L’Union Juive Française pour la Paix fait l’objet depuis août 2025 d’une enquête du Parquet national antiterroriste pour des soupçons de « financement du terrorisme » et d’« association de malfaiteurs terroriste », à la suite d’une plainte déposée parl’association CHAR (Contre la Haine, l’Antisémitisme, le Racisme). La procédure porte notamment sur une collecte d’environ 600 000 € destinée à soutenir des projets agricoles et humanitaires à Gaza. L’association affirme que les fonds visaient des infrastructures civiles et dénonce un amalgame entre solidarité internationale et soutien au terrorisme, tandis que l’affaire s’inscrit dans un climat de répressions croissantes autour des mobilisations pro-palestiniennes en France.

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Le 6 février 2026, Frédéric Grochain est décédé à 31 ans au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, où il était incarcéré depuis juin 2024 après les soulèvements en Kanaky. Retrouvé mort dans sa cellule, officiellement de causes naturelles, son décès soulève des interrogations sur sa prise en charge médicale en détention. Ce drame met en lumière la dureté des politiques de déportation : Frédéric Grochain est mort loin de sa famille et de sa terre natale de Ponérihouen, malgré les demandes répétées de rapatriement de son avocate. Au-delà de ce cas, cet événement tragique relance les revendications pour la justice et le retour immédiat de tous les prisonniers Kanak déportés, tout en dénonçant les conditions d’enfermement en France et au camp Est de Nouméa.

Les autorités russes ont confirmé le blocage de WhatsApp pour non-respect présumé de la législation nationale, après des restrictions déjà imposées à Telegram, dans un contexte de pression accrue sur les plateformes étrangères. Sa maison mère Meta dénonce une mesure affaiblissant la sécurité des communications de plus de 100 millions d’utilisateurs, tandis que des ONG alertent sur une stratégie de contrôle de l’information. Les critiques évoquent aussi une volonté d’encourager l’usage de MAX, une application locale sans chiffrement de bout en bout, suscitant des inquiétudes quant à la surveillance et aux libertés numériques (voir notre article).

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Après une très dure grève de la faim et de la soif, le prisonnier pro-palestinien a été hospitalisé puis placé à nouveau en détention (voir notre article). Dans une déclaration datée du 12 février, il dénonce ses conditions de détention et souligne leur nature politique : « La prison/l’hôpital étaient pressés de me ramener car je représente un « risque pour la sécurité ». À tel point qu’ils ont refusé de me laisser contacter ma famille ou même transmettre un message à mon avocat. Même maintenant, je souffre encore tous les jours et cette manifestation pourrait encore s’avérer fatale. Je vous dis cela, non pas pour susciter la sympathie ou la pitié, mais pour souligner jusqu’où l’État est prêt à aller. Nous passons notre vie à travailler et à payer des impôts pour faire fonctionner ce système défaillant et nos vies ne signifient rien pour eux. Nous ne sommes que des rouages ​​de leur machine d’oppression. La machine qui a bâti les fondements de l’impérialisme et du colonialisme dans le monde entier. » Par ailleurs, il a également rappelé que « le système n’est pas pacifique et il ne changera pas par des moyens « pacifiques » approuvés par l’État. »

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Le Tribunal correctionnel de Fort-de-France a condamné 7 des 13 prévenus jugés pour leur implication présumée dans les émeutes de fin 2021 en Guadeloupe, avec des peines allant de six mois avec sursis à deux ans de prison ferme, bien inférieures aux réquisitions du parquet, tandis que six accusés ont été relaxés. Le jugement souligne les fragilités de l’enquête, largement fondée sur des écoutes téléphoniques, et confirme le net affaiblissement de l’accusation au fil des audiences. La peine la plus lourde vise Didier Laurent, policier reconnu coupable de violation du secret professionnel pour avoir transmis des informations aux prévenus, condamné à deux ans de prison et interdit définitivement d’exercer.

Le 11 février, plus de 200 étudiants des Beaux-Arts de Paris se sont rassemblés pour soutenir deux camarades menacés d’exclusion après des actions de soutien à la Palestine. Malgré l’ouverture d’une procédure disciplinaire par la direction, la solidarité s’est étendue à d’autres établissements artistiques, notamment la Haute école des arts du Rhin et plusieurs écoles à travers le pays, où performances et actions symboliques ont été organisées pour dénoncer les sanctions et défendre la liberté d’expression et d’organisation des étudiants.

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Le 11 février 2026, le tribunal administratif de première instance d’Héraklion, en Crète, a ordonné la libération de Mohammed Khatib, coordinateur européen de Samidoun, et son « auto-expulsion » vers la Belgique dans les prochains jours. Détenu depuis le 7 février dans des conditions particulièrement insalubres, il faisait face à une campagne de pression visant à le maintenir en détention. Son interdiction de territoire grec reste en vigueur, apparemment à la demande de l’État d’Israël, et il prévoit de contester cette mesure sur le plan juridique et politique. Dans une déclaration publiée le soir-même, le militant palestinien a affirmé : « Je suis libre, après cinq jours de détention dans ce qu’ils appellent des « centres fermés ». Mais ce ne sont en réalité que des laboratoires de torture et d’humiliation où des dizaines de mineurs, de jeunes, de personnes âgées, de réfugiés, de migrants et de Grecs précaires subissent les mêmes conditions inhumaines. Je vous remercie de votre solidarité et de votre soutien, mais n’oublions pas celles et ceux qui sont laissés derrière les barreaux, privés de droits et de justice. Ces abus et tortures systémiques en Grèce rappellent les méthodes employées par l’État sioniste contre le peuple palestinien, et celles utilisées par les puissances coloniales à travers le monde. »

Son placement en détention avait suscité une vague de solidarité dans plusieurs pays européens. En France, plus de 70 organisations, dont le Secours Rouge Toulouse, Urgence Palestine, Guerre à la guerre et Samidoun, ont co-signé une déclaration de soutien (voir ici). À Athènes et Héraklion, plusieurs initiatives solidaires ont été organisées pour exiger sa libération et dénoncer la complicité de l’État grec avec Israël. À Bruxelles, un rassemblement a eu lieu le 11 février devant l’ambassade de Grèce, rassemblant des dizaines de personnes. Une délégation du Secours Rouge de Belgique y était présente avec une banderole « Liberté et asile pour Mohammed Khatib » et a également pris la parole.

Dans les milieux militants allemands, une personne identifiée comme Marlen a couvert pendant huit ans le rôle d’un informateur, Dîlan S. (voir notre article), au sein du groupe Interventionistische Linke de Brême, malgré la connaissance de sa collaboration avec le Verfassungsschutz, le service de renseignement intérieur allemand chargé de la surveillance des extrémismes, depuis 2017. Bien qu’elle ait finalement révélé ces informations fin 2025, son silence prolongé a permis à Dîlan de continuer à infiltrer et à compromettre des structures de la gauche révolutionnaire régionales et nationales. La révélation de cette infiltration a également provoqué une action contre le directeur du service de renseignement (voir notre article).

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Le tribunal judiciaire de Lorient a condamné sept militants écologistes à des amendes et à verser plus de 200 000 euros d’indemnités pour avoir bloqué un train transportant du blé en Bretagne en 2022 et déversé 142 tonnes de céréales, bien qu’ils aient été relaxés des accusations de dégradation de la voie ferrée. Cinq autres prévenus ont été totalement relaxés. Les militants dénonçaient l’agro-industrie et le transport de soja vers des fermes-usines.

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Le Syndicat National des Artistes Musicien·nes appelle à un rassemblement le 24 février 2026 dès 13H devant le tribunal judiciaire de Lyon pour soutenir un musicien militant poursuivi après avoir refusé de communiquer le mot de passe de son ordinateur saisi lors d’une perquisition liée à une enquête initiale pour « association de malfaiteurs », finalement abandonnée (voir notre article). Placé en garde à vue près de 48 heures en septembre 2025, l’intéressé reste jugé pour « refus de remettre une convention secrète de déchiffrement », un délit passible de trois ans de prison et d’une amende. Le syndicat dénonce une procédure visant un engagement militant et appelle à une mobilisation solidaire devant le tribunal.

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