À Milan, samedi 13 avril, la solidarité avec le peuple palestinien s’est heurtée de plein fouet à la répression de l’État italien. Des milliers de manifestant·es, venu·es de toute l’Italie, ont marché pour exiger l’arrêt immédiat du massacre à Gaza et  dénoncer l’implication du gouvernement Meloni dans la guerre coloniale d’Israël. La colère était vive dans les cortèges, les banderoles explicites :  «Meloni complice de génocide», «Du Tigré à Gaza, la même guerre coloniale». Dans une stratégie de la tension orchestrée pour faire peur et décourager, les unités anti-émeutes se sont avancées vers  la foule, cherchant l’affrontement. Sous les fumigènes et les cris de «Tutti odiano la polizia » ( tout le monde déteste la police), les forces de l’ordre ont donné des coups de boucliers, des coups de matraques, sept personnes ont été arrêtées, on dénombre plusieurs blessé.es. Malgré la répression, la foule est restée présente, solidaire, enragée.

5 personnes ont reçu des Sanctions Administratives Communales (SAC), ces sanctions peuvent aller jusqu’à 500 euros, elles ont été dressées par l’Officier de Police Judiciaire de la cellule radicalisme de la Ville de Bruxelles. 2 internautes ont été convoqués au commissariat et interrogés pour avoir émis des critiques ou dénoncé des violences policières sur Instagram. Ils ont été sanctionnés par l’administration, pour avoir partagé dans leurs stories éphémères l’expression populaire «  ACAB » pour« All Cops Are Bastards » ( voir nos notes ici ), suite à une expulsion violente de sans-papiers palestiniens. Une des SAC a abouti à une peine de 1 jour de travaux forcés (Peine de Travail Autonome) et une autre à 270 euros d’amende.

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Des affrontements ont éclaté ce vendredi 12 avril, à Amsterdam, entre la police et des manifestants pro-palestiniens. Les manifestants défilaient dans le quartier financier de la ville pour dénoncer les multinationales qui profitent de leurs liens avec les banques, les fabricants d’armes et d’autres industries complices du conflit et de l’occupation par l’État israélien, alors que les Palestiniens subissent les effets dévastateurs de la guerre. Lors de la manifestation, des pancartes portant des messages tels que « Plus d’universités à Gaza », « Assez » ont été brandies. Le cortège s’est retrouvé face à un important cordon policier que les manifestants ont tenté de franchir. Les forces de l’ordre sont intervenues et ont procédé à plusieurs arrestations.

Prévoir les meurtres ou des délits avant qu’ils ne soient commis, et donc les empêcher, c’est le principe de la «justice prédictive». Au Royaume-Uni, le gouvernement travaille à un programme de prédiction des crimes et délits découvert par une ONG de défense des libertés. Le ministère de la Justice parle «d’évaluation des risques», le principe est d’utiliser les données relatives aux personnes «connues des autorités», cela concerne de 100 000 à 500 000 personnes, certaines condamnées ou citées dans des enquêtes, mais aussi des victimes de violences. Parmi les données compilées, l’identité complète : nom, âge, genre, ethnie, dossier judiciaire, médical et les facteurs de risque génétiques. L’ONG Statewatch, à l’origine des révélations, dénonce le manque de transparence et l’utilisation de données personnelles.

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Les syndicats de la Sûreté de l’Etat (Sypol, SLFP, CGSP et CSC) ont écrit le 21 mars au Comité R une lettre portant sur trois points. D’abord par les déboires du système informatique de la Sûreté  baptisé « Atlas » qui n’est toujours pas fiable (voir notre article). Ses lacunes font craindre une perte d’information consécutive au suivi hasardeux des pièces à traiter, ainsi qu’une altération à long terme des informations de la base de données. Aucune information n’est perdue, mais on ne retrouve pas des infos. « Atlas », commandé en raison de l’augmentation des  informations entrantes (de 13 000 à 40 000 en dix ans ), a coûté près de 40 millions d’euros.

Second sujet : « Remix », la vaste réforme interne qui a repensé tout son modèle d’investigation. Un manque de clarté et de définition des processus-workflows-prises de responsabilités depuis sa mise en place a mené à une mise en concurrence contre-productive de plusieurs lignes hiérarchiques. A cela s’ajoute un désinvestissement dans le “humint” » (renseignement auprès de sources humaines). Le modèle d’investigation qui se veut très réactif (ouvrir une enquête, agir et refermer l’enquête), or cette temporalité ne convient pas à un travail avec des sources humaines, qui requiert un temps long. Les officiers traitants, ceux qui font de la collecte de terrain, sont de moins en moins, d’autres ont dû clôturer des sources humaines bien placées dans certains milieux.

La lettre syndicale conclut sur les conséquences: perte d’efficacité, perte de motivation, augmentation des absences pour maladie de longue durée, départ rapide de nouvelles recrues etc. Lors d’une audition à la Chambre mi-février, Francisca Bostyn (photo, avec Abdellatif Hammouchi, chef de la police nationale et du renseignement intérieur du Maroc), administratrice générale de la Sûreté de l’Etat, avait reconnu que le travail proactif et préventif avait été quelque peu perdu de vue en raison du nouveau modèle et que l’organisme était en train de procéder à des ajustements.

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Lors du point presse du ministère français des Armées du 10 avril, le directeur du renseignement et de la sécurité de la défense [DRSD, le contre-espionnage militaire], le général Philippe Susnjara, a pointé la menace « des groupuscules de plus en plus violents ». « Historiquement, cette menace était liée à l’islam radical (…). Désormais, tous les mouvements idéologiques, religieux et politiques sont touchés par cette tendance de radicalisation : ultra-droite, ultra-gauche, verts radicaux, complotistes, etc. (…) aujourd’hui, notre point d’attention est la convergence des luttes entre différents types de groupuscules, à l’image de ce qui s’est passé récemment entre les groupuscules antimilitaristes et les mouvements pro-palestinens, qui ont par exemple ciblé un certain nombre d’entreprises de notre Base industrielle et technologique de défense ».

Même si « il n’y a pas eu d’action étatique caractérisée (…) la possible instrumentalisation, consciente ou non, de ces groupuscules par des acteurs étatiques qui y auraient un intérêt (…) est un point d’attention pour nous », a conclu le général Susnjara.

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La où il y a résistance, il y a répression. C’est une réalité inévitable du procéssus révolutionnaire. Mais, ce qui détermine en grande partie l’échec ou la réussite de nos mouvements, c’est notre capacité (ou non) à contrer les stratégies répressives de l’état voire à les politiser pour les retourner contre lui. C’est pourquoi, le Secours Rouge s’est donné, entre-autres, pour mission de renforcer la résiliance des mouvements contestataires et révolutionnaires. Nous avons développé dans ce cadre toute une série d’outils, d’ateliers et d’analyses à destination des militant.es.

Dans cette conférence, nous présenterons une analyse générale de la situation avec un focus sur les nouveaux outils répression de l’état et de ses complices : la répression douce et la disruption. Des connaissances essentielles pour continuer à militer étant mieux préparé aux risques que cela implique. Date : Le samedi 19 avril à 18h. Lieu : Sacco et Vanzetti (Chaussée de Forest 54, 1060, Saint-Gilles)

Anthony, cheminot et militant SUD-Rail à Paris Nord, a été convoqué pour un entretien disciplinaire, le 10 avril pour avoir été « inapproprié et irrespectueux » lors d’un appel téléphonique à sa direction. Anthony et ses collègues et camarades de SUD-Rail Paris Nord accompagnent depuis plusieurs mois une intérimaire victime de harcèlement sexuel au travail. Après que l’agente a signalé les faits, sa hiérarchie a menti en assurant avoir pris en charge le problème alors qu’elle n’avait en réalité lancé aucune démarche.

L’agente et ses collègues se sont battus et c’est lors d’un rassemblements, le 26 février à la gare de Montsoult, alors que la direction a refusé une nouvelle fois de rencontrer les cheminots, qu’Anthony l’a appelée devant ses collègues. C’est cet appel qui est à la base de la procédure. La SNCF a déjà sanctionné les agents qui dénoncent les violences faites aux femmes au sein de l’entreprise. Le 10 avril, les cheminots et cheminotes de la ligne H étaient en grève pour accompagner Anthony à son entretien disciplinaire et un rassemblement a eu lieu à la Gare du Nord.

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6 activistes ont été arrêtés, jeudi 10 avril à Londres, parmi eux, le co-directeur de Greenpeace Royaume-Uni. Accusés de dégradations «criminelles avec préméditation», pour représenter le sang des Palestiniens, ils ont déversé des centaines de litres de colorant rouge biodégradable et non toxique dans l’étang de l’ambassade américaine. À environ 8h du matin, déguisés en livreurs à vélo, 12 militants de l’ONG Greenpeace sont arrivés sur les lieux portant des containers tagués des mots: «Arrêtez d’armer Israël» et ont déversé 300 litres de colorant rouge sang dans l’étang du bâtiment ultra-moderne. Interpellés dans l’après-midi, après identification, ces activistes encourent jusqu’à 10 ans de prison.

Vidéo de l’action  ici

Mercredi 9 avril, une étude du «Défenseur des droits» dénonce une «politique institutionnelle» menée en région parisienne afin d’évincer les jeunes issus de l’immigration et des milieux populaires de l’espace public. Plusieurs commissariats les considèrent comme «indésirables». Une chercheuse co-autrice du rapport, Magda Boutros, a repéré la consigne «évincer les indésirables» dans un rapport d’enquête. De 2013 à 2015, les policiers ont sélectionné, quotidiennement, dans un logiciel : «Perturbateurs – indésirables» comme motif d’intervention. Les personnes qualifiées d’«indésirables» sont majoritairement des hommes jeunes originaires de l’immigration, principalement subsaharienne et nord-africaine. Sans incivilité ou délit, la police procède à des contrôles d’identité qui ont pour but de les faire disparaître de l’espace public. Dans les rapports de ces interventions ont pourra lire : «Nous sommes en présence d’une dizaine d’indésirables, rien à signaler». Ces pratiques mènent à des situations de harcèlement policier et renforcent l’exclusion sociale.

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