait rejeté l’extradition, jugeant l’action publique prescrite en droit français. Saisie à nouveau en 2009, elle a cette fois donné un avis favorable. Selon le Conseil d’État, les règles allemandes s’appliquent. Victime de séquelles provoquées par plusieurs accidents cérébraux, Christian Gauger est aujourd’hui sévèrement handicapé.

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En première instance, le militant anarchiste Giannis Dimitrakis avait été condamné à 35 ans de prison pour le braquage d’une banque à Athènes en 2006. Initialement prévu en avril dernier, le procès en cour d’appel s’est clôturé aujourd’hui. Il a été reconnu coupable du braquage de la banque nationale à Athènes, de soutien mental dans la tentative d’homicide du garde de la banque, d’avoir participé à un gang et d’avoir utilisé une arme à feu. Après fusions des peines, il écope de douze ans et six mois d’emprisonnement. Au tribunal, il a précisé ses motivations anarchistes pour cette expropriation et a quitté le tribunal les deux poings levés après le prononcé de la peine.

Giannis Dimitrakis

Giannis Dimitrakis

Deux colis piégés ont explosé cet après-midi à Rome, l’un à l’ambassade de Suisse (où un employé de l’ambassade a été blessé), l’autre à l’ambassade du Chili, le troisième à l’ambassade d’Ukraine. Le parquet de Rome a immédiatement ouvert une information judiciaire pour « attentat à finalité terroriste ». Aucune de ces deux actions n’a encore été revendiquée, mais les enquêteurs visent les milieux anarchistes. Selon eux, ces actions pourraient être liés aux prisonniers actuellement détenus en Suisse, Marco Camenisch, Costa, Silvia et Billy. En octobre dernier, un paquet incendiaire avait déjà été retrouvé devant l’ambassade de Suisse à Rome exigeant la libération de Costa, Silvia et Billy. Tous trois ont été arrêtés au mois d’avril à Zurich, et sont soupçonnés d’avoir projeté un attentat contre le nouveau centre de recherche d’IBM.

Bombe à l'ambassade de Suisse à Rome

Bombe à l’ambassade de Suisse à Rome

Un militant avait été mis en examen en janvier 2008 sous enquête antiterroriste, accusé de « transport et détention de produits incendiaires ou explosifs », en l’occurrence des fumigènes, alors qu’il allait à une manifestation devant le Centre de Rétention de Vincennes. Incarcéré pendant 4 mois et demi début 2008, il avait choisi de se soustraire à son contrôle judiciaire depuis juillet 2008. Il était donc sous mandat d’arrêt. Alors que l’instruction devait être close en cette fin 2010, il a été incarcéré ce mardi 21 décembre à la prison de Fresnes.

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La Panetteria Occupata est un squat milanais très actif – au centre de nombreuses activités militantes. Un micro avait été retrouvé dans son compteur électrique en mois de novembre. C’est maintenant au domicile même des militants qu’ont été retrouvés (dans un ampli, dans la hotte de la cuisine et dans un téléviseur cathodique) des appareils avec micro et transmetteur de 300 Mhz ayant une portée de 2-300 mètres. Dans un cas, avec en plus une télécommande d’activation à distance (de plusieurs centaines de mètre) et dans l’autre avec en plus une microcaméra reliée à un transmetteur à bande UHF de la même portée. C’est la première fois que les militants italiens retrouvent une caméra cachée à l’intérieur d’un domicile.

Après un neuf mois de procès et deux ans d’isolement carcéral, la section de protection de l’État du 6e tribunal régional de Düsseldorf a prononcé de lourdes peines contre trois administrateurs de la Fédération anatolienne, une association œuvrant pour l’égalité des droits entre Allemands et immigrés. Nurhan Erdem (photo), Cengiz Oban et Ahmet Istanbullu avaient également organisé des collectes en faveur des prisonniers politiques et de leurs familles en Turquie.

Pour l’accusation qui s’appuyait sur des enregistrements recueillis au moyen de micros espions et le témoignage d’un agent infiltré travaillant à la fois pour les agents allemands de la BND et turcs de la MIT, les trois militants collectaient des fonds pour la guérilla du DHKP-C et recrutaient des militants et des porteurs de valises. Le procureur fédéral n’a pu fournir aucune preuve matérielle. Aucune arme n’a été saisie lors des multiples perquisitions liées à cette affaire, aucun lien n’a pu être établi entre l’argent collecté et la lutte armée, mais en application du paragraphe b de l’article 129 du Code pénal allemand sur les «organisations terroristes étrangères», Nurhan Erdem, Cengiz Oban et Ahmet Istanbullu ont été condamnés jeudi 16 respectivement à 7 ans et 9 mois, 5 ans et 9 mois et 3 ans et 9 mois de prison ferme. Le procureur avait requis 10 ans contre Nurhan Erdem, considérée comme une «meneuse» et une «responsable du DHKP-C pour toute l’Allemagne», tandis que la défense, invoquant les libertés d’expression et d’association, avait plaidé son acquittement.

Nurhan Erdem

Nurhan Erdem

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Plusieurs militants en France photographie et filme les policiers en civil pour les diffuser via internet. Le but est que les manifestants puissent les reconnaître lors des manifs ou dans la rue et que l’insécurité gagne le camps policier. Alliance, le second syndicat de gardiens de la paix, a dénoncé dans un communiqué publié lundi un site internet «anti-flics» et a reçu un large écho dans la presse, preuve que les initiateurs ont visé juste.

Voir ici la page cop-watch visée

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Jeudi dernier, la Cour de Cassation avait rejeté le pourvoi formé par Aurore Martin, militante de Batasuna. Le 23 novembre dernier, le tribunal de Pau avait accepté le mandat d’arrêt européen à son encontre émis par l’Audience Nationale de Madrid, et c’est contre cette décision que la militante en avait fait appel à la Cour de Cassation. Suite à ce refus, et afin d’éviter son transfert vers l’Espagne, Aurore Martin a annoncé hier soir qu’elle était entrée dans la clandestinité, via un courrier publié dans ‘Le Journal du Pays-Basque’: « Je n’ai pas l’intention de me soumettre aux autorités espagnoles, ni de faciliter à la France l’exécution de mon mandat d’arrêt européen. Je n’ai pas d’autre choix que de me cacher pour pouvoir continuer mon activité politique au sein de Batasuna. J’ai donc décidé d’arrêter mon contrôle judiciaire et de ne plus me montrer publiquement. Si elle était transférée en Espagne, Aurore Martin serait inculpée par les autorités espagnoles pour ‘participation à une organisation terroriste », ce qui peut valoir douze ans de prison. Rappelons que contrairement à l’Espagne, la France considère Batasuna comme une organisation légale. Le 4 décembre, 2000 personnes avaient défilé à Bayonne en soutien à Aurore Martin.

Manifestation pour Aurore Martin

Manifestation pour Aurore Martin

Un procès est en cours à Lecce depuis le 9 octobre 2008. Il s’agit d’un procès en appel contre douze anarchistes accusés d’une série d’actions contre des multinationales et contre le camp pour immigrés de San Foca. Encore une fois, la base de ce procès est l’article 270 bis sur ‘l’association subversive à but terroriste’. En 2007, quatre d’entre eux avaient été condamnés à des peines de prison pour ‘association de malfaiteurs’, et trois autres à des amendes ou à des peines de prison pour des délits spécifiques. Les huit autres militants avaient été acquittés.

En février dernier, la cour d’appel de Lecce aurait du rendre son verdict, mais avait finalement accepté que de ‘nouvelles preuves’ soient apportées au dossier et avait nommé un expert pour se faire. Ce 9 décembre, le verdict a été prononcé. Après douze heures de délibération, la Cour a renversé la décision de première instance en condamnant les douze accusés pour ‘association subversive simple’. Des peines plus lourdes ont été prononcées à l’encontre de toutes les personnes déjà condamnées (de 5 ans et 4 mois à 1 an et 11 mois) et celles qui avaient été acquittées ont écopé de peines allant de 1 an à 1 ans et 11 mois.

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Huit personnes ont été arrêtées par la police dans la troisième opération en un an contre l’organisation de jeunesse de la gauche nationaliste basque SEGI. Six membres présumés de l’organisation ont été arrêtés dans les villes de Bilbao, Pampelune et Vitoria. Deux avocats, défenseurs des membres de l’ETA, Haritz Escudero et Haizea Ziluaga, figurent parmi les personnes arrêtées. Escudero a été arrêté dans un hôtel ddes îles de Canaries, où il se trouvait en vacances, tandis que Ziluaga a été arrêtée alors qu’elle quittait une prison à Aranjuez, au sud du Madrid, où elle venait de rendre visite à un client. La police espagnole accuse SEGI d’être à l’origine d’actes de violences contre l’Etat et d’avoir lancé des coktails molotov contre les symboles de l’Espagne, comme des bureaux de vote, des banques et des sièges de partis politiques. En 2007 la Cour suprême espagnole avait décrété SEGI « organisation terroriste », suivant sa politique de lier à ETA (et ainsi criminaliser) toutes les organisations politique de la gauche nationaliste basque.