La militante Güler Zere est décédée ce vendredi après avoir lutté de longs mois contre un cancer de la gorge.
Emprisonnée durant quatorze années pour son appartenance au DHKP-C, elle avait été libérée le 6 novembre 2009, bénéficiant de la grâce présidentielle suite à quatre mois d’une campagne intensive menée par l’opinion publique progressiste turque et internationale.
Manifestation pour la libération de Güler Zere
Mais Güler Zere était déjà gravement malade à sa libération. Les autorités pénitentiaires et l’Institut médicolégal l’avaient tout simplement laissée agoniser en captivité, alors qu’elle était légalement libérable pour raisons de santé. Dès sa sortie de prison, elle avait participé aux rassemblements de solidarité avec les prisonniers malades organisés chaque vendredi à Istanbul. Mais le mois dernier, son état de santé s’est subitement dégradé, et elle est donc décédée aujourd’hui, à l’âge de 38 ans.
Lire notre dossier consacré à la campagne pour la libération de Güler Zere
Le gouvernement a annoncé ce jeudi, dans un avertissement vis à vis des groupes de la société civile que toute personne qui parlera aux profit des guérilleros maoïstes sera traduite en justice et passible de dix ans de prison. Cette action, qui se déroulera en vertu de la section 39 du Unlawful Activities Prevention Act vise essentiellement les groupes qui élèvent la voix en faveur des extrémistes de gauche. Selon la déclaration du Ministère de l’Intérieur: ‘Toute personne qui commet le délit de soutenir une telle organisation terroriste (comme le CPI-maoïste) avec entre autre l’intention d’encourager l’activité de ces organisations terroristes sera passible d’un emprisonnement d’une durée n’excédant pas dix ans ou d’une amende, ou des deux’. Le Ministère de l’Intérieur a affirmé que le gouvernement avait remarqué que certains dirigeants maoïstes prennent contact directement avec certaines ONG et des intellectuels pour propager leur idéologie et pour ‘les persuader de prendre des mesures et de soutenir l’idéologie du CPI-maoïste’. La déclaration du Ministère averti également: ‘Le grand public est informé pour être extrêmement vigilant sur la propagande du CPI-maoïste et pour ne pas devenir involontairement une victime de cette propagande’. Le parti de gauche ainsi que ses organisations de front ont été désignés comme organisations terroristes par le gouvernement, qui affirme que le seul objectif du CPI-maoïste est de renverser l’Etat indien. Le document conclu en ces termes: ‘il continue à tuer des civils innocents, y compris des tribaux, de sang-froid et détruit les infrastructures cruciales telles que les routes, les caniveaux, les écoles afin d’empêcher le développement d’atteindre ces régions sous-développées’.
De leur côté, les membres des groupes de la société civile ont répliqué vertement face à cette déclaration du Ministère de l’Intérieur. Un professeur de l’Université de Delhi a affirmé que c’était une violation nette des droits démocratiques des individus et des groupes, dont beaucoup ont des points de vue semblables à ceux des maoïstes, bien qu’ils n’aient aucun lien avec eux. Il dit également qu’il y a une claire possibilité d’abus de pouvoir sachant que les visions des gens qui sont contre la politique du gouvernement pourront être interprétées comme de la propagande maoïste. Le secrétaire générale de la People’s Unions for Civil Liberties a rappelé que d’avoir des opinions politiques et une idéologie politique ne sont pas des crimes, même si c’est une idéologie maoïste. D’autres éminentes personnalités se sont également exprimées, dénonçant la violation de la liberté d’expression, le manque de clarté du gouvernement ainsi que la fameuse Unlawful Activites Prevention Act, qui est la porte ouverte à toutes les fenêtres.
Le 16 avril, dans l’après-midi, les 32 intérimaires sans-papiers de Multipro, en grève pour leur régularisation depuis le 12 octobre, comme des milliers de sans-papiers se sont rassemblés devant une agence de cette société. Les grévistes et militants présents ont été agressés, insultés et menacés avec une arme par le patron et un groupe de gros bras mobilisés pour l’occasion.
Déjà le 19 février, le rassemblement pacifique de soutien aux grévistes devant l’agence du 235 boulevard Voltaire avait été agressé par une vingtaine de gros bras dont plusieurs casqués, une militante avait été blessée et transportée aux urgences pour une fracture du coude. La police présente n’a ni contrôlé ni interpellé aucun agresseur les 19 février et 16 avril.
Multipro, qui exploite depuis des années des travailleurs sans-papiers, refuse de les reconnaître et de délivrer les documents dont ils ont besoin pour être régularisés. Plusieurs plaintes pour coups et blessures, injures à caractère racial et menaces de mort ont été déposées. Les grévistes et les forces solidaires dénoncent ces agressions, le recours systématique à la violence par Multipro et l’atteinte au droit de grève.
Rassemblement de protestation et de solidarité vendredi 7 mai à 19H00 place de la Nation (angle rue Faubourg Saint-Antoine et Boulevard Voltaire).
Alors que le pays est paralysé par une grève générale, 34.000 personnes ont défilé ce mercredi dans les rues d’Athènes et de Salonique. La mobilisation syndicale est similaire en nombre aux précédents mouvements, d’après la police. Les syndicats, de leur côté, parlent de la plus grande mobilisation depuis le début de la crise.
En marge des manifestations, de violents accrochages ont eu lieu entre manifestants et forces de l’ordre à Salonique et à Athènes. En début d’après-midi, des groupes de jeunes cagoulés lançaient des cocktails Molotov (photo: un policier anti-émeute touché par un cocktail Molotov) et des policiers ripostaient par des tirs de gaz lacrymogènes. Certains manifestants ont mis le feu à la succursale d’une banque dans le centre d’Athènes.Trois personnes sont mortes alors que les pompiers tentaient d’évacuer la vingtaine de personnes présentes dans l’agence bancaire. Deux autres bâtiments administratifs au centre de la capitale ont été incendiés après avoir été ciblé avec des cocktails molotov.
Les incidents ont commencé vers 14h. Vers 15h reignait déjà une certaine ‘accalmie’, selon des sources policières. A Salonique, des jeunes manifestants ont jeté des pierres contre des magasins et des agences bancaires du centre de la ville, selon la police. Les forces de l’ordre ont riposté à coup de gaz lacrymogènes et les groupes de jeunes se sont ensuite dispersés.
Les manifestants protestent contre les mesures d’austérité imposées par les instances internationales en échange d’un plan d’aide de 110 milliards d’euros en faveur d’une Grèce en grande difficulté pour faire face à sa dette. Le plan de rigueur prévoit une hausse de la TVA et des baisses de salaires pour les fonctionnaires. Il s’agit de la troisième grève générale en Grèce depuis février. Tous les transports, des avions aux ferries, en passant par les bus, sont paralysés. Dans la fonction publique, seuls les hôpitaux fonctionnent grâce à des équipes d’astreintes. Les commerces sont en revanche ouverts.
Policier anti-émeute grec touché par un cocktail molotov