En mai 2009, le pédiatre et par ailleurs militant pour les droits humains des tribaux et vice-président de la People’s Union of Civil Liberties Binayak Sen était libéré sous caution par les autorités dans l’attente de son procès. Il avait été arrêté en mai 2007 en vertu du CSPSA (Chhattisgarh Special Public Security Act), accusé d’avoir agi en tant que coursier entre le dirigeant maoïste emprisonné Sanyal et l’homme d’affaire Piyush Gutia. (cf notre Page Spéciale). Ces deux derniers sont toujours actuellement incarcérés, mais Sen était libre sous caution en raison de son état de santé. Ce vendredi, ils ont tous les trois été condamnés à la prison à perpétuité dans le cadre de cette affaire. Ils ont été reconnu coupable de ‘sédition’ et de ‘complot’ en vertu du Code Pénal, du CSPSA et du PUAA (Prevention of Unlawful Activities Act). Condamnés à la perpétuité par le Code Pénal, ils écopent également de diverses peines et amendes en vertu du CSPSA et du PUAA. Les avocats ont rappelés qu’aucune preuve n’avait été présentée durant le procès pour soutenir l’accusation de sédition et de complot contre l’état. Ils ont d’ores et déjà annoncé leur intention d’interjeter appel de cette décision.
Binayak Sen
Deux colis piégés ont explosé cet après-midi à Rome, l’un à l’ambassade de Suisse (où un employé de l’ambassade a été blessé), l’autre à l’ambassade du Chili, le troisième à l’ambassade d’Ukraine. Le parquet de Rome a immédiatement ouvert une information judiciaire pour « attentat à finalité terroriste ». Aucune de ces deux actions n’a encore été revendiquée, mais les enquêteurs visent les milieux anarchistes. Selon eux, ces actions pourraient être liés aux prisonniers actuellement détenus en Suisse, Marco Camenisch, Costa, Silvia et Billy. En octobre dernier, un paquet incendiaire avait déjà été retrouvé devant l’ambassade de Suisse à Rome exigeant la libération de Costa, Silvia et Billy. Tous trois ont été arrêtés au mois d’avril à Zurich, et sont soupçonnés d’avoir projeté un attentat contre le nouveau centre de recherche d’IBM.
Bombe à l’ambassade de Suisse à Rome
Après un neuf mois de procès et deux ans d’isolement carcéral, la section de protection de l’État du 6e tribunal régional de Düsseldorf a prononcé de lourdes peines contre trois administrateurs de la Fédération anatolienne, une association œuvrant pour l’égalité des droits entre Allemands et immigrés. Nurhan Erdem (photo), Cengiz Oban et Ahmet Istanbullu avaient également organisé des collectes en faveur des prisonniers politiques et de leurs familles en Turquie.
Pour l’accusation qui s’appuyait sur des enregistrements recueillis au moyen de micros espions et le témoignage d’un agent infiltré travaillant à la fois pour les agents allemands de la BND et turcs de la MIT, les trois militants collectaient des fonds pour la guérilla du DHKP-C et recrutaient des militants et des porteurs de valises. Le procureur fédéral n’a pu fournir aucune preuve matérielle. Aucune arme n’a été saisie lors des multiples perquisitions liées à cette affaire, aucun lien n’a pu être établi entre l’argent collecté et la lutte armée, mais en application du paragraphe b de l’article 129 du Code pénal allemand sur les «organisations terroristes étrangères», Nurhan Erdem, Cengiz Oban et Ahmet Istanbullu ont été condamnés jeudi 16 respectivement à 7 ans et 9 mois, 5 ans et 9 mois et 3 ans et 9 mois de prison ferme. Le procureur avait requis 10 ans contre Nurhan Erdem, considérée comme une «meneuse» et une «responsable du DHKP-C pour toute l’Allemagne», tandis que la défense, invoquant les libertés d’expression et d’association, avait plaidé son acquittement.
Nurhan Erdem
Les initiatives commémorant l’assaut meurtiers des dortoirs des prisonniers politiques en grève de la faim, le 19 décembre 2000, se sont multipliées en Turquie. Le 16 décembre 2010, des membres du Front populaire ont occupé un local du Parti républicain du peuple (opposition kémaliste) à Istanbul et suspendu un calicot des 6 militantes brûlées vives dans l’assaut de la police (voir ici la video). Le 19 décembre 2010, plusieurs centaines de membres du Front populaire se sont rassemblés devant la prison de Bayrampasa, puis se sont rendu en cortège au cimetière de Cebeci pour fleurir les tombes des résistants. Le soir, des militants ont bloqué les routes dans le quartier d’Okmeydani aux cris « Les UPA (Unités de propagande armée) du DHKC sont aux trousses des assassins », « Tremble oligarchie, le Parti-Front avance », « L’État fasciste rendra des comptes », « L’espoir porte un nom, le DHKP-C » Les militants ont d’abord dressé des barricades auxquelles ils ont bouté le feu pour attirer l’attention de la population et bloquer une éventuelle incursion de la police. Ils ont ensuite fait le tour du quartier en appelant la population à soutenir le mouvement révolutionnaire.
Le 20 décembre, la police d’Istanbul et la section de Marmara des services d’intelligence nationale (MIT) a annoncé avoir capturé 13 militants du DHKP-C soupçonnés d’avoir constitué une milice anti-mafia et anti-drogue dans le quartier de Nurtepe et de planifier des actions armées en marge des commémorations du 19 décembre. Le quartier de Nurtepe est massivement descendu dans la rue pour protester contre ces arrestations. Par ailleurs, on dénombre à travers tout le pays, des dizaines d’autres rassemblements, conférences, visites de cimetières, actions de distribution de tracts, campagnes de chaulages et d’affichage en hommage aux prisonniers assassinés.
Jeudi dernier, la Cour de Cassation avait rejeté le pourvoi formé par Aurore Martin, militante de Batasuna. Le 23 novembre dernier, le tribunal de Pau avait accepté le mandat d’arrêt européen à son encontre émis par l’Audience Nationale de Madrid, et c’est contre cette décision que la militante en avait fait appel à la Cour de Cassation. Suite à ce refus, et afin d’éviter son transfert vers l’Espagne, Aurore Martin a annoncé hier soir qu’elle était entrée dans la clandestinité, via un courrier publié dans ‘Le Journal du Pays-Basque’: « Je n’ai pas l’intention de me soumettre aux autorités espagnoles, ni de faciliter à la France l’exécution de mon mandat d’arrêt européen. Je n’ai pas d’autre choix que de me cacher pour pouvoir continuer mon activité politique au sein de Batasuna. J’ai donc décidé d’arrêter mon contrôle judiciaire et de ne plus me montrer publiquement. Si elle était transférée en Espagne, Aurore Martin serait inculpée par les autorités espagnoles pour ‘participation à une organisation terroriste », ce qui peut valoir douze ans de prison. Rappelons que contrairement à l’Espagne, la France considère Batasuna comme une organisation légale. Le 4 décembre, 2000 personnes avaient défilé à Bayonne en soutien à Aurore Martin.
Manifestation pour Aurore Martin
Depuis plusieurs jours, les offensives des forces de sécurité dans les zones occupées par les maoïstes ont redoublé de vigueur. Hier, un commando de la CRPF effectuant une opération de ratissage a entraîné une fusillade dans le district de West Singhbhum (Jharkhand) lorsqu’il s’est retrouvé face à face avec un groupe de guérilleros. Selon la police, deux membres de la CRPF ont été blessés et deux maoïstes tués. Néanmoins, leurs corps n’ont pas été retrouvé. Un peu plus tôt durant même ce ratissage, le commando avait déjà détruit un camp d’entraînement abandonné par la guérilla et y avait saisi deux bombes pesant chacune entre vingt et trente kilos, et une grande quantité de documentation maoïste.
Ce matin, trois maoïstes ont été arrêtés lors d’un raid des forces de sécurité dans les forêts à la frontière de l’Orissa et du Bengale occidental. Elles sont parvenues à détruire totalement un camp géré par les guérilleros. Les deux dirigeants présents sur place sont parvenus à leur échapper, mais trois de leurs adjoints ont été appréhendés. Après avoir minutieusement fouillé la zone, elles ont également retrouvé trois fusils, 14 chargeurs et 21 bâtons de gélatine.